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Les Nuits Secrètes 2017 : dimanche 30 juillet

Écrit par Stéphane Reignier - dimanche, 30 juillet 2017
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Les Nuits Secrètes
Place du Dr Guersant
Aulnoy-Aymeries
30-07-2017

Un dimanche pas comme les autres est prévu pour votre serviteur, en cette fin de juillet ! Si le repos dominical s’impose pour la plupart des individus, le farniente n’est pas au rendez-vous en ce qui le concerne…
Direction les Nuits Secrètes ! La météo avait annoncé un week-end pluvieux. Jusqu’à présent, les prévisions se sont avérées inexactes. Tant mieux ! Gageons qu’il en sera de même pour cette dernière ligne droite. Le temps est tellement capricieux !
Pointons les efforts effectués par les organisateurs en matière de communication et d’accueil. Tout est correctement fléché. La presse bénéficie d’un confort plutôt sympa et les bénévoles gardent le sourire malgré la fatigue accumulée au cours de ces derniers jours.
Le menu du jour est nettement moins intéressant que la veille. Beaucoup de hip hop et de reggae. Pas vraiment ma tasse de thé !
Toutefois, quatre artistes ou formations focalisent mon attention : Edgär, Cigarettes After Sex, Mat Bastard et François & The Atlas Mountains. Malheureusement, cette dernière formation est programmée dès 20 h 45, sur le podium de l’Eden. Soit en même temps que le set de l’ex-leader de Skype The Use. Pas de bol !

Cocorico, l’interview du sieur Bastard est confirmée. Un vieux fantasme enfin réalisé !
Il est donc 16 heures lorsque votre serviteur foule la plaine d’Aulnoy-Aymeries. Il y règne un calme olympien, mais les vestiges de la veille rappellent combien la nuit à été longue et festive…
Les équipes et la municipalité sont à pied d’œuvre afin que tout soit en ordre quand la horde de festivaliers va débarquer, dans peu de temps.
L’attachée de presse m’attend de pied ferme. On ne badine pas avec les horaires ! L’entretien se déroulera de manière constructive et sympathique.
Le temps d’utiliser ma ‘cash-cache’ (NDR : ou plus prosaïquement, le moyen de paiement électronique), afin de se procurer quelque rafraîchissement, en cours de journée, et la première prestation de la journée débute à l’Eden.

Deux jeunes types prépubères grimpent sur l’estrade. A tout casser, ils doivent totaliser la cinquantaine à eux deux. Il s’agit d’Edgar. Un corps à deux têtes !

Créé en 2015 par l’ex-Elegant Fall Ronan Mézières et l’ex-Sweet Haze Antoine Brun, le duo est plutôt habile à se servir des cordes électriques et des claviers. Et son expression sonore résulte d’une fusion entre complicité et création

Toujours difficile d’étiqueter les artistes ! Si la musique baigne dans une sorte d’électro-pop/dream pop, les références semblent puisées à la fois chez Simon & Garfunkel, Phoenix, Justice et The Last Shadow Puppets.

Sobres, les lignes mélodiques sont sublimées par des arrangements de voix complexes.

Les thématiques sont introspectives et traitent, notamment, de l’amour, du métier d’artiste (« The Painter ») ou encore de l’oisiveté (« Television »).

Le tout dans la langue de Shakespeare. Normal, puisqu’ils ont été biberonnés par la culture anglo-saxonne. Celle des sixties, mais également contemporaine…

Le temps d’une balance, Cigarettes After Sex emboîte le pas ! Le songwriter débarque sur l’estrade. Il a emporté bouteille de vin, qu’il tient de la main gauche et lampe à grosses gorgées. Il fait chaud, mais quand même !

Le line up implique également le claviériste Philip Tubbs, le bassiste Randy Miller et le batteur Jacob Tomsky. CAS nous plonge au cœur des souvenirs et histoires d’amours rapportées par le chanteur texan à la barbe finement taillée, Greg Gonzalez.

Parce que l’amour charnel est au centre des (d)ébats. L’amour vécu, déçu surtout. Comme « K » qui relate une aventure vécue en compagnie d’une jeune et jolie demoiselle. Un rituel que Greg semble toucher du doigt, à chaque relation.

Presque 10 ans ont été nécessaires pour réaliser le premier opus, alors que le concept existe depuis 2008. D’abord concoctée en solo, la musique est devenue de plus en plus ténébreuse et dépouillée. Elle était brute de décoffrage. Elle s’est transformée en produit fini très épuré.

La ‘success story’ sera aussi soudaine qu’inattendue. Le clip de « Nothing’s Gonna Hurt You Baby » a été regardé plus de 53 millions de fois sur YouTube ; et sorti en 2016, « Affection », comptabilise un peu plus de 27 millions de vues… C’est le début du couronnement international et des concerts sold out, avant même d’avoir publié un seul album. Rares sont les groupes dans l’histoire du rock à avoir connu une ascension aussi fulgurante.

La prestation du band ne fait pourtant pas l’unanimité ! Les compos sont lentes, vaporeuses et monocordes. Une certaine uniformité susceptible de délasser ou de rebuter. Les premiers restent prostrés presque religieusement. Les autres ont regagné les stands en attendant un sursaut de vigueur qui ne viendra de toute façon pas. Dommage, car cette musique ne s’écoute pas seulement ; elle se dévore au fur et à mesure qu’elle se dévoile.

Entre spleen sensuel et dream pop, la pop intimiste, douce, voluptueuse, sombre et enjôleuse n’est pas sans rappeler Mazzy Star et son ensorcelante Hope Sandoval.

Les textes sucrés, les riffs de guitares gravitationnels et les fûts effleurés, renvoient le mélomane au cœur d’un romantisme sombre, tel une bande originale d’un film mélancolique tourné au cœur d’un hiver froid et intense.

Une bonne heure d’un ‘live’ sans réelle surprise sur fond de rythmiques indolentes et insouciantes. Mais au fond, la surprise n’est-elle pas de ne pas en avoir ?

Une cigarette oui, mais sans filtre alors !

Mat Bastard clôture cette édition en ce qui concerne votre serviteur. Autant rester sur une note positive !

Certains festivaliers, dans la fosse, semblent ne pas connaître celui qui va faire son show dans quelques instants.

Pourtant, lorsqu’on leur explique qu’il s’agit du leader de Skyp The Use, les regards changent, et deviennent complètement médusés.

Normal, cette formation a atteint des sommets jamais approchés par une formation rock régionale et encore plus rarement sur la scène hexagonale.

Formé en 2008, le combo a publié deux elpees studio: « Skip The Use » en 2009 et « Can Be Late » en 2012.

Dans le cadre des ‘Victoires de la musique’, ce second disque avait permis aux quintet de remporter celle décernée à l’album rock, pour l’année 2013. Le divorce semble cependant définitivement prononcé aujourd’hui.

Pourtant, selon l’adage, il ne faut jamais dire jamais. Qui vivra, verra donc !

Un band est souvent une histoire de couple dans lequel il existe des dissensions, des séparations, mais parfois des réconciliations. Il y est souvent question de concession, parce qu’il y règne une certaine démocratie. Il est difficile d’y imposer ses idées. Un projet solo permet de réaliser un travail nettement plus incisif et introspectif. C’était une volonté qui germait depuis quelque temps déjà dans la tête de Mat. Ses anciens comparses, Jay, Lio et Manamax, ont formé un nouveau groupe baptisé The NoFace.

Il monte sur les planches accompagné de ses vieux potes : Mike, en compagnie duquel il avait fondé son premier groupe punk, Carving, quand ils avaient 13 printemps, ainsi qu’Oliv, membre du combo électro belge The Subs. Et le jeune homme qui se charge de la rythmique doit avoir à peine vingt ans.

L’explosivité de ce ‘frontman’ hors pair n’est pas une légende. Dès les premiers riffs de gratte, Mathieu-Emmanuel Monnaert transgresse les lois de la gravité. Une seule certitude, le ‘live’ sera explosif !

Le son est bien rock. Malsain même. Et l’attitude, plutôt punk. Les riffs sont entraînants. Irrésistibles aussi. Très vite, on ressent l’envie de sautiller, de se déhancher et de pogoter. D’ailleurs, à quelques mètres, un noyau réunissant une centaine de personnes s’agite. Ils s’évertuent à se cogner corps contre corps, telle une offrande servie au grand sioux qui leur avait demandé.

Il ne faudra pas cinq minutes pour que le public succombe dans une frénésie schizophrène. Et out particulièrement, lorsque l’illuminé lui demande de réaliser le ‘Wall of death’, entendez par là, le mur de la mort. A son signal, la fosse se sépare en deux parties ; et, lorsqu’il le désire, les deux blocs se foncent dessus et se rencontrent violemment. Le tout dans un esprit bon enfant, bien évidemment.

Plus qu’un showman, le saltimbanque de la chanson marque un engagement assumé à travers ses compositions très incisives. « Loov », titre de son opus fraîchement tombé dans les bacs, lui permet de revenir aux fondamentaux du punk, c'est-à-dire en proposant des textes dont les messages se concentrent sur l’humain et la société contemporaine. Même s’il doit s’attirer les foudres de la guerre. Quelque part, il endosse une démarche militante…

Pourtant quand on écoute le single « More Than Friends », on a l’impression que la formule n’est pas si éloignée de l’univers imaginé par STU. Une manière douce d’aborder le changement ?

Vers la fin du concert, il n’hésite pas à égratigner les confrères de La Voix du Nord en reprenant et en réinterprétant d’une manière déjantée « J't'emmène au vent » de Louise attaque. Du grand spectacle !

Décidément, les Nuits Secrètes devraient durer toute l’éternité…

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

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