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Lokerse Feesten 2017 : mardi 8 août

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 08 août 2017
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Lokerse Feesten
Grote Kaai
Lokeren
08-08-2017

C’est le cinquième jour des Lokerse Feesten. Et en ce mardi 8 août, l’affiche privilégie les belles voix. Il y aura Tamino, un talent découvert par Studio Brussel, dont l’organe est aussi bien capable de monter dans les aigus que de descendre dans les graves. Le Britannique Tom Odell également. Une belle gueule d’ange aux intonations puissantes ; et qui joue du piano à la manière d’un Michael Bublé, voire d’Elton John. Mais encore Het Zesde Metaal, dont l’expression sonore est le fruit d’un mélange entre slowcore, alt country et pop sucrée ; mais qui véhicule des textes dans la langue de Vondel. Et en finale, Ben Harper, en solo, armé de sa gratte, le plus souvent semi-acoustique…

Le ciel a ouvert les robinets. La pluie nous attend sur la Grote Kaai. Tamino-Amir Moharam Fouad est le premier artiste programmé. Après avoir remporté l’édition 2017 du concours ‘De Nieuwe Lichting’ chez Studio Brussel, il remplit déjà, et à deux reprises, l’AB Club. L’auteur-compositeur-interprète anversois est le fils d’une mère belge et d’un père égyptien. Une famille d’artistes, car son grand-père, Moharam Fouad, était un chanteur populaire en Égypte. Lors du concours ‘De Nieuwe Lichting’, il s’était distingué en transformant le « I Bet You Look Good on the Dancefloor » d’Arctic Monkeys, en ballade incantatoire.

Il grimpe donc sur l’estrade, armé de sa gratte électrique, habillé de noir, de la tête aux pieds, et attaque immédiatement « Intervals », une composition à la fois douce, belle et envoûtante. Sa voix est empreinte d’une grande mélancolie. Avant d’aborder « Sun may shine », il est rejoint par le claviériste/guitariste Tom Pintens et le drummer Ruben Vanhoutte, ses compagnons de route. Tout au long de ses hits, « Reverse » et « Cigar », sa voix prend aux tripes ; et on ne peut s’empêcher de penser à Jeff Buckley ainsi qu’à Elliott Smith. L’envol est même impressionnant. Elle emprunte un grain rocailleux, très proche de feu Leonard Cohen, tout au long d’« Indigo Night », une compo chargée de tendresse. Il nous réserve deux nouveaux titres, « Will Of This Heart » et « Tummy », que l’auditoire écoute religieusement. Et achève son set par « Habibi ». Tamino se produira bientôt dans la grande salle de l’AB et au Salon de Silly.

Il pleut de plus en plus. Mais Het Zesde Metaal doit embrayer. Il s’agit du projet de Wannes Capelle, un artiste très apprécié au Nord du pays. Originaire de Wevelgem, il est également acteur de théâtre. Engagées, les compositions sont chantées en néerlandais. Dans ces conditions cette formation n’a guère de chance de percer en Wallifornie. Wannes est plutôt volubile entre les différents morceaux. Mais bon, vu l’idiome, votre serviteur ne comprend pas tout ce qu’il raconte. Mais quand même lorsqu’il félicite la foule de rester sous la pluie.

Place ensuite à Tom Odell, un dandy anglais qui affiche une forte personnalité. A son actif, un Ep et deux elpees. Non seulement, il séduit le public féminin (NDR : il affiche un grand sourire, en permanence), mais se révèle vraiment brillant au piano. La combinaison entre vocal et instrument est surprenante. Tom passe, sans filet, de la tendresse à la rupture. Et l’amplitude de sa voix est confondante. Sur les planches, il est épaulé par un gratteur, un bassiste et un drummer. Et lorsque ces quatre voix se conjuguent en harmonie, on est littéralement sur le cul. Dans sa set list, il n’oublie pas ses hits, « Hold Me », « Another Love» et « Magnetised ». Un regret, quand même, le manque d’interactivité. Il faudra d’ailleurs attendre la fin de parcours avant qu’il ne commence à dialoguer avec l’auditoire…

Artiste attachant, Ben Harper assure la finale. Le set est annoncé ‘unplugged’, donc sans son backing group, The Innocent Criminals. Le Californien est venu présenter de larges extraits de son dernier opus, « Call It What It Is ». C’est la seule date de sa tournée en format acoustique. Un piano trône sur les planches ainsi qu’un siège, un pied de micro et un ampli. La plaine commence à se dégarnir, mais il y a quand même encore du peuple. Il débarque sur le podium, coiffé de son éternel chapeau mou de couleur blanche. Entre chaque morceau il change de gratte, en général une Weissenborn, que ce soit une sèche à 12 cordes, une électrique, une semi-acoustique, un dobro ou la lap steel, un instrument qu’il pose sur ses genoux, en position assise. Il s’en sert régulièrement en slide ou à l’aide d’un bottleneck. Des techniques inspirées par les bluesmen du Delta du Mississippi, et réhabilitées par un certain Ry Cooder…

Lors de ce set, Ben va –et c’est une surprise– interpréter trois de ses compos au piano. Et  emporté par son enthousiasme, il va même accorder quatre morceaux, en rappel, causant un gros retard au set Dj qui allait lui succéder. Même qu’en fin de parcours, il ne restait plus qu’une centaine d’âmes sur la plaine…  

Ben Harper + Tom Odell + Het Zesde Metaal + Tamino

(Organisation : Lokerse Feesten)

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