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Roots & Roses 2013 : mercredi 1er mai

Écrit par Bernard Dagnies - mercredi, 01 mai 2013
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Roots & Roses
Ancien Chemin d’Ollignies
Lessines
01-05-2013

Avant de débarquer sur le site du Roots & Roses, ARAMAK iAB ft Bai Kamara Jr, Madé J, The Urban Voodoo Machine, The Hillbilly Moon Explosion, Larry & His Flask ainsi que Bertrand Lani et son backing group avaient déjà rendu leur copie. Il est près de 16 heures et enfin, la température est de saison. Pas mal de festivaliers se prélassent même sur le site, en attendant, sans doute le groupe ou l’artiste qui les arracheront de leur sieste. Un bar de bières spéciales a été aménagé sous un des chapiteaux et quelques échoppes proposent des mets plus exotiques les uns que les autres. Mais c’est la musique qui nous intéresse pour l’instant…

John Schooley & His One Man Band, ben c’est John Schooley l’homme-orchestre. Assis, il joue de la guitare ou du banjo, chante quand il ne souffle pas dans son harmo, et imprime le rythme des ses drums tout en agitant les cymbales, à l’aide de ses pieds. Le son est volontiers crade. Le style oscille entre boogie, country, rockabilly, garage, lo-fi et delta blues. Ex-Revelators & Hard Feelings, le Texan démarre sur les chapeaux de roues. Mais au bout d’une demi-heure, il est cuit et se retire complètement exténué, sous les applaudissements du public, néanmoins satisfait…

Avant de fonder son groupe, Slim Cessna a milité chez le The Denver Gentlemen en compagnie de Davide Eugene Edwards. Ce qui explique sans doute pourquoi, on retrouve également chez la formation, des lyrics véhiculant une imagerie religieuse. Encore que parfois on se demande si les textes ne sont pas à double sens. A la fois dévotionnels, ironiques et critiques. Un peu comme s’ils reflétaient l’incertitude et la fragilité de leur foi. Slim partage le chant avec Jay Munly, un type filiforme qui pourrait incarner Dracula, dans un film de vampires. Son timbre est ample. Il est ainsi capable d’osciller entre celui de Peter Murphy (Bauhaus) et de Brett Anderson (Suede). Il joue aussi parfois de la guitare. La voix de Slim est plus américaine, et me fait parfois penser à celle de Stan Ridgway (Wall of Voodoo). Mince et de grande taille, il gesticule comme une marionnette articulée par des fils. Le line up est complété par un claviériste totalement impassible, assis derrière son orgue, planté à la gauche du podium, contre un haut-parleur, un drummer, un contrebassiste et un guitariste chauve, de petite taille, qui alterne entre la double gratte et le dobro. Particularité, il se secoue régulièrement la tête. Et la moitié des musicos sont coiffés d’un Stetson. Issu de Denver, tout comme le leader de Wovenhand, The Slim Cessna’s Auto Club a le sens du spectacle. Les deux vocalistes s’agenouillent, lèvent les bras et leurs duos sont échangés comme des dialogues. Et pourtant, leur country gothique peut s’avérer allègre. Ce qui explique sans doute l’enthousiasme du public et le rappel que le combo a accordé généreusement.

En 1992, votre serviteur avait eu l’opportunité d’interviewer les Godfathers (voir ici). A l’époque, le combo était au sommet de son art. Et il venait de publier un opus live. Pourtant, c’est en 1988 que la formation londonienne avait publié son meilleur album, en l’occurrence « Birth, School, Work, Death », un long playing qui entre dans le Billboard, aux States, et dont le titre maître va même atteindre le Top 40 insulaire, en 1990. De quintet, le combo va passer à un quatuor, et puis, vivre des changements réguliers de line up. Il ne reste d’ailleurs plus que les frères Coyne comme membres originels du combo. Mi-90’s, les Godfathers se séparent, et tentent de se lancer dans de nouvelles aventures. Sans grand succès. Avant de se reformer en 2008. Sous la houlette des deux frangins, of course, mais impliquant deux nouveaux musicos. Et c’est sous cette forme que le combo se produisait en début de soirée. Après un instrumental, « Cause I said so » ouvre les hostilités. On retrouve toute l’attitude dans les gestes du showman et la morgue feinte, sur le visage du chanteur. La section rythmique tient la route. Mais le son est vraiment trop puissant. En outre, au fil du set, le gratteur (NDR : un peu enveloppé) en remet constamment une couche. Et la voix de Peter ne parvient pas à tenir la distance. Il y a quelques nouvelles compos, prévues pour leur nouvel elpee, mais on ne vibrera plus qu’à l’écoute de leurs hits, dont l’inévitable « Birth, School, Work, Death », « She gives me love », l’hommage à Johnny Cash, « Walking Talking Johnny Cash Blues », et en final la reprise inévitable du Plastic Ono Band, « Cold turkey ». Une petite déception…

The Reverend Peyton’s Big Damn Band est un trio issu de l’Indiana qui adore se produire en ‘live’. Il se tape une moyenne de 250 sets par an. Excusez du peu ! Arborant une barbe fleurie, Reverend J. Peyton chante (d’un accent yankee à couper au couteau !) et joue de la guitare. Tantôt de la Resonator, de la National, de la Gibson acoustique, de la cigar box (à trois cordes) et de la fingerstyle. Il est capable de produire de sonorités de guitare basse et électrique, en même temps. Et n’hésite d’ailleurs pas à en faire la démonstration. Quant à son épouse, Breezy Peyton, une fleur plantée dans les cheveux, elle chante d’un timbre aigu, souffle parfois dans un harmo, mais gratte constamment sa planche à lessiver (washboard), en prenant bien soin de protéger ses mains de gants et de doigts en acier. Troisième larron, Aaron ‘Cuz’ Persinger, un cousin lointain, se réserve les drums. Et tout au long du set, il va pilonner ses fûts comme un possédé. Le blues rural de TRP’sBDB est particulièrement énergique et vivifiant. Et pour cause, le combo joue ses compos sur un tempo plus rapide que sur disque. N’empêche, la prestation est plutôt réussie, même si elle n’entre pas particulièrement dans mes cordes…

Formation londonienne, The Jim Jones Revue jouit d’une fameuse réputation en ‘live’. Et elle va le démontrer, une nouvelle fois ce soir. Vêtu de noir, ce quintet réunit un drummer, un bassiste, coiffé d’un chapeau probablement emprunté à un acteur d’‘Orange mécanique’, un claviériste/pianiste, un guitariste et un chanteur charismatique, Jim Jones, qui double aussi parfois à la six cordes. Pas n’importe qui, puisque de 1998 à 1994, il a milité comme vocaliste chez Thee Hypnotics (album culte ici). Bref, première constatation l’attitude chez TJJR est fondamentalement rebelle et chorégraphiquement rock’n’roll. A la limite proche des débuts de Manic Street Preachers. Les musicos déménagent littéralement sur les planches. Beau gosse, Jim suinte de sensualité. Ses postures peuvent se révéler menaçantes. Sa voix est rauque, graveleuse et me fait parfois penser à celle de feu Steve Marriott (Humble Pie). Il n’hésite pas à allumer la salle de ses ‘Say yeah’, auxquels la foule répond en chœur, de plus en plus fort. Et les ivoires apportent ce goût rock’n’roll institué par Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et même Little Richard. Mais le groupe à le bon goût de ne pas tomber dans le pastiche, même si parfois, il lorgne vers The Clash ou encore Tom Waits. Derrière le band, les amplis ‘Orange’ grondent et crachent leurs décibels. Le public est chaud comme la braise, et il se lance dans de nombreux pogos ainsi qu’à du surfcrowding. Un set remarquable ponctué par un rappel qui va s’achever par une énorme clameur, les gratteurs élevant leur instrument pour libérer un larsen collectif et victorieux. Un grand moment du festival et certainement un des meilleurs concerts, auxquels j’ai pu assister cette année.

Il revenait aux Stranglers de clôturer les festivités. Annoncé unplugged, le concert sera, en fait semi-acoustique. Du line up initial, il ne reste plus que le claviériste Dave Greenfield (la boule à zéro) et Jean-Jacques Burnel, le drummer Jet Black ne participant plus aux tournées. Et son remplaçant tire plutôt bien son épingle du jeu, tout comme Baz Warne, le nouveau gratteur/vocaliste, qui remplace avantageusement Paul Roberts, sans pourtant faire oublier l’inimitable Hugh Cornwell. En ‘live’, le line up est enrichi d’un percussionniste. Burnel (NDR : qui se déplace en s’aidant d’une béquille) et Warne viennent s’asseoir en front de scène. Et vont jouer de la sèche, pratiquement, tout le set. Un set techniquement parfait, le groupe privilégiant les compos les plus accessibles, que le public se surprend même parfois à fredonner. Un peu dans le climat du Dvd immortalisé à Bruges et paru l’an dernier. Oui, on est alors replongé en pleine période auriculaire (NDR : pensez à « Aural sculpture »). Mais au bout d’une heure, l’ennui commence à nous gagner et sans faire de bruit, nous nous sommes éclipsés en repensant à une époque où les Stranglers critiquaient violemment ce style musical destiné aux soixante-huitards. Que sont devenus les « Hanging around », « I feel like a wog », « No more heroes », « Nice 'n' Sleazy » et autres hymnes punks sauvages qui dénonçaient l’apathie et le nombrilisme de la prog ? Quelque part, le groupe anglais joue aujourd’hui ce qu’il avait vertement vilipendé, il y a un peu plus de trois décennies…

Sans quoi, Ludo et votre serviteur espérons revenir l’an prochain, pour y vivre des moments aussi inoubliables que celui vécu lors du concert de The Jim Jones Revue…

(Voir aussi notre section photos ici )

 





 

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