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Francofolies de Spa 2015 : lundi 20 juillet

Écrit par Didier Deroissart - dimanche, 19 juillet 2015
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Francofolies de Spa
Village Francofou + Proximus + Parc + …
Spa
20-07-2015

C’est déjà la troisième année que votre serviteur passe une journée complète aux Francos. Quatre scènes se partagent le village Francofou : ‘Proximus’, ‘Sabam For Culture’, ‘Red Bull Elektropedia’ et enfin celle du ‘Parc’. De la chanson française, des découvertes et de belles surprises nous attendent au Village Francofou. Pas d'accréditation pour le podium principal où se produiront Calogero et Antoine Chance.

Direction le ‘Proximus’ pour y découvrir le lauréat du concours parrainé par l’opérateur de télécommunications mobile belge ; et surprise, le gagnant est The Banging Souls, un trio namurois réunissant réunit Gaëlle Mievis (BJ Scott, Sirius Plan) au chant et à la sèche, Ludwig Pinchart à la gratte électrique et Pitt Abras aux drums. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans et ont accompli leur propre parcours musical avant de lancer ce nouveau projet. A leur actif un Ep 4 titres disponible sur les plateformes de téléchargement légaux.

La foule est déjà bien conséquente pour accueillir la formation. Musclé, son rock décape et décoiffe. Il est brut de décoffrage, si vous préférez. Et tout particulièrement en ‘live’. La voix de Gaëlle est hargneuse, vindicative, taillée pour ce stoner, même si les racines de cette artiste sont surtout blues. Certaines compos nous replongent ainsi dans les 70’s. Gaëlle empoigne un mégaphone pour déformer sa voix. Les solos de gratte dispensés par Ludwig sont précis et incisifs. Le drumming est métronomique. Gaëlle se montre plutôt discrète quand elle milite au sein du backing group de BJ Scott. Et chez Sirus Plan, elle se consacre aux drums et aux vocaux. Mais pour The Banging Souls, elle assume le leadership. Elle utilise sa voix comme un instrument. De la set list, j’épinglerai « Black Betty » (NDR : une cover de Lead Belly, popularisée par Ram Jam en 1977), « A Change » ainsi que « Race », un blues solide, huileux, graisseux même. A la croisée des chemins du Bayou et du southern rock de ZZ Top. A revoir, c’est une certitude.  

Sarah Carlier surfe sur la vague du succès. Résultat des courses, il y a du monde pour assister à son set ; et il devient de plus en plus difficile d’approcher le podium, sans devoir subir les récriminations des aficionados.

« Dreams » et « My Counsellor » sont de bonnes entrées en matière. La voix soul de Sarah est bien sucrée. « Misery » est balayé par les accords de gratte bien réverbérés de Sylvain, son paternel. Sarah nous rappelle, en proposant une version originale, très différente de celle réalisée en studio, du « All Along The Watchtower » de Dylan, qu’elle est une grande admiratrice du Zim. Sylvain s’autorise quelques exercices d’impro judicieux. Tout comme le claviériste. « Big Girl » n'est pas une reprise de Mika, mais une compo signée par le père de Sarah. « Chorus Man » est une ancienne chanson. Elle ouvre son premier opus. Paisible, « For Those Who Believe » est une petite perle qu’elle balise de sa sèche. Sylvain communique une touche funky à « Misty ». Encore un morceau issu de sa plume, au cours duquel il est carrément hanté par Nile Rodgers. Et le drummer se montre à la hauteur de l’événement ; une performance, car il s’agit d’un remplaçant, en l’occurrence celui de Suarez. « Tenderness » est sculpté dans le soul/funk. C’est le titre qui a lancé la carrière de Sarah. Elle et son claviériste entament une petite danse africaine pendant « My Dear ». Et le spectacle de s’achever par « Save My Soul », morceau maître du second LP. Manifestement, elle est de plus en plus à l’aise sur les planches. Vu les sourires échangés entre le père et la fille, on sent qu’il existe une grande complicité entre eux. Elle revient dans le cadre du BSF et à Scène-Sur-Sambre.

La bonne surprise nous viendra d’un groupe hexagonal, Baden Baden. Né en 2008, son line up réunit le chanteur/guitariste Eric Javelle, le second gratteur Julien Lardé, le batteur Gabriel Vigne et le bassiste Guillaume Georget. Deux albums à son actif : « Coline » publié en 2012 et « Mille Eclairs », cette année. Ce dernier long playing a bénéficié du concours de Barny Barnicott (Arctic Monkeys, The Rakes, Cloud Control, Franz Ferdinand, Kasabian) au mixing. Le combo grimpe sur l’estrade du 'Sabam For Culture' vers 15 heures. Les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire. C’est son single « Evidemment » qui a permis de découvrir cette formation responsable d’un rock bien frenchie. Il y a du groove dans son funk ; et la prestation est bien vivifiante dans l’esprit d’un Talisco. Certaines chansons sont enrichies par de superbes interventions à la trompette. Et il faut reconnaître que les morceaux dispensés en ‘live’ sont bien plus dynamiques que ceux gravés sur disque.

La journée n'est pas finie. Sur le même podium, va se dérouler la fête à Mario Guccio. Un vieux routard qui milite chez Machiavel, depuis les débuts. Il est d’ailleurs soutenu par le claviériste de ce groupe (Hervé Borbé), de sa fille (Isabelle) aux machines et d'une superbe guitariste (Giovanna Sacco), dont le regard est ravageur et les interventions à la guitare dévastatrices. Mario a invité 3 jeunes groupes prometteurs pour adapter des extraits de son album solo « Link ». Premier guest : Feel, un power trio qui a gagné le concours 'L'envol Des Cités'. Le combo athois revisite à sa manière « The Dome », ainsi qu'un extrait de son Ep éponyme, « Vavedoo De Top ». C'est le minimum syndical. Faut dire qu’il y a deux autres invités dont Dandy Shoes et The Bukowskies. Le premier s’attaque à « Included Love » et le second à « The Reason ». Mario est en pleine forme et réserve un traitement détonnant à son « In Between The Dreams ».

Manifestement son projet solo le booste. Et apporte un coup de fraîcheur à sa carrière. Ce qui ne va pas l’empêcher de nous balancer le fameux « Fly », mais dans une version ‘testostéronée’. Des images n’arrêtent pas de défiler devant mes yeux. Nostalgie, nostalgie… Bref, un fameux set accordé par Mario devant un auditoire composé de jeunes et de moins jeunes.

Impossible d’approcher les barrières du frontstage de la ‘Proximus’ où Fréro et Delavega vont se produire. Et pour cause, un contingent important d’admiratrices s’y est agglutiné. Frustré, votre serviteur se résout à regarder la prestation depuis le bar à cocktails, où à droite un grand écran diffuse les images, et à gauche on a vue sur le podium ‘Sabam’. La scène est aménagée en salon cozy. Se consacrant à la sèche ou au ukulélé et se partageant les vocaux, le duo est soutenu par un véritable groupe. La paire a la bougeotte et communique constamment avec le public. Et en deux temps trois mouvements, il va le mettre en poche. Pas question cependant de plonger dans la fosse. Vu les réactions hystériques des nanas, je pense qu’ils auraient terminé le spectacle dans le plus simple appareil. Leur répertoire, réparti entre reprises et compos personnelles, est passé à la moulinette. Suffisant pour mettre le feu à la plaine…

Je ne parviens pas à accrocher au spectacle de Camelia Jordana. En fait, il est difficile d’apprécier un artiste, quand on est comprimé comme dans une boîte à sardines. A l’instar de Julien Doré, l’an dernier, je préfère faire l’impasse et aller la revoir en salle, dans de meilleures conditions, pour me faire une idée de son véritable potentiel. En outre, l’auditoire ne manifeste guère davantage d’enthousiasme. Et rebelote pour Brigitte. Pas même moyen d’apercevoir le podium. Et puis, elles s’étaient déjà produites à l’AB, sous mes yeux.

Je me dirige donc péniblement vers la scène du ‘Parc’, petite estrade accolée à la ‘Proximus’. C'est GrandGeorge qui régale. Malheureusement, c'est la fin de son show. Il ne reste plus que les trois dernières chansons ponctuées par un rappel sollicité par une foule toujours aussi compacte. Chanteur/guitariste, GrandGeorge est épaulé par Sam au drums et Nico à la basse. On remarque, sur les planches, la présence de tambours africains. La voix de GrandGeorge est haut perchée et assez mélodieuse. Les accords de gratte sont sculptés dans le funk et les compos libèrent pas mal de groove. Interactif, GrandGeorge recueille un fameux capital sympathie auprès de la foule. Tout le monde danse. Sur scène, en back stage et sur la plaine. A revoir, c’est une certitude. GrandGeorge avait déjà marqué les esprits, en publiant le single « So Fine ». Il devrait sortir un premier long playing début 2016.

Je quitte le village FrancoFou pour déambuler dans les rues de Spa. D’autres concerts y sont programmés. Notamment celui de Jane Doe and The Black Bougeoises qui se déroule à la terrasse du 'Café de l’Europe'. L’estrade est riquiqui. Les fûts de Nicolas Scamardi occupent quasiment tout l’espace. Dan Diaz s’est planté à sa droite et Angel devant, armé de sa gratte. Le claviériste, Julie et les choristes, s’installent à droite, mais sur le parterre. Angel est une véritable bête de scène. Il déménage littéralement et ses solos de grattes sont frémissants. La rue est à côté et comme d'habitude, y compris Julie, la troupe va prendre un bon bain de foule. La cover du « Paint It Black » des Stones pourrait renvoyer Mick et sa clique en maison de retraite. Après un « Boyz Rock It » survitaminé, « Bad Gurtz » fait trembler les tonnelles, les sièges et les tables. Chaud boulette, le public monte sur les chaises. Comme quoi, il n’y a pas que de la chanson française aux Francos, mais également du rock bien speedé et énergique. Celui de cette formation louviéroise, par exemple, qui lors de ce set aura proposé deux nouvelles compos.

Les Francos s’achèvent ici pour votre serviteur. Il lui reste encore deux bonnes heures de route. A l’année prochaine !

(Organisation: Franfolies de Spa)





 
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