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Pukkelpop 2013 : vendredi 16 aoűt

Écrit par Akim Serar - vendredi, 16 aoűt 2013
Image
Pukkelpop
Kiewit
Hasselt
16-08-2013

La nuit à peine achevée et le site déjà remis à neuf, la seconde journée peut débuter avant même midi.
Au fil des heures, le menu va devenir plus consistant, apportant quelques couleurs à une affiche apparemment, d'allure plus frugale.
Comme toujours plus porté par les concerts d'envergure humaine, voire pertinemment intimistes, que par les déferlements bestiaux, votre dévoué serviteur n'hésite pas à parcourir la plaine de long en large pour vous apporter son point de vue sur ce deuxième jour de festivités. Et pourtant, ce vendredi est plombé par une chaleur transformant certains endroits en hammam ou sauna…

Day 2

Quand Prodigy allume le feu sur le coup de minuit quarante (soit un peu en avance sur l'horaire, preuve de leur faim d'en découdre), le bilan semble encore quelque peu mitigé.

On craignait une apothéose graveleuse, on en sera pour nos frais.

Enchaînant les hits à une cadence vertigineuse, les papys pionniers du Transe-genre vont durant une heure-quart transformer la plaine en immense rave party.

Bénéficiant d'un light show épatant, animés d'une énergie galvanisante malgré leurs âges respectables (sic!), Keith Flint (NDR : et sa légendaire coupe de cheveux) et Maxim Reality n'ont rien perdu de leur superbe et vont donner une leçon à beaucoup de pseudo-artistes qui alignent les cachets sans apporter la moindre chose au schmilblick musical (boulet rouge tiré à l'attention de l’effroyable show de Major Lazer appelé en renfort suite au désistement de Neil Young, et qui tôt dans la programmation avait suscité l'engouement général, en ne proposant qu'un simulacre de dj set saupoudré d'interventions délibérément abjectes).

« Firestarter » n'embrasera qu'une plaine déjà consumée d'avance et envahie de « Voodoo People » totalement acquis à la cause d'un groupe qui pourtant, n'avait rien de nouveau à présenter.

Un ‘Best Of’ incendiaire qui prouve à nouveau l'impact de ses fiers dinosaures sur la production actuelle.

En parlant de dinosaures, après vingt ans de carrière, le parcours de Low reste irréprochable.

Les trois compères jouent définitivement dans une sphère particulière, quelque part en suspens dans le temps et jouissent d'un succès qui ne dépasse guère l'estime mais force le respect de beaucoup de leur pairs et d'une frange de fans inconditionnels.

La batterie de Mimi Parker, toujours aussi minimaliste, toute en apesanteur, retenue comme un cœur qui s'étouffe dans une poitrine chargée de sanglots, et la voix d'Alan Sparhawk posée sur cette guitare aux accords susurrés du bout des doigts.

Parfois, l'élan électrique emporte les mélodies dans une salve de bruit, mais en général, le meilleur atout de Low reste la mesure. Alors, quand la tension retombe, chaque note prend encore plus d'importance. Solennelle communion avec ceux qui lisent entre les lignes mélodiques et savourent intensément ces moments d'intimité procurés par des chansons qui leur parlent...

Depuis « On My Own » jusqu'à « Murderer » qui achève une pièce jouée avec bonheur sur des airs de tristesse transfigurée en lumière apaisante.

A l'opposé de cette sobriété de velours, l'excentrique Mauro Pawlowski propose un énième projet à la hauteur de son génie gargantuesque.

Simplement baptisée Gruppo Di Pawlowski, la formation dispense un rock aux consonances Birthday Party. Mais surtout délivre le guitariste de dEUS de ses contraintes au sein du combo belge le plus notoire tout en lui permettant d'exprimer sa folie, bien sûr identifiée à plus d'une reprise, nous remémorant ainsi les éclats des Evil Superstars.

Expérimental, trash et sans concession, l’insaisissable Mauro laisse libre cours à son imagination débridée et à des délires dont la haute teneur en testostérone est faussement maculée de Jeanfoutre pour tout grimage.

Sans jamais sombrer dans le ridicule, et tenant fermement le public par les attributs, la bande à Pawlowski s'amuse et ça se voit.

Feignant un faux départ, maltraitant ses bongos, triturant une trompette l'espace d'une seule et unique note, se jouant des conventions et incapable de freiner son élan (NDR : l’interminable et jouissive agonie d’« I Can't Stop Talking »), le fantastique leader porte sur ses épaules un projet qui entre d'autres mains ou dans d'autres caboches, tournerait vite à la farce.

Un vent de folie qui va permettre d’oublier la chaleur qui règne sous le chapiteau du Wablief !?, fier podium de la crème de la crème nationale.

Une scène hautement représentée en ce jour puisqu'on pouvait redécouvrir l'immense ascension de BRNS, assurément l'un de nos piliers à l'étranger, et qui continue à progresser au fur et à mesure de son parcours.

Dans une atmosphère étouffante, sous une boule à facette reflétant leur étincelant talent, les quatre  jeunes gens ont accordé une prestation simplement implacable et prometteuse d'un tout grand avenir.

Mais il y en avait pour d'autres goûts, ici, dont l'énergie brute et teintée de noir dispensée par The Black Heart Rebellion. Malgré ses contours ouatés par une sombre mélancolie, son rock rugueux est déchiré de cris gutturaux.

Comme un ciel d'orage traversé de lumière stellaire.

Ou encore Dez Mona dont les ambiances feutrées sont bercées d'un spleen aux allures de cabaret hanté.

Certes, les étonnantes inflexions vocales de Gregory Frateur peuvent déconcerter, mais il n'en demeure pas moins qu'elles apportent à l'ensemble une personnalité et une identité originale.

Sorte de Gospel étreint dans la main du diable, la musique de ces Bruxellois communique un feeling qui ne manque pas de charme.

Ailleurs, les sons se mariaient à la moiteur des corps et se diluaient parfois sous l'effet d'une légère dépression.

Ainsi en allait-il de Chvrches dont on attendait plus et dont le show ne décollait guère.

Une prestation anodine qui ne mérite pas d’être relatée en ces lignes…

Entre Local Natives et The National, il y a des connivences. Cependant la pop de la formation californienne manque de panache et peine à convaincre l'assistance, malgré quelques éclats parsemés vaillamment, ci et là.

Le registre relativement entraînant de Ms Mr va néanmoins susciter un élan d'enthousiasme, malgré la torpeur figeant un auditoire privé d'air au milieu du Castello.

Le set d’Unknown Mortal Orchestra va se traduire par une éprouvante expérience. A cause d'un son totalement inadapté aux lieux.

Mais rassurez vous, du positif, il en reste encore à vous relater !

À commencer par la bonne surprise du jour, j'ai nommé Factory Floor.

Un crescendo Electro Noise du meilleur acabit.

Au demeurant, les ambiances prennent un peu de temps à s'installer. Mais une fois passé le rodage, impossible de rebrousser chemin.

La tête prisonnière de ce grand sac de plastique –ou si vous préférez l'espace clos du Castillo– je pense un instant m'éclipser, mais imperceptiblement je sens poindre un événement qui se trame.

Derrière cette voix lasse et répercutée dans l'écho se dessine l'aube d'un tressaillement qui bientôt prendra de l'envergure jusqu'à devenir un tsunami de bruit élégiaque.

Textures analogiques et digitales se combinent, de manière à construire les murs d'une cathédrale bruissant sous l'effet d'ondes chaotiques.

Manquant singulièrement de présence scénique, le trio londonien déjoue cette lacune par le tissage méticuleux de ces sonorités postées à mi-chemin entre le Post Punk et l'Electro minimale.

Une ascension progressive qui (rave)ira certains, dont votre serviteur.

Dans un registre différent mais combinant lui aussi boîtes à rythmes et guitares noyées d'effets, Cloud Boat va aussi marquer les esprits.

Formule duo et donc référence obligée à The XX avant l'heure (c'est à dire samedi à vingt deux heures).

Emmenées par la voix du chanteur aux inflexions susceptibles d’évoquer une voix de castrat, et bercées d'un spleen shoegaze, les compositions de ce groupe insulaire vont confirmer les bons échos qui jusqu'ici nous étaient parvenus.

Pour le plaisir d'un public certes écrasé par une chaleur étouffante mais surtout attentif et respectueux face à une musique qui ne prend son essor qu'en de bonnes conditions.

Au rayon Electronica, la prestation de Slow Magic, remplaçant haut la main XXYYXX, ne laissera pas d’empreinte ineffaçable même si la volonté de bien faire était présente dans le chef bariolé de cet anonyme paré d'un masque imposant (et on souffrait pour lui!)

Et que dire de la prestation de Mount Kimbie ?

Et bien rien, puisqu'il était impossible de pénétrer l'enceinte du Castello affichant sold out.

Dommage.

Enfin, tandis qu’Eels soulevait un engouement difficile à percevoir de ce côté ci de la frontière linguistique (et j'avoue pour ma part avoir cessé de suivre les aventures de Mark Olivier Everett dès « Novocaïne For The Soul » et ses influences post-traumatiques de 96) Poliça se rappelait à mon bon souvenir.

Dynamisée par la présence de deux batteurs, la prestation semble souffrir d'un léger souci de synchronisation, mais sans ternir le show très professionnel du groupe de Minneapolis.

Plaçant son incroyable organe vocal en équilibre sur les intonations Dub, Channy Leaneagh s'approprie l'espace, en manifestant une aisance déconcertante.

Si l'ensemble manque parfois de contrastes, et en particulier de quelques passages de cordes (frappées ou pincées), le tout tient rigoureusement la route ; et sans sombrer dans l'excès World, voyage néanmoins dans différentes régions du globe.

Un métissage de genre qui ne dénature en rien l'esprit Rock du projet auquel de nombreux fans se sont déjà joints.

Vous veillerez à pardonner mon absentéisme pour le concert de Girls In Hawaii (partout porté aux nues) ainsi que mon total désintérêt pour le énième retour de Skunk Anansie qui avait à cœur d'effacer le traumatisme subi voici deux ans.

En effet, il me fallait ménager ma monture...

Organisation : Pukkelpop

 





 

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