Les Nuits Plasma 2017 : la programmation (update 23/10/2017)

L’édition 2017 des Nuits Plasma se déroulera ...Lire la suite...

Garciaphone, mangeur de rêve…

C’est ce 10 novembre que paraît le deuxième ...Lire la suite...

Les Nuits Botanique 2011 : dimanche 15 mai

Écrit par Béber + Eric Ferrante - samedi, 14 mai 2011
Image
Nuits Botanique
(Orangerie + Cirque Royal)
Bruxelles
15-05-2011

Ce dimanche 15 mai, le Botanique accueillait un habitué des lieux : Micah P.Hinson. On ne sait d’ailleurs plus trop combien de fois, il s’est déjà produit dans une des salles de ce Centre Culturel Bruxellois. Pour la circonstance, l’Orangerie avait déployé ses sièges. Faut dire que l’Américain avait délaissé, le temps d’une soirée ses backing groups habituels (Pionneer Saboteurs, Red Empire Orchestra ou Satellite) pour laisser place au Mons Orchestra.

Le concert débute à 20h30 précise. Micah P.Hinson monte seul sur l’estrade. Il boitille et s’appuie sur une canne. Il explique avoir été victime accident sur l’autoroute. Il a été renversé par une voiture, alors qu’il circulait à moto. Plus de peur que de mal apparemment ! Il ajoute ensuite que pour ce set, il piochera dans toute sa discographie. Il n’est donc pas venu pour assurer la promo d’un quelconque nouvel album.

Le contact établi avec son public et la guitare accordée, Micah P.Hinson entame sa prestation. Le son n’est pas bon. On n’entend presque pas sa gratte et sa voix manque d’assurance. Paraît que cette situation lui arrive de temps à autre. Le temps d’ajuster correctement les balances et on devrait oublier la déception provoquée par la première chanson. Mais au bout d’une demi-heure de réglages, entrecoupés d’une dizaine de minutes de musique à tout casser, Micah P.Hinson est en détresse. Sa six cordes se désaccorde constamment. Ses câbles (du moins c’est que l’on comprend) crépitent. Et comme Micah est légèrement éméché, on n’est pas sorti de l’auberge. D’ailleurs, les morceaux suivants ne sont pas de nature à rassurer l’audience.

Il est 21h15. Le natif de Memphis nous annonce enfin l’arrivée de ses ‘sauveurs’. C’est-à-dire un quatuor à cordes issu du Mons Orchestra. Trois violonistes et une violoncelliste. Pas vraiment confiant, le quartet n’est manifestement pas habitué à se produire en compagnie d’un artiste aussi peu conventionnel. Pourtant, Micah P.Hinson se sent plus à l’aise, même si ses collaborateurs doivent parfois s’adapter au style du songwriter. Sous cette configuration, il parvient à mieux poser sa voix. En outre, ce type d’instrumentation apporte une autre dimension à ses chansons, bien plus proche des versions originales. Et au cours des quarante-cinq minutes qui vont suivre, la formation va rétablir une situation très compromise, épinglant avec beaucoup de bonheur des titres tels que « Dying Alone », « Diggin A Grave » ou « Little Boys Dream ».

A 22h, le Yankee et le Mons Orchestra quittent la scène. Au bout de quelques minutes, ils remontent sur l’estrade afin de nous réserver un dernier morceau. Puis de laisser notre Micah en interpréter deux derniers en solitaire.

Manifestement, ce soir, l’Américain n’était pas très à l’aise dans son exercice de style en solo. Et c’est le soutien du Mons Orchestra qui lui a permis de sauver les meubles. L’artiste possède un talent indéniable. Mais aujourd’hui, c’était un jour sans. Il nous doit une revanche…

Micah P.Hinson & Mons Orchestra

Béber


22 heures. Bonne nuit les enfants ! Philippe Katerine débarque et nous invite dans la version adulte de ‘Casimogore’. Après une entrée fracassante, le quatuor, armé de quatre ‘majorettes’ fluo, lance d’emblée des assauts de provocation au mépris des convenances et violant tout principe de son humour scato. Dès le deuxième morceau, l’extra-terrestre vendéen schizophrénise et se réincarne dans La Reine d’Angleterre : ‘Je suis la reine d’Angleterre et je vous chie à la raie’. Une introduction raffinée qui donne directement le ton à cette cinquième soirée des Nuits Botanique. 

Face à une assistance d’aficionados, attendue plus nombreuse, le plus burlesque des chanteurs de pop française était venu défendre le très controversé Philippe Katerine. C’est arborant une moustache, coiffé d’une casquette de camionneur et affublé d’une veste de jogging bleu et jaune ainsi que d’un kilt décoré de jambières en peau de yéti tombant sur une paire de baskets blanches que le roi de l’absurde multipliera les inepties inspirées d’un neuvième album qu’il revendique pleinement.

Un concert d’une folie contagieuse, sans temps mort, qui agite la foule de ses tubes iconoclastes imprégnant déjà la mémoire collective (« Des Bisous », « Liberté », « La Banane », « J’aime tes fesses »…) Dès lors, les douces folies adolescentes s’enchaînent. La chaleur sulfureuse « Des Bisous » invite très tôt Katerine à dévoiler les rondeurs de son anatomie. Le kilt explose et laisse place à un short en jeans extra-extra-small décoré d’un t-shirt remontant jusqu’au nombril. « J’aime tes fesses » tendra bien évidemment une perche à l’exhibo-punk pour montrer son cul. Visiblement, sa physionomie d’athlète de comptoir ne pose aucun problème à cet artiste sans complexe. Un ridicule parfaitement assumé et minutieusement stylisé.

Le poète vendéen possède cependant plus d’une corde à son arc. Ces illuminations géopolitiques valent aussi le détour. Ainsi, lors de l’introduction de Juifs Arabes, le grand prophète Katerine pousse un cri de révélation : ‘Juifs, Arabes… ensemble !’ Enfin, voilà le problème israélo-palestinien résolu en quelques mots. Et dire que c’était si simple : ensemble !

Un savoureux dixième degré qu’il cache sous le masque d’un clown touche-à-tout lui permet ainsi d’aborder tout sujet avec légèreté et innocence. Un manque de crédibilité qui mériterait cependant plus d’attention. Pas si candide qu’il n’y paraît, le guignol de l’Hexagone ! C’est pourtant au détour de quelques-unes de ses longues réflexions philosophiques que l’homme devient touchant : ‘Dans la vie, on est un brin de blé dans un champ de brins de blé !’, s’explique-t-il gravement pour terminer les festivités. A méditer !

Des chansonnettes pop, somme toute très banales, qui relèguent la musique au second plan ; des paroles qui pourraient tenir sur un timbre-poste… Deux leitmotivs que Katerine utilise pour se mettre en scène. Théâtre au sein duquel le chanteur schizophrène devient comédien et nous raconte ses histoires ubuesques entre révolte et rêveries. Les longs intermèdes restent d’ailleurs les moments les plus délicieux du spectacle. Instants interactifs improvisés, entrecoupés d’apartés illogiques où l’artiste rentre en pur délire. Naturellement, il réagit aux réflexions du public avec une aisance déconcertante. Capsules d’air où il taquine, non sans humour, la Belgique. L’intro de « Moustache » servira d’ailleurs de prétexte pour interpeller le public : ‘Je vois qu’il y a des gens avec une moustache. Eh bien, je trouve ça lamentable. Je croyais qu’en Belgique la moustache était interdite’. Aussi, un débat sur le villo bruxellois sera lancé pour larguer le morceau « Parivélib’ »… Tout mot est prétexte à foutage de gueule.

C’est par « Louxor j’adore » que l’épicurien termine sa prestation quasiment nu sur scène. Il sera même remercié d’un langoureux baiser sur l’aisselle accordé par une fan inconsciente. Un spectacle caustique et sans prétention qui rend les âmes plus légères. Katerine, sur scène, une thérapie qui devrait être remboursée par la sécurité sociale.

Katerine

Eric Ferrante





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement