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Graspop Metal Meeting 2014 : dimanche 29 juin

Écrit par Lo - samedi, 28 juin 2014
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Graspop Metal Meeting
Kastelsedijk
Dessel
29-06-2014

Votre serviteur a passé l'âge des trois-quatre jours en tente, boîte de cassoulet sur le réchaud, pieds dans la bouillasse, odeur d'urine croissante et sommeil syncopé ! Il sélectionne ses jours de festival, oui, vieux festivalier mais festivalier quand même ! Et toc !

J'avais, cette année, jeté mon dévolu sur le dimanche du Graspop. Midi, heure de l'apéro. En attendant de voir les joyaux qui avaient fait briller mes yeux à la lecture de l'affiche, je décide de profiter de l'investissement en piquant dans la liste un des groupes que youtube m'avaient laissé paraître intéressant. Crossfaith sera donc le premier de la journée. On peut toujours s'attendre à des surprises au Pays du Soleil Levant. Pas vraiment des débutants puisqu’ils comptent trois albums à leur actif depuis 2006, trois disques sculptés dans un joyeux mélange d'électro et de métal. Première claque visuelle, on comprend mieux pourquoi Marilyn Manson est vénéré tel un dieu par les Nippons : look androgyne, émo torturé, j'ai même dû aller vérifier dans les bios si c'était une fille à la batterie. Hé bien, non, je me suis fait avoir... La Jupiler Stage est alors envahie par une énergie communicative, du jumping de masse. Ca sautille sur scène, ça grimpe dans le décor, ça oscille souvent entre Slipknot et Prodigy. Un bon moment !

Je zone et profite un peu de Suicide Silent, grosse machine de Nuclear Blast, en promotion pour leur quatrième album « You can't stop me », et moment de test pour leur nouveau chanteur Hernan Hermida. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il passe haut la main cette épreuve. Ce gaillard n'a pas une voix mais deux, trois, parfois quatre ! Sa gamme entre l'hyper aigu et l’outre-tombe est digne d'une université deathcore. Le show est un peu plat mais on en prend plein les oreilles.

J'évite Bring Me The Horizon, je ne vous dirai pas pourquoi. Si je vais vous le dire : c'est un peu les boys band du métal. C'est juste un problème de look, pas de musique. Quoique...

Il est temps de me préparer psychologiquement au premier joyau qui fait briller mes yeux : Alice In Chains. On est toujours un peu curieux de voir en live des albums qui nous ont accompagnés durant notre adolescence. Les festivaliers hollandais massés devant l'écran qui diffuse le match de huitième de finale ont raté le spectacle. Pur bonheur. Drapés rouges en fond, décor épuré, on ne se consacrera qu'à l'auditif. Pas de mise en scène, uniquement le plaisir de revivre pleinement les titres léchés de ces grands du pré-grunge. Fascination du début sur "Them Bones", une larme à la fin sur "Would?" et c'est déjà fini. Trente-sept minutes montre en main, c'était court mais de qualité !

Changement de scène pour se placer aux avant-postes de Paradise Lost. Presque vingt-cinq ans depuis la sortie de "Gothic" que je considère, et je ne dois pas être le seul, comme une référence du doom. Troisième rang, je suis sûr que la foule ne bougera pas. Charismatiques sur les planches, leur set est contemplatif. Entre vert d'eau et bleu nuit. Le chant est impeccable. La basse fait vibrer mon slip. Question existentielle : comment Greg Makintosh se débrouille pour ne pas se prendre les dreads dans les cordes ? Ca tourne les tentacules de pieuvre à n'en plus finir!  Guitares et basses à raz de sol, ils nous font vivre toutes les facettes de leur histoire musicale. Réflexe malheureux, j'évite les baguettes du batteur au lieu de tendre la main pour les attraper. Bête type...

Pause déjeuner, je regrette amèrement la cambuse du ‘Roots and Roses’ de Lessines!

Patience, patience, le meilleur est à venir ! L'heure fatidique approche. Pas prévu dans mon programme, je passe un excellent moment en compagnie de Rob Zombie. J'espérais juste les grandes machineries mais elles sont restées à l'entretien apparemment. Pourtant il y a à voir. Une chose est sûre, on ne verra pas Rob sur les prochaines campagnes de prêt-à-porter ! Fidèles aux grands de ce monde (ou de l'outre-tombe) chez les morts-vivants, on nage en plein film d'horreur, on vit leur passion pour le gore et les comics. Dans ce grand cirque déjanté, les rythmes sont entraînants, on se prend au jeu de "Dragula", "More Human than Human" ou de "Living Death Girl". C'est rôdé, bien huilé, ça passe tout seul. 30 ans de carrière, on va pas lui faire à l'envers le Robert !

Je trépigne, dix minutes de pause, il est temps ! La nuit tombe, on cherche le vol des chauves-souris. Ce sont des démones ailées qui nous accueillent dans l'antre de Black Sabbath. Petite pensée pour le ‘Rock à gogo’ de Jacques de Pierpont qui m'a tiré de mon grand néant musical pour me faire entendre le mysticisme de la bande à Ozzy. Je m'attends à une entrée en matière sur fond d'orage et sinistres coups de cloche du fin fond des ténèbres et nous sommes accueillis par un ‘coucou!’ enfantin. Le rideau tombe. Ils sont enfin là. Sirènes hurlantes, "War pigs" ouvre le bal. Mais stupeur et tremblements, gesticulant, courant d'un bout de la scène à l'autre tel Gollum hors de sa caverne, scandant inlassablement un ‘Clap your fuc*ing hands’ chevrotant, Ozzy semble fort amoindri. Il demande constamment de baisser ou de monter son micro, bateau ivre paraissant oublier les paroles de ses titres les plus célèbres. Il n’est plus qu'une pâle copie de ce gamin qui a enflammé les planches des festivals, il y a quarante-cinq ans avec quatre enceintes et un décor Lollipop... Juste figuratif, il ne gâchera pas, malgré tout l'extraordinaire performance de son band, Tony Iommi en tête qui nous montre qu'il n'a rien perdu de son talent... lui. Les compos s'enchaînent : "Snowblind", "Black Sabbath", "N.I.B.". On espère toujours que sa voix va se remettre, qu'il va rajeunir d'un coup, satisfaire les rêves de milliers de festivaliers venus juste pour le voir mais pas de Docteur Emmett Brown à l'horizon, rien n'y fera. "God is dead?", "Children of the grave", je craque. Je ne verrai pas le rappel qu'Ozzy provoquera lui-même au vu du peu de réaction de la fosse. Je rentre, j'écouterai "Paranoid" dans la voiture pour rêver encore un peu.

Dimanche de vieux...

(Organisation Graspop)





 
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