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Francofolies de Spa 2013 : mercredi 17 juillet

Écrit par Akim Serar - mercredi, 17 juillet 2013
Image
Francofolies de Spa
Village Francofou
Spa
17-07-2013

Un climat estival qui vire au tropical dans une jolie ville thermale, une programmation éclectique exécutant le grand écart entre Electro Bling Bling et musique électronique de choix, entre Rock à paillettes et esprit sauvage déluré, entre finesse Pop et kermesse de barakies, pas de doute, cette vingtième édition des Franco, placée sous la bannière patriotique en final ‘grandjojozant’ avait réuni assez d'éléments pour attirer la toute grande foule.
Une foule bigarrée, où le quidam en bermuda et sandales, croise le rebelle tout de noir vêtu suffoquant au soleil, où le kéké des plages, le hipster aux chaussettes montantes ; bref, un festival qui se veut depuis ses débuts familial, et qui à l'aube de son 21ème anniversaire vire au grand rassemblement populaire.
Compte-rendu de votre envoyé spécial qui souvent se demandait que faire...
Premier constat, et non des moindres : le nombre de groupes ou d’artistes suscitant mon intérêt, voire ma curiosité, se résume à tout au plus une poignée perdus dans la masse de cette affiche 2013.

Ajoutant à ma frustration, dès ce premier jour, je me vois contraint de manquer les excellents BRNS, et pour cause, je me rends au même moment dans les installations de l'Hôtel Radison pour réaliser l'interview de Jeronimo, bientôt disponible sur notre site.

C'est donc sous un soleil radieux, mais pas encore cruel que je m’installe face à la scène Proxitruc, pour mater ce qui sera une des rares apparitions de Jérôme Mardaga cet été.

Lui qui avait mis un terme (non pas à Spa) à l'aventure Jeronimo après trois albums accueillis avec enthousiasme tant par le public que par la presse, mais pas à la hauteur des attentes de son auteur, a publié cette année une petite perle Pop, répondant au nom de « Zinzin ».

Pop, c’est sans doute ce qui dérange le plus le Liégeois ; car il se voit de plus en plus en marge de ce cadre formaté.

Mais avant de continuer ‘frondeusement’ sa quête d'une musique en marge des codes, la promotion de son petit dernier l'amène à renouer un temps avec ces anciennes chansons tellement attachantes et à proposer au public ces dernières compositions.

Un public qui se montre très réceptif, enchanté de retrouver cet habitué des lieux.

Entre douceur, poésie et humour, passage au peigne fin d'une discographie nourrie d'indie anglo-saxonne et qui tend doucement à présent vers un Folk Americana apaisé mais aux accents toujours bien belges.

En témoigne « Pieds nus dans l'aube » ou « Irons-nous voir Ostende », qui contrebalancent subtilement l'ironie des textes de « John Lennon s’est suicidé », chanson contestataire grinçante ou encore « La mort solitaire de Franck Vandenbroucke », hommage appuyé à l'une de nos gloires nationales dont les lamentables frasques l'ont conduit à une fin à la fois triste et incongrue.

Mais les sonorités Shoegaze ne sont pour autant pas rangées au placard, et les guitares savent encore crépiter quand entre deux chansons, Jérôme nous réserve quelques transgressions hors du format chanson.

Enfin, retenons les mains tremblantes d'un public venu pour faire la fête mais communiant joyeusement son plaisir intact de retrouver un enfant chéri du plat pays.

Pour le reste, entre les élucubrations baignées de vodka d'un Joey Starr fidèle à son image de racaille des salons bourgeois VIP et l'humour radio Contact (et encore, avec un certain manque de tact) de DJ Didjé venu amuser la populace, en passant (zappant) le savoir faire (?) de Daddy K, il ne me restait qu'à entraîner mon sourcil droit à se soulever dubitativement face à la liesse générale déclenchée par Orelsan, dont  je reconnais volontiers plus de talent que l'immonde « La Terre Est Ronde » ne me l'avait laissé présager.

Bref, vous avez compris, vous qui lisez ces lignes, que je ne pouvais guère trouver mon salut et rechignais à faire la file devant la soupe populaire.

Néanmoins, soulignons la joyeuse prestation d'une Olivia Ruiz, drôle comme d'accoutumée, énergique et sympathique, mais qui et aussi capable de laisser transparaître une certaine sensibilité dénuée de sensiblerie au travers de certains titres introduits pudiquement par quelques mots touchants.

Un petit bout de femme chocolat qui rehaussait cette journée, comme le dessert, un frugal repas.

Organisation : Francofolies.

 

 





 
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