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Les Nuits Botanique 2017 : jeudi 11 mai

Les Nuits Botanique
Botanique (Grand Salon)
Bruxelles
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Les Nuits Botanique 2017 : vendredi 12 mai

Écrit par Ngu Chan Tung + Didier Deroissart - vendredi, 12 mai 2017
Image
Les Nuits Botanique
Cirque Royal + Rotonde
Bruxelles
12-05-2017

Dans le cadre des Nuits Botanique 2017, Camille est venue présenter son nouvel album au Cirque Royal. Son titre ?  « Ouï ». Un mélange tonitruant. Décodage d’une partition bien ciselée.

Camille rime avec poésie. Sa force ? Des rythmes endiablés. Sa prouesse ? Tenir sur le fil la voix, le corps et les enchaînements percussifs. L’art de jouer ou de déjouer les rythmes corporels provient, sans doute, de son éducation musicale initiée très tôt par son père musicien. La percussion est inscrite à l’encre rouge sur sa peau. Omniprésente, elle ne laisse aucun répit. D’ailleurs, elle s’invite dès le premier acte.

Sur les planches, des draps recouvrent les musiciens. Le regard est aussitôt attiré par une couleur adoptée par les trois choristes, le claviériste, les deux percussionnistes et la chanteuse. Le bleu indigo inonde la scène du Cirque Royal. Selon la psychologie des couleurs, le bleu symbolise la relaxation, la détente physique et mentale. Elle procure un sentiment de sécurité et de confiance. Dans l’hindouisme, le bleu est la couleur de Krishna qui incarne l’amour et la joie divine. Sûre d’elle, Camille ose reprendre le « Blue » de Joni Mitchell. Sa voix transperce l’arène.

Peu à peu, à mesure que les morceaux s’enchaînent, les draps indigo disparaissent pour laisser la place aux musiciens. Les titres issus de son nouvel opus alimentent la première partie de son set : « Sous le sable », « Fontaine de lait », « Twix », « Nuit debout », « Je ne mâche pas mes mots » et « Langue ». Camille peut tout faire avec sa voix. Elle a l’art de transporter les mélomanes dans un autre univers. Son univers. Depuis sa plus tendre enfance, la musique a toujours été présente. Pour elle, chanter est naturel. Elle a hérité du talent de son père, lui-même chanteur. Son plaisir ? Transformer une soirée pour qu’elle devienne magique. A cappella ou à la guitare. Cette énergie, il l’a transmise à sa fille. On comprend, sans doute, l’engouement pour cette artiste hors norme. L’auditoire est conquis après chaque prestation.

La suite alterne anciennes compos (« Ilo Veyou », « Paris ») et nouvelles (« Les loups », « Fille à papa) ». Le rythme ne faiblit jamais. Les roulements de tambour invitent l’auteur-compositeur à interpréter l’un des derniers titres de son nouvel opus. « Seeds » est un hymne contre la morosité, le désespoir. Il faut continuer à lutter et semer l’espoir. Pour rappel, certains morceaux ont été écrits pendant la période des attentats de Paris.

Pour clôturer cette soirée, Camille et ses acolytes descendent dans la fosse pour une ronde, tambours battants et sous les applaudissements du public. Par cette démarche, elle s’affranchit des barrières qui cloisonnent les artistes et les mélomanes. Généreuse, elle reprend son célèbre titre « Ta douleur » et invite quelques passionnés à monter sur l’estrade, afin de chanter avec elle. Trois femmes, trois hommes. Une petite fille est hissée sur le podium par son père. Une des choristes la prend sous son aile.  L’ambiance est bon enfant. La foule est conquise.  Avant de tirer sa révérence, Camille entame une déclaration d’amour à Bruxelles, son cirque et son public ‘Bruxelles, ma belle, [..], I love you, I love you et c’est toujours royal de chanter dans ton cirque…’

La richesse des compositions de Camille l’a rendue atypique. Sa large tessiture et sa maîtrise du rythme lui permettent de s’aventurer dans des sphères harmoniques que peu d’artistes osent emprunter. Cependant, les percussions sont quelquefois envahissantes et gagneraient à être plus discrètes, si ce n’est pas encore le cas.

Le nouvel opus paraîtra ce 2 juin 2017.

Ngu Chan Tung

Camille

 

 

Deuxième jour des vingt-quatrièmes Nuits Botanique. En débarquant, il semble y avoir moins de monde que les années précédentes. De désagréables et redondantes infra basses font trembler les structures vitrées de l’institution. Direction bibliothèque pour retirer son sésame. Ce soir, à la Rotonde, Jesca Hoop (une Américaine !) assure le supporting act de The Big Moon (des Insulaires !)

Votre serviteur avait croisé Jesca en septembre dernier, lors d’un set au cours duquel elle se produisait en compagnie de Sam Beam (Iron & Wine). Le tandem avait enregistré un album intitulé « Love Letter Fire », en 2016. Même si elle s’est installée en Grande-Bretagne, Jesca Hoop fait partie des ‘New Weird Americans’. Tout comme Devendra Banhart. Un mouvement folk atypique apparu dans les années 2000 qui entend repousser le format étriqué du folk pour en enrichir la palette sonore. Une chose est sûre, que ce soit au sein d’un répertoire acoustique ou électrique, la voix particulière de Jesca met tout le monde d’accord.

Pendant les 40 minutes qui lui sont imparties, elle va nous présenter des extraits de « Memories Are Now », son sixième opus solo. Le début du set accuse un retard de quelques minutes. Elle est soutenue par un drummer, partagé entre percus organiques et électroniques, un claviériste/bassiste et un guitariste. Jesca se consacre également à la gratte et bien sûr au chant. Son déguisement bouffant de couleur noire me fait penser à une geisha.

Le concert s’ouvre par le très atmosphérique « Song Of Old ». Jesca se la joue en solo. Et « Animal Kingdom Chaotic » est tout aussi vaporeux. Manifestement, le répertoire de Jesca n’est pas destiné aux adeptes du dancefloor. « Peacemaker » nous raconte une histoire de coeur. Jesca Hoop et son guitariste interprètent « Tulip », à deux voix. Et en couches, les harmonies vocales sont superbes. Les musicos se retirent pour laisser Jesca seule sur l’estrade pour chanter « Pegasi », uniquement armée de sa gratte. Au beau milieu de la chanson, elle s’interrompt, se rendant compte, qu’elle a perdu son oreillette droite. « The Coming » est un morceau empreint de douceur. Nouvelle interruption. Pourquoi tu tousses Jesca ? Jesca raccorde sa gratte et meuble le temps en bavardant en compagnie des spectateurs. Ce qui déclenche des rires dans l’auditoire. « Memeries Are Now » clôt cette prestation qui prend enfin son envol. Un peu d’énergie au cours de ce show un peu morne. Le folk peut être génial, pourvu qu’il passionne...

The Big Moon est un ‘girl band’ qui affole les charts insulaires depuis plus d’un an. Excitant, énergique, son rock garage, contaminé par le grunge et le punk, évoque tour à tour Blondie, Girlschool, Runaways, les Ramones ou les Bangles. Ce quatuor britannique réunit la chanteuse/guitariste Juliette Jackson, la seconde gratteuse Sophie Nathann, la bassiste Celia Archer et la drummeuse/claviériste Fern Ford. A son actif, un premier Ep intitulé « The Road », gravé en 2016, et un elpee, baptisé « Love In The 4th Dimension », publié en avril dernier. Paradoxalement, le combo n’a pas encore de label. Juliette, la chanteuse/guitariste, constitue la colonne vertébrale du combo.

Dès les premiers accords du très vivifiant « Silent Movie Susie », la fosse entre en ébullition. Le climat est d’ailleurs rapidement torride. Les morceaux sont courts et hyper vitaminés. Titre étonnant pour l’époque, « Happy New Year » nous réserve une superbe harmonie à trois voix mise au service d’une très jolie mélodie.

Les gonzesses carburent à la ‘duvel’ ! Les claviers envahissent « The Road ». Pendant « Cupid », Juliette et Célia s’affrontent en duel manche contre manche et face à face. « Love In The 4th Dimension » monte dans les tours. Les sonorités de grattes saturent. Plus surprenant encore, la cover basique, voire punk, du « Beautiful Stranger » de Madonna...

Ballade, « The End » marque une pause. Un type apparemment bien imbibé dans la foule, demande le numéro de GSM à Juliette. De quoi déclencher l’hilarité chez les filles. Un peu de douceur berce « Pull The Other One » et « Something Beautiful ». « Bonfire » reprend son envol. Dans un style bien rock garage. Les filles viennent au contact du public. Et le set de s’achever par un « Sucker » chargé de testostérone. Il s’agissait de la dernière date de la tournée ; et il faut l’avouer, les nanas ont donné tout ce qu’elles avaient dans le ventre. Pour le plus grand plaisir du public...

Didier Deroissart

The Big Moon + Jesca Hoop

(Organisation : Botanique)





 
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