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Open’er Festival 2014 : samedi 5 juillet

Écrit par Sebastien Leclercq - vendredi, 04 juillet 2014
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Open’er Festival
Kosakowo Airport
Gdansk
05-07-2014

Difficile de se remettre en route pour ce quatrième soir d’affilée. Comme de nombreux Belges présents sur place, j’accuse le coup suite à la défaite de nos Diables en coupe du monde, dans un match bien tristounet. Du coup, ma soirée débute plus tard que prévue, mais la consolation viendra là où je ne l’attendais pas (ou plus).

Et quand j’écrivais, il y a quelques jours, que les groupes chevronnés ont toujours la cote en Pologne, Faith No More corrobore ce point de vue. Bien que la formation californienne n’ait plus rien publié depuis 1997, elle est programmée, ce soir, sur la grande scène. Un podium dont l’avant est truffé de pots à fleurs. Des fleurs dont on ne distingue pas trop si le caractère est funéraire ou marital. Et les musicos accentuent cette intrigue en déboulant sur l’estrade dans une tenue vestimentaire de couleur blanche, que n’auraient pas reniée les adeptes de Hare Krishna. Le set s’ouvre par le titre maître de l’album « Real Thing », une œuvre parue il y a 25 ans déjà (NDR : ce qui ne nous rajeunit pas). Les 8 minutes d’intro de ce morceau tribal me paraissent néanmoins interminables. A cet instant, je crains de revivre un concert aussi plat que celui accordé dans le cadre du festival de Dour, en 2010. Heureusement, la suite va se révéler bien plus excitante. Des sirènes retentissent pour annoncer « From out of nowhere ». Le refrain du tube « Epic » est repris en chœur par les spectateurs des premiers rangs. Les musiciens débordent d’énergie ; mais à l’instar de Mike Bordin, derrières les fûts, elle est bien maîtrisée. Et la voix de Mike Patton n’a rien perdu de sa superbe. Même si le personnage fait toujours un peu peur. Ne jamais prendre l’ascenseur en sa seule compagnie. Il pourrait tomber en panne…

Autant je m’interroge sur le choix de la grande scène pour Faith No More, autant Warpaint méritait sans doute mieux que la ‘Tent stage’. Pourtant, ici aussi je restais sur une prestation en demi-teinte exécutée quelques semaines plus tôt, au Primavera. Mais ce soir, les Californiennes (NDR : c’est la soirée ouest américaine) ne vont plus se contenter de faire de la figuration. Et quand Theresa Wayman chante, on pourrait entendre les mouches voler (NDR : et tout particulièrement tout au long de « Love is to die » et « No way out »). Pas étonnant que James Blake ait craqué pour cette belle muse. Et le light show est tout aussi voluptueux. L’image de la pochette du dernier elpee est projetée en 3D sur le fond de la scène.  « Elephant » en version maxi, clôture un set bien plus agréable que prévu. Le quatuor féminin reviendra fin novembre à l’Aéronef de Lille ainsi qu’au Cirque Royal de Bruxelles.

Le reste de la soirée est essentiellement destiné aux midinettes. Place donc à Bastille, la nouvelle coqueluche londonienne. Leur album « Bad blood » (NDR : le titre maître est joué en ouverture) caracole au sommet des charts insulaires. La voix du leader, Dan Smith, constitue une chorale à elle seule. Devant un parterre réunissant principalement des jeunes demoiselles conquises à leur cause, le band se contente de restituer les plages de leur long playing. Un disque qui recèle une pléiade de tubes comme « Things We Lost In The Fire », « Flaws » ou encore « Pompeii », interprété en final. Et pour retenir toutes ces jeunes filles (NDR : euh pardon son public) jusque la fin de son concert, le combo va leur réserver un mash-up de « The Rhythm of the Night » (de Corona) et « Rhythm Is a Dancer » (Snap!), particulièrement dansant. Mais bon, dans l’ensemble, la pop de Bastille est on ne peut plus banale…

Et ce n’est pas Phoenix, programmé en finale du festival sur la grande scène qui va relever le niveau. Le groupe français ne prend d’ailleurs aucun risque et entame son set par le tube « Entertainement ». Le son est impeccable. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et remuent bien sur les planches. Le leader Thomas Mars se dandine, glisse quelques mots flatteurs à l’auditoire, en français ou en anglais. Il l’invite à frapper dans les mains. Manifestement, il est en mode séduction. Les morceaux s’enchaînent. La seule étincelle rock’n’rollesque nous vient quand même de Thomas, lorsqu’il se lance dans la foule pour s’y déplacer en crowdsurfing. Sans quoi, il faut avouer que la musique de Phoenix s’adresse surtout aux ados bien sages. Encore que lorsqu’on connaît mieux le répertoire du combo, on peut regretter qu’il n’ait pas eu l’audace de tenter des arrangements plus aventureux, de proposer des versions plus vivantes, plus sauvages de ses compos…

Il se fait tard, et cette pop aseptisée commence à me gonfler. Et puis, moralement, la défaite de nos Diables me reste toujours sur l’estomac. Bref, vu le contexte, je préfère ne pas poursuivre mes prospections et en rester là pour ne retenir que la quintessence de ce festival. Un festival qui vu ses spécificités et son cadre spacieux, mérite quand même le détour…

(Organisation Open’er)





 
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