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Les Nuits Botanique 2016 : mardi 24 mai 2016 - Sonic Lassus

Écrit par Philippe Blackmarquis - mardi, 24 mai 2016
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Les Nuits Botanique
Cathédrale des Saints Michel et Gudule
Bruxelles
24-05-2016

Les Nuits Botanique 2016 se sont refermées –enfin presque, car en vérité, elles vont jouer sporadiquement les prolongations jusqu’au 7 juin– ce mardi soir lors d’un spectacle devenu quasi-traditionnel : le concert accordé dans le cadre solennel de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Cette coproduction Botanique / Le Manège.mons / Musiques Nouvelles traduit la volonté des initiateurs du projet, Paul-Henri Wauters (Botanique) et Jean-Paul Dessy (Musique Nouvelles), de permettre la rencontre entre artistes issus de mondes différents, autour de la musique classique.

Un imposant podium a été installé à l'avant de l'hôtel, en plein centre de la cathédrale. Dès que les instruments à cordes prennent leur envol, l’auditoire est plongé au cœur d’un univers magique, celui de Roland de Lassus. Ce Montois, honoré ce soir, était un des musiciens européens les plus notoires, au XVIème siècle. C'était même une véritable ‘star’, dont les chansons se sont transformées en ‘hits’, à l'époque. Sonic Lassus cherche à restituer sa musique telle qu'elle était jouée et chantée de son vivant ; mais aussi, et à l’aide d’arrangements contemporains, la rend disponible auprès d'artistes issus du monde de la pop. Créé à Mons le 4 octobre dernier, ce spectacle trouve ici un nouvel écrin –et quel écrin !– dans la sublime cathédrale gothique. 

C'est d'abord Mina Tindle, une chanteuse française, qui s'avance au devant de la scène pour interpréter « La Nuit froide et sombre » soutenue par l'ensemble. De son vrai nom Pauline de Lassus, elle nous confiera après le concert être en effet une descendante en ligne directe du maître : ‘C'est en partie pour cette raison que les coordinateurs du projet m'ont contactée’. Très belle et douce, sa voix évoque Cat Power. Et on tombe sous son charme. Les harmonies et le chant affichent un petit coté médiéval, qui est renforcé par le son si caractéristique du luth.

C’est ensuite au tour de Daan, chanteur flamand bien connu au Nord de la Belgique, de donner corps à une chanson de Lassus : « Qui dort ici ». Affublé de ses inséparables Ray-Ban, Daan s'agrippe au micro à l’aide de ses mains, concentré sur une mélodie qui ne correspond pas vraiment à sa voix plutôt ‘rock’. Par contre, celle –fragile, plaintive, enchanteresse– de Laetitia Sheriff, une chanteuse/bassiste française, émerveille tout au long de « Qui Veut d'amour ». Tel un jeune choriste timide, celle de Baptiste Lalieu, alias Saule, se révèle limpide et touchante sur « Fleur de 15 ans ». Fùgù Mango clôture la première série de chansons en proposant une version rythmée de « Je l'aime bien ». Les frères Lontie et Anne Fidalgo ont entraîné leur batteur, l'excellent Sam Gysel, dans l’aventure ; et c’est devenu une bonne habitude –à l’instar de leur set accordé sous le Chapiteau des Nuits Bota– les Bruxellois mettent l'ambiance, ici à travers un madrigal aux accents tribaux! Irrésistible !

Retour au calme grâce aux harmonies vocales de l'ensemble français Ludus Modalis, suivies par un slam étonnant du Belge d'origine congolaise, Pitcho. Sur « Psalmi Poenitentialis », il a écrit un texte bouleversant, qui résonne comme un cri dans les travées de l'église. Encore un moment fort du spectacle.

Les premières notes diffusées par les grandes orgues de la cathédrale ont de quoi faire sursauter. Il faut lever la tête, car ces orgues sont accrochées à la paroi, au-dessus de la nef. L'organiste, Xavier Deprez, improvise sur « Principium » et « Suzanne Un Jour ». Un véritable tour de force, mettant en valeur toutes les sonorités de l'instrument, jusqu'aux dissonances les plus étonnantes (NDR : elles ne manqueront d’ailleurs pas d’amuser les musiciens sur scène).

Après un nouvel a capella, le programme se poursuit et au moment de « Parents sans amis », interprété par Daan, on sent que le dénouement est proche. Le rythme des violons enfle et le carillon tubulaire du percussionniste résonne. Tous les chanteurs, qui étaient assis derrière l'ensemble, se lèvent et chantent à tue-tête lors d’un final collectif époustouflant. Jean-Paul Dessy murmure ensuite en souriant : ‘C'est fini !’.

De retour sur terre, on a bien conscience d'avoir assisté à un spectacle exceptionnel, non seulement parce qu'il s'agit d'une création belge quasi-unique mais aussi parce qu'il transcende les frontières entre les musiques. Concert liturgique, multiple et incantatoire, Sonic Lassus nous a permis de vivre un superbe voyage sonore, doublé d’un florilège musical mystique…

Jean-Paul Dessy nous a confié être en contact avec des organisateurs et des programmateurs pour donner une suite à ces concerts exceptionnels. Qui sait, peut-être, pour vivre une tournée des cathédrales françaises ? A bon entendeur....

(Organisation : Botanique / Le Manège.mons / Musiques Nouvelles / ADAMI / Fondation Mons 2015 / De Concert ! / Festival de Wallonie-Hainaut)





 

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