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Les Nuits Botanique 2016 : mardi 17 mai

Écrit par Philippe Blackmarquis + Thomas Hubin + Didier Deroissart - mardi, 17 mai 2016
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Les Nuits Botanique

Cirque Royal + Botanique (Orangerie + Rotonde)
Bruxelles
17-05-2016

Ciné-concert « Les Premiers, Les Derniers »

A nouveau une initiative originale et exclusive à mettre à l'actif des organisateurs des Nuits Bota : un ciné-concert au Cirque Royal consacré au film de Bouli Lanners : ‘Les Premiers, Les Derniers’. Parallèlement à la projection du long métrage sur grand écran, le compositeur de la bande originale, Pascal Humbert a été invité à jouer les morceaux à la guitare en 'live', sur la scène.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce dernier est un bassiste/guitariste/compositeur français impliqué dans les projets 16 Horsepower / Wovenhand (en compagnie du génial David Eugene Edwards) et Détroit (avec Bertrand Cantat).

Cerise sur le gâteau, le Palois sera accompagné ce soir par des invités de marque : Catherine Graindorge, violoniste belge notoire, Koen Gisen, le partenaire d'An Pierlé, préposé pour la circonstance au saxophone, et enfin, Jérémie Garat, au violoncelle. Un cinquième siège est prévu, mais il est vide et est destiné à la surprise finale !

Installé dans la pénombre à gauche de l'écran, le quatuor nous livre une introduction avant que les premiers paysages sombres et gris du film apparaissent sur l’écran. Rappelons brièvement le scénario, qui suit deux chasseurs de ‘prime’ modernes, interprétés de main de maître par Albert Dupontel et Bouli Lanners. Cochise et Gilou sont à la recherche d'un GSM, que leur client veut récupérer. L'action se déroule dans les campagnes désolées du nord de la France, entre autoroutes désaffectées, chancres industriels et pavillons de banlieue. Il y a ici un parfum de road movie américain.

On n'est donc pas étonné que Bouli Lanners ait choisi Pascal Humbert pour composer une musique qui doit résonner dans de grandes étendues balayées par le vent. Un peu comme l'avait réalisé Ry Cooder pour 'Paris, Texas'. La gratte utilisée par Humbert est d'ailleurs une acoustique de type 'Dobro', équipée d'un résonateur métallique autour de la rosace, qui diffuse ce son si caractéristique du Sud des Etats-Unis.

Le thème principal de la bande originale, « One Bear With Me », composé par Lilium, le projet solo d'Humbert, trouve ici un écho tout particulier, grâce aux violons et au saxophone. Parfois, il se sert d’une pédale 'loop' afin de tracer automatiquement des lignes répétitives ou des 'samples' préenregistrés. Les musicos suivent le film et leurs partitions sur un écran LCD placé devant eux. Quant au public, il regarde religieusement la projection, comme hypnotisé par cette musique aux frontières du folk, du classique et de l'ambient.

Sur « Fugue », Humbert se sert d'un 'bottleneck', ce goulot de bouteille qui permet de glisser sur les cordes de la guitare. Ce qui renforce encore le côté 'texan' du son. Une véritable invitation au voyage. Le côté organique de la bande originale souligne l'approche carrément existentielle de Bouli Lanners, qui mêle dans son oeuvre la religion, la mort, la violence, la solitude et la condition humaine.

Au moment où le long métrage approche de son terme, on remarque que la cinquième chaise de musicien est maintenant occupée par un homme barbu. Il commence à chanter doucement et… sa voix est immédiatement reconnaissable. C’est Bertrand Cantat en personne. Accompagné par le quatuor et par un batteur, il interprète « Maybe I », la superbe ballade écrite pour le film. Sa voix est cassée et tout en retenue, s'imposant discrètement au-dessus des volutes sonores (à voir ici). Dès les dernières notes, le public applaudit à tout rompre et l’ensemble se lance dans un tout dernier titre. Votre serviteur apprendra par la suite qu'il s'agit d'une improvisation, inspirée par des harmonies et un chant hispanisants. Bertrand Cantat y libère sa voix, qui prend les accents d'un chanteur de flamenco.

A la fin du morceau, les musiciens viennent saluer devant la scène sous un tonnerre d'applaudissements. Logique, on vient d’assister à un événement unique. Le film était sublime et la musique, divine. On ne peut que les recommander chaudement. Et on salue au passage le Bota qui, décidément, parvient à nous étonner chaque jour un peu plus. Ce soir, le Cirque Royal était, à nouveau, l'écrin d'un spectacle... royal. 

Philippe Blackmarquis

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Ce soir, l’Orangerie accueille l’une de trois ‘Nuits’ consacrées au Hip-Hop. Tous les artistes présents s’expriment uniquement en français. A l’affiche : le Belge Roméo Elvis / Le Motel ainsi que des deux Français Alpha Wann et Georgio. Il sont tous venus présenter leurs projets respectifs, parus il y a peu.

Roméo Elvis est le premier à fouler les planches de l’Orangerie devant un auditoire à moitié rempli. Flanqué de son producteur/DJ Le Motel et de Swing (membre de l’Or du Commun), le rappeur bruxellois déborde d’énergie ; et il le démontre d’entrée de jeu. En outre, il est extrêmement proche du public. Le collectif Yellowstraps le rejoint le temps de quelques titres, notamment pour y interpréter « Assurance », afin de communiquer une touche plus groovy à ce début de parcours.

Les sonorités et les textes proposés par Roméo Elvis nous rappellent, non sans un brin de nostalgie, ceux des années 90-2000, période considérée encore par beaucoup aujourd’hui comme l’âge d’or du rap français. Une ambiance 90’s remise au goût du jour et bien palpable sur son dernier Ep, « Morale », dont les compos collent parfaitement à l’humour et le sens de l’autodérision pratiqués par le Bruxellois. Roméo Elvis a également le don de nous tenir en haleine tout au long de « La voiture » et « La valise » qui forment à eux deux une storytelling très réussie, mettant en scène deux protagonistes dans l’échange d’une fameuse valise.

Le rappeur ponctue sa prestation par « 2013 », en référence à l’année de publication de son premier projet. Le morceau sert de remerciement à ses fidèles aficionados, au fil du temps, de plus en plus nombreux. Une belle manière de conclure une prestation d’une grande qualité.

Après 15 minutes de pause, la salle est presque comble pour accueillir Alpha Wann, membre des collectifs notoires L’Entourage et 1995. Le Français est venu défendre son récent projet, « Alph Lauren 2 ». Il est accompagné de DJ Lo’ et de Caballero. Et la présence du Bruxellois réjouit énormément la foule. Ce dernier va largement mériter sa place dans le set d’Alpha Wann en interprétant quelques titres de son répertoire comme le très efficace « Le Pharaon Blanc » et « Repeat », issu de son dernier essai qu’il partage avec Jean Jass.

Alpha Wann jouit d’une réputation de rappeur très technique, un talent qu’il va parfaitement démontrer lors d’un freestyle improvisé et tout au long du morceau « Barcelone », bien repris en chœur par le public. Le Don, dont le show est composé de ses deux volumes d’« Alpha Lauren », conclut par l’incisif « Lunettes Noires », caractérisé par son couplet de « Caramelo », titre signé L’Entourage.

Tout comme Roméo Elvis, Alpha Wann et Caballero ont livré une prestation d’une très grande qualité et tout aussi énergique, mais ces deux derniers se sont montrés bien plus proche d’un public –davantage réceptif– que lors du set d’ouverture accordé par le Belge. La présence de Caballero a sans aucun doute apporté un plus à la prestation d’Alpha.

Troisième et dernière artiste à se produire ce soir : Georgio. Il débarque au sein d’une Orangerie partiellement vidée de son auditoire, à l’issue du spectacle précédent. Le second rappeur français de la soirée, qui s’inspire directement de la Scred Connexion, s’inscrit dans la même veine que ses prédécesseurs. Si Georgio est un rappeur solo, c’est pourtant un quatuor qui grimpe sur l’estrade, dont son ami Sanka ainsi que deux machinistes…

La set list va essentiellement puiser des titres au sein de son dernier opus, « Bleu Noir ». Excellent et particulièrement varié, son concert va durer une bonne heure. De quoi permettre au public de découvrir tout le talent et la diversité du répertoire de Georgio. Entre les morceaux les plus émouvants tels que « Rêveurs », « La Celle de Saint Cloud » et « Malik », l’ambiance devient de plus en plus électrique et tout particulièrement sur les compos les plus rap, à l’instar d’« Appel à la Révolte ». Sur ce titre, les pogos se multiplient dans la fosse. Et Georgio ainsi que son acolyte Sanka vont même y participer l’espace de quelques instants.

Si l’auditoire semblait moins réceptif au show de ce dernier artiste, Georgio n’a rien à envier aux autres présents ce mardi. Son talent est indéniable ; et à coup sûr, c’est un des rappeurs à suivre dans le futur.

Amateurs de belles plumes et bons flows, le public de l’Orangerie a été plus que comblé lors de cette soirée Les trois protagonistes y ont mouillé le maillot et ont partagé cet enthousiasme avec une foule, qui ne s’est pourtant pas déplacée suffisamment en masse, pour un événement d’une telle qualité…

Thomas Hubin

Roméo Elvis & Le Motal + Alpha Wann + Georgio

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Suivant les commentaires recueillis en attendant l’ouverture de portes, il appert que le public est bien moins nombreux pour assister à l’édition 2016 des Nuits que l’an dernier. Bien sûr, certains spectacles se sont déroulés devant un auditoire comble ; et puis la Nuit Belge a fait le plein. Mais La Rotonde a accueilli rarement plus de 50 personnes. Plus ou moins 120, ce mardi, pour vivre le show de Jamie Lawson, et en supporting act, Lylac. Manifestement, depuis les attentats, le mélomane lambda hésite à aller voir et écouter des concerts. En outre, ce soir, le temps est froid.

Amaury Massion était venu présenter le nouvel opus de son projet Lylac (« Living By The Rules We’Re Making »), au sein de la même salle (qu'il connaît parfaitement), en janvier dernier, dans le cadre de sa release party. Ce soir il est uniquement accompagné par la violoncelliste Thècle Joussaud.

Le supporting act, Amaury le connaît mieux que quiconque. Que ce soit au sein de My TV Is Dead ou de Lylac. Mais tout au long de ce set, il va nous proposer des versions acoustiques de « By a tree » et « Living By the Rules we're making », les deux opus de son dernier projet.

Au milieu du podium, trône un siège haut. Juste devant, sur une petite estrade, on remarque la présence d’une pédale destinée aux percussions électroniques. Et de chaque côté, s’appuient deux grattes. La première est en filage métallique et réverbère des sonorités limpides. Plus classique, la deuxième est en filage nylon ; idéale pour le picking, elle est propice au flamenco.

Après une petite intro constituée de chants d'oiseaux, Amaury attaque le mélancolique « My Bird », titre qui ouvre le nouveau long playing, un sentiment de spleen qu’accentue les interventions du violoncelle. Le voyage initiatique nous conduit de « Rome » au Nouveau Continent. S’il fait escale à « Mexico », il est surtout destiné à nous permettre de parcourir les grandes plaines sises à l’Ouest des States. Et « Lilac Wine » en est certainement la plus belle illustration. Ecrite en 1950, par James Shelton, cette chanson a été popularisée par des écorchés vifs comme Nina Simone et Jeff Buckley. Pour « I Forget Who I Am », pas d'ambiance psychédélique entretenue par un sitar comme lors de la release party. Mais un folk particulièrement dépouillé. Ce soir, curieusement, alors qu’il s’exprime parfaitement en français, Amaury avait décidé de ne causer qu’en anglais. Sans doute pour rester sur son île. D’ailleurs, c’est « The Island » qui clôt la prestation de Lylac.

Place ensuite à Jamie Lawson. Né à Plymouth, ce chanteur/guitariste anglais est âgé de 40 ans. Eponyme, son quatrième LP est paru l’an dernier et il est devenu disque d’or en Grande-Bretagne.

Vêtu d’une chemise de bûcheron, l'artiste déboule seul sur les planches armé de sa gratte semi-acoustique. Sa voix est douce, claire, cristalline et atmosphérique. Elle me fait penser tour à tour à son pote Ed Sheeran (NDR : dont les cheveux sont également roux), Jack Johnson et même Milow. De quoi faire craquer le public féminin. Sa technique à la gratte évoque également ces musicos, mais surtout Michael David Rosenberg (Passenger) ainsi que James Taylor, dont il pourrait incarner le fils naturel.

L’auditoire écoute religieusement le songwriter et l’acclame entre les morceaux. C’est un périple au cœur du Nord des States auquel l’artiste nous invite à participer tout au long du mystique « Cold In Ohio ». C'est la première fois qu’il pose les pieds sur le sol belge et il nous le signale. Le public l’applaudit pour le remercier. Les compos de Lawson libèrent une sensibilité à fleur de peau et touchent l’âme. « Silent Rain » est une toute nouvelle chanson. Il l’inaugure en ‘live’ et elle est de toute beauté. Timide, il demande aux spectateurs si cela leur a plu. Vu les acclamations, c’est une certitude. Il adapte remarquablement le « Letter Never Sent/ Brown Eyed Girl » de Van Morrison. Avant d’achever son set par le « Ahead Of Myself », au cours duquel Jamie divise la foule en trois parties pour organiser un récital polyphonique (NDR : tiens, c’est une technique qui devient rituelle !) et le résultat, atteint lors du refrain, est tout bonnement épatant.  

Même s’il semble timoré voire fragile, Jamie est un artiste enthousiaste, passionné. En outre, il ne manque pas d’humour. Il faut cependant reconnaître que ce soir, le public était composé de mélomanes qui connaissent parfaitement cet artiste. Certains reprenaient même les paroles en chœur. Et ont vivement apprécié les moments aux cours desquels sa voix est devenue plus sauvage afin de servir des compositions nerveuses. Un type sympa qui le prouvera encore au stand merchandising. A découvrir d’urgence avant qu’il ne squatte les grandes salles !

Didier Deroissart

Jamie Lawson + Lylac

(Organisation : Botanique)

 

 

 

 

 

 





 

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