Butterscotch Hawaiian reste dans les parages

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Esperanzah 2007 : du 3 au 5 août

Écrit par Nicolas Balmet - dimanche, 05 août 2007
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Esperanzah
Abbaye de Floreffe
Namur
05-08-2007
Une fois de plus, les organisateurs d’Esperanzah ont eu de la chance. Avec le temps, d’abord, puisque le soleil a élu domicile dans le ciel de l’abbaye de Floreffe durant les trois jours, réveillant les sourires de toux ceux qui avaient cessé de placer le moindre espoir en ce mois de juillet grisâtre. S’il y a bien un festival qui doit sentir bon le soleil pour faire passer ses messages et entretenir sa sacro-sainte bonne humeur générale, c’est bien celui-là. Bingo, donc. Autre coup de bol : Manu Chao qui, à quelques jours de l’événement, fait part aux organisateurs de son envie de venir faire un petit tour dans le coin. Et hop, une super tête d’affiche inattendue qui titille quelques oreilles supplémentaires, même si les 8 000 places disponibles pour le lundi (une date ajoutée en dernière minute ‘pour l’occase’) s’écouleront en très peu de d’heures.

La machine est huilée. Il ne reste plus qu’à la faire carburer à plein tube. Et là, pas question de chance, ni de don des cieux. Il faut assurer. Dès le vendredi, les campings se remplissent avec frénésie et chaque festivalier dresse sa Quechua en un minimum de temps (c’est d’ailleurs conçu pour ça… le plus dur, c’est de la replier) afin de gagner le site de l’abbaye au plus vite. Après quelques concerts de mise en bouche d’une qualité irréprochable, le sommet est déjà atteint par Sidestepper et sa drum’n bass latino, qui mélange la salsa, les rythmes afro-colombiens et l’électronique sans le moindre temps mou. Juste après ce set, en guise de clôture d’une première journée prometteuse, le Shantel & Bukovina Club Orkestar réalise le pari de faire encore mieux, en obligeant nos jambes à s’exciter sur ses beats balkans et sa disco russe. Un concert enflammé, sautillant, fiévreux… Bref, fatiguant. Il est où, déjà, ce camping ?

Samedi, on a chaud et on est… fatigué. Certes, on aurait pu dormir la nuit. Mais où ? Dans le camping ? C’est cela, oui… Bonne nouvelle pour les organisateurs et les associations présentes sur place : la journée est sold out. On s’en doutait : ça grouille de monde. D’ailleurs, entre parenthèse, il faudrait parfois qu’on fasse des ‘sold out’ avec un peu moins de monde. Mais ce n’est qu’un avis. La musique ? Ah oui, la musique… Une fois n’est pas coutume, on se prélasse tranquillement côté gazon quand les musiciens d’Afro Yambi Jazz émettent leurs premiers accords. Et là, tout de suite, on comprend pourquoi on a choisi de venir à Esperanzah. Pour l’ambiance (j’ai déjà dit ça, non ?), mais aussi pour l’armada de bons musiciens qui s’y délectent. C’est doux, sophistiqué, enjoué… C’est excellent. Les gars d’Atomic Leaf, pareils à eux-mêmes, ne font que confirmer notre sentiment : ces libertaires aux revendications ska-punk-guinguette ont du tempérament à revendre. Et du coup, nous aussi. Bien sûr, plus tard, vers 22h, c’est Salif Keita que tout le monde attend. Et il ne décevra personne. Tantôt bouleversant, tantôt éclairant, cet infatigable prêcheur de la fraternité et de l’amour livre une prestation exemplaire, devant un public qui n’oublie pas que la musique peut à la fois être faite de… fête et de réflexion. Lors du dernier morceau, le Prince de l’Empire Mandingue invite les corps enivrés à le rejoindre sur scène, histoire de clôturer ce rassemblent humain dans la joie la plus sincère. Waow ! Ce coup-ci, on n’a pas envie de rentrer au camping. Et si on s’embrassait tous ?

Après une nuit aussi courte que très courte (est-ce que ça ferme parfois les yeux, un joueur de djembé ?), la dernière journée se profile déjà sur un horizon toujours aussi bleuté. Inutile d’y aller par quatre chemins : direction la ‘cour’ pour applaudir ces inimitables chauffeurs de salle que sont les gars de Peas Project. Fou, décalé, déglingué, arrogant et frais : le show est évidemment efficace et, comme d’habitude, on en ressort les orteils écrabouillés. Et comme il fait de plus en plus chaud, il ne reste plus qu’à aller se ravitailler. Une bière ? Non, allez, soyons fous, c’est le dernier jour : va pour un enchaînement et… une sieste. Au réveil, c’est l’angoisse. La musique de fond était agréable, mais impossible de se souvenir qui la délivrait. Et je vais raconter quoi, moi, dans mon compte-rendu ? ‘Ben que la musique était géniale’, me suggère-t-on. Pas mal. En plus, c’est sûrement vrai, puisque jusque là, tout était parfait. La Troba Kung-Fu et leur mélange inédit de dub, de reggae, de tango, de salsa et de… plein de bonnes choses libèrent tous les sens des festivaliers. Désormais, c’est clair, il ne peut plus rien nous arriver de mal. Vers 22h, Groundation nous emporte carrément dans un autre monde, là où il semble faire encore plus chaud et où personne ne peut déranger la quiétude du lieu. Du reggae. Du putain de bon reggae, même. Des rythmes authentiques, apaisants et enivrants se jettent dans notre cerveau comme des merveilles à la mer. Une apothéose grandiose. Un final exaltant qui, curieusement, ne nous fait même pas regretter de devoir repartir sans avoir vu Manu Chao. De toute façon, Manu Chao, ce sera sûrement nul. Et il pleuvra, c’est évident. Bon, les gars, on rentre ? Une dernière bière équitable ? Allez, d’accord… Mais après, on va dormir, hein… Jusqu’à l’année prochaine, d’ailleurs.           






 
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