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Les Nuits Botanique 2017 : lundi 15 mai

Écrit par Philippe Blackmarquis + Didier Deroissart - lundi, 15 mai 2017
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Les Nuits Botanique
Botanique (Chapiteau + Orangerie)
Bruxelles
15-05-2017

Pour la cinquième Nuit Botanique, l’affiche au sein du chapiteau, est à nouveau diversifiée. Elle propose d’ailleurs Whispering Sons, Agar Agar et Magnus. On ne le répètera jamais assez, ce sont ces associations originales de styles qui créent l'attrait de ce festival. Quand on achète un ticket pour un projet connu, pour le même prix, on à l’opportunité d’en découvrir deux autres.

Malheureusement, il n’y a guère de monde, à 19h30, pour accueillir Whispering Sons. Le sacro-saint couvre-feu décrété à 22h30 provoque, pour triste effet, un 'schedule' qui commence très tôt, beaucoup trop tôt ! Vainqueur de l’édition 2016 du Humo Rock Rally, Whispering Sons mérite pourtant une attention particulière. Cette formation de post-punk est en effet en pleine ascension. Issue de Houthalen-Helchteren, dans le Limbourg, elle s’est établie depuis peu à Bruxelles, où les musiciens poursuivent pour la plupart leurs études. Sa musique s’inspire des pionniers du rock 'dark' : Sisters of Mercy, Bauhaus, Siouxsie et Chameleons, mais également d’un projet plus contemporain comme The Soft Moon, un des fers de lance du renouveau 'wave'. Sur le podium, pas de séquenceurs ou de backing tracks : ils y a cinq musicos, et c'est du 100% live ! De gauche à droite, on reconnaît Kobe à la guitare, Sander aux claviers, l'autre Sander aux 'drums pads' et à droite, le nouveau bassiste, Tur. Au devant de la scène, focalisant tous les regards, Fenne fascine par sa voix grave, sépulcrale, comme une version féminine d’Andrew Eldritch. Le visage auréolé de sa chevelure blonde, elle ondule comme une prêtresse hantée par les mélodies sombres et les musiques caverneuses. Parfois, elle éructe et entame une danse macabre, comme pour exorciser ses démons.

Dans la setlist, le combo limbourgeois privilégie les nouveaux morceaux : il y en a pas moins de quatre sur huit : « Alone », « Skin », « Hollow » et « White Noise » (NDR : merci Fenne pour cette information). Ce dernier fait très forte impression auprès des aficionados. « Performance », « Strange Identities » et surtout « Wall », probablement le titre le plus emblématique, tout comme « Insights », le titre final qui clôture le show en force sont, par contre, mieux connus. Une formation à suivre, pour celles et ceux qui ignoreraient encore, son existence… (Pour les photos, c'est ici)

En ce qui concerne Agar Agar, c'est plutôt votre serviteur qui est dans l'ignorance. En consultant le programme, on apprend qu'il s'agit d'un duo français impliquant Clara, au chant, ainsi qu’Armand aux claviers et boîtes à rythmes. Même si cette musique n'est pas ma tasse de thé, il faut reconnaître que la prestation est excellente. Le style ? De l'électro-pop aux sonorités rave issues des années '90, enrichies par des touches 'synthwave' typiquement années 80. Le recours au célèbre MS-20 de Korg et au synthé Roland explique, sans doute, cette impression. En outre, acides, les lignes de basse adoptent un son ‘early warp’. Bref, l’expression sonore lorgne manifestement vers Daniel Maloso, Black Devil Disco Club voire Ariel Pink. Encore qu’à l’écoute de « Prettiest Virgin », on ne peut s’empêcher de penser à Everything But The Girl. La voix de Clara est superbe, claire et chargée d'émotion. Sa spontanéité et son énergie font mouche. Vêtue d’une chemise large de type bûcheron et d’un jean bleu savamment déchiré, son look est plutôt relax. Le public a maintenant presque investi complètement le chapiteau. Il est sous le charme et réagit très positivement, surtout lors du final électro qu’on pourrait qualifier d’endiablé. Cette musique ne laisse pas 'hagard'... Hum... Jolie découverte, en tout cas ! (Pour les photos, c'est )

Après une dégustation de cidre, il est temps de revenir sous la tente, pour assister au concert de Magnus, la tête d'affiche. Début du millénaire, Tom Barman avait mis son dEUS, entre parenthèses pour fonder Magnus en compagnie du DJ anglais Christian Jay Bolland (CJ Bolland). Le projet compte deux elpees ainsi qu’une flopée de singles et d’Eps dans sa discographie. On apprendra lors du concert, qu’un nouveau disque est en cours de production et devrait voir le jour en septembre.

En attendant, on peut raisonnablement affirmer que Magnus a parfaitement rempli son contrat aux Nuits Botanique. Un Tom Barman, très en forme, très efficace au chant et virevoltant sur le podium, a convaincu un public enthousiaste. La musique proposée est issue du fruit d’un 'crossover', assez original, entre électro, funk, synthpop et wave, autorisant même quelques incursions dans le métal. Sur les planches, le duo est soutenu par Tim Vanhamel (guitare, chant), Joris Caluwaerts (claviers) et Christophe Claeys (batterie). 

Dans la setlist, comparable à celle réservée au concert accordé dans le cadre de l’édition 2016 du Pukkelpop, figurent « Regulate », « Catlike », « Soft Foot Shuffle », « Puppy » et bien sûr, « Singing Man ». Sur ce dernier morceau, une 'backing track' remplace malheureusement Tom Smith. Il est bien évident que la présence du chanteur des Editors aurait apporté une autre dimension à la compo ; mais en son absence, l'utilisation d'une bande-son ne peut que semer le doute : où est le live et où est le play-back ? D’ailleurs, au cours du set, le recours à d’autres bandes laisse perplexe. Une erreur, de casting, à mon humble avis.

Mais en ‘live’, la force de Magnus repose sur la gestion, magistrale, de la dynamique. Tant Barman que Bolland sont des DJ orientés electro ; donc ils sont rompus aux progressions ainsi qu’aux variations de volume et de son. Chaque titre est traduit en remix et les arrangements sont impressionnants. Parfois, le Nine Inch Nails live de la période « With Teeth » me traverse l’esprit. L'énergie et la gestuelle de Barman ne sont d'ailleurs pas sans rappeler celle de Trent Reznor.

Bref, nonobstant les réserves émises pour le recours aux supports magnétiques, cette prestation s’est révélée hypnotique, passionnante et de stature internationale. Tout en libérant un 'groove' irrésistible ! Magnus, c'est tout simplement... grand.(Pour les photos, c'est ici)

Philippe Blackmarquis

Magnus + Agar Agar + Whispering Sons


Pas de nuit belge cette année. Cependant, sur les 11 artistes ou groupes programmés ce soir, 7 sont issus du pays. Ils vont se partager les podiums des Nuits, au Botanique. Le chapiteau fait le plein. Normal, Agar Agar et Magnus sont à l’affiche. Et les autres salles seront également quasi-combles. L’Orangerie accueille Aliocha, Barbagallo, Pale Grey et Noa Moon. Une soirée qui va embrasser différents styles : la pop, le rock, le folk et l’électo. Compte rendu.

Pas grand monde pour applaudir Aliocha Schneider, un jeune auteur/compositeur/interprète (NDR : il est également comédien) né à Paris et établi au Canada. Il publiera son premier elpee, « Eleven songs », en juin prochain.

Aliocha est accompagné, en ‘live’, de son frère, Volodia, aux drums, de Christian Sean (guitare, claviers, glockenspiel) et de Tom Tartarin (basse). L’artiste puise ses racines dans le folk, l’americana et le rock (NDR : parfois même le grunge). Sa musique évoque tour à tour Bob Dylan (surtout), Elliott Smith, Nick Drake ou Scott Matthews. « Ping Pong Club » traverse les plaines du Far West. « Virtue » n’est pas une chanson d’amour. Suivant l’artiste, elle est destinée à Donald. Pas celui de Walt Disney, mais au nouveau président des Etats-Unis, le méchant Trump. Titre radiophonique, rythmé, voire dansant, « Sorry Eyes » lorgne carrément vers Beck. De délicates sonorités de glockenpiel amorcent « Crystal Plane », un morceau de folk atmosphérique qui navigue quelque part entre l’univers de Simon and Garfunkel et d’Iron & Wine. Meilleur moment du set, « Flash In The Pan » est attaqué en picking. Folk vaporeux, « Jamie » est une chanson émouvante écrite pour un ami qui traverse une mauvaise passe. Et paradoxalement, « The Start » clôt le show. Un langoureux récit électrifié du désir de liberté d’un homme, face à celle, parfaite, d’une femme émancipée…(Pour les photos, c'est ici)

De 2008 à 2012, Julien Barbagallo a assuré les drums chez Tahiti 80. Depuis, il a rejoint le groupe australien, Tame Impala. Ce Toulousain est revenu en France, le temps d’enregistrer son premier album solo, « Grand chien ». Et puis il est parti en tournée pour le défendre. L’artiste propose des ballades solitaires, dans la langue de Molière… ce qui m’incite à rejoindre la taverne, pour y déguster une bonne bière (ça rime !)… 

Pale Grey s’est largement converti à l’électro. Il vient de publier « Ghosts », un Ep 4 titres qui précède la sortie d’un futur elpee. Vu le style proposé, votre serviteur ne parvient pas à accrocher et décide de retourner au bar, en attendant le set de Noa Moon…

Il y a 3 ans, presque jour pour jour, Noa Moon foulait les planches de l’Orangerie. Pendant toute cette période, Manon a pris le temps de se consacrer à l’écriture de son second LP, « Azurite ». Dont elle va nous réserver de larges extraits, ce soir. Un album introspectif qui a reçu le concours de Daniel Offermann (Girls in Hawaii) à la mise en forme. Récemment, l’artiste aux yeux bleus avait occupé une résidence de 3 jours, au Salon de Silly. Depuis la sortie du premier album, « Let Them Talk », gravé en 2013, il ne reste plus que le drummer Fabio Zamagni au sein du line up de son backing group. Qui implique aujourd’hui, les claviéristes Laetitia Collet (NDR : elle milite également chez Dan San) et Aurélie Muller (NDR : également préposée à la basse et à la clarinette). En outre, elles assurent les chœurs.  

Armée de sa gratte semi-acoustique, Manon est habillée d’un pantalon et d’une veste de couleur noire. Son sourire est radieux. Comme le soleil qui brille tout au long de « Let It Shine », une compo pop sucrée et sautillante, dynamisée par des percus africaines.   

Retour en Baie de Somme pour « The sea ». Le sable est chaud. On s’allonge sur la plage. A l’écoute du bruit des vagues. Les embruns marins vous titillent les narines. Sur son nouvel elpee, Manon aborde régulièrement le thème de l’eau. La sirène est recouverte d’écailles et plonge au cœur de l’« Ocean ». Elle s’y berce langoureusement, alors que les harmonies vocales éthérées, conjuguées à trois voix, vous envoûtent. « Call My Name », c’est un cri du cœur. Le « Paradise » est-il à Kingston ? Imprimé sur un mid tempo, la version est plus lente que l’originale, mais elle est parfaitement reconnaissable. Pour « Azurite », Manon délaisse sa gratte. Ballade teintée de pop et de soul, « Kaleidoscope » est manifestement un hit potentiel. Electro, « Alive » est un titre plus dansant. Le public frappe dans les mains. La reprise du « Lean On » de Major Lazer aurait pu naître d’une rencontre entre Nicki Minaj et MØ. Manon s’attaque au blues à travers « Nightwalk », un morceau (NDR : dévoré par les alligators ?) qui nous entraîne dans le Delta. Place ensuite au single « Sparks », un autre titre dansant. Le concert s’achève par le plus paisible « Just A Song ». Fabio abandonne ses fûts et se consacre aux synthés, alors qu’Aurélie a opté pour la clarinette.

En rappel, « My City » est interprété comme une chorale. Les musicos de Pale Grey s’installent à droite et toutes les filles, à gauche. Et le résultat est magistral.

En se produisant dans le cadre des Nuits Botanique, Noa Moon en a profité pour célébrer la ‘release party’ de son nouvel album, « Azurite ».

Didier Deroissart

Noa Moon + Pale Grey + Barbagallo + Aliocha

Organisation : Botanique

http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/inuit-15-05-2017/

 





 
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