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Micro Festival 2014 : samedi 2 août

Écrit par Laurent Deger & Akim Serar - vendredi, 01 août 2014
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Micro Festival
Espace Nord 251
Liège
02-08-2014

Le Micro Festival, c’est un îlot atypique perdu quelque part dans un océan où tout se ressemble.
Un point minuscule qui grandit chaque année et brille d’une lumière différente au milieu d’une nuit surchargée de néons criards.
Le Micro Festival, c’est le chemin boisé où il fait bon respirer quand la plupart du temps on cherche son souffle au milieu de ces grandes autoroutes musicales, immenses artères tentaculaires qu’on emprunte, quoiqu’il arrive, toute l’année.

Quelques heures de sommeil éparpillées sous les étoiles et me revoici, toujours affligé de mes deux entités céphaliques à l’entrée de la cour abritant le Micro Festival.

Quelques minutes passées à saluer ceux que l’on connaît et c’est déjà l’heure des Portugais de Paus.

Entre vraies bonnes excuses et fausses joies anticipées nous n'avons, mes deux têtes et moi, hélas, pas eu l'occasion d'assister au set de Fùgù Mango qu'on nous décrit pour l’heure comme sympathique, estival, teinté de funk et d’afrobeat (ou d’affreux beats, je ne sais ce que je devais comprendre ?)

A vrai dire, je passe aussi à côté du set des Gantois d’Alpha Whale.

Ce qui dans un premier temps me chagrine (car je les ai vus il y a peu de temps à l’Escalier et ils m’ont vraiment bien plu) et ensuite me console (puisque je les ai vus il y a peu de temps et qu’ils m’ont vraiment bien plu).

Vu que ces surfers de la vague Psyché devraient faire encore parler d’eux, dans un futur proche, je me promets d’être présent à notre prochain rendez-vous.

Et donc, c’est l'heure des Portugais de Paus.

Forts d'un excellent deuxième album sorti tout récemment ("Clarão") qui sera d'ailleurs parcouru quasiment en intégralité, le quatuor emmené par ses deux batteurs va nous offrir un set assez ébouriffant.

L'africanité presque permanente des compositions, plus évidente encore que sur l’elpee, évoque les Foals de la première heure mais aussi la transe de Konono n°1 (la guitare sonnant parfois comme un likembé).

Mais on peut aussi songer à Battles pour les rythmiques et les sons stridents du clavier. Les noms de Caribou et Raptures seront aussi quelques fois évoqués dans les conversations d'après concert. C'est en tout cas une petite gifle que nous assène les Lusitaniens.

Entêtants, obsédants, hautement psychédéliques, les morceaux s'enchaînent avec une efficacité remarquable. "Bandeira Branca" confirme par exemple son statut de tube en puissance et "Corta Vazas" nous transporte en Afrique pendant quelques minutes. On regrettera toutefois que ce concert n'ait pas été programmé plus tard. Face à un public plus échauffé, la fête n'en aurait été que plus belle.

Le temps pour la foule d'apprivoiser cette musique aux informations multiples et le concert s'achève déjà dans une sorte de samba-rock déjantée, laissant pêle-mêle des corps parcourus de spasmes orgasmiques et d’autres complètement révulsés.

Suite au retard des UV Race coincés dans un embouteillage (et plus dans une bouteille à mon avis), ce sont les Night Beats qui vont prendre le relais.

Après un début un peu timide où il enchaîne de courts morceaux garage assez classiques, le groupe prend ses marques et se lâche un peu. La prestation manque tout de même un rien de folie que tente pourtant d'apporter le chanteur/guitariste Danny Lee Blackwell, à travers quelques effets de pédales.

Ses soli sont sympa mais peut-être un peu redondants.

Moment amusant et un peu pathétique lorsque le bassiste (qui arbore à l’occasion une très jolie chemise admirablement assortie à la laideur de sa tignasse) se lance dans la foule pour s'écraser quelques mètres plus loin comme un bouse, les quatre fers en l'air.

Le festivalier liégeois manquerait apparemment de force dans les bras.

Je reste un peu mitigé sur la prestation des trois Texans mais mon avis semble être une exception. La plupart des personnes friandes (c'est très laid ce mot au féminin) de ce style musical semblent, elles, satisfaites.

Le concert est monté en puissance et au final leur a apporté ce qu'ils cherchaient.

Un taulier du garage liégeois me confie qu'il a adoré le chanteur et que la fin du concert lui a fait penser aux Black Lips et même aux Posies. Il ne partage manifestement pas mon impression générale. Car le son n’est pas assez ‘sale’. Il serait même plutôt tendre. Je lui concède que j'attendais peut-être de l'originalité là où il n’y en avait pas ; et que "Real Change" est quand même un putain de bon morceau.

Tout le monde ayant trouvé son bonheur, place aux suivants.

Des suivants qui vont quant à eux réellement diviser les opinions, à commencer par le mien.

Meilleur concert du festival pour certains. Immonde et grotesque pour d'autres, les commentaires abondent dans un sens comme dans l’autre, sans nuance dans les propos.

En toute objectivité et en prenant le recul nécessaire (minimum six mètres), on assiste en effet à une blague potache qui peut irriter ou amuser selon l’humeur du moment.

UV Race, puisque c’est d’eux dont il s’agit, ne réinventent rien en substance ; et c’est un euphémisme.

On assiste dès lors à une parodie de l’école des fans où Mark E Smith (The Fall) serait le parrain médusé par la prestation pour le moins saugrenue d’un gamin obèse, atteint d’une forte propension à l’exhibitionnisme.

S’il n’est pas question de finesse, il faut reconnaître que ces Australiens affichent un sacré capital sympathie, qui au-delà du premier degré, génère un plaisir communicatif.

Bref j’ai adoré (cerveau gauche) et détesté (cerveau droit).

La polémique lancée devait rebondir et rebondir encore et encore.

N’épargnant pas au passage les BRNS qui suivaient dans la foulée.

Le groupe suscitant lui, un conflit intergénérationnel.

La plupart des gens de moins de 30 ans à qui je posais la question par la suite (je n’en connaissais que deux) vantaient ces sonorités super cool et ce chanteur/batteur formidable, alors que les plus vieux (j’en connaissais deux cents) squattaient le bar, dégoisant cette musique hype formatée et donc sans originalité, petit condensé de tout ce qui marche depuis cinq ans en indie-pop.

L’effet de surprise ne joue plus. Je dois les avoir vus au moins à 77 reprises (c’était en deux mille douze) ; aussi, il m’est impossible de trancher dans ce dilemme épineux qui au final n’intéresse pas grand monde.

On soulignera néanmoins l’enthousiasme inébranlable d’un public de moins en moins exigeant au fil des heures.

Quelques bières ingurgitées sur fond de DJ Black Slip (Hé ! On est là pour se marrer, non ?) et place aux tauliers du beach goth, j’ai nommé The Growlers.

Ici encore, pas d'unanimité.

Trop mous, insupportables voir prétentieux pour certains, délicieusement cool pour d'autres. On concédera en effet que le concert a dû laisser les amateurs de violence et de danse débridée sur leur faim.

On a en effet eu droit à une succession de ballades psyché/surf au tempo assez lent, exécutées nonchalamment par un groupe qui compte avant tout sur le charisme de son chanteur Brooks Nielsen.

Vu son look (il semble tout droit sorti d'un feuilleton américain issu des seventies), il focalise en effet toute l'attention, multipliant les poses et les pas de danse. On en oublierait presque qu'il est accompagné. Et pourtant la formation a un don pour nous transporter au cœur des sixties, en Californie, afin de vivre un bal psychédélique (auquel participera également cette petite fille de dix ans qui finira juchée sur son dos).

Les amateurs (souvent aMATEUSES) ondulent langoureusement et se laissent emporter par la voix nasillarde de Brooks. Sans doute aurait-il été plus pertinent de programmer ce set un peu plus tôt dans la soirée. Beaucoup de festivaliers auraient sans doute aimé un concert plus bondissant à cette heure mais pour les amateurs de pop, la sucrerie était idéale.

Et puis, après tout, pour remuer, il restait quand même la prestation de The Belgians à se mettre sous la dent dure.

Poussant la ‘potacherie’ dans ses derniers retranchements, The Experimental Tropic Blues Band présente son show (chaud ?) loufoque et gras à souhait (autant au niveau de l’humour que du son).

Bénéficiant d’un montage vidéo caricatural dépeignant notre mère patrie sous ses aspects les plus grotesques, glorieux ou tragiques, le tout mixé sans ménagement, le trio local assène le coup de grâce pour certains et électrifie les derniers soubresauts des autres.

Et quand la machine vidéo vient à s’enrayer, le groupe démontre sa dextérité à éviter l’enlisement.

Une prestation à prendre bien sûr au cinquième, sixième voire dernier degré.

Enfin, il est temps pour tous de se débarrasser des quelques jetons de couleurs qui servent de tickets boissons (à cette heure avancée, plus de bouffe) dans un laps de temps court (fermeture du bar dans une heure et demie).
Et de tirer les conclusions qui s’imposent sur cette cinquième mouture du Micro Festival.
Soit une réussite totale pour un public toujours plus nombreux (deux mille têtes de pipes réunies dans un cadre agréablement décoré et prévu pour un confort optimal), où la musique n’est pas nécessairement la motivation de tous.
Justement, artistiquement parlant, il manquait peut-être un concert vraiment marquant.
Mais les programmateurs n'ont à rougir d'aucun choix.
L’affiche était une nouvelle fois variée et aventureuse.
On aimerait d’ailleurs que ce succès puisse attirer un peu plus de curieux dans les concerts JauneOrange en dehors de cette délicieuse ambiance de pains/saucisses.

Une réflexion qu’on se fait chaque année...

(Organisation : JauneOrange)

Voir aussi notre section photos ici





 
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