La crucifixion selon Protomartyr…

Protomartyr
Botanique (Rotonde)
Bruxelles
21-11-2017
...Lire la suite...

Les Inrocks 2005 -Black XS

Écrit par Johan Meurisse et Nicolas Alsteen - samedi, 05 novembre 2005
Image
Inrocks
Aéronef
Lille
05-11-2005

Pour la deuxième journée du festival, l'accent avait été placé sur la nouvelle vague de groupes post punk qui sévit actuellement aux Iles Britanniques. Responsables d'une musique rafraîchissante et énergique, ils marchent allègrement sur les traces de Bloc Party et de Franz Ferdinand, grosses pointures qui leur ont tracé la voie…

Du quatuor londonien Hard Fi, le public connaît surtout le single « Hard to beat », une chanson pop/rock mélodique, contagieuse, aux sonorités de guitares chatoyantes, diffusée régulièrement sur les ondes radiophoniques. Pourtant, le band se réclame davantage du Clash ou d'un Blur adolescent que de la pop post Prefab Sprout. Tout en s'intégrant parfaitement dans ce mouvement post punk britannique contemporain. Le set a débuté en force par "Middle Eastern holiday" et "Unnecessary trouble", avant d'atteindre sa vitesse de croisière. Le répertoire n'a évidemment pas oublié les inévitables "Cash machine", "Tied up to tight", "Living for the weekend" et le hit single. Mais ce qui a surtout frappé, c'est l'habileté du chanteur à communiquer avec le public. Et la faculté du groupe à mettre de l'ambiance. Pas étonnant que leur tournée soit une réussite. Et que le public était déjà bien chaud à l'issue de leur prestation.

Les compos de The Futureheads sont brèves et puissantes, mais aussi mélodieuses et énergiques. Puisant allègrement dans la musique de la fin des 70's et en particulier chez Jam et les Buzzcocks, ce quartet n'a pas failli à sa réputation en dispensant un set vivifiant et excitant ; dans un style bien soutenu par la qualité de leur interprétation, mais aussi par la perfection de leurs harmonies vocales. Certains morceaux comme "Decent days & nights", "Robot" ou encore "Meantime" avaient même adopté le fameux tempo 1, 2, 3, 4 des Ramones. Jouant de plus en plus vite, écrasant tout et implacablement sur son passage, le combo avait même enclenché la surmultipliée pour conduire "Beserker". Dans un autre style, "Danger of the water" et "He knows" ont bénéficié d'un traitement a cappella. Mais le point culminant de leur spectacle a été atteint lors de leur version du « Hounds of love » de Kate Bush, une chanson reprise en chœur à tue-tête par les spectateurs. Le groupe n'a guère eu de difficultés pour mettre le public dans sa poche, et à mon humble avis, s'est montré encore plus performant que lors de son passage au dernier Pukkelpop…

J.M. (Traduction Suzanne, adaptation B. Dagnies)

Aperçu en salle et lors de festivités estivales, les naufragés de Newcastle ont accumulés quelques kilomètres de tournée dans leur escarcelle. Et cela se sent. Les guitares retentissent, plus directes, maîtrisées et fulgurantes. Un show solide, branché à l'adrénaline, sans jamais oublier de puiser dans le cathéter à mélodies. Une part du public avale d'ailleurs les paroles de Paul Smith comme d'autres avalent des pilules. La sueur perle (enfin) sur les fronts de cette incorruptible assistance. Un noyau dur se forme, masse compacte divaguant au gré des tubes maxïmiens : « Graffiti », « Limassol », « The Night I Lost My Head » ou l'inépuisable « Apply Some Presure ». Si Alex Kapranos veut faire danser les filles, Paul Smith veut faire bondir les garçons. Dommage pour les filles ! De toute façon, sa coupe de cheveux gélatinée ne semble pas vraiment affrioler la gente féminine. Assemblage capillaire lissé sur la tête, chemise rouge pour cravate noire, notre homme saute comme un 'Homme-Machine', fixe des points invisibles et déclame les textes visibles de son fameux livret rouge. Parler de Paul Smith, sans évoquer ces acolytes, c'est comme converser du Bauhaus sans invoquer le Constructivisme. Archis Tiku, le bassiste surnommé 'Apu Nahasapeemapetilon' par une cohorte minimaliste de fans aguerris, se déchaîne. Notre ami 'Apu' frappe violement ses cordes. Va-t-il changer de crémerie dans la demi-heure ? A ses côtés, Lukas Wooller s'acharne sur les touches de son clavier et balance rigidement ses membres comme dans un ballet inspiré par 'Astro le petit robot'. Reste le paisible Tom English (ce nom, pour un Anglais !), force tranquille, qui fracasse ses fûts à l'insu des observateurs obnubilés par les facéties de son compère de chanteur. A la guitare, Duncan Lloyd a marqué le coup. Vivace, précis et incisif, il force le respect là où il traînait la patte lors des premiers shows du groupe. Le groupe culmine finalement par l'entremise de « The Coast Is Always Changing » et d'un « Kiss You Better » définitif. Il n'en faudra donc pas plus aux garnements de Maxïmo Park pour mettre les points sur les i.

Les princes du rock onomatopéique emportent la tête d'affiche du festival. 'Facile', diront certains. 'Trop facile', répondront les autres. La musique de Kaiser Chiefs fonctionne en mode binaire sur des textes patauds, à chanter à la bonne franquette, dans un pub, un bureau ou, comme c'est le cas aujourd'hui, dans une salle de concert, entièrement acquise à leur cause. Elle sera bientôt conquise. Il faut être honnête, le coup de Ricky Wilson et de sa bande ressemble au dernier caprice de gosses de riche. N'empêche, on se laisse prendre volontiers au jeu de leur premier album : « Employment ». Dès le riff de guitare initial, la foule sursaute, bondit et hulule les paroles entonnées par un Wilson monté sur ressort. Chaque chanson, étiquetée 'single', cause son lot d'effervescence dans la fosse. Poseur intrépide, Ricky paie une tournée de hits à son public : « Every Day I Love You Less and Less », « Modern Way », « Oh My God », la liste est intarissable. Vient alors le moment tragique, l'instant décisif où le chanteur effronté lance « I Predict a Riot », en trouvant le moment idéal pour un bain de foule. Ben tiens, en pleine vague de soulèvement urbain, le garçon 'prévoit une émeute'. C'est parfait, inattendu. Le public n'en demandait pas tant. Embarqué dans une bataille sans merci, Ricky Wilson doit ferrailler sévère pour sauver sa peau de rock star ! De retour sur scène, il se tourne vers cette foule belliqueuse, visiblement émoussé : 'It's a fucking rock show ! A rock show : nothing less, nothing more !', précise-t-il. Quelle idée aussi ne pas regarder la télé, de ne pas appréhender l'impact de ces insurrections, de ne pas remettre en question la réalité urbanistique, la Prude Albion esquissée par Tony Blair et ses copains. Fâché mais pas rancunier, Ricky Wilson reviendra régler ses comptes avec son public le temps d'une sympathique reprise de Marvin Gaye et d'un « Time Honoured Tradition ». Et ce n'est rien de l'écrire !

N.A.

 





 

Qui est en ligne

Il y a actuellement 2 invités en ligne
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement