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NOS Primavera Sound Porto 2015 : vendredi 5 juin

Écrit par Sebastien Leclercq - jeudi, 04 juin 2015
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NOS Primavera Sound Porto
Parque da Cidade
Porto
05-06-2015

Depuis 4 ans, le célèbre festival barcelonais Primavera s’est doté d’une succursale à Porto. Et même si l’affiche est un peu moins riche que chez son rival historique, l’édition lusitanienne a plus d’un charme. A commencer par un accès facile à la ville, de nombreux vols charters, des transports en commun à profusion, et toujours une personne âgée prête à vous renseigner poliment.
Autre point fort : la configuration du site, au milieu d’un parc verdoyant, en bordure de mer. Et les terrains sont en pente. Ce qui permet de voir les concerts à distance.
Pour ce deuxième jour du festival, les 4 scènes sont ouvertes, et le nombre d’artistes à s’y produire est bien plus conséquent. Dès lors, les choix cornéliens se multiplient.

Et le premier intervient entre la poétesse Patti Smith –qui a décidé de se concentrer sur son elpee « Horses », après avoir exécuté un ‘spoken word’ la veille– et les jeunes loups de Viet Cong. Et c’est finalement pour ces derniers que j’opte. Auteur d’un premier album éponyme flamboyant, le band canadien (NDR : non, non, ce combo n’est pas originaire d’Asie du Sud) avait déjà opéré un passage remarqué au Botanique et à l’AB Club. Et cet après-midi, il va confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Entre post-punk exaltant et noisy décapante, son expression sonore aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Fugazi et IlikeTrains. Dommage que la foule soit si peu réceptive ; mais on doit s’y faire, le mélomane portugais n’a pas le même tempérament que l’espagnol. Ce qui permet néanmoins de profiter des spectacles dans d’excellentes conditions, et tout particulièrement d’écouter la musique sans qu’elle soit parasitée par des excités bruyants.

Quoique approchant les 60 balais (NDR : la naissance de la formation remonte au début des 70’s), les Replacements ont conservé un fameux potentiel énergétique. Comparable à celui de Viet Cong. Et le début de set confirme ces aptitudes, le combo balançant un punk yankee réminiscent des Ramones voire de Misfits. Comme s’il cherchait à nous en mettre plein la vue et les oreilles. Mais en milieu de parcours, l’enthousiasme retombe, un essoufflement qui se traduit par l’interprétation de ballades davantage folk, mais sans grand intérêt…

De quoi aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, et tout particulièrement chez Sun Kil Moon, responsable d’un superbe elpee, l’an dernier (NDR : intitulé « Benji », il figurait dans le Top 20 de votre serviteur). Et si sur disque, certains morceaux peuvent s’avérer déprimants voire soporifiques, sur les planches, la musique gagne en intensité et prend une autre dimension. Soutenu par deux drummers, installés en arrière-plan, Mark Kozelek démontre tout son talent. Excellent chanteur/compositeur, l’ex-Red House Painters est vraiment à l’aise au bord de l’estrade. Il se prend même parfois pour un crooner qui veut épater la galerie. Et il parvient à atteindre son but, car la foule applaudit chaleureusement le show. Aussi quand la formation termine son set par « This Is My First Day and I'm Indian and I Work at a Gas Station », quelques minutes plus tard la tente Pitchfork réverbère encore les sonorités de ce superbe titre…   

Nonobstant sa ligne de conduite indie, dont il ne s’est jamais écarté, Belle & Sebastian se produit devant un nombreux public. Sa pop sucrée/salée est subtilement teintée de folk. Les aficionados balancent les bras de gauche à droite ou claquent des doigts. Titres maîtres de leurs albums respectifs, les deux derniers morceaux, « The Boy with the Arab Strap » et « Sleep the Clock Around », caractérisé par son crescendo, incitent les jeunes filles à danser, au milieu de la foule.

Pour l’avoir croisé dans la journée lors d’une conférence de presse, je peux témoigner qu’Antony Hegarty, le frontmen des Johnsons, possède vraiment une voix et un physique particuliers. Il y a même un sacré paradoxe entre son gabarit impressionnant et son timbre frêle, androgyne. Un peu comme si les cordes vocales de Lou Reed, Bjork et Nina Simone étaient entrées au cœur d’une improbable fusion. Soutenu par un orchestre de haut vol, les compos oscillent entre la soul, le jazz et même parfois l’opéra, s’autorisant même l’un ou l’autre accès dans le psychédélisme. Il règne un calme religieux sur la plaine. Une partie du public s’allonge même sur la pelouse. La prestation est théâtrale (même si le leader –vêtu d’une robe– reste immobile devant son micro). De quoi achever la soirée en douceur, la tête dans les étoiles…





 
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