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Roots & Roses 2012 : mardi 1er mai

Écrit par Bernard Dagnies - mardi, 01 mai 2012
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Roots & Roses
Ancien Chemin d’Ollignies
Lessines
01-05-2012

Le festival Roots & Roses se déroule à Lessines, chaque premier mai, depuis 2010. En 2012, il fêtait donc sa troisième édition. Petit changement par rapport aux deux premières années, la programmation accueillait autant d’artistes ou groupes de blues que de musique actuelle, même si ces derniers y plantent toujours leurs racines (les roots !) Et vu les averses qui étaient tombées la veille, on aurait pu aussi planter les nôtres, tant le sol était détrempé. Pas de gadoue comme à Dour, vu le déversement de tonnes de sable, mais une surface meuble, spongieuse, sur laquelle il n’était pas toujours facile de se déplacer. Heureusement, les deux podiums étaient abrités par autant de chapiteaux ; de quoi préserver les festivaliers des éventuelles intempéries. Excellente initiative, un laps de temps de 5 à 10 minutes minimum sépare chaque concert, de quoi laisser le temps aux spectateurs de s’installer au sein de l’autre tente.

Arrivé vers 16h40, votre serviteur n’a pu assister qu’au dernier morceau de Dan Sartain. Dans ces conditions, impossible de vous donner un avis qui tienne la route, au sujet de la prestation d’un groupe responsable, il y a peu, d’un nouvel album, dont Taï avait effectué une excellente chronique, la semaine dernière…

Revoir les Fleshtones? Ben oui, c’est une des raisons pour lesquelles, j’avais effectué le déplacement. Ce groupe de rock/garage est né en 1976 et il a toujours la pêche en ‘live’. Pendant un quart de siècle, il a été considéré comme le meilleur groupe sur scène au monde. Pas question musique, mais spectacle. Physiquement, les musiciens ont pris un coup de vieux, mais franchement, ils assurent toujours sur les planches. Pas question de se prendre au sérieux, mais leur but est de communiquer leur fun et leur bonne humeur. En début de parcours, le son est un peu pourri, et on n’entend guère les interventions de Peter, au clavier farfisa. Mais au fil des morceaux, on entre dans leur cinéma, et on prend son pied. Les attitudes très 50’s, les rotations simultanées des musicos, y compris celles du drummer alimentent le spectacle visuel. Tout comme les deux bains de foule que s’est autorisé Zaremba. On a même eu droit à quelques pompes accordées en fin de parcours. Mais aussi à un pastiche du « Break on truth » des Doors et une cover instrumentale du « Day Tripper » des Beatles. Et si les balances étaient parfois un peu bancales, une chose est sûre, tout au long de leur show, on s’est bien amusé.

Barrence Whitfield & The Savages ? Désolé, mais je ne connaissais que de nom. Barrence est un chanteur de couleur noire qui drive un combo réunissant des blancs. De petite taille, trapu, chauve, chaussant des lunettes fumées sur le nez, il possède une voix hors du commun. Puissante, profonde, elle évoque, en mon fors intérieur, tour à tour James Brown ou Little Richard. Surtout ce dernier, quand la musique du combo prend sa forme la plus rock’n’roll. Et l’impression aurait été encore plus manifeste, si parmi les musicos, figurait un pianiste. Car sous leur aspect le plus soul, les morceaux sont hantés par feu Mr. Dynamite. Comme la plupart de ceux joués en début de show. Impressionnant, le saxophoniste baigne l’expression sonore de sonorités chaleureuses. Au sein du line up, militent également un guitariste, un bassiste et un drummer. D’excellent musicos, il faut le souligner. Mais j’ai toujours eu du mal à accrocher à cette forme de rhythm and blues. C’est à partir du moment où le répertoire va passer au rock’n’roll que le set va devenir le plus convainquant. Barrence se mue alors en véritable sauvage et se roule sur l’estrade, tout au long de compos percutantes, explosives et irrésistibles. Avant de clôturer sa prestation par un delta blues réminiscent de John Lee Hooker.

Le trio The Experimental Tropic Blues Band a donc publié son troisième album, sous la houlette de Jon Spencer. Intitulé « Liquid love », c’est probablement l’opus le plus sauvage que le combo liégeois ait concocté à ce jour. Et sauvage, c’est le terme qui convient le mieux à leur prestation. Le son est sale. Ca cogne dur. Boogie Snake porte une veste à franges. Son épaisse chevelure blonde lui cache le plus souvent le visage. Dirty Coq a enfilé un marcel. Il est très concentré sur son sujet. Devil d’Inferno frappe sec. Un tempo tribal qui fédère les compos. De temps à autre, Boogie Snake arrache des notes de son harmonica, notamment lors de l’interprétation de leur single, « Keep this love ». Il nous réserve aussi son morceau rituel, qu’il interprète au bord de l’essoufflement, puis n’oublie pas ce petit exercice de crowdsurfing si caractéristique. Dirty Coq se sert alors d’un jack de guitare pour attaquer la cover du « Human fly » des Cramps.  Classique ! Un bon set, mais trop ancré dans ses repères. Deux ou trois reprises supplémentaires et pourquoi pas chaque fois différentes, incluses dans leur répertoire ‘live’, devraient permettre au public de davantage accrocher. Un créneau que le trio aurait peut-être intérêt à creuser, pour ne pas provoquer une certaine lassitude chez les fans. Surtout quand on joue au sein d’un périmètre aussi restreint que celui de la Belgique…

Chez El Fish, milite Steven De Bruyn, un remarquable harmoniciste. Il monte sur l’estrade coiffé d’un superbe chapeau. Les quatre autres musiciens sont loin d’être des manchots. Sous son aspect instrumental et vocal, la solution sonore est parfaite. Mais musicalement, ce genre a le don de me pomper l’air en deux temps trois mouvements. En fait, il manquait notre spécialiste en blues, Jean-Claude, qui aurait été bien plus utile sur place pour jauger leur prestation…

C’était la troisième fois que j’assistais à un concert du Jon Spencer Blues Explosion ; et les deux premiers ne m’avaient pas particulièrement emballé. Mais dès les premières secondes du set, on sent que le trio est en forme. En outre, et ce phénomène est probablement une énigme : le son est impeccable, frôlant la perfection. Et pourtant la musique est âpre, viscérale, sans concession. Les guitares hurlent. Faut dire qu’elles sont deux, et la gratte de Judah Bauer, libère des sonorités aussi virulentes que celle de Jon. Bauer se réserve également le chant, sur l’une ou l’autre compo. Mais évidemment, c’est la voix de prédicateur shamanique de Spencer qui fascine le plus. Tour à tour indolente ou geignarde, elle nous assène régulièrement son slogan rituel ‘Bluuuuuuuues exPLOsieuuuuuuuun Babyyyyy !’ La frappe du drummer Russell Simins est implacable, entretenant ce climat de tension permanente. Bref les trois musicos me semblent tous très inspirés ce soir, et contribuent équitablement à l’élaboration de ce blues contemporain et furieux. On se rend compte aujourd’hui que sans le JSBE, il n’y aurait jamais eu de Black Keys, Jim Jones Revue, White Stripes et consorts. La classe ; même si au bout du set, il n’y a pas eu de rappel. Encore une bande de sauvages (merci Phil pour le bon mot !)

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