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Les Nuits Botanique 2010 : samedi 15 mai

Écrit par Alice Bossut + Eric Ferrante - vendredi, 14 mai 2010
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Nuits Botanique
Cirque Royal + Botanique (Salon de Concert)
Bruxelles
15-05-2010

Lors de cette antépénultième soirée des Nuits Botanique, le Cirque Royal accueille le duo américain CocoRosie, dont le nouvel elpee est sorti en Europe, quatre jours plus tôt, et la formation danoise Efterklang. Récemment signée chez 4AD, elle est également responsable d’un nouvel album (« Magic Chairs »), paru en février dernier. Le Cirque Royal est comble pour cette double affiche.

La soirée commence par Efterklang, dont le pop rock est alimenté de chœurs, de trompettes, de guitares, et d’une batterie. Une première partie sympathique et enjouée, qui lorgne manifestement vers l’univers d’Animal Collective. Le groupe se retire à 21h, et nous souhaite de passer un bon moment, en compagnie de CocoRosie.

Les sœurs Casady débarquent à 21 heures 30 sur la scène du Cirque Royal. L’accueil réservé par le public est plutôt timide. Cheveux lâchés et emmêlés, Bianca porte un costume à martingale désuet sur une longue chemise blanche. Sierra est vêtue d’un long manteau de princesse rouge. Elles sont accompagnées de Tez, leur ami beat-boxer, du pianiste et bidouilleur de sons Gael Rakotondrabe, et d’un percussionniste ; invités qui confèreront au duo intimiste l’envergure nécessaire au live.

Bianca et Sierra, alias Coco et Rosie, entament le set par un morceau à la fois électro et lyrique, « Repose in Peace ». La voix d’opéra de Sierra résonne sur le beat de Tez, tandis que Bianca les accompagne à la flûte. Une ambiance pastorale émane de ce chant lancinant venu d’ailleurs. Sur le deuxième morceau, « Black Rainbow », les deux voix complémentaires mêlent leurs réverbérations pour une tirade mélancolique. Suit « Undertaker », qui démarre par un enregistrement d’une vieille chanson cherokee ayant bercé leur enfance. Des notes de carillon et de piano accentuent cette ambiance d’un autre temps. Les souvenirs, disloqués, s’entrecroisent et se démêlent, en laissant un arrière-goût poussiéreux.

Sans adresser un seul mot au public, les CocoRosie enchaînent sur « Fatherhood ». Aux vocalises dégringolantes de Sierra répond le timbre aigu et dense de Bianca, sur fond de rythmique hip-hop et de piano jazzy. Les percussions graves évoquent des tambours amérindiens. Le chant résonne comme une prière.

Les sœurs tombent leurs accoutrements respectifs et se retrouvent en longues chemises blanches flottantes. Réincarneraient-elles des prêtresses d’une religion inventée. Le set est soutenu par une projection vidéo qui n’est pas aussi riche que l’univers musical du combo. Des images kitch et populaires se suivent, se répètent, mêlant sans queue ni tête croix chrétiennes et svastika, dollars, vagues déferlant sur la plage et portrait de cheval, visages d’enfants ou encore vampires morbides… Un fond visuel qui perturbe le concert plus qu’il ne l’enrichit.

Lorsque « K-hole », succès du second album « Noah’s Ark », démarre par des sons de jouets d’enfants, le public se réchauffe. Tez, qui assure des basses très présentes simplement grâce à sa voix, s’octroie ensuite un solo, une performance de beat box, acclamée par le public.

Après « Turn me on », le concert prend une forme plus ludique, moins attendue, dont ce « Hopscotch » et ses allures de comptines, entonnée par les deux frangines redevenues enfants, tapant dans leurs mains comme dans une cour d’école.

Ce sont en tout dix-neuf morceaux dont huit du nouvel album et cinq inédits qui nous régaleront les oreilles. Leur prestation ne s’attardera pourtant pas pour un long rappel. Le concert se clôt sur « Tranny Power » où Sierra abandonne enfin son sérieux, avant que les lumières ne se rallument sur un parterre de gobelets laminés. Bianca quant à elle est restée impassible, et c’est son ‘merci’ lancé sur le chemin des coulisses qui clôture la soirée.

Si l’on tient compte du nombre de concerts accordés par CocoRosie (presque un chaque soir pour le mois de mai), on comprendra qu’elles n’aient pas joué les prolongations.

Efterklang + CocoRosie

(Organisation Botanique)

Alice Bossut

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Quand les ondes électroniques du chapiteau grondent férocement aux portes du Museum, le cœur du grand salon bat lentement, ce soir, sur des mélopées fragiles et intimistes. Espace cotonneux où deux instruments sont à l’honneur : la guitare acoustique de Noria et le piano de Maximilian Hecker.

Sous le pseudonyme de Noria se profile, en filigrane, le projet d’Olivier Piette. Un jeune guitariste virtuose doté d’une voix d’ange venu timidement nous présenter son premier opus : « Seasons Of The Song ». Album sur lequel il s’entoure d’Elie Rabinovitch, Catherine Graindorge (Nox), Pierre Jacqmin (ex-Venus) et Mister Diagonal (Black Light Orchestra). C’est pourtant seul, ce soir, qu’il nous présente les mélodies mélancoliques de « Seasons Of The Song », dans une version acoustique. Une chaise pour seul décor où le visage exsangue et la silhouette dégingandée d’Olivier Piette viennent se recroqueviller à côté d’un pied orné de trois guitares sèches pour nous offrir un set épuré. Un festival d’arpèges minutieux sublimant une voix claire-obscure et gracile qui déchire le silence abyssal du Museum et fige un public admiratif. Pas un mot entre les morceaux, seule importe la musique. Un authentique  songwriter qui alterne académiquement des mélodies pop et folk qui s’étonnent parfois d’airs  manouches. Noria, un personnage et une voix touchant aux notes de guitares qui sanglotent. Reste à découvrir la formation complète sur scène dans un avenir proche.

En 2008, Maximilian Hecker pensait avoir atteint un point de non-retour dans sa carrière artistique. Le jeune Berlinois âgé alors de 31 ans ne trouvait plus de plaisir à jouer. Trop à l’étroit dans un corset de perfectionnisme et de conventions infligées par les maisons de disques, l’auteur-compositeur-interprète allemand ne trouvait plus l’inspiration, le souffle nécessaire pour exprimer pleinement ses émotions artistiques. Cette sensation musicale perdue, il l’a cependant retrouvée, amplifiée du reste de plus de force introspective et de colère intestine, sur son sixième et dernier opus intitulé : « I Am Nothing But Emotion, No Human Being, No Son, Never Again Son ». Hymnes pop mélancoliques qu’il va distiller pendant plus d’une heure et demie devant le public passionné du Salon de Concert du Botanique.

Plus de voix de fausset sur les dernières compos mais la trace d’une âme plus librement torturée. Un timbre déchiré et des paroles à induire le dégel des cœurs les plus arides. Un talent bien particulier d’esthétiser radieusement l’amertume. « Nana » s’érige alors en une sculpture de spleen divinement ciselée de notes de piano délicates et sombres. La ballade addictive « Heroin » hypnotise et emmène l’auditeur dans un voyage à distance indéterminé. Un spleen poétique que l’on écouterait volontiers pendant des heures allongé sur le sol, les yeux fermés.

Un concert entre miel et fiel qui s’achèvera par ‘l’incapacité d’aimer’. Sentiment d’apathie dont manifestement Maximilian Hecker n’est pas atteint lorsque celui-ci s’amuse en français avec son auditoire et plonge finalement pour l’embrasser. L’obscur Hecker devient alors radieux et termine les deux copieux rappels par un bouleversant : ‘Merci. Au Revoir. Je vous aime’ qui sue de générosité et de sincérité. Il consacrera d’ailleurs un long moment à son public devant les portes du Museum. Maximilian Hecker, un artiste qui jongle parfaitement entre joie et tristesse, ombre et lumière. Touchant !       

Maximilian Hecker (DE) + Noria (BE)

(Organisation Botanique)

Eric Ferrante 

 





 
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