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LaSemo 2017 : vendredi 7 juillet

Écrit par Stéphane Reignier - vendredi, 07 juillet 2017
Image
LaSemo
Parc d'Enghien
Enghien
07-07-2017

Grande date pour le LaSemo ! Dix ans déjà que ce festival agite les conduits auditifs de passionnés en diversités…
Particulier dans son concept, il fait figure d’OVNI parmi ses concurrents. Ici, on ne vient pas seulement écouter de la musique. Le prisme est beaucoup plus étendu, oscillant quelque part entre volonté un brin philanthropique et triangulaire culturelle, idéologique et écologique…
Les activités sont nombreuses. Voire peut-être un peu trop. On ne sait plus où donner de la tête. Quoiqu’il en soit, ce rendez-vous reste familial. On y croise ci et là de jeunes enfants, accompagnant leurs parents, de jeunes couples amoureux ou des grands-parents, qui gambadent dans l’enceinte du château…
Tout est pensé et réfléchi afin qu’on s’y sente bien. Il y a des stands de grimage, des funambules, des clowns, des spectacles ouverts, des cabarets coquins (NDR : oui, oui, vous avez bien lu !), sans oublier un système de garderie pour celles et ceux qui souhaitent profiter sereinement du show sans avoir les bambins dans les pattes…
Le LaSemo est un évènement qui privilégie le développement durable. Ici, on ne badine pas avec la nature. On l’aime, on la respecte et on la vénère. La récupération est le maître mot : gobelets réutilisables, décoration à l’aide de vieux parapluies, salons de jardin en palette, toilettes sèches, etc.
Cocorico, cette année les organisateurs ont instauré le système des ‘pépètes’. Entendez par là, un bracelet magnétique que l’on peut recharger à sa guise à l’aide de bornes dispersées sur le site pour se remplir la bedaine ou encore charger son sang de malt et de houblon…
Et pour ceux qui souhaitent s’assurer une hygiène de vie sans faille, des pompes à eau ont été installées tout au long du parcours, histoire de s’hydrater pour pas un rond. Une idée qui devrait inspirer d’autres organisateurs…
Si les superlatifs ne manquent pas –à juste titre– force est de constater que de petits couacs sont venus enrayer cette sympathique manifestation.
A commencer par un problème informatique paralysant toute transaction par carte bancaire durant une bonne partie de la journée. Sans oublier, l’attitude de nombreux bénévoles, amorphes, auprès de qui il est impossible d’obtenir la moindre information bêta…
Jean-Jean ouvre la séance. C’est le présentateur complètement givré chargé d’introduire, avec humour et légèreté, les artistes. L’ambassadeur des lieux depuis de nombreuses éditions, en quelque sorte !
Le soleil de ce vendredi tape dur sur les épaules. La sueur perle sur les visages…

En tout cas, pas de quoi refroidir votre serviteur qui débarque tambour battant pour profiter de la prestation de Nicolas Michaux, sur la petite scène.

Dès l’aventure d’Eté 67 terminée (une formation qui a sévi de 1998 à 2002), le gaillard ne chôme pas, puisqu’il aligne deux Eps et deux elpees ; mais surtout quelques tubes dont « Dis-moi encore » ou « Tu n’es pas là », qui vont alors littéralement squatter les ondes radiophoniques…

Cette aventure d’adolescents conduira Nico et son team à fouler les planches des plus grandes salles de Belgique. Et lui permettra de se forger une solide expérience. 

Son exil au Danemark, durant une année, par amour pour sa dulcinée, va lui insuffler une inspiration fulgurante. Il reviendra chargé d’une matière première au sein de laquelle il se dévoile presque timidement.

Enregistré à Bruxelles, « A la vie, à la mort » est le fruit du ‘do it yourself’ ! Une guitare acoustique, un clavier Casiotone et un matos minimaliste alimentent ce premier essai solo introspectif.

Qui a quand même bénéficié du concours d’une fine équipe composée de Ted Clark (bassiste écossais), Morgan Vigilante (drummer), Pierre Van Braekel (manager de Girls in Hawaï), Grégoire Maus (éditeur des disques de Stanley Brinks) et Julien Rauïs (ingénieur du son et DJ bruxellois).

Le singer, chaussé d’une paire de lunettes à la ‘top gun’ (pas facile de chanter quand on a le soleil dans la tronche), entame un tour de chant dans la parfaite continuité de son univers. Doux, limpide et rassurant !

Des chansons destinées à un auditoire qui exige une musique de qualité et une finesse dans l’écriture…

D’une voix timorée, le singer survole des thématiques personnelles, singulières, fragiles et positives. En y injectant parfois une teinte d’ironie, voire de cynisme (« A la vie, à la mort », « Croire en ma chance », « Avec vous ») sur fond de déclinaisons dichotomiques de la vie. On sent le jeune blessé au plus profond de son âme lorsqu’il effleure le sujet de l’amour.

Les chansons oscillent entre pop et folk, des chansons empreintes de candeur, de douceur et de fraîcheur. C’est gentillet à souhait.

Direction la grande scène maintenant ! Cocoon s’y produit devant un hémicycle de fans impatiens.

Mark Daumail a mis entre parenthèse son bébé, pourtant devenu un groupe a succès (grâce notamment à « Chupee » et « On My Way »), depuis –entre autres– le départ de sa moitié artistique Morgane Imbeaud, pour se consacrer à un projet solo fort différent, concrétisé par « Speed of Light », en 2014, unanimement salué par la critique, présageant ainsi une fermeture définitive de la page Cocoon.

Cependant, fin 2014, à la suite de circonstances familiales (la détection d’une maladie cardiaque chez son nouveau-né), il décide d’écrire encore et encore et compose de nouvelles chansons pour le fiston.

Encouragé par son entourage, la maturation de ses productions figurera sur « Welcome Home ».

Le songwriter a soigneusement puisé ses sources principales d’inspiration chez Neil Young, Bon Iver et Harry Nilsson. Il pratique une folk et soul old school en racontant les moments forts qui ont marqué sa vie, comme l’engagement amoureux envers sa femme (« Retreat », « Watch My Back »), le temps passé à l’hôpital en compagnie de son enfant et sa mère (« Get Well Soon », « I Can’t Wait », « Miracle » et « Legacy »), sans oublier la rupture avec sa doublure vocale (« Cross »).

Parfois poussiéreux, l’univers musical de Cocoon est un peu mielleux et se prête difficilement à la main stage. Un show plus intimiste aurait sans doute été mieux adapté à l’esprit de son répertoire.

Quoiqu’il en soit, relaxantes et agréables, les jolies mélodies s’enchaînent. Le climat est particulièrement feutré.

Les amoureux s’enlacent au gré des chansons comme si le combo cherchait à placer les festivaliers sous couveuse pour les protéger d’un quelconque danger. Le tout défile au cœur d’une harmonie maîtrisée.

Les bras balancent de gauche à droite… nonchalamment. C’est joli ! Un voyage aérien parfait pour poursuivre son été !

Mais au fond, l’essentiel est ailleurs. Mark est parvenu à redonner ses lettres de noblesses à un patronyme qu’on croyait définitivement mis au placard pour l’éternité.

Retour vers la petite scène aux alentours de 21 heures 15 afin de découvrir BaliMurphy.

Un nom qui brûle sur toutes les lèvres, mais dont votre serviteur ignore tout. Ce sera donc une surprise ! Comme dit l’adage, faute avouée est à moitié pardonnée.

Ce ne sont pas pourtant des nouveaux venus dans le paysage ! Le band a vu le jour en 1999 et a écumé depuis les plus grandes scènes francophones (Francofolies Spa/Montréal/La Rochelle, Montreux Jazz Festival, Coup de Cœur Francophone de Montréal, Printemps de Bourges…)

BaliMurphy, c’est une alchimie complexe entre folk et chanson française, le tout propulsé par une énergie dévorante.

Le quintet est venu défendre les couleurs d’un quatrième opus, Il est sorti au printemps dernier et s’intitule « Nos voiles ». Rémi Rotsaert (Dalton Télégramme) y apporte ses riffs tranchants, lui conférant ainsi une sonorité plus rock que d’habitude.

L’ambiance est quelque peu différente de ce que votre serviteur a pu voir jusqu’alors. Si nous étions clairement dans une ambiance très zen, ici, il en est tout autrement. Le set décoiffe même !

Comparaison n’est pas raison, mais on pourrait allègrement comparer les Bali’ à une réplique de Louise Attaque. Tant dans l’esprit que l’approche artistique.

La richesse de leur formation musicale et le mélange subtil de l’instrumentation apporte une réelle touche de pétillant. Le groupe suscite d’emblée l’adhésion du public en plein délire !

Ca bouge, ça virevolte, ça pousse des gloussements de joie, ça suinte de bonheur ! Bref, les compos respirent la joie de vivre et l’amour avec un grand A.

Les applaudissements fusent de toute part tout au long du set. Un couronnement pour une formation qui met du cœur à l’ouvrage depuis ses débuts.

A grand renfort de tubes et de concerts énergiques, le combo est parvenu à conquérir durablement les coeur et les oreilles de milliers de fans.

Dernier concert clôturant cette soirée, celui d’Asaf Avidan.

Auteur-compositeur-interprète, il se destinait initialement au cinéma d’animation. Sa passion pour le chant et la musique est soudainement née lorsque sa fiancée de l’époque met les voiles (sans aucune arrière-pensée religieuse bien évidemment).

« One Day/Reckoning Song » constituera son premier et plus grand et succès. Par procuration oserait-on dire, puisqu’en 2013, un DJ allemand s’empare du titre pour en faire un hymne mondial qui a depuis lors trusté les charts.

C’est en 2006, que l’artiste a véritablement démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Haut perchée, sa voix est reconnaissable entre mille. Certains ont même avancé qu’elle était hantée par Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant.

Ensuite, il y a ce corps. Fragile et athlétique à la fois. Une esthétique qui capte l’attention des jeunes filles littéralement scotchées au premier rang, salive dégoulinante sur les joues. Faut dire que le type est d’une beauté et d’un charisme à couper le souffle.

Lorsque votre serviteur arrive devant l’estrade, les musiciens sont déjà en place. Passer d’une scène à l’autre en si peu de temps tout en se frayant un chemin parmi les badauds est digne des sportifs les plus aguerris.

Asaf est planté au centre, sèche en main flanqué d’un marcel de couleur noire. Il est accompagné d’un claviériste, Michal Bashiri, et d’une session rythmique composée du bassiste Dan Zeitune et du drummer Haggai Fershtman.

A sa gauche, une jeune fille aura la lourde tâche de traduire les paroles en langage des signes. Plutôt sympa et fort remarquable.

Lorsqu’il exhibe son organe (vocal), l’assemblée se mue et écoute presque subjuguée. Le temps s’arrête.

Le public aura droit à une heure trente de chansons déchirantes, lancinantes et authentiques. Les compositions sont assez personnelles et nostalgiques. Une grosse défection amoureuse impacte sa vision des relations humaines. Tout comme la mort qui reste une obsession chez lui. A l’âge de 21 ans, il a failli succomber à un lymphome (cancer du sang). Ceci explique cela.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique tout au long du show avec une facilité déconcertante au gré des compositions issues des albums « Cold Shadow », « Different Pulses » et « Now That You’re Leaving ».

La magie atteint son point culminant lorsque les premières notes de « One Day » retentissent.

Doigts délicatement posés sur sa sèche, son timbre de voix déchire, retentit, crée une déflagration qui est ressentie à des centaines de mètres à la ronde.

On cerne à ce moment toute l'étendue de ses émotions et sa créativité, sans aucune distinction de genre…

Le drummer commence alors à l’appuyer avec une délicatesse à faire frémir. Le Sieur Avidan revient ensuite à un phrasé plus doux. Le morceau se termine lentement, les lights se font de plus en plus discrètes, jusqu’à atteindre la pénombre complète.

Le parterre est subjugué ! Ce soir on a assisté à un véritable moment d’anthologie…

Votre serviteur regagne doucement la sortie, des étoiles plein les yeux.

(Organisation : LaSemo)

 

 





 
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