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Les Nuits du Botanique 2011 : samedi 21 mai

Écrit par Akim Serar + Eric Ferrante - vendredi, 20 mai 2011
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Nuits Botanique
Botanique (Grand Salon + Chapiteau)
Bruxelles
21-05-2011

Dans le cadre feutré du Museum, transformé pour Les Nuits en ‘Grand salon’, meublé de sofas et repose-pieds, sous le regard vide d'oiseaux empaillés, se déroulait ce samedi le concert d'un songwriter de génie. Josh T Pearson, puisque c'est de lui dont il s'agit, déposait, l'espace d'une heure suspendue comme le vol de ces oiseaux accrochés au plafond, ses magnifiques complaintes de cœur brisé aux oreilles d'un public charmé par la personnalité de ce cow-boy d'exception.

Honneur d'abord à Noria, aka Olivier Piette, petit protégé du label Matamore, à qui revenait le droit d'entamer cette soirée intimiste.

Seul à la guitare et au chant (et quel chant!), ce jeune artiste de notre terroir, dispense des compos empreintes de grâce et de beauté, que je vous invite à découvrir sur son premier album, « Season of the Songs ».

L'atout majeur de cette belle pousse est sans conteste, son registre vocal doux et enivrant, sis quelque part entre Chet Baker et Devendra Banhart. Excusez du peu ! Une très belle découverte, dont l'éclosion au sein des serres du Botanique donnera, j'en suis sûr, des fruits à cueillir dans les mois à venir.

Déboule ensuite sur les tapis perses la silhouette déglinguée de ce Texan exilé et toujours à la recherche d'un Graal incertain.

Dès les premiers accords de « Sweetheart, I ain't your Christ », Josh T Pearson met à l'aise son auditoire. Aussi profondes et solennelles soient ses chansons, l'homme n'est pas dénué d'humour et tient à le faire savoir. Ainsi, la chanson débute sur quelques boutades, puis s'envole dans les hautes sphères de tristesse, avant d'éclater comme une bulle de chagrin plus de douze minutes plus tard.

« Woman, when I've raised hell » s'élève à son tour et plane comme le voile de l'impossible douleur, celle qui coule dans les veines nouées des ‘Hommes’ perdus à la surface de cette terre.

Fragile et poignante, la musique s'engage dans une lutte contre l'insondable tristesse de cet être meurtri et la transcende en un rayon de lumière et d'espoir.

On croit alors que l'enfer déchaîne ses démons aux portes de la salle, avant de se rendre compte que les grondements sourds qui font vibrer les murs ne sont en fait que les résonances du concert de Joy qui se produit à l'Orangerie. Car même les créatures de Satan se taisent et écoutent la voix d'ange de l'ancien leader de Lift To Experience.

Faisant fi de ce désagrément, Josh enchaîne alors par « Sorry with a song », dont le débit rapide tranche avec le désarroi perçant de chacun des mots, de chacune des paroles de cette confession à nu. La guitare se laisse emporter par les tourments de son âme et de déposer ses humbles excuses comme un parterre de roses aux pieds d'un public en parfaite osmose.

Nous invitant à aller voir le concert de Low qui s'ensuit (ce qu'il tient absolument à faire) et devenant de plus en plus volubile au fil de sa lutte contre la fatigue qui l'habite (voir interview par ailleurs), il enchaîne par « Coutry Dumb », hymne aux troubadours de sa trempe, toujours entre ciel et terre.

Retour sur les oiseaux qui le surplombent. Après avoir aligné une série de blagues plus improbables les unes que les autres, et renoncé à interpréter « Singer to the Crowd », il achève le set par « Thou Art Loosed », alors que les tourments voisins se sont éteints et que l'ambiance devient plus propice à la beauté du moment.

Un concert d'une subtile intensité qui relève un petit peu plus la personnalité de cet artiste exceptionnel qui sera de retour en juillet à Gand pour le Boomtown Festival. A ne manquer sous aucun prétexte !

Josh T Pearson + Noria

Akim Serar

 


 
Samedi 21 mai, 20 heures. La dixième nuit du Botanique ouvre les portes du chapiteau pour accueillir le post-rock des Vessels (GB), le rock expérimental de Montevideo (BE) et l’indietronica de Caribou (CA). Une affiche éclectique qui s’ouvre tant à des groupes confirmés qu’à la découverte. Concert complet !


C’est devant quelques âmes que les excellents Britanniques de Vessels présentent leur deuxième opus, « Helioscope ». En dépit de l’audience réduite, le groupe post-rock venu de Leeds prouve très vite au public qu’il n’a pas fait le déplacement pour rien. Coupable d’une prestation à vous couper le souffle, le quintet n’hésite pas à envoyer le bois et bouscule les corps d’impulsions obsédantes. Un concert qui triture les sens et hante les esprits de polyrythmies insistantes. Une agitation incessante construite de morceaux aux lentes montées instrumentales ponctuées d’imposantes explosions sonores. Une cacophonie de guitare noisy, de drums hyperkinétiques et de piano en excitation qui suggère l’imminence de l’apocalypse. Comme compulsivement attiré par le son, le public quitte progressivement le bar situé non loin du chapiteau et commence à remplir l’espace. Une fois rentrée dans le jeu, l’audience semble ne plus vouloir le quitter. Tandis que le turbulent « Later Than You Think » le fait voler dans les plumes, le sinistre « Meatman, Piano Tuner, Prostitute » l’hypnotise de sa voix ‘ThomYorkesque’. Les titres de Vessels attestent l’intelligent équilibre rythmique entre et pendant les morceaux. Entre bruit et calme, obscurité et lumière. Malgré la prégnance post-rock puissante (Explosions in the Sky », This Will Destroy You…), les cinq de Leeds esquissent leur paysage et y impriment leur propre identité. Coup de cœur des Nuits Botanique 2011 que vous pouvez télécharger gratuitement ici http://www.vesselsband.com

Phénomène incontournable de la scène electronica, Caribou affiche complet à chacun de ses passages. Un buzz général difficile à ignorer qui mérite notre attention. Dès lors, on peut se poser légitimement la question : artiste en vogue ou succès mérité ?

Après un concert mémorable accordé à l’Ancienne Belgique, lors de la dernière édition du festival Autumn Falls, Daniel Victor Snaith revient sur nos terres pour irradier le chapiteau du Botanique bruxellois.

La formation canadienne se lance d’emblée dans une succession de morceaux issus du dernier long-playing, « Swim », considéré par certains comme l’un des meilleurs albums de cette dernière décennie, élevant un impressionnant mur rythmique construit de guitares et de drums, de beats et de bleeps qui convergent vers une fluidité sonore cristalline. Un electronica organique transcendé d’un jeu de lumière pyrotechnique qui agite irrémédiablement les têtes les plus réticentes. L’épine dorsale griffée de techno torturée, « Bowls » nous démontre que le groupe revient davantage à une esthétique tournée vers la danse. Une alternance rythmique qui, à tout moment, donnerait l’impression de quitter le concert pour atterrir sur le dancefloor d’une soirée électro.

Le succès de Caribou ne viendrait-il pas précisément de cette caractéristique ? La fusion parfaite entre musique électronique et musique pop. « Melody Day » –morceau présent sur l’album « Andorre »– illustre à la perfection le talent unique de Caribou pour conjuguer les mélodies authentiquement rétro et totalement contemporaines.

Ensuite, les perles s’enfilent : la dangereuse « Jamelia », le narcotique « Kaili », le bancal « Odessa », etc. Puis, soudainement, la ligne de basse et les synthés déglingués d’« Odessa » confèrent un second souffle au set. Le chapiteau suinte et s’électrise. Les lights s’excitent. L’extraversion initiale reprend de plus belle. Les planches, sous nos pieds, se mettent à vibrer et c’est du pur bonheur ! Un titre qui portera le coup fatal avant le dernier rappel.

Par ses cris répétés, l’assistance sévèrement échauffée portera le morceau « Sun » sur les planches. Une finale électro-noise puissante couverte d’une voix en écho (Sun, Sun, Sun…) éteindra les derniers soupirs d’un concert absolument magique. Daniel Victor Snaith, un artiste résolument talentueux.     

Caribou + Montevideo + Vessels  

Eric Ferrante

 





 
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