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Roots & Roses 2017 : lundi 1er mai

Écrit par Bernard Dagnies + Didier Deroissart - lundi, 01 mai 2017
Image
Roots & Roses
Ancien chemin d’Ollignies
Lessines
01-05-2017

Le temps est resté menaçant toute la journée du 1er mai, à Lessines, mais pratiquement pas une goutte de pluie n’est tombée. La foule n’y est pas venue cueillir du muguet, mais écouter du blues, du bluegrass, du punk, du punkabilly, du roots, du garage et des dérivés de ces styles. Une bonne nouvelle en appelle une autre, puisque la huitième édition du festival a accueilli 3 700 personnes, soit presque un bon millier de plus que l’an dernier. Faut dire que l’affiche, cette année, propose des artistes qui attirent le peuple, comme les Fuzztones, The Sonics et surtout Pokey Lafarge, particulièrement populaire au Nord du pays.

Il est à peine 11h00 et les régionaux de l’étape, Power Skake, entament les hostilités. Le line up réunit d’excellents musiciens ; en l’occurrence le chanteur/harmoniciste Fred Janus, le contrebassiste Jonathan Blondel, le drummer Antoine Olivier et le guitariste Jérôme Rasson. Ces deux derniers militent également chez Rockin’ and Drinkin’ Guys, un combo qui s’est déjà produit dans le cadre de ce festival. Power Skake pratique un excellent roots/blues/rock, parfois teinté de punk. Le chanteur se démène et occupe tout l’espace scénique. Mais on se demande ce que fabrique le responsable derrière les manettes. Il chipote constamment les paramètres de ses ordinateurs et ne parvient pas à trouver les bonnes balances. Conclusion : le son est exécrable. Pas vraiment sympa pour les musiciens. Aussi, je quitte le chapiteau, après deux morceaux.

Et la qualité sonore n’est toujours pas au rendez-vous pour le set de The Scrap Dealers, une formation liégeoise qui pratique une forme de psyché/noisy/garage inspirée par Spiritualized. Ici, c’est le volume sonore qui est excessif. Les infra-basses vous arrachent les tympans. C’est intenable ! Et puis, franchement, ce style de musique n’est pas adapté à ce type de rendez-vous. Pourtant, il y a certainement du potentiel chez cette formation ; aussi j’espère la revoir dans d’autres conditions. Et comme pour Id!ots, le confort d’écoute est toujours aussi déplorable, votre serviteur prend un bon bol d’air frais.

Il y a quelques années, Jon Spencer avait emporté, dans ses valises, le trio danois PowerSolo, pour assurer le supporting act de sa tournée. Son style ? Du rock’n’roll contaminé à la fois par la noisy et le rockabilly. A l’extérieur du chapiteau, le son est potable. Mais c’est toujours le même type qui est chargé de la console. Donc…

Désespéré, je me rends sous l’autre tente, où la bande à Woody Pines –qui nous vient de Nashville, dans le Tennessee– opère son soundcheck. Et ce jugband va nous livrer une forme d’americana qui se nourrit à la fois de country, blues, hokum et hillbilly. Une expression sonore qui sent bon les grandes plaines parcourues par les cow-boys. Non seulement Woody joue de la sèche, du dobro et imprime le tempo à l’aide d’un tombass, mais il souffle superbement dans un harmo. Il est soutenu par un contrebassiste et un gratteur, également préposé au banjo et à la pedal steel. C’est la première fois que le combo met les pieds sur le sol européen et ce ne sera que du bonheur. Il y a du monde devant le podium. Le son est enfin au point. Et vu le style musical proposé, votre serviteur prend son pied. En attendant impatiemment le set de Pokey Lafarge… (D.D.)

Sur le site, un ring a été installé Et tout au long de la journée, il sera le théâtre de combats de catch. Amusant, mais parfois aussi effrayant ; surtout quand on voit une masse musculaire s’abattre sur un concurrent pour l’aplatir, malgré ce plancher, finalement plutôt caoutchouteux.

Place aux Pine Box Boys, une formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste Lester T. Raw, dont la barbe est impressionnante. Tout comme celle du drummer, d’ailleurs. Le line up implique également un banjoïste (NDR : il joue en picking), un contrebassiste, et sans doute pour la tournée, un cinquième larron qui se charge de la trompette ou du dobro. La musique de cette bande de joyeux lurons (NDR : tout le reste de la journée, ils vont danser le rock’n’roll, dans la fosse, avec leurs copines) oscille du bluegrass à l’americana, en passant par le gothique, alors que les textes, chantés d’un timbre graveleux (NDR : sur son micro, figure un drapeau de l’Arkansas, en miniature), un peu à la manière de Garth Brooks, racontent des histoires de mort, de meurtres et de misère. Un show, fort sympa auquel il ne manquait, finalement, que la participation d’un violoniste. De quoi rendre l’ambiance encore plus festive. Un coup de cœur, quand même, une compo plus pop, intitulée « Dog named death », digne de REM…

C’est en 2005 que votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer le leader des Fuzztones, Rudi Protudi (voir ici). Depuis, le band continue de rouler sa bosse, mais plus tout à fait sous le même line up. Aujourd’hui, y figurent deux musiciens italiens. Le premier, Marco Rivagli se charge des fûts. Et le second, Nicoló Secondini, remplace Lana Loveland, l’épouse de Rudi (NDR : qui vient d’accoucher), aux claviers. Le line up est complété par un bassiste et un second gratteur. Les deux guitaristes se servent toujours d’une Vox Phantom qu’ils vont croiser, à la fin du set, comme sur la pochette de l’album « Lysergic legacy ». En 12 ans, Rudi Protudi a bien évidemment changé. Il semble avoir plus de mal à bouger son immense carcasse, et son visage est bien buriné. Il monte sur les planches à partir du deuxième morceau, « 1-2-5 », une cover de The Haunted, au cours de laquelle il souffle dans son harmo, des sonorités écorchées. Lunettes noires, il saisit le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre afin de poser le baryton profond de sa voix. Au bout du quatrième titre, il ôte ses lunettes et le suivant, empoigne donc sa gratte pour attaquer « Ward 81 ». Le claviériste nappe les compos de tonalités bien rognées. Parfois trempés dans le feedback, les guitares crépitent et nous entraînent dans un véritable tourbillon de psyché/garage croustillant, rafraîchissant. Un bémol quand même, le son est beaucoup trop fort, et on perd inévitablement les nuances. Plus amusant, c’est le comportement du drummer, torse nu après deux titres, qui focalise les regards. Il ne tient jamais en place, monte sur sa grosse caisse, s’assied de travers ou joue de l’autre côté de ses fûts, parfois couché (?!?!?). Du set on retiendra quand même les inévitables « She’s wicked » et puis la cover de « Strychnine » des Sonics. D’ailleurs, les musiciens sont absolument ravis d’avoir croisé leurs idoles, qui joueront en fin de soirée…

Les membres de The Experimental Tropic Blues Band sont contents de retrouver la scène. Faut dire que ces derniers temps, ils ont été très occupés par la confection de la B.O. du film, « Spit’n’Split », qui va inévitablement alimenter le set (NDR : réalisée avant le spectacle, une interview du groupe vous sera proposée prochainement). Dont en seront extraits « The power of the fist », titre balancé en forme de coup de poing et « Baby bamboo », un morceau davantage à connotation sexuelle. Le trio adapte l’hymne du ‘Roots & Roses’, à la sauce shoegazing. Etonnant ! Mais le plus intéressant procède d’une autre reprise, celle du « Ghost rider » de Suicide. Jeremy harangue la foule. Il invite son luthier sur les planches pour le remercier du travail exécuté sur sa guitare flambant neuve. Et puis, bien dans l’esprit du Jon Spencer, les compos défilent sur un tempo métronomique imprimé par Devil d’Inferno. Jean-François (NDR : qui se sert régulièrement d’un bottleneck) sort ponctuellement son harmo de sa poche, pour déchirer le climat des compos. En final, il va même se laisser porter par la foule, tout en en jouant ou en éructant des vocaux spasmodiques, alors que Jérémy, qui a balancé sa gratte, joue des boutons et des pédales, sur le sol, avant que les deux ne décident de se lancer dans un exercice de hip hop. Un concert rentre-dedans, à la limite de la saturation sonore, qui manque encore de l’une ou l’autre variation pour vraiment plaire au plus grand nombre. Mais est-ce vraiment leur objectif ?

Tout comme The Sonics, Pokey Lafarge s’était déjà produit aux Roots & Roses, en 2014. Et apparemment, il a changé de line up. Il est soutenu par un batteur, un contrebassiste, un trompettiste, un guitariste (électrique) un saxophoniste et un multi-instrumentiste (harmonica, percus, banjo, sèche, etc.), coiffé d’un superbe chapeau de paille. Pokey joue de la semi-acoustique. Au bout de quelques morceaux, il laisse tomber la chemise, pour laisser apparaître un maillot de football américain floqué du n° 83. Vintage, la musique est le fruit d’un mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et celle du multi-instrumentiste est presque une copie conforme. D’ailleurs, le résultat est plutôt étonnant quand ils les conjuguent. Ce dernier utilise également des percus en os ; et franchement sa dextérité est impressionnante. Bref, ce show particulièrement agréable à écouter, a enchanté un auditoire, certainement conquis, enthousiaste et qui a même obtenu un rappel !

En 2014, le concert des Sonics s’était révélé de bonne facture, mais un peu mou du genou. De quoi laisser dubitatif, quant à une performance de choix, trois ans plus tard. Et pourtant… Du line up initial, il ne reste plus que le saxophoniste (parfois harmoniciste), Rob Lind. Qui affiche quand même plus de 70 balais. Les deux autres membres, Gerry Roslie et Larry Parypa ont cédé leur place au guitariste Evan Foster et au claviériste Jake Cavaliere (The Lords of Altamont). Enfin, en tournée, car les autres fondateurs du band continuent de participer aux sessions d’enregistrement. Et finalement, ce renouvellement a donné un fameux coup de boost à la prestation ‘live’. Le gratteur est d’ailleurs littéralement déchaîné ; mais également talentueux. Et puis, le chanteur/bassiste, Freddie Dennis ainsi que le drummer Dusty Watson, ne sont pas en reste. Ecorchée vive, la voix de Dennis transperce littéralement les hymnes qu’il interprète. Et celle de Cavaliere passe également bien la rampe. Rob bavarde énormément entre les morceaux, incite le public à crier, parle du dernier album (« This is The Sonics », dont la reproduction de la pochette est projetée en arrière-plan), paru l’an dernier, et invite les spectateurs à l’acheter ou alors les t-shirts à l’effigie du groupe. Freddie et Evan osent quelques pas de canard à la Chuck Berry. Les reprises son légion : le « Louie Louie » de Richard Berry, le « Black Betty » de Huddie ‘Lead Belly’ Ledbetter, traduit en hit par Ram Jam en 1977, le célèbre « Lucille » de Little Richard, le « Sugaree » de Grateful Dead, le « Have love will travel » de Richard Berry et celle du « Money (That's What I Want) » des Beatles ; mais aussi les classiques, comme « Boss Hog » (NDR : qui a inspiré le patronyme d’un projet de Jon Spencer) et l’inévitable « Strychnine ». Sans oublier les compos issues du dernier elpee. Une véritable déferlante ! Aux premiers rangs, la foule se lance dans du crowdsurfing. Et puis, le public réclame un rappel. Trois morceaux, au cours duquel la formation légendaire va oser une cover vitaminée du fameux « I don’t need no doctor » de Ray Charles, popularisée par Humble Pie en 1971. Une claque !

Le festival se clôture par les Paladins, un trio roots-rock-rockabilly issu de San Diego, drivé par le guitariste Dave Gonzalez. Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un contrebassiste. Le premier titre est instrumental, et après la reprise du « Memphis, Tennessee » de Chuck Berry, nous tirons notre révérence, tout en prenant bien soin de réserver à ce groupe Californien, quelques clichés… (B.D.)

Voir notre section photos, ici

(Organisation : Roots & Roses)

 





 
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