Les Nuits Plasma 2017 : la programmation (update 23/10/2017)

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Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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Francofolies de Spa 2014 : vendredi 18 juillet

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 17 juillet 2014
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Francofolies de Spa
Village FrancoFou + Scène Pierre Rapsat
Spa
18-07-2014

Une belle journée s’annonce, ce vendredi à Spa. Il y a du soleil et c'est la fête à la musique pendant 5 jours. Déjà 20 ans que l'organisation est sur pied ; et depuis, elle a acquis une fameuse expérience. Mais la chanson française a toujours le dernier mot. Ce qui n’empêche pas une programmation particulièrement éclectique. Qui oscille de la pop au hip hop, en passant par l’électro. Une scène particulière lui est même réservée. De quoi contenter un large public. Je débarque une heure avant le premier concert programmé au 'Village FrancoFou'. Direction l'Hôtel Radisson Blu Palace, le centre névralgique de l'organisation pour retirer mon sésame. Une petite reconnaissance et cap sur ce 'Village FrancoFou' où se produit le premier groupe de la journée : les R'Tardataires.

Les R'Tardataires ont la tâche ingrate d’ouvrir les hostilités sur un des 3 podium du Village : la ' Ice Watch'. Les 2 MC's : Ced (Cédric Chiappe) et Max (Maxime Lacroix) sont prêts à mener la danse. Vous faire vibrer et vous chauffer les zygomatiques. Ils sont épaulés par le bassiste Benoît Lesage, le claviériste Andréa Monticciolo, le drummer Aurélien Weynant, le guitariste Sébastien Hogge et enfin du préposé aux ‘scratches’, DJ Nsk. Le collectif a déjà remporté quelques prix prestigieux. Lauréat du Franc'Off 2013 et finaliste de la Biennale de la Chanson Française en 2013, il arpente depuis plus de trois ans, les planches de notre Royaume. Il vient de sortir un premier album intitulé « Mieux Vaut Tard Que Jamais », et est bien décidé à le défendre.

Les Liégeois sont de véritables showmen. Des entertainers ! Dès le premier titre, le courant passe instantanément entre l’auditoire et le band. Il l’incite à participer activement au spectacle. Les compos sont sculptées dans un hip hop déjanté ou plus exactement du rap teinté de ska, reggae, ragga voire de rythmes latino. La setlist nous réserve une adaptation de la « Pêche Aux Moules » totalement déroutante. Ced et Max se sont éclipsés quelques instants pour enfiler un gilet pare-balles, afin d’attaquer un « 22 Fais tourner » particulièrement consistant. La troupe tente de faire passer ses messages. Des messages ironiques, mais à prendre au second degré. Les lyrics parlent de la vie de tous les jours, mais également montent en épingle les dérapages de la justice et de la police…  

La reprise du « Kiss » de Prince est plutôt funkysante. « Belle Au Naturel » trempe dans le ska. « Le P'tit Dylan » nous plonge dans la musique manouche. « On Remet Les Pendules A l'Heure » est contaminé par le raggamuffin. Bref, le crew ratisse large. Pas étonnant qu’on rencontre dans l’auditoire, des spectateurs de tous les âges. La piste de danse est spacieuse, mais elle est déjà très bien garnie. Les R'Tardataires ont bien rempli leur rôle malgré le soleil de plomb et sont parvenus à faire monter l’ambiance d’un cran…

Pour Soan, c'est sa première Franco à Spa. Chanteur atypique de la scène rock hexagonale, il a été finaliste de la Nouvelle Star en 2009. Pour affronter la foule (NDR : et le soleil), il s’est coiffé d’un chapeau noir mou et a enfilé des ‘baggy trousers’. Il est épaulé par deux gratteurs, un bassiste et un batteur. Leur dernier elpee, « Sens Interdits », est paru en 2013. Je fais l'impasse. Je le revois au festival des Barges de Scène-Sur-Sambre, à Thuin, dans un mois.

Lors des Francos on fait toujours des découvertes. Mais celle qui va marquer le plus ce festival est canadienne, montréalaise plus précisément, et s’appelle M'Michèle. Elle s’y produit tous les jours. Cinq fois sur le podium 'Red Bull Elektropedia' et une fois sur celui du ‘Pierre Rapsat’. Aujourd’hui, elle a investi la RBE. Elle joue de la harpe et est épaulée par un bassiste à qui on a greffé des pattes de kangourou ainsi que d'un bidouilleur, dont les machines colorent l’ensemble de beats et de loops. Ils fonctionnent constamment dans l’impro ; et c’est tout à fait novateur. Son Ep « Magnolia » symbolise la vie, sa force, sa fragilité et sa beauté. Elle nous retranscrit ces thèmes avec autant de sensibilité que de passion à l’aide de sa harpe, dont elle triture les sonorités à l’aide d’une pédale de distorsion. Le titre maître est chanté sur disque, comme le signale l'artiste ; mais afin de permettre aux mélomanes de mieux saisir les subtilités de la compo, la version sera instrumentale. Le set est court : 45 minutes. Mais intense. A son issue, de nombreux spectateurs vont complimenter le trio. Ce qui est amplement mérité. Dès que M'Michèle est à l’affiche d’une de nos salles, je suis de la partie…

Direction 'Ice Watch' pour assister à la prestation des petits frères français des R'Tardataires : Bigflo et Oli. L’animateur les présente comme la nouvelle sensation de l'année. Il s’agit de deux frères, MC's, qui ont fréquenté le Conservatoire de Toulouse. L'un y a appris à jouer de la batterie et l'autre, la trompette. L'album « L'Ecole Du Micro D'Argent » d’IAM constitue une référence majeure pour le duo. Leur premier clip posté sur la toile a comptabilisé 180 000 vues sur YouTube, en moins de trois semaines. Et leur dernier, "Monsieur tout le monde", repris dans la setlist, en a totalisé 1 100 000 vues, en une seule. Ce sont également leurs premières Francos à Spa. Agés respectivement de 21 et 17 ans, les frangins apportent une certaine fraîcheur dans l’univers du rap français. Leur premier Ep, « Le Trac », est paru en avril dernier. Il est découpé en 5 pistes.

Un violoncelliste et un préposé aux machines montent les premiers sur l’estrade. Suivent ensuite la fratrie MC’s qui en débarquant harangue immédiatement la foule. Et les invite notamment à se rapprocher du podium. Il fait de plus en plus chaud. A l’instar des R'Tadartaires, ce sont d’excellent entertainers capables de communiquer leur bonne humeur. Et puis également des musiciens qui se servent de la basse et de la trompette pour personnaliser leur rap. Ironiques, les lyrics sont bourrés de jeux de mots. A mon humble avis, le tandem est promis à de grandes salles ; aussi, tant qu’il est accessible en petit comité, il ne faut pas manquer leur show…

Marie Warnant, c’est un peu mon coup de coeur. Il y a quelques mois, Marie était encore pour moi une parfaite inconnue. C'est un ami qui me l’a fait découvrir.

Marie rencontre le Gantois Mirko Banovic, le bassiste d'Arno et d'Arsenal. Il l’invite à enregistrer son nouvel elpee, « Nyxtape », dans son studio. Lors des sessions, elle reçoit le concours du batteur Pieter De Wilde (Raketkanon, Raveyards, Sioen) et du guitariste/ingénieur du son Frédéric Segers (Stadt, Sioen). Dans la mythologie grecque, ‘Nyx’ est la déesse de la nuit. Elle est reproduite sur la pochette, par un chat à trois yeux. ‘Tape’ se réfère aux cassettes audio qui servent, en quelque sorte de laboratoire à sons. Le résultat baigne au sein d’un climat manifestement plus anglo-saxon. Electro, également. Des spécificités qu’on ne rencontrait pas sur « Ritournelle ».

Et c’est cet album que Marie va nous proposer sur la scène ‘Proximus’, en compagnie de ses collaborateurs gantois. Non seulement, elle est talentueuse, mais elle sait ce qu’elle veut. « Melopee » ouvre le bal. Un premier extrait de « Nyxtape ». Belle entrée en matière. Elle embraie par « Le Souvenir Des Siens », « Exit », « Trip Atlantique », « Make Love », « Sous l'Epiderme », Point De Suture », « Les Eaux De Mars » et « Danse ». « Sous l'Epiderme » est une chanson d'amour qui interpelle. Douce et bien maîtrisée, la voix de Marie nous charme. Elle se sert tantôt de sa guitare, tantôt de ses machines pour y mixer les sonorités enregistrées sur les fameuses K7 audio. Mirko bosse pour Arsenal et on ressent sa vision électro dans les compos. Cette ouverture d’esprit rencontrée chez les artistes du Nord du Pays est une aubaine pour renouveler sa création artistique. « Les Eaux De Mars » nous parle du Brésil, une chanson qui avait d'ailleurs été reprise, en son temps, par Georges Moustaki. Marie y a gommé les effets latino pour les remplacer par ses expérimentations. On aura encore droit à « La Vie Est belle », une plage extraite du premier elpee, « De un à dix » et « Ca Finira A L'Eau », issus de « Ritournelle » ; sans oublier « Bruxelles », pour ne pas trop perturber les aficionados de la première heure, ainsi que « Foutue mémoire », en guise de finale.  

Pas de Saint André pour votre serviteur, Les R'Tardataires m'attendent à l'Hôtel Radisson Blu Palace pour une interview. Je me demande quand même ce qu'ils vont me raconter…

Entretien terminé, je me rends au 'Café de l'Europe' pour un set semi-acoustique de Bagdad Rodéo. J’avais découvert cette formation parisienne, ma fois fort sympathique, il y a deux mois, dans le cadre du festival 'La Vie En Rock', à Dour. En règle générale le band envoie du lourd, du rock bien carré et énergique. Sans jamais se prendre au sérieux. Il est assez cocasse de voir ces cinq musicos se partager un espace de deux mètres carrés. Le batteur est à l’arrière et doit se contenter d’une caisse claire et un tom basse. Le concert est déjà commencé, quand je débarque, mais je prends énormément de plaisir à les revoir. Je me répète, mais il fait tropical. Pas un seul souffle d’air frais. Sous cette chaleur étouffante, chanter donne soif. Et le vocaliste –barbu, par ailleurs– réclame quelques bonnes bières belges pour se désaltérer. Il s’agit de MSR De La Tourette, un personnage un peu fêlé. Il est épaulé par le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d'un chapeau de cow-boy, Romain aux percussions ainsi que Houston, pour la circonstance également à la gratte. Yayo a quitté le bateau récemment pour tenter une nouvelle aventure. Il est remplacé par un pt'it nouveau préposé à la six cordes acoustique. Le quintet ne manque pas d’interpréter « Quand Je Serais Mort ». Même acoustique, l’énergie libérée est phénoménale. Mais pas dévastatrice, comme sous leur format électrique. C'est la deuxième fois que nos cinq joyeux lurons se produisent en Belgique. Ils vont réitérer leur set unplugged pendant cinq jours aux Francos, mais chaque fois dans des endroits différents. « J'aime Pas Les Filles » passe à la moulinette. Christobal a empoigné un ukulélé pour abordé le countrysant « Dis Moi Papa », au cours duquel le refrain 'On suce des bi*es' est judicieusement remplacé par 'On Suce Des frites'. Il ne manque plus que la mayonnaise. Mais elle risque de fondre. « Mon Pote Jésus » achève leur show.

En attendant de réaliser la seconde interview en compagnie de Sold Out, qui clôture la programmation sur la 'Ice Swatch', j’en profite pour me restaurer et prendre un peu d'ombre. L’entretien terminé, retour vers la scène 'Proximus' pour assister à la prestation de vieux de la vieille de la scène belge, Machiavel. Il y a pas mal de monde pour voir et écouter ces dinosaures. Le groupe a pondu un douzième album, baptisé « Colours », l’an dernier. Et il le promotionne depuis sa sortie. Après avoir accordé un concert mémorable au Cirque Royal en décembre dernier, mais moins percutant qu’en 1978, il est de retour aux Francos. Ce dernier long playing n’est certainement pas leur meilleur. Dans ces conditions, je ne compte pas trop m’attarder. Et, malgré la distance qui me sépare du podium, je constate que Marc Ysaye n'est pas calé derrière les fûts. Pourtant, son remplaçant se débrouille plutôt bien. J’écoute « Feel the sun », un extrait d'« Eleven » ; et comme le clame Mario, c'est de rigueur. Il imite un oiseau qui flotte dans l'air. Mais quand il chante, j’ai l’impression que sa voix a perdu de sa puissance…

Troisième rencontre de la journée en compagnie de Marie Warnant. Une entrevue à bâtons rompus comme je les aime. Je souhaite rejoindre la scène 'Pierre Rapsat', où se produit Julien Doré. Mais vu la foule compacte, il est quasi impossible d’approcher l’estrade. Je tente quand même de me faufiler. Ce qui me permet d’entendre de très loin « Kiss Me Forever », une plage qui figure sur l'album « Bichon » et « Femme Like You ». Le confort d’écoute, mais surtout de situation devient de plus en plus précaire. Je fais donc demi-tour. Julien revient à l’AB. J’y serai. Et les conditions seront certainement nettement meilleures.

Je décide donc de retourner vers le podium 'Ice Watch', pour assister au concert de Grand Corps Malade. Pas de chance, le parcours est identique. C'est le problème du Village FrancoFou quand il y a trop de monde. Sous cet effet de serre, on se sent oppressé. Je tends l’oreille, et perçois leur musique de loin…

Il faut faire des choix. Les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Je préfère abandonner le combat, je reverrai cet artiste une autre fois. Au 'Village Acadien', il y a beaucoup moins de monde. On peut s'asseoir et respirer un peu. Je me pointe à la fin de la prestation de Marcie, une jeune auteur/compositeur/interprète canadienne. Elle est seule sur scène, et chante en s’accompagnant à la guitare. C'est la meilleure manière de découvrir un artiste, en acoustique. On y décèle les forces, les faiblesses, les émotions et surtout le talent. Elle a une jolie voix et manifestement s’inspire de Brel, Barbara et Gilles Vigneault.

Caroline Savoie a 19 ans et est Canadienne. Elle nous vient du fin fond du New Brunswick ; et c’est une collègue à Lisa Leblanc. On assiste à son soundcheck. Elle s’était illustrée dans le cadre du festival Interceltique de Lorient, en 2013. Une jeune prodige dont on entendra encore parler, c’est une certitude. Elle s’exprime en acadien. Et pas toujours facile de comprendre son dialecte. Mais une chose est sûre, il vous traverse l’âme, comme un rayon de soleil. 

Sur les planches, Caroline est épaulée par un guitariste, au style plutôt blues, un bassiste et un gars au cajón (NDR : petite caisse en bois rectangulaire amplifiée par un microphone). « Si Tu Savais », le titre maître de son opus, est à la fois dynamique et enchanteur. L’émotion nous étreint quand elle nous parle d’« Henri ». Caroline raconte qu'elle reçoit des lettres destinées à Henri qui a habité sa maison pendant 50 ans, avant son 'chez soi'. La voix est chaude et sensuelle. Il émane un tel charisme de Caroline qu’on la suivrait bien dans rue, avec ou sans sa guitare. On la guiderait volontiers pour retrouver sa route du « Chemin Perdu ». Caroline a participé à 'The Voice France' où elle a impressionné tout son monde. Logique ! Certains artistes vous marquent l’esprit, on ne sait pas trop pourquoi et c’est le plus souvent le fruit du hasard. J’ignorais même l’existence de cette Caroline, mais une intuition m’a poussé à aller voir son concert. Et je ne le regrette certainement pas.

Duo électro/rock, Soldout vient de publier son nouvel album. Et il s’intitule « Puppylove ». En fait, il s’agit de la musique d’un film réalisé par la Belge Delphine Lehericey. Y figure leur nouveau single, « It's A Sin », une brillante reprise de Pet Shop Boys que Charlotte Maison et David Baboulis se sont totalement réappropriés. 

Il y a du peuple devant l'Ice Swatch'. La réflexion est facile : c’est sold out. Le décor est dépouillé. Rien que les synthétiseurs et machines (boites à rythmes, séquenceurs) ; et en avant-plan une banderole sur laquelle est imprimé leur patronyme. Charlotte a chaussé des lunettes fumées. Sa voix passe bien la rampe. Dès le début du set elle se déhanche sur les beats électro et entraîne progressivement le public à danser. Le dancefloor est immense, mais peu enclin à de tels exercices. Même des sardines ne pourraient pas se libérer de leur boîte. Bien rôdée, la setlist nous réserve cependant de nouveaux morceaux, mais c’est la reprise de Pet Shop Boys qui fait un tabac. Charlotte jumpe sur le rythme de « To The Ocean ». Et l’ambiance monte encore d’un cran, lorsque le combo attaque le standard « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte termine à genoux, au pied de ses machines… Un des meilleurs concerts de Soldout auquel j’ai pu assister depuis longtemps.

J’ai loupé Girls In Hawaii. Pas de souci, je revois la formation dans 10 jours, à Lokeren. Et puis je les avais déjà visionnés dans le cadre du dernier 'Couleur Café'. On me rapporte qu’il a décroché un disque d'or. Félicitations, c’est tout à fait mérité.

Un dernier crochet par l'Hôtel Radisson Blu Palace pour réaliser ma dernière interview, celle des Namurois de Fastlane Candies. Pendant leur entretien, quelqu’un passe près de nous et lâche 'Bonjour M'ssieurs, Dames!!!' C’était Mathieu Chedid. Sans sa perruque, ne l'avais pas reconnu. Une belle et longue journée vient de s’achever ; mais j'ai encore deux heures de trajet à me taper pour le retour. Rendez-vous en 2015 !

(Organisation Francofolies de Spa)

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