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Mons Summer 2016 : samedi 9 juillet

Écrit par Stéphane Reignier - samedi, 09 juillet 2016
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Mons Summer
Zoning Geothermia
Mons
09-07-2016

Deuxième jour de l’édition du Mons Summer qui, faut-il vous le rappeler, se déroule, cette année, non plus à Mons Expo, mais au zoning Geothermia. Ce samedi, la programmation est plus largement consacrée à la scène electro/pop et hip-hop.

Votre serviteur débarque pile poil avant le set de Mustii.

De son véritable nom Thomas Mustin, Mustii s’est fait connaître en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques, au cours des dernières semaines.  

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois. Un étrange cocktail fait de paradoxes et de déconvenues !

Le gaillard arbore une plastique de mannequin ! Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Dents blanchies, sourire ravageur et coiffure soigneusement peignée, il n’a de cesse de mettre en exergue sa belle gueule, léchant du regard les plus jolies filles. Il s’en approche même amoureusement afin d’attiser la jalousie de leur compagnon ! Inutile de dire que les selfies ont été légion ! Et les règlements de compte aussi…

Se couvrant d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’ acheté aux fripes, histoire sans doute de théâtraliser un peu plus l’évènement, le singer a manifestement pris beaucoup de plaisir à se produire sur les planches aujourd’hui.

Le public le lui rendait bien ! Les cris stridents d’une population féminine prépubère se propageant bien au-delà du cercle intimiste !

Ensuite, au tour d’un autre joli garçon d’arpenter la scène : Nicola Testa !

Son album, « No More Raibows », est paru en mars 2015. Un disque enregistré sous la houlette d’Antoine Gaillet, pour lequel il a notamment reçu le concours de Julien Doré, Talisco et M83. Et il a été plébiscité ‘Meilleur Artiste de l'Année’, en 2016, par les Octaves de La Musique.

Nico et son team ont bien bourlingué ces derniers temps, écumant salles de concerts et festivals. En ‘live’, derrière son micro, le Bruxellois se révèle particulièrement efficace.

Les titres défilent, conformes aux versions originales : « Lost And Found », « Land Of Glass », « Home  », « Koko »… Les musicos étalent tout leur brio ! Le chanteur assure son job. Sans plus, ni moins ! Aucune surprise ! Malheureusement !

Pourtant généralement percussives, les compos ne parviennent pas à éveiller un soubresaut de réaction chez les badauds.

L’absence de véritables build-up musical et les (trop) nombreuses ruptures de line-up ont  plongé la prestation dans une ambiance contre-productive. Peut-être conviendrait-il de la rafraîchir judicieusement ou capitaliser davantage sur la chorégraphie ?

Pas d’interactivité entre l’artiste et l’auditoire ! La ferveur d’un bon concert a vite laissé place à l’ennui intersidéral et à la platitude absolue !

« Rainbow », joué en finale, constitue la seule apothéose. La voix chaude de Testa parvient alors enfin à transcender les festivaliers… mais un peu tardivement !

L’équipe n’a malheureusement pas convaincu ! Gageons que ce n’est pas l’amorce d’une mort annoncée !

Changement de cap et d’ambiance ensuite en compagnie de Youssoupha.

Youssoupha Mabiki est un rappeur français connu et reconnu par ses pairs. Pas pour rien qu’il a déjà assuré le supporting act, notamment, de 50 Cent, Snoop Dogg, Busta Rhymes, Nas, Method Man ou encore Redman.

Pour la petite histoire, même le candidat socialiste François Hollande lui a demandé de rapper pour sa campagne présidentielle. Mais s’interdisant toute récupération politique, il décline la proposition…

Exit batterie, guitares et loops électroniques. Place aux fondamentaux du genre : basquets, training et casquettes retournées pour l’apparat. Sans oublier le langage châtié et ses termes argotiques ainsi que les chorégraphies minimalistes à souhait propres au style.

Malgré tout, il se distingue de bon nombre de ses confrères dans le milieu. Et la différence est de taille.

Notoire pour son engagement, et tout particulièrement dans le domaine de la non-violence, il peut s’appuyer sur une belle plume. Personnage intelligent, il s’en sert pour dénoncer sans vergogne les travers sociétaux, médiatiques et économiques.

Détail qui fait toute la différence : il évite les poncifs du genre. Pas de critiques à l’égard des forces de l’ordre ou encore des politiques, notamment. Son seul ennemi reste l’idéologie prônée par Eric Zemmour…

Ses textes sont chanfreinés pour un ‘parlement’ correct tout en pointant du doigt ce qui doit l’être ! On est donc très loin du fantasme du rappeur-gangster !

Les fans sont majoritairement jeunes. La plupart reprennent d’ailleurs les paroles sous le regard amusé des parents qui les accompagnent. Et le tout se déroule dans la bonne humeur !

Le leader et ses disciples s’amusent ! Faut dire qu’exécuter une danse de sioux sur un lit de rumba congolaise singulièrement endiablée, il faut oser. Il amène même l’auditoire à s’interroger sur l’importance de la communication, dans un courant philosophique, à travers « Entourage » ! La communion est solennelle ! Voir sectaire !

Il revenait au charmeur Doc Gynéco de clore le festival.

La plaine est (enfin) noire de monde ! Au cours des nineties, celui dont la verve s’est effilochée, était le rappeur phare de toute une frange de la population.

L’époque où il criait sur tous les toits qu’il se masturbait en écoutant Vanessa (Paradis) est révolue. Comme celle qui faisait la fierté des plateaux de télévision, lorsqu’il devenait le chroniqueur attitré de Marc-Olivier Fogiel sur France Télévision. Plus rien depuis ! Complètement rayé de la carte ! Oublié de tout le monde ! Enfin, presque…

Les ventes désastreuses de ses albums successifs l’ont obligé à travailler dans un bar-tabac et s’inscrire à Pole Emploi, l’équivalent belge du Forem.

Un artiste mort-né en quelque sorte !

Faisant fi d’un passé que l’on espère révolu, il a pris le parti de reprendre les tournées d’été pour le plus grand bonheur des fans ! Sans doute également pour renflouer son portefeuille aussi mince qu’un papier à cigarettes…

C’est pour fêter le vingtième anniversaire de « Première consultation », disque qui lui a valu la gloire et la consécration de la presse, qu’il opère son come-back.

Objectivement excellent, ce premier opus était un best-of à lui tout seul. Un florilège de bonnes chansons, bien torchées et plutôt décalées sur fond d’humour et d’amour !

Le Sieur est aujourd’hui devenu un papa assagi, délaissant sa coupe hirsute pour un poivre et sel, témoin de l’air du temps ! Sa nonchalance légendaire est restée, par contre, intacte !

Pour l’occasion, Bruno Beausir s’est entouré de musiciens expérimentés. Un claviériste, un batteur et un guitariste soliste. Un rasta également, dont le rôle reste obscur… Sa tâche ? Approvisionner son copain en joints, histoire de se détendre un peu !

Un concert grandiose certes, mais sans nouvelle matière première ! Dommage !

L’essentiel au final était de se replonger dans un passé pas si lointain. Souvenir, souvenir, lorsque deux décennies plus tôt, « Nirvana », « Passement de jambes », « Né ici » ou encore « Classez-moi dans la variet » faisaient les beaux jours des baladeurs cassettes.

Coiffé d’un bonnet, il prend un évident plaisir à descendre de l’estrade pour se fondre dans une foule complètement hystérique, pendant une petite dizaine de minutes. La sécurité avait peine à contenir cet élan de générosité !

Après une heure d’un show qui restera dans les annales de tout festivalier qui se respecte, le troubadour français quitte le podium d’un pas décidé afin de laisser s’exprimer les musicos une dernière fois.

Une consultation gynécologique bien sympathique et moins douloureuse que prévue !

(Organisation : Mons Summer Festival)





 
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