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Open’er 2017 : mercredi 28 juin

Écrit par Sebastien Leclercq - mercredi, 28 juin 2017
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Open’er
Kosakowo Airport
Gdynia
28-06-2017

Il s’agit déjà de la 16ème édition de l’Open’er, un festival polonais auquel participe votre serviteur pour la 5ème fois. L’événement a déjà décroché, à deux reprises, le très prisé ‘European Festival Awards’, dans la catégorie ‘Best Major Festival’. Ainsi que de nombreuses autres nominations. Toutefois, sa localisation excentrée attire un public, en grande majorité, local. Soit bien loin de celui du Sziget, qui en constante évolution, draine un auditoire international…

Notre journée débute par le set de Royal Blood, dont la carrière a démarré en force, dès 2014, lors de la sortie de son premier elpee. Un éponyme. Il vient de publier son second. Intitulé « How did we get so dark », il est d’aussi bonne facture, mais ne réserve plus guère de surprise. Les refrains y sont même plus pop et inévitablement accrocheurs. Le concert sera d’ailleurs accordé dans cet esprit. Mais ce n’est pas la cohue face à la grande scène. Pourtant, généreusement tatoué, le drummer –dont le matos est surélevé sur une estrade, du côté droit du podium– n’hésite pas à se lever pour inciter les spectateurs à taper dans les mains. Les riffs sont lourds et semblent calqués sur ceux de Queens of The stone âge. Mais la mayonnaise a du mal à prendre. Le public débarque au compte-gouttes. Faut dire que les nombreuses formalités et autres contrôles de sécurité retardent l’arrivée des festivaliers. Si les organisateurs se félicitent d’avoir introduit en primeur une montre qui sert de moyen de paiement électronique, il faut avouer qu’avant de se la procurer, il faut patienter dans une première file, et puis dans une seconde, pour la charger…

Il y a déjà un peu plus de monde pour James Blake. Son entrée en scène est à la fois sobre et discrète. Il s’installe seul, derrière son clavier, pour aborder la reprise du « Vincent » de Don McLean. Puis, il est rejoint par un drummer et un deuxième claviériste, avant de balancer son tube, « Limit to your love ». Ses longues ballades sont autant de berceuses. Mais au fil du temps, elles deviennent carrément… soporifiques. Et même l’excellent « Retrograde » ne parvient pas à sortir la fosse de sa léthargie. Aussi, progressivement, le public se disperse afin de mettre le cap sur Tent stage au sein de laquelle, la température devrait grimper d’un cran…

Et pour cause, Solange Knowles y est programmée. Après être restée dans l’ombre de sa grande sœur Beyoncé (NDR : elle était d’ailleurs simplement danseuse chez les Destiny’s Child), son heure de gloire est arrivée, lors de la sortie de son troisième opus, "A Seat At The Table". Paru à l’aube de ses 30 ans, cet elpee a reçu un excellente critique auprès de la presse. Qui s’est concrétisée par une première victoire aux Grammy Awards, en 2017, dans la catégorie ‘meilleure performance R&B’. Une belle leçon de persévérance pour cette jolie métisse qui avait déjà gravé sa première plaque, à l’âge de 16 ans. Ce soir elle est flanquée d’un band exclusivement afro. Afro, pas affreux, loin de là, car les deux jolies choristes sont particulièrement sexy. En outre, sveltes et élégants, les six musicos semblent avoir été triés sur le volet. Dès leurs premiers pas sur l’estrade, la belle et ses acolytes entament une chorégraphie. Et elle est particulièrement soignée. On se croirait presque au spectacle de son aînée. Mais les compos sont bien plus profondes. Et les refrains autrement puissants. Très juste, sa voix est digne d’une grande chanteuse de gospel. Elle ne cesse de nous bluffer tout au long d’un show parfait, mais un peu court. Seule ombre au tableau, le son. Les infra-basses sont trop écrasantes et étouffent la voix ainsi que la section des cuivres, déjà discrète, au demeurant…  

Retour sur la grande scène pour la première grosse tête d’affiche de ce festival : Radiohead. Pas de problème, le son est parfait. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter. Et les morceaux interprétés ne souffrent d’aucune faille. Pourtant, on aimerait qu’un contretemps ou une improvisation bouscule ce set impeccablement rôdé. Que ce soit les introspections, au cours desquelles les artistes se montrent très concentrés sur leur sujet, ou les dérapages sauvages voire déjantés, tout est strictement maîtrisé. La fusion entre rock électrique et électro épileptique est infaillible. Thom Yorke vit profondément chacune de ses compos. Le light show et les vidéos nous en mettent plein la vue. Les morceaux s’enchaînent à un rythme hallucinant, ne laissant guère le temps à la foule de reprendre son souffle. Et la set list n’a qu’un seul objectif : déconcerter. Pas question de tubes, comme « Creep ». La notoriété du band n’est plus à faire, aussi, il trace sa voie à sa guise. Et qui peut lui donner tort ?

Le long chemin du retour se profile déjà, car le programme de demain est plutôt chargé…

(Organisation Open’er)

 





 
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