Garciaphone, mangeur de rêve…

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La Vie en Rock 2016 : samedi 2 avril

Écrit par Stéphane Reignier - vendredi, 01 avril 2016
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La Vie en Rock
Espace Magnum
Colfontaine
02-04-2016

Janique Saussez avait une nouvelle fois réuni ses forces afin d’organiser un festival destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer. Une maladie qui, rappelons-le, tue chaque année 3 500 Hennuyers. Plutôt biberonné à la Cara Pils et aux émissions incultes du style ‘The Voice’, le public borain n’a (forcément) pas répondu à l’appel, malgré une affiche alléchante. Comble de malchance, les organisateurs ont dû déménager vers l’Espace Magnum en toute dernière minute. Motif ? La salle de Dour Sports qui accueille l’événement depuis la première édition, est en travaux. Et ils sont conséquents. Pas moins de treize groupes, dont Lemon Straw, Dr. Voy, Hipsta, Lys et Miss Jacqueline ont accepté de se produire pour la bonne cause… Compte-rendu.

Votre serviteur débarque avant le set accordé par Xcess. Des hostilités ouvertes. Et pour cause. S’approchant du parterre de spectateurs, le chanteur tombe du podium et se prend une gamelle monumentale, sous le regard hilare et médusé de ses comparses.

Fondé en 2014, ce quatuor montois réunissant Ben (chant), Alex (guitare), Arno (batterie) et Sylvain (basse) compte plus de 60 concerts ( Botanique, VK, Rockerill... ) à son actif. Sa musique baigne dans un rock alternatif teinté de ska, de punk et de métal ; un cocktail qui donne à l’ensemble une couleur intéressante mais mélodique. 

Responsables d’un premier elpee, (« Awakening »), les quatre lascars se sont démenés pour tenter de faire bouger un public plutôt amorphe. Sans trop de succès…

Miss Jacqueline embraie. Lilloise, la formation implique Jacko (voix et guitare rythmique), Arno (guitare lead), Math (basse) et Ju (drums). Pop/rock, la musique de cette femme à quatre têtes concède de nombreuses références insulaires. Mais s’avère plutôt conventionnelle, évoluant quelque part entre indie rock et post punk, sur un lit synthétique ! Malheureusement le son est trop lisse. Le jeu de scène, trop timoré. Et la communication, quasi-inexistante. Aucun des musico ne parvient à insuffler l’énergie nécessaire pour extraire le public d’une léthargie post-hivernale. Le drummer cumule les erreurs techniques. Si bien que sur la durée, le spectacle finit par devenir pathétique. Bref, on s’ennuie ferme ! Un point commun avec notre Jacqueline nationale (dixit Galant) : la médiocrité ! Ce sera une des fausses notes de la soirée !

Les choses sérieuses commencent dès HIPSTA. Fondé en 2014, ce jeune combo parisien évolue déjà dans une phase d’exemplarité. A cause, notamment, des compositions d’Arno. Ce qui lui permet d’être rapidement repéré par Shaka Ponk. Et d’assurer sa première partie au Palais12.

Les sonorités électro/rock du combo vrombissent et font vibrer les parois en béton du prétoire. Les compos sont directes, ambitieuses est désinvoltes. Pas de fioritures. Mais de la précision et une approche contemporaine. Elles lorgnent ainsi vers un certain Phoenix. Tout au long des quarante minutes du set, elles groovent. Et la foule qui reprend du poil de la bête se met à chanter et à danser ! Que demander de plus ?

Vers 20h30, LYS grimpe sur l’estrade. Il s’agit de la deuxième participation du combo au festival. En outre, de la rencontre entre les musicos et Janique est née une amitié. Il était donc logique que la formation soit à nouveau au rendez-vous de cette œuvre caritative.

Nicolas en est le leader charismatique. La filiation entre Placebo est LYS est surprenante. A cause de la voix de Nicolas, tellement proche de celle de Molko. Et puis des riffs de guitare. Surprenant ! De quoi semer le trouble. Quoique…

De toute bonne facture l’elpee « Go Your Own Way » a été produit par Steve Hewitt, l’ex-batteur de Placebo. Ce qui a permis au groupe de se produire un peu partout dans le monde. En Europe, bien sûr. Et même à Londres. Ce qui est moins évident. Et ce qui l’est encore moins, aux States, où il a participé à de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York. Sans oublier le MIDI de Shanghaï et à Beijing, en Chine.

Depuis les débuts de l’aventure, LYS a subi de nombreux changements de line up. Difficile pour le commandant de bord de maintenir le paquebot à flots, quand on doit enregistrer une telle succession de défections. Mais qu’importe ! La fine équipe qui l’entoure aujourd’hui semble avoir cimenté cette union sacrée.

« Redbud » constitue le second opus du band. Il frôle la perfection ! Dix titres et presque autant de tubes potentiels ! Pour le réaliser, LYS a pu compter sur le concours de grosses pointures comme –à nouveau– Steve Hewitt, mais également Paul Corkett (producteur anglais qui met en forme les disques The Cure) ainsi que Donald Ross Skinner (Julian Cope) au mixing ; sans oublier Craig Walker (ex-Archive) qui cosigne certains lyrics.

C’est donc impatiemment, proche de l’excitation jubilatoire, que votre serviteur attendait ce moment depuis plusieurs semaines ! 

On retrouve, dès les premières accords, ce style rock à la fois festif et communicatif, mais également très mature. Ce feeling qui flirte avec le meilleur des hymnes pop/rock anglo-saxons. Les compos sont riches et prennent rapidement aux tripes ! L’interprétation est empreinte de délicatesse et de volupté ! Les accords s’enchaînent naturellement. Les titres défilent : « Redbud », « Be There », « One Day », « The Mistake », sans oublier les inévitables « New Way Home », « Insane » ou encore « In My Mind » qui a ouvert au combo une porte médiatique salvatrice !

Ce concert restera un des meilleurs de la soirée !

Autre groupe, autre style chez Dr Voy ! Pas de stéthoscope, mais des guitares électriques qui foisonnent, des lignes de basse qui mordent et une rythmique à faire exploser le métronome !

Le genre élaboré par Reg (batterie), Jeff (guitare, chant), Rod (basse) et Vince (guitare, chœurs) est particulièrement hybride, mêlant rock garage, attitude punky, esprit soul et spontanéité déguisée !

A ce jour, les bad boys de la région du Centre ont gravé trois long playings studio : "Time runs away" (2007), "Kill the angel" (2009) et "That's all fake" (2012). Tous autoproduits. Ils ont accompli de nombreuses tournées. Tant en Belgique qu’au Royaume-Uni. Ce soir, ils sont venus déverser leur savoir-faire sur fond de sauvagerie bestiale gorgée de testostérone…

Le son est crasseux ! Poisseux même ! Aucun doute, la réputation du toubib n’est pas surfaite ! Les oreilles souffrent !

Ce plaisir sera cependant de courte durée ! Environ une vingtaine de minutes après le début du show, les problèmes techniques font rapidement leur apparition : amplis qui craquent et retours de scène qui fonctionnent de manière aléatoire. C’est la frustration chez les musicos et la déception dans l’auditoire.

Excédé, le chanteur s’est interrogé sur l’absence de l’ingé son, finalement retrouvé au bar !

Jeff (qui a vite fait de prendre ses cliques et ses claques et de se casser !) et sa bande de potes ont eu bien du courage !

Un brin de nostalgie, ensuite, en compagnie de Gad’80, un cover band dont le répertoire est puisé aussi bien dans la pop anglo-saxonne que la chanson française.  

On aura ainsi droit à des standards des eighties (The Buggles, Visage, …), dynamisés par une interprétation plus rock. Rien de plus, rien de moins !

Pas de quoi susciter l’enthousiasme de votre serviteur. Ce type de groupe est-il d’ailleurs nécessaire lors d’un tel festival ? La question reste posée…

Car, c’est avec… plus de deux heures de retard que le Framerisois, Giani Sabia, flanqué de ses compères, a pris place devant une… douzaine de fans qui piaffaient d’impatience.

Il a fallu en effet attendre une heure du matin pour assister au concert de Lemon Straw ! Du n’importe quoi !

Le combo ne s’est pourtant pas laissé démonter pour autant ! Celui qui, maintenant hante les plateaux télé et les plus grosses salles du pays, était ravi de revenir sur sa terre promise.

Le parcours du Sieur Sabia est assez atypique. Il quitte l’usine en 2002 pour abandonner un système prolétaire dont il semble n’avoir tourné aujourd’hui qu’une demi page. Il décide alors d’apprendre à jouer de la guitare et compose ses propres chansons.

Lors d’un stage musical, il rencontre Boris, son futur acolyte. Il milite au sein de quelques groupes issus de la région. Souhaitant perfectionner son anglais, il part vivre à Londres, Dublin et ensuite New York.

A son retour, Boris et lui montent alors Lemon Straw. Renaud Lhoest (NDR : arrangeur et violoniste) les rejoint quelques mois plus tard. Ainsi, est née la légende !

Le combo belge s’était révélé grâce à « See You On The Other Side », titre éponyme de son premier LP, paru en mars 2010.

Le trio est venu présenter son deuxième elpee, « Running Home », gravé en mars 2015. Produit en collaboration avec Dada (guitariste du groupe Suarez), ce long format s’inscrit dans une certaine symbolique de changement tout en conservant à la fois les belles mélodies pop et radiophoniques.

Le line up de Lemon Straw implique donc Giani Sabia (chant/guitare), Boris Iori (dobro, harmo, lap steel) et de ‘l’autiste’ Xavier Bouillon (piano).

Depuis peu, Martin Moreau se consacre aux fûts. Il remplace la boîte à rythmes, apparemment mise au placard. Il s’agit du batteur de Feel, une formation athoise. Son concours tonifie certains morceaux un peu mous du genou.

La voix de Giani est chaude et émouvante. « Air », « Does Anyone Feel Like Me », « Out Of Time » (NDR : qui a servi de couverture sonore à la toute dernière campagne des 'Iles De Paix') ou « Wich Side Are You On » ne laissent aucun doute quant à l’ouverture lyrique du chanteur.

Moment chargé d’une grande émotion, lorsque la disparition de Renaud Lhoest, violoniste et pianiste, décédé trop tôt à la suite d’une longue maladie, en décembre 2014, est évoquée. L’excellent et puissant « See you on the other side » lui est d’ailleurs spécialement dédié et résonne amèrement.

Interprété ce soir, il prend encore une dimension toute particulière, riche et immensément triste à la fois !

L’intimité entre le groupe et le public s’intensifie à fur et à mesure que le temps passe. Les uns et les autres plaisantent à tour de rôle avec le chanteur.

Il est deux heures et quart du matin lorsque les dernières notes retentissement sous forme d’écho. Ce festival s’achève enfin !

(Organisation : La Vie en Rock)

The Voeks + The Pugs + The Pinkertons + Xcess + Miss Jacqueline + Hipsta + LYS + Dr Voy + Gad'80 + Lemon Straw

 

 





 
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