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Open’er 2013 : samedi 6 juillet

Écrit par Sebastien Leclercq - samedi, 06 juillet 2013
Image
Open’er
Kosakowo Airport
Gdynia
06-07-2013

L’occasion est belle, en ce samedi, de visiter les environs du festival polonais. Gdynia appartient à la ‘Tri-cité’ (Trój-miasto) : Gdansk – Sopot – Gdynia. Trois cités proches mais aux spécificités très différentes. Et qui réunissent, à elles seules, plus d’un million d’habitants.

 

Gdansk (Dantzig pour les Allemands) est une magnifique ville portuaire qui a un passé, un futur certain et surtout une âme. Une terre de contrastes, entre d’affreux paysages où s’érige l’industrie lourde, le cadre bucolique de la vieille ville et les abords de la Moltawa. Pas étonnant qu’elle ait posé sa candidature pour devenir capitale européenne de la culture, en 2016. Sopot constitue (toutes proportions gardées) le Saint-Tropez polonais. Une station balnéaire qui revient sur le devant de la scène. Une grande jetée en bois (molo) de plus de 500 mètres prolonge la rue principale jusque dans la mer baltique. C’est également une destination très prisée par les nightclubbers. De quoi permettre aux festivaliers de faire une ‘after’ jusqu’au petit matin. Quant à Gdynia, il aurait fallu disposer d’un peu plus de temps pour pouvoir poser un avis pertinent.  

Car depuis la veille, une rumeur persistante circule. Après 20 heures, aujourd’hui, se déroulera un concert à ne manquer sous aucun prétexte : celui de Crystal Fighters. Suivant les échos recueillis, en 2011, il avait littéralement mis le feu au festival. Et votre serviteur, avait pu vérifier, l’an dernier, dans le cadre du Sziget, l’engouement que suscite le groupe, auprès des populations issues des pays de l’Est. Crystal Fighters s’empare de l’alterklub stage en plein air, et ne va plus nous lâcher. Ce combo anglo-hispanique pratique un mélange improbable entre pop et electro/dance. En extrapolant, on pourrait imaginer le chaînon manquant entre Metronomy et CoCorosie. Encore que pour les sœurs Casady, c’est plutôt l’attitude hippie qui inspire les musicos. Leur premier elpee, « Star of love », est paru en 2010 et a connu un fameux retard à l’allumage. C’est la diffusion d’un spot publicitaire pour un smartphone, utilisant comme bande sonore leur single « Follow », qui va véritablement lancer leur carrière. Ce n’est d’ailleurs pas une première ; ce phénomène est même plus courant qu’on ne l’imagine. « Cave rave », leur second long playing, est paru il y a à peine deux mois. « Sola system » puis le tube « Follow » permettent au band de démarrer sur les chapeaux de roue. Sur les planches, les musiciens bougent dans tous les sens. Et sur le site, les spectateurs aussi. « I love London », « You and I » ou encore « At home » boostent l’ambiance. Sebastian, c’est le leader. Il a un look de maître Krishna. Sa voix et celle d’Eleanor, aux backing vocals, se complètent à merveille. Lors du final, « Xtatic truth », les spectateurs sont invités à s’assoir pour mieux bondir de joie ensuite…

Un petit grief que l’on pourrait adresser au festival, c’est la présence de cette ‘Beatstage’, située à une cinquantaine mètres, derrière la scène principale, sur la gauche. En fait, elle renvoie régulièrement des retours de basses. Et pendant les concerts en plein air, c’est assez désagréable. Je décide cependant, d’aller y jeter un œil. Il y a peu de monde. Pourquoi dès lors les DJs ou ingénieurs du son ne réduisent-ils pas leur consommation de décibels, en fonction du passage des autres artistes ? La question mérite d’être posée…

Bref, cette remarque ne doit pas gâcher la prestation de la tête d’affiche, prévue ce samedi, Kings of Leon. La toute grande foule se masse devant l’Open’er Stage. Si bien qu’il est difficile de s’approcher à moins de 50 mètres. Et dans la série ‘on prend les mêmes et on recommence’, la famille sudiste (NDR : issue du Tennessee, très exactement) participe, presque chaque année, aux plus grands festivals. Pas de changement majeur, cependant, dans leur musique. Les morceaux s’enchaînent, sans émotion ni coup d’éclat, et sont repris en chœur par un public conquis d’avance… (Set list : Crawl/ Four Kicks/ Taper Jean Girl/ My Party/ Molly's Chambers/ The Immortals/ Fans/ Back Down South/ Pyro/ Be Somebody/ It Don't Matter/ The Bucket/ Cold Desert/ Closer/ On Call/ Notion/ Knocked Up/ Use Somebody. Rappel : Radioactive/ Sex on Fire/ Black Thumbnail).

J’aurais voulu assister à la fin du set de Devendra Banhart, mais il ne lui reste qu’un gros quart d’heure à prester, et la Tent stage sous laquelle il se produit est située à une bonne dizaine de minutes de marche de la scène principale. Pas grave, car il revient dans deux semaines au festival de Dour.

Je reste donc près de la main stage, pour finir la soirée en douceur. Y est programmé Steve Reich et l’ensemble moderne. A 76 ans, le musicien et compositeur new-yorkais n’a plus grand-chose à prouver. Durant les 15 premières minutes, Jonny Greenwood (membre de Radiohead) vient interpréter « Electric counterpoint », une longue compo signée Reich, datant de 1987. Le tout sans grand artifice. Seul un light show inonde l’estrade d’une gamme de teintes bleues. Place ensuite à l’ensemble moderne et le « Music for 18 musicians ». Il me semble même qu’ils sont bien plus nombreux... Bientôt 2 heures du matin, le public commence à déserter les lieux ; faut dire que ce type de concert serait mieux adapté en salle, et à une autre heure de la journée.

Sur la route du retour, l’heure est au bilan de ce festival

On épinglera donc

Comme points forts :

- de grands espaces sur le site

- la possibilité de visiter en journée la tri-cité polonaise (cf. ci-dessus)

- les prix d’entrée et des bières, moins chères pour un demi-litre que 25cl en Belgique

- les navettes de bus permanentes et les trains de nuit vers Gdansk

Et comme points faibles :

- la tolérance zéro et les fouilles minutieuses

- le nombre limité de W.C.

- le froid qui tombe rapidement le soir

- la programmation de Steve Reich le samedi soir

 





 

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