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Les Nuits Botanique 2010 : samedi 8 mai

Écrit par Eric Ferrante - vendredi, 07 mai 2010
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Nuits Botanique
Cirque Royal
Bruxelles
08-05-2010

Mosaïques d'art !

Lors de cette deuxième soirée des Nuits Botanique, le Cirque Royal nous régalait de deux talentueux groupes aux rumeurs musicales distinctes mais aux projets parallèlement excentriques : The Irrepressibles et MLCD. Espace artistique où chacun d’eux nous propose une vision kaléidoscopique de l’art qui se sert de la musique pour nous emmener dans les mondes du théâtre, du cinéma, de l’opéra… Pas de première partie ce soir mais deux réelles têtes d’affiche qui chevauchent des champs musicaux éloignés sans jamais se télescoper.  

The Irrepessibles. Après avoir chambardé les salles du Roundhouse de Londres, l’amphithéâtre romain de Barcelone et la Cigale à Paris, l’orchestre britannique composé de neuf musiciens classiques déverse le flot torrentueux de ses élucubrations ‘rockocoesque’ sur les planches du Cirque royal. Illuminations puisées aux sources de leur deuxième opus, « Mirror Mirror », produit par l’excellent Dimitri Tikovoi (Placebo, The Horrors, Sharko, John Cale…)

Tout d’abord, un décor. Une scène minutieusement architecturée de huit miroirs, de néons blancs et d’une énorme boule à facettes. Lieu planté, côté jardin, d’un clavier, d’un violoncelle, de deux flûtes traversières et, côté cour, d’un percussionniste et de trois violons. Au centre, le chef d’orchestre, Jamie McDermott. Un ensemble qui magnifie de sa belle synchronisation chaque note émise par la guitare acoustique du leader charismatique. Un travail de concordance stupéfiant ! Un univers extraterrestre construisant un pop orchestral baroque et classique grimé de gestuelle théâtrale, de poses statuaires, de fanfreluches décadentes, de maquillage fantaisiste, de costumes intemporels… Jamie McDermott définit d’ailleurs lui-même son concept : ‘Je me suis intéressé aux liens entre la mode et la musique, à la façon dont la musique et les arts peuvent ouvrir sur un autre monde.’ Un spectacle atypique qui synchroniserait dans le maintenant pur de cet espace sans rivages la musique classique baroque, la pop spatiale de Bowie, le rock pompier de Queen. Non lieu sonore où les symphonies pop de Scott Walker converseraient avec le chant sophistiqué d’Anthony Hegarty (Anthony and The Johnson). Un spectacle qui habiterait le décor cinéma de « The Rocky Horror Picture Show ».

Un cabaret pop précieux qui assume et cultive une certaine forme visuelle du kitsch et de l’excentricité sur "My Friend Joe" ou "Splish! Splash! Sploo!" alternant cependant avec des morceaux plus classiques ("Forget The Past", "In This Shirt" ou "Nuclear Skies"). D’autres, enfin, surprennent par leur sérénité. Ainsi, "The Tide", chanson poignante, bouscule les âmes par ses envolées finales de cordes. Lyrique, glam, précieuse, la musique de The Irrepressibles ne sombre jamais dans l’ultra-sulfureux et se fond souvent dans le timbre élégiaque du contre-ténor britannique.

Et le concert de s’achever tendrement sur un rappel orné d’un visuel drapé d’un fond de scène rouge vif où seuls la claviériste et le chanteur anglais apparaîtront en ombres chinoises. Touché ou non par cette représentation surréaliste, le spectateur ne sort pas indemne de cette expérience.

21h30. MLCD monte sur les planches du Cirque Royal pour livrer le concert belge le plus attendu de cette année musicale 2010. Deuxième représentation seulement (NDR : le premier concert s’était déroulé la veille à la Caserne Fonck de Liège) pour exposer les trames singulières de son opéra pop. Ceux qui d’ailleurs ont eu la chance d’assister au concert livré en bord de Meuse, en rêvent encore. Vidéos, animations, orchestre, costumes… MLCD conjugue avec une aisance remarquable la musique et la magie du cinéma, mais aussi du théâtre.

Trois années de travail intensif qui prennent enfin corps au milieu d’une scène minutieusement meublée. Une fiction accompagnée de metteurs en scène, de vidéastes, de scénographes narrant la vie torturée de Brian Wilson (leader charismatique des Beach Boys) et prêtant un supplément d’âme aux symphonies ‘dictaphoniennes’. Symphonies sublimées par l’orchestre du conservatoire de Liège. Un travail minutieux où tous les acteurs artistiques font merveilleusement corps et observent une synchronisation digne d’un horloger suisse entre musique et projections. Musique qui donne astucieusement vie aux images (NDR : vidéo projetée sur 47 cubes érigés en pyramides) habitées par Redboy. Lieu fantasmagorique où le chanteur-guitariste devient acteur de sa propre narration et incarne le fantôme de Brian Wilson. Un exercice schizophrénique merveilleusement réussi.                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Alternant le rouge et le blanc, cet espace visuel est habilement organisé et habité, côté jardin, d’un orchestre sous la direction d’Hélène Cambier, de la basse hyperactive de Xavier Guinotte et, côté cour, du clavier de Louis Leback ainsi que de la batterie de Jérôme Compère. Au centre, la remarquable présence scénique de Redboy déchire radicalement la ‘toile’.

Entre rêve et réalité, les quatre de bord de Meuse feuillettent les pages de la vie passionnante du musicien californien, en empruntant le talent narratif d’un Tom Waits. Neuf morceaux savoureux au sein desquels ils injectent une énergie brute et communicative et qui ne peuvent laisser indifférents. “He’s not there”, “What are you waiting for », “Shine on”… joués avec plus d’intensité et de puissance que sur l’album n’accorde aucune seconde de répit à vos tympans. Un visuel et une musique qui flirtent avec la perfection !

Ce spectacle-concert froisse le confort des certitudes lisses et vous tourmente l’âme. Il vous convie dans l’œil même du cyclone d’un destin que disloquent tous les vents en furie de la schizophrénie, où se déchaînent des démons qui fracassent la conscience et l’attirent sans pitié dans les abysses les plus sombres d’un océan cauchemardesque. Mais tout n’est pas vents et furie, il est des crêtes du destin où l’on aime surfer indéfiniment…

Une performance impressionnante qui, espérons-le, encouragera d’autres groupes nationaux à se lancer dans des projets aussi ambitieux…

Organisation Botanique

My Little Cheap Dictaphone (BE) + The Irrepressibles (GB)

 





 
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