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Persistence Tour 2017 : dimanche 22 janvier

Écrit par Pierre Vangilbergen - dimanche, 22 janvier 2017
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Persistence Tour
De Mast
Torhout
22-01-2017

L’année 2017 démarre sur les chapeaux de roue. Et pour cause : s’il y a bien un évènement qu’il ne faut pas rater –à condition bien sûr d’accepter d’abandonner bouillotte et autres charentaises– c’est la nouvelle cuvée du Persistence Tour, le rendez-vous annuel du gratin du Hardcore (et de ses dérivés). Il faut dire aussi que, cette année, la charge dans le barillet était particulièrement impressionnante en matière de têtes d’affiche. Jugez plutôt : Suicidal Tendencies, Agnostic Front, Municipal Waste et Walls of Jericho.

Ce dimanche après-midi, la température est négative. Pas de neige, ni de verglas. Autrement dit, les conditions sont idéales pour accomplir le trajet sans encombre. En arrivant devant l’enceinte de la salle De Mast, on est surpris par l’affluence. Alors que les hostilités viennent à peine de commencer, il ne reste plus beaucoup de places de parking libres. Quelques demi-tours et marches arrière plus loin, j’en déniche une, derrière le bâtiment. Le froid piquant incite à presser le pas. Une bonne partie du mur latéral droit de la salle –qui peut accueillir un peu moins de 2 000 personnes– est occupée par des stands, proposant le merchandising des sept bands au programme. Il y en a pour tous les goûts : du t-shirt au pull, du bonnet à la casquette, en passant les patchs et les stickers, tout le monde aura le loisir de repartir en emportant un souvenir de cette soirée marathon.

Vu les difficultés de stationnement, Stab, le seul groupe belge à l’affiche, passe malheureusement à la trappe. Un quart d’heure plus tard, c’est Mizery qui est invité à mordre les planches. Originaire de Californie du Sud, il propose un Hardcore old-school à la carapace métallique. Ne révolutionnant certes pas le genre, cette nouvelle formation parviendra néanmoins à sortir son épingle du jeu grâce à une prestation qui est montée en crescendo et en puissance, atteignant son apogée au bout du set.  

Cap ensuite sur New York, en compagnie de Burn, un quatuor drivé par son charismatique vocaliste Chaka Malik. Hormis ses chaussures, soit une paire de Nike aux tonalités rose et vert fluo, il est tout de noir vêtu. Et en jeans. Effets garantis ! Yeux mi-clos, regard perdu dans le vide, mouvements parfois hésitants et s’amusant à faire voltiger son pied de micro dans les airs, Chaka semble être sous influence, sans pour autant perdre la hargne et la forme revendicative de son chant. Se référant au Hardcore plus lent des années 80, Burn jouit d’une certaine aura ; et ce pour avoir semé, ça et là, des graines musicales au sein de bon nombre de formations. En témoigne peut-être la présence en backstage, tout au long du set, de Candace Kucsulain, vocaliste de Walls of Jericho. Cette dernière ne va perdre aucune miette du show, marquant le rythme des morceaux de ses mains et ne quittant jamais le chanteur du regard. Elle sera ensuite rejointe par Daniel Spector et Pokey Mo, respectivement batteurs de Down to Nothing et Agnostic Front. Une belle découverte.

Les roadies s’affairent, emportent les instruments pour laisser la place à Down to Nothing. Quintet ‘Straight Edge’ (mouvance du punk hardcore dont les membres bannissent toute consommation d’alcool, de tabac et autres drogues récréatives), le combo est le premier à bénéficier d’un backflag. Il est frappé du logo du band en lettres capitales blanches et vertes. Tout comme leurs prédécesseurs, les coreux ont pour mission de retourner la fosse en une demi-heure, top chrono. Un pari pour le moins réussi, insufflant une première vague de fièvre dans la salle : premières bousculades, va-et-vient musclés entre les spectateurs et quelques poings qui s’envolent. Les sacro-saints ‘mosh-pits’ commencent à émerger. David Wood, vocaliste du band, n’est également autre que le bassiste du légendaire Terror (voire même temporairement vocaliste, en remplacement d’un Scott Vogel souffrant) ; pas étonnant dès lors, qu’il n’a fallu que très peu de temps à la formation pour mettre le feu aux planches.

La salle De Mast est maintenant bien électrisée pour accueillir l’une des premières grosses pointures de la soirée, Walls of Jericho. Un nouvel opus sous le bras (« No One Can Save You From Yourself »), qu’il a quand même fallu attendre huit longues années avant de le voir sortir, le band de Detroit est attendu de pied ferme. Candace Kucsulain déboule sur le podium, jean noir ultra moulant et t-shirt de musculation à l’effigie du groupe. La chanteuse est en effet une grande adepte du deadlift, c’est-à-dire un exercice de musculation consistant à soulever de terre des charges (très) importantes. Une pratique qui non seulement développe le physique, mais nécessite, en outre, une force mentale phénoménale, afin de pouvoir accomplir l’effort nécessaire au bon moment. Un exercice qui ne peut que se répercuter sur les planches. Candace est survoltée. Elle arpente la scène de long en large et martèle le sol de ses membres surdéveloppés. Sa voix, est devenue de plus en plus grave au fil du temps. Elle lui permet de hurler telle une exorciste s’attaquant au pire des Malins. Certains classiques du band sont évidemment interprétés. A l’instar de « A Trigger Full of Promises » ou encore « The Americain Dream » ; mais la part belle du trop court set (quel dommage !) sera néanmoins constituée de pistes issues de son dernier LP ; et notamment « Relentless » ainsi que « No One Can Save You From Yourself ». C’est finalement sur « Revival Never Goes Out of Style » que le groupe prend congé de l’auditoire. La vocaliste descend de son perchoir pour rejoindre la foule, debout sur les barrières de sécurité, entraînant par la même occasion une ruée des premiers rangs afin de donner du cœur avec la chanteuse. Ça se bouscule, ça joue des coudes, ça s’agrippe les uns aux autres : le dernier morceau arrive à sa fin et il faut donner ce qu’il reste dans les poumons. Le groupe repart aussi vite qu’il est apparu, laissant la fosse entonner le refrain du dernier morceau, telle une promesse de se retrouver bientôt.

Place à présent au mouton noir de la soirée, Municipal Waste, sortant pour l’occasion des ornières Hardcore de la soirée. Le look des musiciens qui assiègent la scène ne laisse pas planer le doute : la fosse va recevoir une bonne dose de Thrash Metal (ou pour les puristes, de Crossover Thrash Metal, un Thrash Metal influencé par du Punk Hardcore). Vieilles vestes en jeans trouées, t-shirt old-school, cheveux longs –dont on épinglera la coupe typique mulet du guitariste Nick Poulos–, bandanas dans les cheveux, bref, toute la panoplie est au rendez-vous. Egalement issus de Virginie, les musicos ne font pas dans la dentelle : ça balance à gros coups de riffs, ça martèle sec et le chant de Tony Foresta est tout aussi violent que rapide. ‘On est content d’être là en Belgique, vous avez vraiment la meilleure bière au monde’, balance-t-il avant de poursuivre : ‘C’est d’ailleurs une chanson pour vous !’. Il ouvre une cannette de Jupiler, boit deux gorgées puis la secoue en arrosant les premiers rangs, avant d’attaquer le morceau évocateur, « Beer Pressure ». N’allez pas chercher de la grande philosophie chez Municipal Waste, les musicos sont venus pour boire des coups et jouer de la bonne musique. Puissante et efficace. ‘Direct to the point’, quoi. Et ça marche ! En marge de cette prestation, on notera quand même la présence, sur le stand le merchandising du band, d’un t-shirt particulier, arborant en façade un Donald Trump se tirant une balle dans le crâne (avec son lot d’hémoglobine, cela va de soi) et dans le dos, le message ‘The only walls we build are walls of death’. Comme quoi, on peut jouer au con et chercher quand même, et subtilement, à passer certains messages politiques…

Il est 21h45 et l’avant-dernier round de ce Persistence Tour est prêt à en découdre. Et pour la circonstance, le combo hardcore légendaire Agnostic Front bénéficie d’un quart d’heure supplémentaire de set, par rapport à ses comparses. Les lettres rouges du logo côtoient, en arrière-plan, une effigie de la Statue de la Liberté ; mais le doux visage a été remplacé par un crâne. En fait il s’agit de l’illustration de la pochette du dernier elpee du combo, « The American Dream Died ». Après une intro constituée d’un pot-pourri du répertoire de la formation, sur fond de sirène des forces de l’ordre, les musicos débarquent un par un. Roger Miret, en digne leader représentant du Punk Hardcore, en affiche ostensiblement le look : bandana sur le crâne surmonté d’une casquette coiffée à l’envers, chemise noire sans manches, short et chaussettes/bas noirs recouvrant entièrement ses jambes. Idem pour son guitariste, Vinnie Stigma, tempes complètement rasées, vêtu d’un t-shirt d’Iron Reagan, un groupe de Crossover américain qui implique notamment des membres de Municipal Waste. L’artiste est armé d’une gratte noire, ornée d’une couronne de lauriers, au dos de laquelle est mentionné ‘Stigma’ en lettres capitales. Chemise noire impeccablement repassée et pantalon de la même couleur, Pokey Mo, derrière ses fûts, ne laissera jamais transparaître la moindre émotion, mû par cette retenue typique de la tradition asiatique. Malgré un son pas vraiment génial, les New-yorkais ne vont pas perdre de temps et asséner, au cours des trois-quarts d’heure alloués, pas moins de quinze morceaux. En trente-sept ans de parcours et onze albums studio, ce n’est évidemment pas le choix qui manque : de « Victim in Pain », sorti en 1984, à « Police Violence », paru l’an dernier et figurant sur son dernier LP, en passant par les incontournables « For My Family » ou encore « The Eliminator » (en titre d’ouverture). Une prestation carrée, marquée en outre par un duo improvisé avec Chris Michez, chanteur de Do or Die, sur « Peace » (un duo assez symbolique en somme, vu que le leader du groupe de Hardcore belge, un des plus notoires du plat pays, a annoncé il y a peu son désir d’en revenir à un style originel, entraînant par la même occasion un remaniement du line up). Roger Miret s’adresse aussi à la foule : ‘Une des meilleures façons de soutenir un groupe, c’est de passer par notre stand merchandising’, avant de poursuivre ‘… car plus que jamais nous avons besoin de vous… ! From the East coast to the west coast… Gotta gotta gotta go !’, et d’enchaîner directement par « Gotta Go », le pit hurlant à gorge déployée le début du morceau, tel un hymne. Les slams s’enchaînent les uns après les autres, n’épargnant pas le boulot de la sécurité. Cerise sur le gâteau –ou plutôt dernier coup de botte dans la fourmilière– les icônes du mouvement signent leur prestation par une reprise pêchue du « Blitzkrieg Bop » des Ramones, achevant dignement les derniers survivants dans l’auditoire.

Le Persistence Tour porte bien son nom : au-delà de la qualité des groupes sélectionnés, suivre ce mini festival du début jusqu’à la fin résulte d’une certaine forme d’obstination voire de ténacité. Et de l’énergie, mieux valait en avoir conservé un peu afin d’accueillir, comme il se doit, l’un des fers de lance du Crossover, Suicidal Tendencies. Un squelette vêtu d’une chemise à carreaux et coiffé d’une casquette à l’effigie du groupe fait à présent face au public, remonté à bloc pour ce final act. Les artistes opèrent également leur entrée un par un. Que ce soit le t-shirt, la vareuse, le bandana, le short ou les chaussettes, tous le vêtements sont les mêmes que ceux vendus sur le stand merchandising. L’introduction de « You Can’t Bring Me Down » bat son plein dans les enceintes tandis que Dean Pleasants, un des guitaristes de la formation, l’accompagne en enchaînant les notes suaves. Mike Muir, vocaliste, crâne quasi-rasé, hormis sa longue tresse qui lui tombe dans le dos et bandana au ras des yeux, se plante sur la droite du podium. Il ne tient plus en place jusqu’à finalement hurler ‘What the hell's going on around here?’. Le coup de feu est parti ! Les musiciens tournent en rond en adoptant ce pas typique du mosh, à longues enjambées. Pas question ici d’une éventuelle mise en bouche ; les Californiens taillent dans le gras directement grâce à l’un de leurs plus grands succès. La fosse se déchaîne, pieds et bras se perdent tout en aidant les coreux les plus remontés à slammer sur le public en transe. Malgré une setlist plutôt atypique –seulement dix morceaux– amputée de son plus grand tube « Institutionalized » (pourtant prévu sur la setlist papier !) et de son dernier single en date, « Clap like Ozzy », le combo reste fidèle à sa réputation et électrise totalement l’auditoire. Trente-sept ans de scène et, pourtant, le groupe témoigne encore tout autant sa joie de se produire en ‘live’. Les musiciens ne tiennent pas une minute en place, et tout particulièrement Mike Muir qui, quand il ne court pas dans tous les sens, se déchaîne sur le rythme des morceaux, en exécutant une gestuelle pour le moins étonnante ; et pour cause, il tourne les bras, mains acérées, tel un rongeur qui creuserait un terrier. Même si le patronyme du combo a résisté pendant plus de quatre décennies, il n’en reste pas moins que le line up a subi de très nombreuses modifications, au fil du temps. Trois des cinq membres ont en effet débarqué l’année dernière, dont Dave Lombardo, le ni plus ni moins ancien batteur de Slayer, parti de la formation après de profonds désaccords. Une arrivée de marque dans Suicidal Tendencies, qui ne peut ajouter qu’une couche de vernis brillant supplémentaire au band. À tel point que lorsque Mike Muir demande au public d’applaudir le batteur, ce dernier apparaît quelque peu gêné du succès récolté et demande d’acclamer également les autres membres du quintet. De « Subliminal » et « I Saw Your Mummy », tirés de leur album éponyme de 83, à « Freedumb » (99) ou encore « Living for Life » (16), les hommes forts du Crossover brasseront des titres dans l’ensemble de leur carrière. Et puis, et c’est peut-être là le plus important, ils ont permis à leur public de faire la fête. De la bonne humeur en barre, à laquelle la fosse a manifestement répondu présente, que ce soit par les dizaines de slams (dont un slammeur en kilt, qui retombera malheureusement assez mal, perdant connaissance après que sa tête se soit fracassée sur les barres de sécurité) ou cet acharnement à monter sur le podium à deux reprises, à l’invitation du groupe. Un beau bordel dont le leitmotiv principal consiste à faire passer du bon temps.

« Pledge Your Allegiance » clôt le set, moment au cours duquel le bassiste Ra Diaz invite la foule à reprendre en chœur les initiales du groupe en mimant les lettres à l’aide de ses mains. Les artistes reposent leur instrument et regagnent le backstage, à l’exception du chanteur qui préfère descendre de l’estrade et venir saluer ses fans, se prêtant au jeu de quelques photos souvenirs. Une attitude humble et modeste –un détail en somme !– mais qui démontre bien la mentalité du band, respectueux et en osmose avec ses aficionados. Une attitude qui caractérise généralement bien les participants à ces Persistence Tour : de la qualité, du respect et un profond amour de la musique et de la culture qui l’entoure. Allez, plus qu’un an à patienter ; on y sera vite !

(Organisation : Heartbreaktunes + ASBL Strike)





 
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