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Les Nuits Botanique 2011 : mardi 17 mai

Écrit par Béber + Eric Ferrante + Taï - lundi, 16 mai 2011
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Nuits Botanique
Botanique (Grand salon + Cirque Royal + Orangerie)
Bruxelles
17-05-2011

Alors que le chapiteau vibre aux sonorités des groupes pop-rock belges et français, votre serviteur a décidé de se rendre au Grand Salon, une salle habituellement consacrée aux expositions, et aménagée pour la circonstance. Surprise, en pénétrant dans cet espace, la scène a été installée au milieu. Elle est entourée de canapés et de sièges. De quoi baigner l’atmosphère dans une ambiance cosy.  

Projet solo de Yann Tambour, (Thee,) Stranded Horse ouvre le bal. Un artiste qu’on avait déjà eu le loisir de découvrir au sein du groupe français de post-rock, Encre. Le public est attentif et silencieux pour assister à son set. Une ambiance qui lui est particulièrement favorable. Surtout pour dispenser des morceaux acoustiques, au cours desquels il alterne entre sèche et kora, un instrument considéré comme le cousin africain de la harpe. Sa musique est apaisante et colle parfaitement à sa voix nasillarde. Après 50 minutes de prestation le public est prêt à passer au plat de résistance ; en l’occurrence celui que nous promet le trio américain Akron/Family.

Reconnu pour ses performances scéniques, on se demandait comment Akron/Family allait se débrouiller pour s’adapter à ce cadre particulier. Même si deux ans plus tôt, lors des mêmes Nuits Botanique, la formation avait fait un malheur, mais dans d’autres circonstances. Faut dire aussi que tant sur disque qu’en ‘live’, le combo constitue une véritable énigme. Mais le suspense a fait long feu. Et pour cause, deux minutes après le début du show, les Yankees ont invité les spectateurs à s’installer dans les divans.

Le groupe est capable de brasser un éventail impressionnant de styles musicaux. Psychédéliques d’abord. Tantôt dans l’esprit des 60’s, tantôt proche d’un Animal Collective. Une solution sonore chargée de nuances, mais tramée, le plus souvent, dans le folk. Et puis dont les mélodies sont de toute beauté. Et comme leurs harmonies vocales sont superbes et la maîtrise de leurs instruments impressionnante, la formation n’a plus qu’à dérouler. Quoique. D’abord, il n’y a pas de jeux de lumières. Et puis, comme s’il était trop facile se reposer sur ses lauriers, le band commence à s’aventurer dans de (très) longues séances d’improvisations, jusqu’à en torturer nos tympans.

Face à cette attitude, les mélomanes réagissent différemment. Le public averti n’est qu’à-moitié surpris des dérapages provoqués par ces fameux énergumènes. Mais le spectateur lambda tombe carrément des nues. Souvent réceptif aux compos bien construites, il perd complètement le fil lors des passages expérimentaux. Pourtant, chaleureux, les trois multi-instrumentistes s’efforcent d’entrer en communion avec l’auditoire. D’ailleurs, en finale, lors d’un morceau chanté a cappella, les trois bardes d’Akron/Family vont même l’inviter à chanter et à claquer des doigts ; un peu comme s’il participait à la célébration d’un rite d’une secte.

En sortant de la salle, les oreilles bourdonnent ; et puis on a cette drôle d’impression de s’être fait endoctriner par les chefs spirituels d’une société secrète…

Béber

Akron/Family + Stranded Horse

 


 
En apéritif aux Franco-américains de Moriarty qui, ce soir, tenait la tête d’affiche des Nuits au Cirque Royal, les mondes divergent. Les champs tendrement pop de La Fiancée, éclairés de musique sixties et proches de l’univers de  Françoise Hardy ou de Brigitte Bardot, croisent brutalement les contrées obscures de Jacques Duvall.

Une entrée en matière sans détour pour le chanteur-parolier bruxellois : ‘Bonsoir ! Nous sommes les experts en désespoir’.

Chapeau de cowboy noir sur costard noir pour tout l’équipage bruxello-liégeois. Noir comme les mélopées lentes et lugubres que Jacques Duvall distille amèrement tout le long de son set. Etat d’âme qu’il confirme dès le premier morceau : ‘Je vais essayer d’écrire la chanson la plus triste du monde’. Pas plus de cinq minutes ont suffi à donner le ton d’un concert plongé au cœur des ténèbres. Un public au bord de la crise de nerfs qui doit attendre quatre morceaux pour s’extraire des eaux sales coulant de la plume caustique de l’artiste belge. L’atmosphère demeure pesante mais le ton s’allège. Ainsi, la reprise de « Banana Split » de Lio et celle, modifiée, de « Ti amo » d’Umberto Tozzi chantée en français viennent apaiser le ton général.

Un spleen qui revient rapidement sur « Chagrin de beauté ». Moment où la voix grince, dérape, se désespère et nous montre un autre visage. Le visage d’un homme sincère qui ne se prend pas au sérieux, et ça fait du bien !

Une prestation où le parolier  de Lio, Alain Chamfort, Jane Birkin… trace des portraits au vitriol sur une trame musicale rock, folk, country. Les huit musiciens tissent une atmosphère anxiogène plutôt réussie. Jacques Duvall sur scène, certainement l’un des concerts les plus déprimants de ces dernières années.

22h00 : Moriarty nous invite à un voyage musical intense. Un folk-country en lévitation où l’on se laisse embarquer sans résister.

Composé de véritables derviches tourneurs, le sextet (NDR : quintet étoffé d’un batteur additionnel pour les besoins de la scène, Vincent Talpaert) reste fidèle à son pseudonyme inspiré du nom du héros de ‘Sur la route’, roman culte de Jack Kerouac. L’invitation au voyage et l’esprit beatnik demeurent omniprésents dans les compos du groupe. Un esprit communautaire responsable d’une tournée gigantesque comptant plus de 200 concerts en un an. Un vertige de la route qui les a menés en terre inconnue (USA, Japon, Inde, Taïwan…). Durant ce périple, ils ont presté des concerts dans des lieux inédits tels que des hôpitaux psychiatriques, des prisons… Une richesse interculturelle qui s’entend et imprègne leur setlist de morceaux contant des histoires de rencontres, de destins croisés et de lieux improbables. Grande évasion dont ils ont ramené également des instruments insolites (Harmonium indien à soufflet, micro-guitare hard-rock, Kazoo, claviers atypiques…) qui vont modifier significativement l’identité sonore du groupe. L’excellent cadavre exquis « Decaf » fait d’ailleurs partie de ces délires d’écriture inscrits dans le van tour. Inutile de préciser que Rosemary Standley et sa petite famille (Tom Moriarty, Arthur Moriarty, Zim Moriarty, Charles Moriarty, Vincent Talpaert, Eric Tafan) connaissent la scène sur le bout des doigts.

Nul besoin de décor excentrique et de show lumière aveuglant pour que le combo franco-américain s’exprime. Un habillement minimaliste suffit. Une toile de lin, un lustre-ampoule diffusant une faible lumière et quelques vieilles valises qui traînent sur les planches. L’essentiel réside dans la complicité entre les membres du groupe et dans la mise en scène féérique articulée autour de Rosemary Standley, un monde peuplé de contes enfantins et de merveilleux. Le résultat ? Six musiciens qui construisent des structures inventives et ludiques entre folk, country et rock alternatif. Un jeu professionnel et improvisé bénéficiant d’une voix au timbre intemporel et aux potentialités infinies de par son expérience de l’art lyrique et de l’opéra. Moriarty enchante le public bruxellois d’une mise en scène superbement théâtralisée et d’un contry-folk aux allures d’un melting-pot culturel fortement imprégné de musique américaine des années 30. Son dernier opus recèle d’ailleurs d’anciens morceaux sortis du grenier à musique du groupe.

Jouant parfois en cercle et/ou à capella, la belle cohésion du groupe irradie l’audience. Un spectacle largement acclamé par un public averti qui s’exprime particulièrement sur le tube  radio « Jimmy » et le nouveau titre « Isabella ». Une jolie communion irradiant le Cirque de frissons électriques et provoquant des cris de joie. La foule réceptive chante alors comme un seul homme, sourire aux lèvres.

Les enfants de la Beat Generation n’inventent rien mais distillent leur musique à la perfection.   

Eric Ferrante    

Moriarty + Jacques Duvall + La Fiancée               


Rock’n’roll !!! Un slogan, un thème, une trame et un style pour électriser l’Orangerie du Botanique, ce mercredi 17 mai, dans le cadre des Nuits 2011. Et les guitares n’ont pas cessé de rugir sous les riffs acérés des Black Lips, de l’Experimental Tropic Blues Band ou des Young Legionnaire, tout au long de cette soirée!

Young Legionnaire, c’est le nouveau groupe de Gordon Moakes, le bassiste de Bloc Party. Le trio anglais est venu défendre « Crisis Works », son premier album, dans les jardins bruxellois. Le public est encore clairsemé, mais il assiste à un show puissant et efficace, opérant une rencontre improbable entre la pop anglaise et le rock féroce de McLusky. Le drummer est très efficace, mais la carence en sens mélodique et la voix quelconque du chanteur ne permettent pas à l’ensemble de se transcender. A revoir de toutes manières…

Après avoir accompli une mini-tournée aux States, l’Experimental Tropic Blues Band semble (re)gonflé à bloc. Le trio liégeois débarque vers 21h. La température a pris quelques degrés et les corps transpirent. La formation doit autant à Elvis Presley qu’aux Blood Brothers. De véritables bêtes de scène. Difficile de faire plus rock’n’roll !!! Trempées dans le blues et/ou le boogie, les compos sont efficaces, variées, sales et puissantes. Le public est aux anges. Les voix des deux chanteurs sont terriblement complémentaires. Et la bonne humeur des musicos communicative. En renversant tout sur leur passage, TETBB nous a asséné une belle claque. Un titre du futur album, nous même a carrément scotchés : « Sex Game ». Irrésistible ! On comprend mieux pourquoi Jon Spencer a accepté de produire leur prochain elpee, dont la sortie est prévue pour cet automne.

Vers 22h, les Black Lips déboulent sur l’estrade. Le public est nombreux et conquis d’avance. Dès les premières notes, les sales gosses d’Atlanta –dont le dernier album a été mis en forme par Mark Ronson, le producteur d’Amy Winehouse !– nous balancent leur punk-rock fleuri à la figure. Les chœurs sont ‘ramonesques’ et les guitares lo-fi. Ça sent le crachat et la sueur. La foule est enthousiaste. Elle rejoindra d’ailleurs le combo sur scène, en fin de parcours.

Mais perso, je ne retrouve pas ce zeste de folie qui fait la différence. Le set est bien ficelé, les musiciens se donnent à fond, mais ils semblent fatigués et ne parviennent pas à justifier leur réputation scénique sulfureuse. Pas que l’on s’ennuie, mais le show n’est pas véritablement surprenant. Pour celles et ceux qui ont déjà assisté à l’un de leurs concerts, il semble même carrément sur rails. Faut dire que leur tournée est interminable. Et qu’un peu de repos leur serait nécessaire pour recharger les accus. Pourtant, au vu des dates qu’ils ont encore à assumer, ils ne sont pas au bout de leurs peines. M’enfin, cette sorte de ‘Prom Night indie’ a peut-être permis à quelques spectateurs plus âgés de rajeunir de dix ans…

L’Experimental Tropic Blues Band remporte donc le match ! Mais une question me traverse l’esprit : qu’est-il écrit dans les statuts officiels du rock’n’roll lorsqu’un groupe belge surpasse ses maîtres américains sur leur propre terrain de jeu ?

Taï

Young Legionnaire + Experimental Tropic Blues Band + The Black Lips

 

 





 
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