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Esperanzah ! 2008 : vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 août

Écrit par Sindy Mayot - dimanche, 03 août 2008
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Esperanzah !
Abbaye de Floreffe
Namur
03-08-2008

Le premier week-end du mois d’août restera l’un des moments phare de cet été. Pendant 3 jours, les groupes programmés au festival Esperanzah! nous ont offert un festin musical mémorable. Une programmation d’exception où les meilleurs musiciens ont inondé de leurs rythmes et notes de musiques endiablés, un public ravi et rassasié. L’édition 2008 a été riche et colorée. Des journées –pour la première fois depuis sa création– sold-out qui ont attiré pas moins de 10.000 visiteurs par jour. De la musique du monde qui nous a permis de  voyager sur tous les continents. Il y en avait pour tous les goûts : du blues au folk, en passant par le reggae, le ska et le rock...

De la musique, des ambiances, des parfums et des rencontres. Quelques mots pour résumer un lieu d’échange d’une richesse pure et sincère. Des messages et des discussions sur la problématique du travail décent. Le tout dans un esprit ouvert et tourné vers la confrontation des idées de tout un chacun. Qu’on soit employé, artiste, étudiant ou autre, les différents acteurs de ce monde ont pu apprendre et s’informer, écouter et danser, le temps de quelques jours seulement.

Accrochez votre ceinture, le parcours est passionnant.

Chaque jour, de grandes pointures de la musique

Bien au-delà de l’instant, Xavier Rudd a séduit par son humilité. Sa reconnaissance en Australie et aux Etats-Unis n’est plus à démontrer. Grand défenseur de la nature et des aborigènes, il nous emmène sur une route imaginaire parsemée de sonorités qui lui sont propres. Une impression de bien-être et de chaleur s’est inscrite dans nos mémoires. En provenance d’Australie, Xavier est un musicien atypique. Il partage sa musique comme on savoure les doux rayons du soleil qui caressent notre peau au crépuscule flamboyant.

Evoluant à la croisée d’influences nombreuses, Rokia Traoré a particulièrement séduit le public venu l’écouter en masse. Samedi soir, il était difficile de se frayer un chemin. Petit à petit, Rokia et ses musiciens s’installent et font monter la pression. Les pelouses de l’abbaye se transforment en pistes de danse et les festivaliers sont projetés dans un autre univers.

Amparanoia. Singulier parcours que celui d’Amparo Sanchez et de son groupe ‘paranoïco-critico-festif’. Ce petit bout de femme au caractère généreux lutte pour un monde plus juste. Une bombe sur scène qui enflamme la foule venue applaudir une dernière fois le groupe avant que ses membres ne repartent chacun vers d’autres horizons. Un échange avec le public saisissant. Pour sa tournée d’adieu, le groupe avait invité Howe Gelb, véritable légende de la musique underground américaine. Ensemble, ils ont clôturé sur des accords qui n’en finissaient plus… un plaisir et un émerveillement qui a tenu le public captivé jusqu’à la fin.

Une organisation chronométrée

Afin de profiter de chaque groupe, il suffisait de migrer tranquillement d’une scène à l’autre. Les horaires ont scrupuleusement été respectés. En moyenne, il n’y avait qu’un quart d’heure entre les concerts des 2 scènes principales. Cependant, Esperanzah!, ce n’est pas seulement un village associatif et 2 scènes qui se relayent, c’est également : une zone pour se restaurer et faire quelques emplettes de souvenirs, assister à des projections de films, participer à des débats en direct ; et enfin, ne l’oublions pas, une scène ‘off’ où de nombreux groupes folkloriques sont parvenus à rassembler un public plutôt dynamique. Des artistes bien moins connus, qui ont l’habitude d’être les têtes d’affiches des cafés-concerts et des salles de taille moyenne ou encore des foires aux boudins du village d’à côté… Les uns après les autres, ces fanfares et orchestres de rues ont furieusement enflammé l’espace qui leur était réservé. L’affluence à cette scène était du même acabit que sur les podiums ‘Côté Cour’ et ‘Côté Jardin’.

Escales à revisiter

Il est des groupes qu’on entend pour la première fois en live et qui libèrent comme de petits chocs électriques… En 3 jours, ces décharges remuent et réveillent les émotions qui dorment en nous. D’un ordre purement subjectif, je vous invite à découvrir mes trois coups de cœur du week-end.

Vendredi. Mala Vita. Du concentré d’énergie et de vitalité. Comment décrire ce style déjanté ? Je dirai un mélange de gypsy-ska-punky-funky-music… Des musiciens qui bougent, bondissent et occupent toute la scène du début à la fin. Une panoplie d’instruments variés, mais c’est pourtant l’accordéon qui rythme chaque morceau d’un ‘peps’ incroyable. Rien d’étonnant si je me suis dit ‘tiens, y a un air de la Mano Negra’… ils sont produits par Gambeat, le bassiste de Radio Bemba Sound System dont Manu Chao est le chanteur.

Samedi. Balimurphy. Vous ne le voyez pas mais rien que de me remémorer le concert, un large sourire se profile sur mon visage. Balimurphy, groupe originaire de Bruxelles, a réussi à faire vibrer la grande cour de l’abbaye ! Une prestation scénique festive et joyeuse, tout en légèreté et gaîté, qui dévoile un répertoire empreint de textes allant droit au cœur. Une humeur enjouée qui, bien que très personnelle, nous fait parfois penser à du Noir Désir. Ils nous ont présenté leur dernier album « Poussières », un concentré de poésie sur du rock folk qui a vraisemblablement séduit une bonne partie du public de samedi ! A suivre…

Dimanche. Mazacote et La Sonora Cubana. Les sonorités cubaines sont entraînantes. Je n’apprends rien à personne ! Cette musique est contagieuse ; mais le chant du légendaire octogénaire Ignacio Mazacote donne une dimension grandiose à la prestation. Un privilège de pouvoir écouter ce grand monsieur qui prend son temps et pose sa voix harmonieuse sur les accords de la Sonora Cubana.

La place aux possibles

Esperanzah!, chaque année, nous convie à la réflexion. C’est certainement avant tout un festival musical. Cependant, c’est également un lieu de rencontre et d’échanges. Une étiquette altermondialiste et un déploiement de projets différents où, musiciens et festivaliers sont sensibilisés à un nouveau thème. Cette année, il s’est porté sur le travail décent. En collaboration avec le CNCD et une myriade d’autres associations, diverses animations ont été mises en place afin d’informer et favoriser la rencontre. Le sujet touche d’ailleurs tout le monde : artistes et public. Une thématique sociale et humaine visant à conscientiser le public sur les inégalités qui existent ici et ailleurs. Rokia Traoré a notamment accepté de soutenir la campagne en devenant une de ses marraines. Elle reviendra le 7 novembre au Cirque Royal pour défendre les travailleurs démunis.

Atterrissage sur une piste détrempée

Keny Arkana a clôturé la manifestation sur la scène ‘Côté Cour’.Malgré une drache nationale digne de ce nom, elle a continué à scander ses textes protestataires sur du rap de haute qualité. Une précision des mots pour exprimer une rage contre les injustices et discriminations. Les organisateurs atteignent leur objectif : sortir d’un certain fatalisme et lutter pour un monde meilleur pour tous. Ce concert était attendu par de nombreux festivaliers qui, courageux et intrépides, sont restés les poings fermes pointés vers le ciel. Ce petit bout de femme a réussi à mettre le feu aux poudres. Une prestation d’une rage incroyable.

Tout en gardant sa taille humaine, Esperanzah! est définitivement devenu un événement incontournable. Si vous n’y avez pas encore goûté, réservez vos dates pour l’année prochaine ! L’itinéraire est unique et le programme se bonifie d’année en année, au fil de l’expérience acquise. Faites passer le message.





 
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