Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
A ...Lire la suite...

Rock en Seine 2014 : samedi 23 aoűt

Écrit par Philippe Blackmarquis - vendredi, 22 aoűt 2014
Image
Rock en Seine
Domaine de Saint-Cloud
Paris
23-08-2014

Pour sa 12ème édition, le festival Rock en Seine proposait une affiche très variée. A l’instar des années précédentes, il a investi le superbe domaine boisé de Saint-Cloud, au sud-ouest de Paris. En constante progression depuis sa création, il a fait le plein, totalisant quelque 120 000 visiteurs sur trois jours. N'ayant pu nous déplacer le vendredi, c'est donc le lendemain que nous rejoignons la capitale parisienne.

Au programme du samedi, une belle brochette de formations confirmées, surtout Portishead, dont le retour est très attendu, mais également quelques autres très prometteuses, qui opèrent presque leurs débuts dans un festival d’envergure.

Ce qui frappe tout d'abord à Rock en Seine, c'est l'excellent accueil réservé aux journalistes. En véritables VIP, nous avons accès à un vaste espace privé, avec bar, resto, transats et des écrans projetant les images des concerts. Idéal pour se relaxer entre deux spectacles ! Lorsque nous débarquons, il fait plein soleil et Sean Lennon accorde une interview sur le stand de France Inter... Sympa !

Première halte près de la Scène 'Pression', à flanc de colline, pour découvrir un trio de sirènes issues du Danemark : Giana Factory. Louise Foo, Lisbet Fritze et Sofie Johanne ont fondé Giana Factory en 2008. Evoquant Austra, Bat For Lashes ou encore Marscheaux, leur 'dark pop' est intrigant et les harmonies vocales, très jolies. Rien de vraiment révolutionnaire, mais un set bien agréable pour entamer notre journée.

Sur la Scène de la ‘Cascade’, la deuxième en importance, on découvre ensuite une formation suédoise, Junip. Emmenée par José González (voix, guitares) et Tobias Winterkorn (orgue, Moog), elle pratique un rock psychédélique aux accents folk. Fleet Foxes et Grizzly Bear ne sont pas très loin. Mais ce qui singularise leur musique, c'est la voix très douce et suave de José González, mais aussi les arrangements très psyché, voire même parfois kraut. Mention spéciale à « Line of Fire », un superbe titre extrait de « Junip » (2013), qui recueille un joli succès en fin de parcours. Une belle découverte !

Après une courte pause, nous revenons au même endroit pour Thee Oh Sees, qui a décidé de tout fracasser à coup de riffs psyché/punk. En short et la guitare serrée très haut contre sa poitrine, John Dwyer, le chanteur/guitariste, a la même dégaine qu’Angus Young. Mais la musique lorgne plutôt vers les Sex Pistols alors que les voix oscillent entre cris aigus et grognements rauques. Fun mais de quoi rester sur sa faim. J’ignore si le band californien est responsable, mais il commence à pleuvoir ; et on en profite pour opérer un détour par le Village du Disque, où sont dressés les stands de Born Bad Records, Ground Zero, etc.

Nous décidons de faire l'impasse sur Cheveu, la nouvelle sensation française, que nous avons vus en février dernier, à l'Atelier 210 de Bruxelles. Gageons que leur electro-punk dévastateur aura mis le feu à la Scène de l'‘Industrie’. On me rapporte que le chanteur a, de nouveau, terminé le concert debout sur son synthé. Attention au gimmick ! 

Pendant ce temps, sur la Grande Scène, Sean Lennon et sa compagne, Charlotte Kemp-Muhl, présentent leur projet créé en 2008 : The Ghost of a Saber Tooth Tiger (oups, quel patronyme) ! L'Anglais arbore un look très sixties et la ressemblance avec son père est frappante. La musique, également ! Par moments, on croirait entendre les Beatles, période psychédélique, un peu comme si Georges Harrison avait modernisé « Tomorrow Never Knows ». Tout est bien en place, et particulièrement lors de « Xanadu » et « Animals », malgré un côté un peu caricatural. Qu'importe, le son est excellent et on en conclut que le 'revival' psyché pourrait offrir au 'fils de...' une opportunité de come-back. Sur l’estrade, la très belle Charlotte Kemp-Muhl se réserve la basse et chante même quelques titres. Un projet à surveiller !

Après une pause bibitive bien méritée, nous décidons de 'zapper' Emilie Simon afin de nous placer idéalement pour le concert de Portishead. L'artiste française a apparemment fait fort en bénéficiant, pour la circonstance, du concours de l'Orchestre National d’Ile-de-France.

Devant la Grande Scène, l'attente est écourtée par la projection d'un film sur les intermittents du spectacle. On sent la pression monter, car le retour des petits génies anglais est très attendu. Portishead a marqué les années 90 et 2000 en créant un style mariant à merveille la voix très 'bluesy' de Beth Gibbons et les arrangements trip-hop, voire kraut, de Geoff Barrow et Adrian Utley. Leur retour coïncide d'ailleurs avec la réédition de leur premier opus, « Dummy », paru il y a juste 20 ans.

Dès les premiers samples de « Silence », on a la conviction qu'on va assister à un concert unique. Beth Gibbons s'avance sur le podium et c'est le délire dans le public. Elle est habillée chaudement d'un imperméable à capuche ; et, suivant son habitude, restera très discrète tout au long de sa prestation. Mais l'essentiel est dans sa voix, et quelle voix ! Elle est empreinte d'une sensibilité déchirante qui vous glace le sang. Après un magistral « The Rip », « Wandering Stars » constitue le premier moment d'absolue magie. Geoff Barrow quitte son espace synthés/percussions et s'assied à côté de Beth Gibbons pour jouer de la basse. Une basse, une voix et quelques sons de guitare sont suffisants pour nous flanquer la chair de poule. « The blackness of darkness forever... » atteint les tréfonds de la noirceur de l'âme ; et comme pour faire écho à ces paroles, la nuit s'installe doucement sur le domaine de Saint-Cloud.

« Machine Gun » marque un changement radical d’orientation. Les basses mitraillent littéralement l’auditoire ; surtout les spectateurs qui sont placés aux premiers rangs, juste devant les énormes woofers ! Le très célèbre « Glory Box » nous plonge ensuite dans son ambiance soul. La foule est aux anges. La fin du set est tout simplement géniale : caractérisé par sa rythmique hypnotique très kraut/wave, « Chase The Tear » fait mouche, alors que « Threads » constitue l'apothéose finale par excellence. La composition est obsédante, lourde, presque 'doom', et gagne progressivement en intensité. A la fin du morceau, Beth Gibbons vide ses tripes et crie comme une possédée ‘I am One, Damned One’, pendant que les écrans vidéos projettent des images hallucinantes. Un final extraordinaire, qui atteint selon moi le niveau de Nine Inch Nails (le 'nec plus ultra' en live, à mon humble avis)...

En rappel, Portishead continue sur sa lancée et délivre un excellent « Roads », marqué par les sons vibrants de Fender Rhodes et enfin, « We Carry On », extrait de « Third ». Une prestation en tous points excellente, qui a véritablement illuminé le festival. Vivement un 4ème elpee !!

Retour à l'espace VIP pour se remettre de ses émotions en suivant distraitement sur l'écran vidéo le concert électro du jeune australien Harley Edward Streten, aka Flume. Mais peut-on vraiment appeler ‘concert’ la prestation d’un musicien qui passe son temps à activer des 'patches' sur un contrôleur tout en affinant le son sur un égaliseur ? 

Cap ensuite vers l’'Industrie’, pour assister au show de The Horrors, une formation anglaise que nous suivons depuis ses débuts, en 2005. Après avoir publié deux albums 'culte', l'un très post punk (« Strange House ») et l'autre cold wave (« Primary Colours »), la bande à Faris Badwan a malheureusement viré vers la 'pop', pour ne pas dire la britpop, à partir de 2011. En ‘live’, il y a bien longtemps que The Horrors tourne ‘en pilote automatique’, accordant des prestations professionnelles mais sans véritable spontanéité. Mention quand même à l'excellent « Sea With A Sea », qu'on ne se lasse pas d'entendre. Le public est assez mou, dans l'ensemble, ne réagissant que pour le très mainstream « Still Life ». Mission accomplie pour The Horrors, mais sans aucun éclat.

En repassant devant la Grande Scène, on a l'occasion de suivre de loin la fin du set de The Prodigy, les pionniers anglais du 'Big Beat' qui a marqué les années '90. Un spectacle très puissant, accordé devant une foule enthousiaste. Mais hanté par les mélodies de Portishead, nous reprenons la route vers l'hôtel...

(Organisation : Rock en Seine)





 

Qui est en ligne

MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement