Une collaboration entre Musiczine et Jazzaround

Né en 1995, Jazzaround a longtemps été le ...Lire la suite...

Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
A ...Lire la suite...

Festival Les Inrocks 2003 : vendredi 7 novembre / The Sleepy Jackson + Martina

Écrit par Grégory Escouflaire & Bernard Dagnies - vendredi, 07 novembre 2003
Image
Inrocks
Aéronef
Lille
07-11-2003

Chaque année, l'Aéronef de Lille accueille le Festival des Inrocks, pour le plus grand bonheur des mélomanes et de leur portefeuille (4 groupes pour le prix d'un). Cette année, beaucoup de rock'n'roll, revival oblige… sauf ce soir, où l'on aura pu voir à la fois de la soul-trip hop sensuelle, de la pop décervelée, du psychédélisme enfumé et du ska-northern-soul-rock-pop-et-quoi-encore-difficile-à-dire-avec-ces-types-de-The-Coral.

The Sleepy Jackson : en fait un type, Luke Steele, entouré pour l'occasion de tout un groupe au look improbable (un bassiste qu'on croirait échappé d'un groupe de métal, un choriste chevelu sorti de nulle part). Steele, lui, a une belle moustache, mais c'est aussi à la mode (cfr The Darkness et Kings of Leon). Quant à sa musique, elle est sympathique, à défaut d'être originale : de la pop joliment troussée, emprunte parfois de folk, de country et d'envolées hippies, preuve que notre ami a passé beaucoup de temps dans sa chambre à faire des Top 5 en écoutant des tonnes de vinyles. Parce que sa musique, donc, n'a rien d'exceptionnel : du recyclage, encore une fois, de Gram Parsons aux Flaming Lips, de Midnight Oil (il est australien) au Velvet Underground, des Beatles à Iron Butterfly. C'est bien emballé, cela dit, et sur scène ça en jette : « Good Dancers », Vampire Racecourse », « Miniskirt »,… Le reste n'est qu'une question de setlist, dont il est toujours difficile de se souvenir, surtout après deux heures de route, quelques bières et une mémoire de plus en plus défaillante à force de concerts et de décibels. Pfft ! C'est pas bien ce que je dis, mais c'est ce que m'inspire ce pseudo-groupe super chouette dont la destinée semble déjà toute tracée : on en parle partout, mais dans un an on ne s'en souviendra même plus, parce qu'il y en aura bien d'autres, des moustachus, avec des chansons cool et tout le reste.

Martina Topley-Bird, elle, peut au moins se reposer sur une carrière déjà bien remplie aux côtés de Tricky, son ex qui a viré rock'n'roll comme tout le monde et y a perdu son âme. En fin de compte, elle a bien fait de tenter sa chance en solo (« Quixotic »), tranquillement et sans esbroufe : toujours reléguée au second plan d'un univers moite et sordide qui lui devait pourtant beaucoup (« Maxinquaye », « Pre-Millenium Tension », deux chefs-d'œuvre), la voilà qu'elle se révèle à nous d'une autre façon, plus soul, plus languide, plus féminine. Sur scène, Martina n'a en tout cas rien perdu de son mystère, de cette aura sensuelle qui attise les regards et trouble nos hormones. Si ses compositions s'offrent à nous telles de douces sucreries, elles n'ont rien perdu, une fois déchiré l'emballage et le caramel fondu dans la bouche, de leur intrigante noirceur. On danse, mais sans joie, plutôt portés par un réflexe moteur qui réagit aux basses… Comme si cette fille usait de ses charmes vocaux (et physiques) pour nous hypnotiser, avant de nous sucer le sang et de nous étreindre dans un dernier soupir. Brrr ! Vite, au bar, qu'on reprenne ses esprits après telle dérive hallucinatoire. Quelqu'un n'aurait pas du hachisch ? Ben oui, après c'est les Warlocks…

G. E.

Une claviériste, un bassiste, deux drummers et trois guitaristes dont un chanteur : les Warlocks montent sur scène dans un halo de fumée et sous un light show de couleur rouge. Un peu comme lors d'un concert de Cure. Si bien que tout au long du set, on ne distinguera pratiquement que les silhouettes des musiciens. Dont les longues chevelures retombent sur des tenues sombres, probablement en cuir. Et les premières compositions surprennent par leur accessibilité. On se croirait presque à un concert des Dandy Warlocks. Pardon, des Dandy Warhols, tant les mélodies sont hymniques. Mais progressivement, les sonorités s'épaississent et font alors place à un univers cosmique, ténébreux, psychédélique, hallucinatoire. Un trip dense, intense, hypnotique, auquel il est impossible de résister. Seule, la voix nasillarde, gémissante, sorte d'hybride entre Shaun Ryder, Iggy Pop, Tim Booth et Mark E. Smith s'élève de cet éther sonique au cours duquel l'électricité ondoie, oscille, se consume, scintille ; bref nous envoûte. A charge de Corey Lee Garnet, le soliste, de jouer de ses pédales pour nous tourmenter, nous torturer davantage l'esprit. Tour à tour les images du Velvet Underground, de My Bloody Valentine, de Jesus & Mary Chain, de Joy Division et de Slowdive traversent votre subconscient. Et en apothéose le groupe déposera la cerise (NDR : cerise ?) sur le gâteau, en interprétant un « Hurricane heart attack » absolument dantesque. Le bonheur ! Et dire que le son était pourri !

Curieux, alors que j'avais assisté au set de The Coral, en première partie de Blur, à l'Ancienne Belgique, j'éprouve encore quelques difficultés à cerner leur style musical. Faut dire qu'entre leurs deux albums, la différence est sensible. Et que sur les planches, on a l'impression que leur premier opus éponyme sert davantage de ligne de conduite. Pas que le groupe écarte les plages issues de son nouvel elpee (« Magic & medecine »), mais parce qu'il les interprète avec l'esprit du précédent. C'est à dire un psychédélisme teinté de New Mersey Sound. Pensez aux mythiques Teardrop Explodes et à Wah ! (NDR : à vos encyclopédies !). Encore que parfois, on a l'impression que leur musique est hantée par l'excentricité 'scally' des Charlatans, voire d'Inspiral Carpets. Donc mancunienne. A cause de ce recours aux claviers rognés. Etonnant pour un groupe issu de Liverpool. Et lorsque ce psychédélisme se teinte de country/folk, c'est plutôt aux Bluetones qu'on se met à penser. Maintenant revenons au set. Etonnant de maturité pour un groupe aussi jeune. D'ailleurs, derrière ce vernis espiègle et juvénile, ils affichent une technique irréprochable. Mais empreinte de fraîcheur. Epaulé par de superbes harmonies vocales angéliques, acidulées, James Skelly impose son timbre de crooner. Capable même d'épouser les inflexions de Neil Diamond. Encore plus étonnant pour ce visage de poupon ! Parfois il empoigne les maracas, puis ferme les yeux, comme s'il était sur pilotage automatique. En final, The Coral s'aventure dans un périple sonore interstellaire, magique, tempétueux, hallucinatoire. Un peu comme si leur voyage dans le passé était réalisé à l'aide d'une machine à remonter le temps. Mais nonobstant ses incessants clins d'œil au passé, leur musique se conjugue bien au présent. C'est sans doute la raison pour laquelle, il n'y a pas eu de rappel…

B.D.





 

Qui est en ligne

Il y a actuellement 2 invités en ligne
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement