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Les Nuits Botanique 2016 : jeudi 12 mai

Écrit par Philippe Blackmarquis - jeudi, 12 mai 2016
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Les Nuits Botanique
Eglise des Dominicains
Bruxelles
12-05-2016

C'est sans aucun doute un des événements marquants des Nuits Botanique 2016. Soucieux de présenter des spectacles exclusifs, les organisateurs du festival, Paul-Henri Wauters en tête, avaient donc proposé à An Pierlé de venir présenter la première de son nouveau spectacle à Bruxelles. C'est la superbe Eglise des Dominicains, près du Cinquantenaire, qui a été choisie comme écrin pour un concert exceptionnel, au cours duquel l'artiste d'origine anversoise va interpréter son nouvel album, « Arches », paru chez PiaS.

Outre son décor et son ambiance uniques, ce sanctuaire dispose de grandes orgues, un atout majeur dont An Pierlé va se servir. Elle est d’ailleurs carrément tombée amoureuse de cet instrument qui est omniprésent sur son –excellent– dernier opus.

A 20h30 précises, surprise ! An Pierlé apparaît à l'étage, à côté des orgues. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les vitraux qui scintillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », le titre qui ouvre « Arches ». Quelques claquements de doigts, le son des orgues et la voix nous transportent d'emblée dans une dimension mystique. Devant la balustrade, l'artiste, telle une grande prêtresse, est habillée d'une robe noire recouverte d'une collerette blanche. Elle appuie son chant par des gestes amples. La composition évoque Kate Bush (« The Man with the child in his eyes ») alors que les arrangements à l'orgue nous rappellent Dead Can Dance. Et le break incrusté au milieu de la chanson est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drowned yourself in silence’. Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella. Sur les visages, on lit l'émerveillement : on sent qu'on va assister à quelque chose d'unique.

An Pierlé descend ensuite pour rejoindre son groupe, installé sur une estrade, en dessous de la tribune des orgues. On y reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, percussions). Les deux chanteuses, Loesje Maieu et Kaat Hellings, placées de part et d'autre d'An Pierlé, créent des harmonies vocales d'une extraordinaire finesse tout en se consacrant aux claviers et aux percussions. Autre pièce maîtresse du band, l’organiste, Karel De Wilde, omniprésent.

Si la setlist est principalement constituée de titres issus d'« Arches », notamment « Certain Days », « Vibra » et « There Is No Time », la musicienne flamande nous replonge un peu dans son passé pour revisiter, par exemple, « How Does It Feel ».

Mais le moment le plus marquant du concert est atteint lors de « Birds Love Wires », le morceau phare du nouvel elpee. La mélodie est captivante et séduit dès la première écoute. Une ambiance romantique, médiévale, enveloppe la compo, qui chaloupe... sensuellement. Quand les orgues viennent souligner la partie plus 'dark', en milieu de parcours, des frissons nous parcourent l'échine et notre gorge se serre. Nous sommes tétanisés, comme crucifiés par une telle beauté. An Pierlé frappe sur son synthé-piano et quand elle a les yeux fixés vers le haut, sa posture est quasi christique.

Soulignons au passage les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture néo-gothique de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique.

Entre les morceaux, An Pierlé est, comme à l'habitude, très simple et très souriante. ‘C'est un endroit où l'on voudrait rester tout le temps’, dit-elle avec humour. Ca tombe bien, il y a encore quelques titres au programme. « The Road Is Burning » aurait pu figurer au répertoire de Florence Welch, et pendant « Dragon JM » l'ombre de Lisa Gerrard ondule dans les travées…

C'est l'épique « Changing Tides », toujours issu d'« Arches », qui clôture en force le concert. Un tambour martial emmène la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur une harmonie finale époustouflante à trois voix. Le public, qui avait jusqu'alors écouté respectueusement, voire religieusement', se lève et les applaudissements fusent de toutes parts. Pour le premier rappel, les trois chanteuses montent sur la tribune des orgues pour attaquer « Cold Song », une reprise de Klaus Nomi qui, lui, s'était inspiré du « What Power Art Thou » de Purcell. Lors du second encore, la formation au complet reprend « Birds Love Wires », nous permettant d'apprécier à nouveau toute la magie de cette chanson.

Au final, nous avons assisté à un des concerts les plus marquants de notre vie. En incorporant dans sa pop une dimension mystique, notamment grâce aux orgues, le tout servi par une émotion sombre et lancinante, l'artiste touche au sublime. Ce soir, elle est parvenue à nous propulser au septième ciel...

An Pierlé

(Organisation : Botanique)

Photo: Yves Merlabach





 
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