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Les Nuits Botanique 2010 : mardi 11 mai

Écrit par Eric Ferrante - lundi, 10 mai 2010
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Nuits Botanique
Toutes les salles
Bruxelles
11-05-2010

Un Botanique noir de monde accueillait les désormais incontournables ‘Nuits belges’, ce mardi 11 mai. Une foule dense venue également fêter le 15ème anniversaire du label bruxellois 62TV Records. Excepté les Français de Syd Matters flanqué de quelques Guests, tous les groupes programmés ce mardi soir font d’ailleurs partie des écuries 62TV et 30 février. Un cru 2010 qui prétend s’ouvrir sur l’étendue et la diversité des artistes de notre plat pays. Et c’est précisément là que le bât blesse. La programmation illustre férocement la fragilité actuelle de notre paysage musical national. Un désert créatif où l’on peine à apercevoir le moindre oasis. Période de sécheresse durant laquelle la scène belge souffre cruellement d’un déficit chronique d’imagination créatrice et promène oisivement ses guêtres dans le doux confort du déjà vu.

L’édition 2010 présentait 11 groupes belges et un groupe français : expression singulière d’un line-up représentatif de la scène belge 2010 bousculant la curiosité du public : le retour brutal de Malibu Stacy, réveillé de son stand-by pour venir nous (re)présenter son album « Marathon », sorti en 2008. Prestation agrémentée de quelques compos du nouvel album en construction, dont la sortie est prévue dans le courant de l’année 2011, la visite inattendue de The Tellers recomposé après un split et trois ans d’absence, supposé nous donner un avant-goût d’un album en préparation, le résident David Bartholomé (NDR : déjà au programme, mais en compagnie de Sharko, lors de la Nuit Belge 2009, pour nous balancer « Dance On The Beast ») en mode stand-up comedy, le come-back inespéré de Lucy Lucy (NDR : eux aussi à l’affiche de l’édition 2009) de passage pour (re)rejouer son Ep six titres sorti en 2009… Que du neuf ! Le problème fondamental de cette Nuit Belge 2010 devait cependant découler du nombre : douze groupes belges de qualité à dénicher. Les Français de Syd Matters pallieront soigneusement cette insuffisance.

Trois salles et un chapiteau aux saveurs distinctes exigeant un don aigu d’ubiquité  et une certaine souplesse pour se tailler une place au milieu du public des 4 scènes combles où 3 groupes jouent simultanément : le confort mélodieux du grand salon (Guy Van Nueten, Syd Matters et Dez Mona), le nid acoustique de la Rotonde (Stéphanie Crayencour, Loïc & The Frantic Lovers et David Barthlomé), la plus fougueuse Orangerie (Hallo Kosmo, Lucy Lucy et The Tellers) et l’humidité sibérienne du Chapiteau (Nele, Malibu Stacy et Été 67).

L’indétrônable pianiste et compositeur Guy Van Nueten ouvre délicatement cette soirée dans le cosy salon de concert. Paré de son costume noir, son air un peu absent et son humour délicieusement maladroit, l’ancien claviériste des Sands pose délicatement les doigts sur son piano noir pour nous faire partager ses rêveries minimalistes dignes d’un toucher pianistique épuré à la Satie. Souvent reconnu pour sa collaboration avec Tom Barman lors d’un somptueux disque ‘live’ paru en 2004, on en oublierait presque les talents de ce musicien à multiples facettes. Un arrangeur couru tant dans le monde de la pop (Daan, Tom Barman…) que du classique (Orchestre philharmonique de Flandre), du cinéma (Alex Stockman), de la danse, du théâtre… C’est d’ailleurs la tête pleine d’images qu’il interprète, dès le deuxième morceau, ses musiques de film empreintes d’un minimalisme à l’américaine. Un concert coloré d’images habité principalement de son dernier opus « Merg » paru en septembre 2009. Un moment doux pour l’âme.

A peine le temps de souffler pour rejoindre une Orangerie déjà surchauffée par les vapeurs électriques de Hallo Kosmo. Une scène drapée de toiles multicolores habitée du psychédélisme électronique de Daniel Offerman (ancien bassiste des Girls In Hawaii. Quelques minutes de décrassage auditif pour découvrir un rock coloré et festif qui ne laisse pas les guitares au placard et l’auditeur indifférent.

Singulièrement, la découverte la plus intéressante de cette édition 2010 des Nuits Belges nous viendra, sans l’ombre d’un doute, de France. Syd Matters (NDR : contraction entre Syd Barrett et Roger Waters des Pink Floyd) est un groupe porté par le Parisien Jonathan Morali qui affiche clairement ses couleurs entre Pink Floyd et Nick Drake. Bien déterminé à nous envoûter par les nouveaux morceaux de son prochain opus (« Brotherocean »), cet ensemble de cinq musiciens, sublimé de deux excellents backing vocalists, inonde le Grand Salon d’un hippie pop-folk hautement émotif. Un concert qui brille d’un travail soigné orienté vers l’ambiance, l’onirisme et l’émotion. Une musique née de la rencontre entre folk antique et pop moderne. Les voix magistrales, les discrets arpèges de guitare, les sonorités de claviers vintage, les atmosphères planantes aux vertus panoramiques, tout converge pour tisser un univers cotonneux que l’on souhaiterait ne plus devoir quitter. Syd Matters ou le pouvoir d’une simplicité et d’une naïveté ingénieusement contrôlées.

Cette soirée sans vagues s’achèvera par les histoires tragi-comiques de David Bartholomé qui nous attendaient tout naturellement sous les charpentes métalliques de la Rotonde. Exercice de style entre le songwriting et le stand-up comedy où le leader de Sharko s’improvise acteur de théâtre pour nous raconter ses (més)aventures à travers son livre ‘Sharko Journal 2003-2009 ou comment en voulant grimper, j’ai construit une échelle en abattant un arbre au lieu de monter à l’arbre’, publié en septembre 2009. Le préambule de cet ouvrage loufoque résume parfaitement la prestation scénique du musicien bruxellois : ‘Tour à tour cynique, honnête, aigre, enthousiaste, hypocondriaque, anxieux, il se livre à nous avec beaucoup d'humour’. Guitare acoustique et récits de vie déclamés ou chantés nous offrent un moment doux-amer où se mélangent tristesse et esprit cynique. Un David Bartholomé troubadour qui jongle merveilleusement avec le récit sonore et l’autodérision. Un dernier cadeau surréaliste qui nous mènera à nos chaumières un sourire doux-moqueur aux lèvres.

Été 67 + Malibu Stacy + Nele + The Tellers + Lucy Lucy + Halo Kosmo + David Bartholomé + Stéphanie Crayencour Loïc B.O. & The Frantic Lovers + Dez Mona + Guy Van Nueten + Syd Matters & Guests (Fr)

(Organisation Botanique)





 
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