Garciaphone, mangeur de ręve…

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Festival les Inrocks 2006 : jeudi 9 novembre

Écrit par Bernard Dagnies - jeudi, 09 novembre 2006
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Inrocks
Aéronef
Lille
09-11-2006

Enormément de monde pour ce deuxième jour des Inrocks de Lille. Le premier s'était déroulé la veille à la Maison des folies de Wazemmes. Et beaucoup d'Anglais et surtout d'Anglaises avaient traversé la Manche pour assister au set des Kooks. De très jeunes britanniques ! Depuis tôt le matin elles étaient collées à la grille d'entrée pour pouvoir pénétrer dans la salle et s'installer le plus près possible du podium. Un engouement que l'on rencontre rarement sur le Vieux Continent. Par contre, le service de sécurité a confondu festival rock et meeting politique voire syndical. Le syndrome Sarkozy continue de faire des émules. Admettre les spectateurs frigorifiés au compte-gouttes m'a semblé quelque peu déplacé. Mais on peut le comprendre au vu des fouilles minutieuses réservées à la carte. Séparer ceux-ci en deux files : une pour les filles et l'autre pour les garçons m'a donné la nausée. Un comportement peu accueillant, c'est le moins que l'on puisse dire. On était même à la limite du déni de démocratie ! Faisant remarquer cette situation aux organisateurs, ce service d'ordre m'a même intimé l'ordre de la fermer. Qu'ils fassent leur boulot, d'accord ; mais faut pas prendre les gens pour du bétail. Ni pour des imbéciles. C'est sans doute ce qu'ils pensent des journalistes. A leurs risques et périls…

Il revenait à Mumm-Ra d'entamer la soirée. Six très jeunes insulaires issus de l'est du Sussex. De Bexhill-on-Sea, très exactement. Leur musique ? De la britpop dans la lignée de Snow Patrol, mais en plus brouillon. Le claviériste essaie bien de rendre l'expression sonore la plus homogène possible, mais il ne peut manifestement colmater toutes les brèches. James Arguile n'est pas un mauvais chanteur et son jeu de scène quelque peu théâtral rappelle parfois Jarvis Cocker. Mais leur style redondant finit par lasser. Franchement, sur la scène belge, il y a des groupes qui leur sont dix fois supérieurs…

La bonne surprise nous est venue de Boy Kill Boy. Enfin, pas tout à fait une surprise puisque ce quatuor londonien puise manifestement ses influences dans la musique des eighties. Et en particulier chez les Smiths et Julian Cope. Un peu comme The Killers, Bloc Party et Maxïmo Park. Chris Peck, le chanteur, possédant d'ailleurs un timbre fort proche de Paul Banks. Pourtant, BKB n'a pas trop bonne presse en Grande-Bretagne. La formation était-elle dans un état de grâce ? On n'en sait strictement rien. Une chose est sûre, leur set est très précis et libère une énergie pure. Les riffs sont efficaces et les mélodies hymniques, mélancoliques, contagieuses. En outre, le claviériste, qui assure également les backing vocaux, apporte une petite touche new wave à l'ensemble, de manière à alléger et surtout équilibrer une expression sonore susceptible de basculer à tout instant dans un climat ténébreux. Et heureusement, ce n'est jamais le cas.

Toute la presse branchée crie au génie en parlant de Spinto Band. Un combo américain issu de Willington, dans le Delaware, qui existe depuis déjà une bonne dizaine d'années. Un méga hit à leur actif : « Oh Mandy ! », que la formation va d'ailleurs interpréter au beau milieu de sa prestation. Une prestation guère convaincante, il faut l'avouer. Pourtant, leur power pop insouciante, sucrée, mélodique, contagieuse possède tous les atouts pour faire la différence. Evoquant même parfois les Posies voire Weezer. A moins que ce ne soit les Talking Heads. A cause de la voix nasillarde de Nick Drill, proche de David Byrne. En outre, les musiciens déménagent sur les planches. Parfois un peu trop. De petite taille (NDR : heureusement, ils ne sont que six !) ils usent et abusent de clichés : poses semi-convulsives, conjugaison de choeurs sur un même micro, etc., au point d'en oublier l'essentiel : la musique. Et finalement on en prend plein la vue, alors qu'il n'y a pas grand-chose à se mettre dans le tuyau de l'oreille. En résumé, Spinto Band est à Talking Heads ce que Clap Your hands Say Yeah est à James. Des hypes tout simplement ! Vous n'avez pas rencontré Blanche Neige ?

La tête d'affiche revenait incontestablement aux Kooks. Ils jouissent d'une incroyable popularité aux Iles Britanniques. Ce qui explique pourquoi l'Aéronef avait été envahi par l'Albion lors de cette soirée des Inrocks. Et surtout par des filles. Honnêtement en plus de 35 années de concerts, je n'avais vu ni entendu une telle hystérie émanant de fans. Peut-être lors d'un concert de T Rex. Mais c'était il y a bien longtemps. J'avais l'impression de revoir les images si souvent passées à la TV, en noir et blanc, des Beatles au milieu des sixties. Etonnant ! Ces aficionados connaissent toutes les chansons de leurs idoles par chœur, et les interprètent en même temps que Luke. Ah oui, mais le concert alors ? De bonne facture, sans plus. Les Kooks possèdent un énorme potentiel, mais ils sont encore très jeunes et doivent encore apprendre à le maîtriser. Luke passe successivement de la guitare électrique à la sèche. Le son est puissant. Même pour les compos les plus intimistes. Ce qui rend la prestation un peu trop linéaire. Coiffés de superbes chapeaux, Hugh Harris, le guitariste soliste et Max Rafferty, le bassiste, sont postés respectivement à gauche et à droite de Pritchard. Les tubes (toutes les compos sont des tubes !) s'enchaînent. Et manifestement, c'est en 'live' qu'on se rend compte de l'influence exercée par Police, époque « Regatta de Blanc », sur le groupe. Blanc comme le funk blanc ! En fin de set, l'intensité monte d'un cran. Et la ferveur du public n'y est pas étrangère. Conclusion, les Kooks accordent un rappel au cours duquel il interpréteront leur inévitable cover, « You make me crazy ». Et puis Luke de terminer son show debout sur les barrières 'nadar' devant un public conquis (NDR : celui des premiers rangs, of course…)





 

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