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Main Square 2017 : dimanche 2 juillet

Écrit par Arthur Bouttee - dimanche, 02 juillet 2017
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Main Square
Citadelle
Arras
02-07-2017

Troisième journée du Main Square. L’affiche va privilégier la quintessence du pop/rock ainsi que le blues/rock caustique. Et si toutes les formations programmées ont tenu leurs promesses, Radiohead a constitué, ce qu’on peut appeler la cerise sur le gâteau…

Mark Lanegan Band. Main Stage. 15:30 - 16:30

Mark Lanegan est un pilier du rock alternatif. Son aura est impressionnante. Et pour cause, il a participé activement au mouvement grunge, en militant au sein de Mad Season et puis Screaming Trees, à la même époque que Nirvana et Pearl Jam, sans pour autant récolter le même succès. Son premier groupe, The Jury, impliquait d’ailleurs Kris Nosolevic, le futur drummer de Nirvana. Il participé aux sessions d’enregistrements d’une centaine d’albums, dont ceux de Queens Of The Stone Age (on peut notamment entendre sa voix caverneuse, rocailleuse, hantée, sur « This Lullaby », une plage qui figure sur l’elpee « Lullabies To Paralyse »). Il a fondé Gutter Twins en compagnie du vocaliste, Greg Dulli, dès 2003. Bref, depuis le début des eighties, il est omniprésent. Les musicos de son backing group sont talentueux et classieux. Et Lanegan s’accroche à son micro nonchalamment, comme une véritable rock star qui a tout vécu. Bref, cette journée s’ouvre bien sous le signe du rock’n’roll. Entre chaque morceau, Mark remercie la foule massée devant lui. Et le MLB va nous livrer un set tout en subtilité et élégance…

Seasick Steve. Main Stage. 17:00 - 18:00

Pour suivre Mark Lanegan, qui de mieux qu’un authentique bluesman ? En l’occurrence Seasick Steve. Son pseudo, il le doit à un ami, qui avait constaté qu’il ne pouvait pas monter sur un bateau sans éprouver le mal de mer. Il s’est produit dans le métro parisien, fréquenté Janis Joplin et recruté –à une certaine époque– le futur drummer de Led Zeppelin, John Paul Jones, dans son groupe. Il raconte sa vie à travers ses chansons, des histoires au cours desquelles ses guitares ont aussi un rôle à jouer. Il n’oublie pas, non plus, de remercier son staff pour son aide précieuse ainsi que l’attitude du public si cher à son cœur qui n’a rien à envier à celui des plus jeunes. Son blues/rock contemporain nous entraîne au cœur d’une odyssée rock’n’roll où ne comptent que les riffs et les breaks percutants. En outre, l’artiste ne manque pas d’humour tout en communiquant sa bonne humeur. Au cours du show, il va ainsi inviter une femme à grimper sur l’estrade, pour lui dédier une chanson d’amour, intimant l’auditoire, sur le ton de la plaisanterie, de se taire, afin de les laisser tous deux profiter de cet instant intemporel. A l’issue de ce morceau, il l’embrasse et lui dédicace un vinyle. Et le concert de reprendre sous sa forme énergique. La foule va encore être surprise, lorsqu’il va entamer une expérience absurde, en jouant de la guitare sur les cymbales du drummer. Bref, il est tout de même impressionnant de voir ce qu’on peut réaliser à l’aide d’une batterie, d’une planche à lessiver, d’un manche à balai et de trois cordes…

Naive New Beaters. Green Room. 19:15 - 20:15

Naive New Beaters est un prototype des nouveau groupes 2.0, un peu high-tech, qui surfent sur la vague dite ‘tendance’. Les Parisiens ont d’abord un projet musical. Ils se produisent en public et enregistrent des albums. Mais pas seulement. Ils ont réalisé un film, tourné en Chine, consacré à la cuisine exotique. Ils créent donc, bien évidemment, leurs propres clips. Mais plus étonnant, ils brassent leur propre bière… Biberonné au rock, au rap, à l'électro, mais aussi au disco, le band est aujourd’hui responsable d’une musique funky, qui ressemble à un exercice de style complexe mais délicieusement approprié. Son show est à la fois déjanté, absurde et surtout drôle. La formation a entamé une nouvelle tournée, au printemps 2017, et Le Main Square en est, en quelque sorte, son couronnement. Pour ce soir, le trio bénéficie du concours d’une drummeuse et d’une bassiste. Ils sont tous vêtus de combinaisons de couleur bleu foncé, sur lesquelles sont représentées des mains. Leurs accoutrements sont aussi insolites que la manière de s’approprier la scène. Et pour cause, ils enchaînent les mouvements de danse improbables et les tirades saugrenues. Et pourtant, le spectacle séduit ; l’auditoire se mêlant à ce délire artistique stylisé. La set list alterne titres récents et morceaux plus connus. Ce qui explique sans toute pourquoi, tout au long de l’heure prévue, le combo est parvenu à entrer en osmose avec la foule, pour ce spectacle dédié à une caricature de la facétie, parfaitement planifiée et maîtrisée. Un moment de détente absorbé par les yeux et les oreilles de l’auditoire. Avant que le band suivant, appelé à prendre la relève sur la Main Stage, ne déterre –sauvagement– la hache de guerre…

Savages. Main Stage. 20:00 - 21:00

C'est-à-dire Savages. Britannique, ce quatuor féminin est drivé par la chanteuse/actrice française Camille Berthomier, alias Jenny Beth. Responsable de deux opus à ce jour, Savages porte bien son patronyme. A cause de ses prestations ‘live’ jugées féroces, dévastatrices et agressives, mais en même temps élégantes et séduisantes. Si ce groupe féminin est considéré comme l’héritier naturel de Siouxsie & The Banshees, à cause de son aura vénéneuse et intrigante, sa prestance et sa gouaille évoquent plutôt PJ Harvey. Vêtues de noir, les quatre filles affichent une dégaine raffinée et glaciale, redéfinissant le post punk à grands coups de talons aiguilles, de riffs acérés et de compos incandescentes, dans un esprit plus féminin que féministe. A l’issue d’une intro électro préenregistrée, reproduisant le son d’une piste de vinyle bloquée sur le même sillon, les filles montent sur le podium. Et leur aura est impressionnante. Jenny Beth intimide même du regard la foule. Elle semble même la défier. Ce sont les premiers signes de l’orage sonore qui va éclater. Les cordes de guitare sont stridulantes, mais parfaitement maîtrisées, la ligne de basse est précise et solide, le drumming est puissant et la voix de la leader corrosive. De quoi nous réserver un set à l’éclat particulier, au beau milieu de tous ces combos majoritairement masculins, qui se relaient au cours de la journée. Suivant un même rituel, Jenny Beth achève le show debout sur la foule, portée à bouts de bras par les festivaliers, comme si elle était devenue une statue érigée au combat pour les droits de la femme…  

Thylacine. Green Room. 20:45 - 21:45

Le Thylacine est un mammifère baptisé également loup marsupial, loup de Tasmanie ou encore tigre de Tasmanie. Son espèce serait éteinte depuis quelques décennies. C’est aussi le patronyme choisi par un duo électro angevin, impliquant le beatmaker William Rezé et son amie, issue des Beaux-Arts, Camille Després. Elle se charge des vocaux. La formation est tout autant capable de dispenser une électro soyeuse, qu’aventurière ; mais également de conférer à l’expression sonore des accents puissants et interstellaires. A l’instar du premier opus, enregistré dans le transsibérien au cours d'un voyage créatif. Lui est au départ saxophoniste. Il a découvert la musique électronique en la pratiquant. Elaborée, chaleureuse, entraînante et chatoyante à la fois, elle entraîne le mélomane au cœur de paysages intérieurs et extérieurs. Et le périple est magnifique. Pourtant, le projet est méconnu. En outre, la foule s’est déjà ruée vers la Main Stage, afin de se réserver une place de choix, pour vivre le concert de Radiohead. Aussi, il y a peu de monde devant la Green Room, pour assister à ce concert. Paisible, « Home » ouvre le set ; un morceau au cours duquel William se réserve un solo au saxophone. Le ton est donné. Il sera empreint de grâce. Et pourtant, inconsciemment, au sein de l’auditoire, les corps se mettent à remuer, bercés par les litanies électroniques lancinantes… mais aussi parfois percutantes. La formation ne va pas négliger les excellents titres de son long playing, à l’instar de « Poly, Piany Pianino » ou encore « Train », cette fameuse plage qui s’inspire de ce voyage au cours duquel les musicos ont emprunté le Transsibérien (NDR : on entend même le bruit du convoi sur les rails). Le son est nickel, l’instrumentation précise et les esprits sont propulsés dans leurs rêves visionnaires… Thylacine constitue certainement un des nouveaux moteurs de la musique électronique ; et ses évolutions futures sont à suivre plus qu’attentivement. Que du bonheur !  

Radiohead. Main Stage. 21:45 - 00:15

Radiohead est considéré comme une légende vivante, dans l’univers de la musique rock. Véritable référence, il continue de l’influencer. Et d’une manière toujours aussi conséquente. Par son souci constant de l’expérimentation. Fondé en 1985, le band d'Oxford a toujours été en avance sur son temps, en se remettant constamment en question ; et il est également parvenu à synthétiser ses propres références, qu’elles soient issues du rock, de la pop, du prog, du jazz, de l’électro, de la new wave ou même de la noisy. Et la liste est loin d’être exhaustive. Ce qui ne l’a pas empêché de rencontrer un succès certain. Et pas seulement grâce à l’un ou l’autre single, mais aussi ses nombreux albums, qui ont atteint, pour la plupart, le faîte des charts, quelques semaines après leur sortie. Sans oublier ses concerts, reflet d’un perfectionnisme qui n’a guère d’égal sur la scène contemporaine. Ce qui lui a permis de séduire plusieurs générations de mélomanes, même si les mauvaise langues lui ont reproché une démarche un peu trop intello. Ce soir, le combo se fait désirer. Les musicos débarquent donc en accusant un retard d’une dizaine de minutes. Et les premiers accords de « Daydreaming » sont accueillis sous les acclamations de la foule. Qui va bénéficier, d’un set de deux heures et demie. Plusieurs morceaux issus de « OK Computer » commencent à défiler. Et les applaudissements redoublent d’intensité lorsque le band attaque des titres notoires. A l’instar de « Let Down, Exit Music (For A Film) ». Ou encore, lors du premier rappel, l’incontournable « No Surprises ». Une prestation qui sera parachevée par l’inévitable « Paranoïd Androïd ». Si les musicos affichent une présence impressionnante sur les planches, le spectacle est doublé d’un spectacle visuel. Des écrans sont placés de chaque côté du podium et une gigantesque toile ovale est disposée en arc de cercle, derrière la formation. Y défilent soit des images du live (le set proprement dit, les prestations individuelles sur leur instrument, les gros plans focalisés sur leurs visages ou leurs membres qui s’agitent) ou des projections psychédéliques ; parfois en surimpression. Un set irréprochable. Comme d’habitude, serait-on tenté d’ajouter…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Main Square)

 

 





 
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