Walk in the dark

Rob Lutes
Blues/Roots
Autoproduction / Frank Roszak Promotion ...Lire la suite...

Butterscotch Hawaiian reste dans les parages

Ce 13 novembre paraîtra le nouveau titre de Butterscotch ...Lire la suite...

Les Nuits Botanique 2010 : mercredi 12 mai

Écrit par Eric Ferrante - mardi, 11 mai 2010
Image
Nuits Botanique
Botanique (Chapiteau)
Bruxelles
12-05-2010

Depuis 2008, on assiste à une résurgence de la dream pop et de la noisy sur la scène musicale indépendante (Beach House, School of Seven Bells, The XX…) Genres musicaux où l'essence de la musique converge vers les textures et les ambiances éthérées plutôt que vers les riffs rock propulsifs. Le phénomène ne demeurant plus exclusivement britannique revient en force sur la scène rock expérimentale étasunienne.

La programmation du Chapiteau, baignée d’un merveilleux printemps écossais, nous en faisait du reste la démonstration en invitant les Américains de Deerhunter (Atlanta), The Dodos (San Francisco), A Sunny Day In Glasgow (Philadelphia) et les Danois –résidant à Berlin– de Raz Ohara And The Odd Orchestra. Quatre formations ambient pourvues, chacune, d’ingrédients particuliers (pop-rock, punk, psyché-folk, électro…) mais naviguant sur des ondes sonores communes. Un line-up de qualité et parfaitement cohérent.

Découvert sur la scène internationale en 2009 grâce à son second long playing « Ashes Grammar », A Sunny Day In Glasgow ouvrait de bien belle manière cette sixième journée des Nuits Botanique devant un public timide. Six artisans qui érigent les ogives d’une cathédrale de sons, sise sur des sables mouvants mais habitée de mélodies ellipsoïdales nimbées d’échos, de nappes électroniques, de guitares filtrées et sublimées gracieusement par les deux voix féminines de Jen Goma et Annie Fredrickson. Malgré des influences criantes telles que Lush ou Slowdive, le sextet philadelphien parvient à sculpter de majestueux ‘soundscapes’ à la fois abyssaux, personnels et uniques. « Slaughter Killing Carnage – The meaning of words » givre l’instant d’une voix féminine soufflée et immortalise des paysages sonores introspectifs et existentialistes qui vous glacent le sang. Une dream pop sombre et sensuelle couverte de deux guitares résolument noisy inscrites dans la pure tradition britannique des 80’s qui contemple les horizons lointains de « Victorialand » (Cocteau Twins). Une musique qui ne réchauffe pas le climat humide du chapiteau, mais fait voyager l’âme.

Raz Ohara And The Odd Orchestra, projet porté par le Danois Patrick Rasmussen, place la suite des événements sous le signe d’un ambient original. L’ambient minimaliste, irradié par la voix du leader scandinave se couvre d’une multitude d’instruments (guitares, drums, accordéon, xylophone…) Une atmosphère qui s’éclaire parfois de guitares électriques rock soutenues d’une ligne de basse solide, puis replonge subitement dans les bras d’un atmosphérique cotonneux. Un set additif globalement placé sous le contrôle d’un électro planant et psyché.

La réputation de The Dodos, en concert, est solidement établie et l’éloge de leur troisième opus, « Time to die », sorti en 2009 (NDR : album bénéficiant de la précieuse production de Phil Ek : The Shins, Fleet Foxes, Band Of Horses) n’est vraiment plus à faire. Un trio extrêmement physique au volume sonore capable de déplacer des montagnes. Sur scène, côté jardin, Meric Long (chant/guitare), côté cour, en lisière de front stage, le batteur hyperkinétique Logan Kroeber ; et, en background, le dernier venu, Keaton Snyder derrière son vibraphone king Size. Les trois hommes agitent les ondes sonores aussi violemment que le ferait un groupe formé d’une douzaine de musiciens. Une performance en montagnes russes qui vacille entre des morceaux orageux capables de déchirer les toiles robustes du chapiteau de leurs drums hyperpuissants et des mélodies à fendre les cœurs de pierre. Une musique bipolaire qui coupe le souffle du spectateur et le surprend souvent par son défi constant de toute loi de la logique pop, folk ou rock. The Dodos rompt cependant trop fréquemment l’équilibre mélodique en privilégiant particulièrement les drums. Une dualité guitare/batterie qui caractérise le trio californien mais dont l’arrivée récente du vibraphone de Keaton Snyder étoffe le son et offre un supplément d’équilibre sur scène entre le binôme percussif et mélodique. Un instrument de transition qui permet au public de pénétrer les territoires mélodiques et dynamiques les plus complexes avec moins de brutalité. Ce soir, les arabesques alambiquées des trois Américains se font sensiblement sentir sur des titres d’une impressionnante précision comme “Two Medecines”. Un morceau répétitif où tous les éléments guitare/batterie/chant s’agencent merveilleusement (NDR : instant où l’on croirait entendre un essaim de guitares et de batteries). L’autre versant du groupe s’éclaire de morceaux plus mélodieux tel “Time To Die”. Un titre vibrant d’émotion au tempo ralenti, aux arpèges qui se déroulent... Un instant de frisson qui ne réchauffe pas le printemps glacial du chapiteau mais nous offre globalement un délicieux moment de pure énergie brute !

Venu présenter son dernier opus « Microcastle » (NDR : collaboration avec Nicolas Vernhes : Animal Collective, Cat Power…), Deerhunter n’hésitera pas à envoyer le bois pendant presque une heure pour clôturer cette sixième soirée de festival. Fidèle à sa réputation live, la bande de Bradford Cox ouvre les hostilités par « Wash Off », nous rappelant ainsi qu’elle n’a pas totalement abandonné son esprit rock-garage et punk dans le fond d’un grenier poussiéreux. Un mur du son puissant qui s’effrite cependant progressivement pour laisser place au nouveau visage Deerhunter. Un visage plus mélodieux s’élevant davantage dans les sphères éthérées de la dream pop et du noise rock. Un nouveau genre qu’ils qualifient eux-mêmes de garage ambiant. « Little Kids » s’ouvre dès lors à des mélodies plus pop derrière lesquelles les guitares s’apprêtent sournoisement à monter, crescendo, à saturation pour nous propulser dans de purs moments d’apesanteur. Malgré des morceaux plus rêveurs sous influence ‘Animal Collective’, la setlist recèle de nombreux voyages noisy qui invitent à une transe électrique et agitée. Par ailleurs, « Nothing Ever Happend » pourrait bien faire figure d’archétype résumé de l’ère « Microcastle ». Un morceau pop chargé des guitares libres du krautrock et d’expériences dream pop. Un groupe qui se situe toujours à l’intersection de genres s’éloignant souvent des rives balisées de la conformité. A la sortie de chaque concert, une impression de chaos subsiste un certain temps et puis se désagrège. Le final sur « Calvary Scars » nous rappelle sans cesse que la muse ‘mybloodyvalentinesque’ reste indéfiniment dans l’ombre de l’univers noise de Deerhunter. Morceau qui démarre sur une pop discordante et se termine sur une explosion sonore ‘shoegazée’. C’est finalement le corps trempé jusqu’aux os et les tympans dévastés que le spectateur repartira rejoindre un Morphée probablement très agité. 

Deerhunter + The Dodos + Raz Ohara And The Odd Orchestra + A Sunny Day In Glasgow

Organisation Botanique





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement