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Pukkelpop 2013 : samedi 17 aoűt

Écrit par Akim Serar - samedi, 17 aoűt 2013
Image
Pukkelpop
Kiewit
Hasselt
17-08-2013

Tout au long de cette troisième et dernière journée, les organismes émoussés tentent de retrouver vigueur et enthousiasme au fil d'une affiche démarrant sagement pour se terminer en feu d'artifice, comme le veut la tradition.
Une affiche toujours répartie sur huit scènes et imposant bien sûr quelques choix cornéliens.

Day 3

Pauvre Regina Spektor !

Et pauvres fans désabusés.

Victime de problèmes sonores récurrents, la chanteuse ne pourra offrir que trois titres à celles et ceux venus l'applaudir ; et encore, en formule voix/piano uniquement qui, en l’occurrence, la loge plus près du spectre de Tori Amos que d’An Pierlé.

Sensibles, ces chansons pour filles soulèvent néanmoins, en l'espace de ces dix minutes, quelques poils rescapés de toute récente épilation.

Un pétard mouillé mais qui n'altère pas l'humeur générale.

Ainsi l'arrivée d’Alabama Shakes est accueillie chaudement, non seulement par un ciel à présent parfaitement dégagé, admis par une assistance qui doucement s’amasse devant la Main Stage.

Brittany Howard possède un savoir-faire digne d’un vieux crocodile issu du bayou, et suscite l'admiration. En témoigne quelques bouches figées en un 'O' béat.

La Sudiste a du coffre et tout en réveillant quelques vieux démons féminins, elle ferait bien frémir les plus sceptiques.

Certes l'originalité n'est pas l'élément principal de cette musique aux accents très Roots, mais porté par la voix de sa chanteuse, charismatique sans être belle, elle nous transporte vers les horizons dégagés de l'Alabama où souffle quelques fantômes séculaires chuchotant l’une ou l’autre histoire depuis longtemps oubliée.

De quoi gommer la déception provoquée par le forfait de Neil Young, la veille.

Comparativement, les jeunes de Kodaline ne sont guère transcendants, et leurs compositions outrageusement Pop sont juste bonnes à contenter les amateurs de Coldplay délavé.

Recette éculée et sans inventivité qui suffit à me faire bâiller.

La musique de Holy Other est certes contemplative mais dégage nettement plus d'émotion, quant à elle.

Bien qu'un poil statique, le set du jeune homme élève l'auditoire dans un état de grâce, grâce ( ?!?!) à ses sonorités sensuelles et charnelles.

À l'image de ces mains qui en arrière-plan se saisissent de différentes matières (de la soie à l’aluminium), les malaxent, les triturent, et les froissent lentement.

Par analogie, les sons prennent ainsi forme et se matérialisent sous nos yeux.

Une subtile expérience qui laisse rêveur.

Quelques enjambées plus loin, première incursion dans le Dance Hall pour assister à la prestation ludique des !!! dont les déhanchés so sexy du leader suscitent l'amusement. Moulé dans son petit short Rolling Stone, Nic Offer s'offre en spectacle sans peur du ridicule.

On nage clairement dans le Disco Funk à tendance Pop, et l'attitude débonnaire du chanteur tranche radicalement avec le sérieux des autres membres du band.

Leur set hédoniste se partage entre fans et non fans. Il évolue à la croisée d’une multitude de chemins tout en se jouant des codes en vigueur.

Mais le temps presse, et les aiguilles de mon GPS (Groupes Principalement à Suivre) s'affolent alors que les noms se chevauchent sur le mur de mes désirs.

Puisqu'il choisir, je reviens vers The Soft Moon qui m'avait personnellement déçu lors de son concert au Magasin 4.

Celui de ce soir va démentir ma première impression.

Soit une prestation hermétique oscillant entre une Cold Wave pornographique (en référence bien entendu à l'album de Cure) et une distance digne de Jesus And Mary Chain (bien que Luis Vasquez semble plus timide qu'animé d'une quelconque volonté d'ignorer le public) mais qui génère de véritables secousses de plaisir.

Scellé dans un moule austère, la musique se cristallise et ses éclats teintés d'un gris sépulcral figent l'air chaud emprisonné dans le Castello, jusqu'à lui donner des allures de mausolée.

Comme un long tunnel dont la lumière scintillante au bout vacillerait et menacerait de s'éteindre à tout moment.

Où quand le Rock se fait linceul et vous drape dans son étreinte glaciale.

Pour me réchauffer, je cours vers le Marquee où Bat For Lashes allume les premiers feux d'une féerie enchanteresse.

Enrobée d'une combinaison aux apparences hippies, Natasha Khan va émouvoir (oui, j'ai vu des larmes couler sur les joues de mon voisin) et ravir toutes celles et tout ceux qui se pressaient sous l'immense tonnelle.

D'un naturel déconcertant, elle se révèle drôle et touchante mais surtout extraordinaire.

À l'instar de Björk, son registre vocal et sa technique imposent l'admiration, mais n'étouffent en rien la richesse musicale des arrangements.

Sorte de prisme chamanique conduisant l'oreille jusqu'aux pavillons lointains de rêves contenus dans une petite boîte à musique dont seule l'artiste possède la clé.

Et quand elle-même se perd dans les méandres de ce jardin secret (« Moon And Moon », interrompu faute de s'en rappeler) son sourire guide alors nos pas et nous invite à l'excuser, ce qui du reste nous paraît particulièrement évident.

Absorbé, je mets entre parenthèses la prestation de Crystal Castles qui semble retardée selon un message communiqué sur les écrans géants bordant la scène.

C'est donc Franz Ferdinand qui va prendre le relais en ce qui me concerne.

Un show difficile à aborder, vu de la distance qui me sépare de la grande scène.

Mais ce n'est sans doute pas là l'unique point noir sur le visage éternellement juvénile de ce groupe écossais.

« Walk away » pris en marche, le constat semble le même tout au long de leur discographie. Et si le propos est certes sympathique et que les talons frappent encore volontiers le sol à l'écoute de l'incontournable « Take Me Out », il n'en reste pas moins que FF n'a rien de plus à proposer aujourd'hui qu'en 2004. Se reposant donc sur leurs lauriers, il est donc flatteur pour eux d'occuper encore actuellement une place aussi privilégiée (constat valable pour The Prodigy argueront certains d'entre vous, à la différence près que ces derniers, s'ils n'ont pas d'activité récente, signaient hier un retour remarqué).

Une position qu'il leur faut laisser à l'événement majeur de la soirée ; et pour certains, l’avènement même de ce Pukkelpop 2013.

Mais avant cette apothéose, un petit regard curieux s'impose du côté du Marquee où The Knife Shaking The Habitual Show secoue les mines sceptiques autant qu'il divertit.

Pour leur retour après sept années d'absence, Karin Dreijer Andersson et Olof Dreijer misent sur le show Arty balancé entre avant-gardisme et mauvais goût prononcé.

Pour le peu que j'ai pu en voir, je reste circonspect (NDR : normal, lorsqu’on débarque au moment où est enseigné un énigmatique cours d'aérobic annoncé en grande pompe tout au long du jour) et ne peux condamner un concept à peine entrevu.

Reste une impression colorée et foutraque de joyeux bordel articulé autour d'un bien étrange projet aventureux.

Mais place à la grâce et à la majesté de The XX.

Attendu comme les messies par certains, ignoré pour l'absence de spectacle par d'autres, le trio avait pour mission de justifier sa place sur la Main Stage, en programmation nocturne.

Le fait que la plupart des morceaux bénéficiaient d'une relecture complète jumelée à l'intime connivence palpable entre d'une part Olivier et d'autre part Romy, soit les deux voix qui s'entrelacent comme deux corps épris d'un amour non charnel, ne tardent pas à apporter la réponse à cette équation à deux inconnues.

Car non, définitivement, ceux-là ne forment pas un couple dans la vie ; et si leur entente parfaite dessine en ‘live’ des arabesques suaves, il ne faut en rien négliger le travail du troisième larron, à savoir Jamie Smith qui se réserve les rythmiques synthétiques.

Ces trois musicos tissent donc la trame d'un univers délicat où les mélodies simples se couchent encore brûlantes sur le corps d'une basse aux cordes nouées et sensuelles.

Et au travers du jeu des voix entrelacées mais aussi des regards profondément ancrés dans un désir refoulé, c'est là que se déroule le spectacle.

Plus encore que dans un light show savamment étudié soulignant habilement la richesse de ce spectacle.

Quatorze titres et un épilogue en forme de ‘happy birthday’ pour la chanteuse visiblement émue et qui l'espace d'un instant abandonne sa réserve étudiée cachant mal une timidité maladive.

Un show bouleversant. Et au bout d’une heure dix, il faut reconnaître que le succès était amplement mérité.

Enfin, il restait aux Courtraisiens de Goose à refermer le chapitre.

Balançant sans vergogne son Electro Rock formaté pour plaire au plus grand nombre.

Qu'on ne s'y méprenne. La finalité de cette prestation n’est pas de rejoindre l’inaccessible étoile, car le contrat est rempli haut la main.

Efficace en diable, elle assure un épilogue tout en énergie contrôlée.

Sans doute trop contrôlée.

Une puissante décharge parfois émaillée de sonorités foireuses. Malheureusement. Mais judicieusement rattrapée par un savoir-faire épatant.

Enfin, comme un dernier trait éclatant dans le ciel, cette édition va s’achever dans un bouquet final scintillant de mille feux, dessinant la voie d'une vingt-huitième anniversaire tandis que les derniers fêtards vont s’entasser au sein du Boiler Room…

Organisation Pukkelpop

 





 

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