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Les Aralunaires 2016 : jeudi 28 avril

Écrit par Akim Serar - jeudi, 28 avril 2016
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Les Aralunaires
Entrepôt
Arlon
28-04-2016

Si ‘Les Aralunaires’ demeurent confinés au rang de ‘festival modeste’ au sein du paysage belge, il n’en reste pas moins l’un des fleurons en terme de découvertes.
Misant sur la diversité et l’ouverture d’esprit, cet événement annuel fête cette année sa huitième édition et propose une affiche délicatement imaginée et riche en genres.
Si Sharko a de très belle manière étrenné les festivités la veille, c’est un triptyque anglo-saxon qui donne la réplique ce soir, à l’Entrepôt.

Sur foi d’un unique 7 inches, soit deux chansons, les Anglo-gallois de Telegram ont déjà une réputation à entretenir. Et fidèles à la gouaille de leurs respectables aînés, ces quatre jeunes gens ne vont pas se priver pour enfoncer le clou.

Dans la plus pure veine ‘british, qui veut qu’un groupe encensé à ses premiers balbutiements batte le fer tant qu’il est show (NDLR : chaud ?), ces nouveaux prétendants au succès connaissent déjà les ficelles du métier et vont démontrer un potentiel que nous qualifierons d’intéressant.

Dans un esprit ‘revival glam’ revendiqué à coups de poses et de moulinettes de bras d’un ‘guitar hero’ plutôt doué ou au travers d’un chanteur manifestement très influencé par Marc Bolan, Telegram possède de réels atouts pour prolonger l’écho qui s’élève à son passage.

Compositions classiques mais efficaces et références surlignées à l’eyeliner n’en font certes pas un produit très original, mais sur le principe, le groupe tient largement la distance.

S’offrant même le luxe d’une reprise de Bowie, le temps d’un « Heroes » impeccablement exécuté.

Sous cette apparente assurance qui pourrait facilement passer pour de la prétention, en émane une étonnante simplicité lorsque, entre deux morceaux, quelques interventions presque timides et maladroites rappellent qu’après tout, tout ceci n’est qu’un jeu.

Une entrée en matière jouissive et qui donne consistance à cette énième sacralisation outre-Manche.

À l’exact opposé de cette mise en scène un peu cabotine, le combo londonien Ulrika Spacek mise tout sur sa musique et rien dans ses vêtements.

De fait, si la garde-robe de ces musicos –probablement héritée de l’Armée du Salut– ne paie guère de mine, le premier mini elpee au titre ironique (« The Album Paranoia », paru sur le label Tough Love) recèle une bien jolie palette de sonorités oscillant entre obsession et noise.

Absentes donc les glorieuses gestuelles et place à la sobriété (c’est même un euphémisme).

Si le départ semble linéaire, bien que très agréable, on apprécie les interventions plus contrastées, susceptibles de faire grimper en flèche l’adrénaline dans nos organismes en demande.

Faussement alanguis, nos esprits en alerte restent donc logiquement sur leur faim après un set trop bref.

Un signe néanmoins tangible d’une certaine attente qui, déçue par la durée du spectacle, nourrira certainement notre appétit pour l’avenir.

Enfin, place aux énigmatiques Girls Names, dont les aspirations new wave s’affichent dorénavant en lettres gothiques sur une discographie au départ brillamment ensoleillée.

Exit donc l’énergie juvénile des premiers elpees depuis le virage amorcé par le second, « The New Life ».

Poursuivant dans cette veine angoissée, le dernier en date (« Arms Around A Vision », publié également chez Tough Love Records, fin de l’an dernier) se contente de creuser la terre encore meuble dans laquelle ces Irlandais s’enfoncent avec plaisir pour mieux nous éclabousser.

Une approche plus sombre où la basse prend une place prépondérante. Et ça tombe plutôt bien, car Claire Miskimmin, la préposée à la quatre cordes, est du genre douée.

Si tout l’équilibre des chansons de Girls Names semble en rotation perpétuelle entre ces lignes ascendantes et hypnotiques, il ne faut pas pour autant sous-estimer l’importance des guitares et de quelques effets cycloniques habilement incorporés.

La fausse désinvolture du chanteur est accentuée par un tic grossier qui consiste à mâchouiller exagérément chaque fin de syllabe pour causer un effet qui se voudrait le reflet d’une certaine exaspération nihiliste (c’est du moins l’impression que donne cette pratique) ; mais qui abusivement mise en avant, ressemble au final à une parodie de Mark E Smith, le leader de The Fall.

Hormis cette réserve, l’ensemble tient correctement le cap de l’heure de jeu, et sans demander son reste, le groupe disparaît en coulisses sans accorder de rappel (une norme pour le combo).

De quoi clôturer une sympathique soirée placée sous l’égide du bon goût dont, décidément, Les Aralunaires sont de véritables ambassadeurs.

(Organisation : Les Aralunaires)

Telegram + Ulrika Spacek + Girls Names

 





 
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