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Eurorock 2015 : samedi 16 mai

Écrit par Philippe Blackmarquis - vendredi, 15 mai 2015
Image
Eurorock
Hennemeeuwis
Neerpelt
16-05-2015

C'est le dernier jour de l'Eurorock et aussi le plus important, car c'est aujourd'hui que doivent se produire les plus grandes têtes d'affiche : Killing Joke, Front 242, Fields of The Nephilim, etc. Pour rappel, l'Eurorock est un festival qui tente de renaître de ses cendres après 12 ans de silence. Se déroulant à Neerpelt, dans le Limbourg, il se focalise sur les musiques ‘sombres’ qui ont marqué les années '80. Et tout particulièrement les genres new wave, post punk, rock gothique, EBM (Electronic Body Music), synth-pop, électro-indus, etc.

Lorsque nous arrivons sur place, vers 13h, le ciel est gris et il semble régner une atmosphère de chaos. Nous l'apprendrons plus tard, le festival a dû être interrompu vers midi en raison du vol d'une partie de la recette. En outre, victime d’un malaise l'organisateur a dû être hospitalisé. Après plus d'une heure et demie d'attente, des responsables montent sur le podium pour annoncer que le festival a été repris en main par des volontaires et qu'ils vont essayer de poursuivre le programme en compagnie des artistes qui acceptent de jouer gratuitement ou pour une partie de leur 'fee'.

Lacrimas Profundere, monte alors sur l’estrade. Un groupe allemand de rock gothique. Sa musique est sombre et mélancolique, ce qui a l'heur de plomber encore plus l'atmosphère.

Il faudra attendre Crash Course In Science pour nous remonter quelque peu le moral. Issue de Philadelphie, la formation est née en 1979. En ‘live’, elle propose une minimal synth très sautillante et pétulante. Michael Zodorozny, un des membres originaux, est toujours au poste. Il chante plein d’entrain les petites perles de pop expérimentales que sont « Flying Turns » ou « No More Hollow Doors ». La chanteuse qui le soutient s'acquitte honorablement –même si elle en fait parfois un peu trop– des parties vocales, interprétées à l'origine par Dale Feliciello : « Cardboard Lamb » et « It Costs To Be Austere ». Nice show !

Groupe de metal gothique, Xandria tente de réchauffer un peu l’atmosphère, qui demeure cependant morose. Et ce n’est pas le set assez décevant de Portion Control qui parviendra à inverser la tendance.

Un peu plus tard, on apprend que Front 242, Neon Judgement et Fields of The Nephilim ne se déplaceront pas. Pffff... On craint que l’Eurorock ne tourne au fiasco et puis... miracle, on nous informe que Peter Hook and The Light, la formation drivée par le légendaire bassiste de Joy Division et de New Order, va quand même jouer! On est soufflés car le Mancunien a une réputation de mauvais caractère ; et on se souvient du ramdam qu'il avait provoqué lorsqu'il n'avait pas été payé lors du Shadowplay de Waregem. En prenant du recul, il faut reconnaître que c'est sans doute Peter Hook qui a sauvé l'Eurorock d'une débâcle totale.

Au moment où il monte sur l’estrade, Hook précise d'emblée : ‘Nous allons jouer pour rien mais on a déjà dû jouer pour rien dans des festivals encore pires que celui-ci !’ Il enchaîne immédiatement par « Atmosphere » et on a l’impression qu’un événement va se produire. En effet, survolté par les circonstances négatives, Peter Hook va accorder une prestation remarquable, carrément punk ! Ce sera un véritable ‘best of’ de Joy Division que le combo va dispenser, en hommage à Ian Curtis, à quelques jours de la commémoration de sa mort. Evidemment, la voix de Peter Hook est plus que limite ; et il l’avoue lui-même. Mais de le voir interpréter des classiques comme « Insight » et « Dead Souls », 35 ans plus tard, ça fait chaud au coeur. C'est son propre fils, Jack, qui se charge de la basse. Peter ne sait pas cumuler voix et instrument en même temps, mais il nous réserve quand même quelques parties sur sa superbe Eccleshall de couleur rouge. Pendant « Digital », la foule entame même un pogo ! Le reste du show touche au sublime : « Isolation », « She's Lost Control » et enfin, « Shadowplay » nous achèvent complètement. Peter Hook a prouvé qu'il était un grand Monsieur. En plus, il se murmure qu'il a prêté son 'backline', son matériel de scène, aux autres groupes suite à la défection d'un des fournisseurs. Chapeau !

Vers 18h45, boostés par ce grand moment et par le soleil qui est revenu, nous retournons vers l'autre podium pour assister au concert d'Absolute Body Control, le premier projet créé par Dirk Ivens, à la fin des années 70. Comme d’habitude, il est accompagné par son compère Eric Van Wonterghem, aux claviers. Poursuivant sur la lancée de Peter Hook, le duo belge aligne également hit sur hit. Evidemment, le son est moins énorme : c'est de la synth-pop assez minimale, comparable au premier album de Depeche Mode. « Melting Away » est superbe et Dirk se déplace sur la scène tel un félin à la recherche d'une proie. Après un tout nouveau titre, « Sorrow », assez calme, ABC repart en force et attaque « Never Seen » et « Give Me Your Hands ». En rappel, le tandem va nous gratifier d'un excellent « Into The Light » : ‘Proficiat, Dirk & Eric !’

Nous nous autorisons une pause pendant Whispers in The Shadow, une formation de cold wave/gothic rock déjà vue auparavant, mais pas question de rater Anathema ! Créé à Liverpool au début des années '90, ce band est parvenu à faire évoluer son style du doom-metal vers le prog-metal, avant de s’orienter vers un prog rock alternatif proche de Steven Wilson, Radiohead, voire même Portishead. ‘Nous ne sommes pas payés mais il y a des choses plus importantes que l'argent. Le respect, par exemple, le respect pour vous, qui avez payé vos tickets’. C'est par ces mots, admirables, que Vincent Cavannagh, le chanteur, entame le concert. Le premier titre est éponyme, c'est « Anathema » et aux côté de Vincent, on retrouve la famille Cavannagh : Danny à la guitare et Jamie à la basse. A la batterie, il y a John Douglas et au second chant, la jolie Lee Douglas (encore une histoire de famille).

Pendant « Untouchable Part 1 & 2 », on se met à planer sur les belles harmonies mais l’ensemble manque un peu de pêche. Heureusement, on a droit au fabuleux « Closer », un OVNI musical aux confins de l'électro, du prog rock et de l'indie rock : une pure merveille. Anathema prend congé sur « Distant Satellites » et on remercie les musicos pour le merveilleux geste désintéressé qu'ils viennent de poser. Thx !

Epuisés, nous nous accordons une nouvelle pause pendant Tanzwut et après une courte interruption, on entend la musique d'Eyes Wide Shut (« Masked Ball » de Jocelyn Pook) et c'est... Killing Joke !!! La formation de Notting Hill commence en force, par son plus grand hit, « Love Like Blood ». Immédiatement, c'est le délire dans le (et autour du) chapiteau. Le son est d'une puissance phénoménale et Jaz Coleman, arborant son look rituel de Severus Rogue (ça me rappelle quelqu'un – private joke), parvient sans trop d'effort à placer sa voix de stentor au-dessus de la mêlée. On vit un grand moment, qui se poursuit par Wardance », « Complications » et « Requiem ». Le béret sur la tête et la cigarette au bec, Geordie White est impérial, comme à l'accoutumée. Quant à Youth, à la basse, il a l'air de plus en plus... jeune ! Symboliquement, le groupe nous réserve « Money Is Not Our God », un titre de circonstance ! Au total, Killing Joke va interpréter 17 titres, dont certains, rallongés. Un show exceptionnellement long et d'une rare intensité.

Trop fatigués pour attendre Therion, nous quittons la plaine de Neerpelt satisfaits, persuadés d'avoir assisté à un festival à nul autre pareil. Evidemment, il faudra que la lumière soit faite sur ce qui s'est réellement passé mais une chose est sûre : c'est l'altruisme des volontaires, tant techniciens que musiciens, qui a permis au festival de poursuivre son déroulement et pour cette raison, ils méritent notre respect ! Et c'est grâce à eux que l'Eurorock n'est pas devenu l'Horror-rock... Hum... 

Pour les photos, c’est ici 





 
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