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Scène sur Sambre 2015 : vendredi 28 août

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 27 août 2015
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Scène sur Sambre
Abbaye d'Aulne
Thuin (Gozée)
28-08-2015

C'est la cinquième édition du Festival des Barges. Il se déroule sur la Sambre, à Scène sur Sambre très exactement, près du site classé de l'Abbaye d'Aulnes. Cette nouvelle édition sera épargnée par la pluie et la boue. A contrario, le soleil est au rendez-vous. Le podium principal est monté sur 20 barges, mais il est assez bas, cette année. Le public assiste aux spectacles depuis les rives. Ce qui fait sa spécificité. Parmi les festivals estivaux, il est devenu progressivement une référence. Plus de 25 000 spectateurs vont le fréquenter pendant les 3 jours. Et le premier est sold out. Un immense succès pour cette cinquième mouture.

Le premier groupe à grimper sur l’estrade est bruxellois. Son patronyme ? Paon. Un quatuor réunissant Ben Billieux-Beynon (Tellers) à la gratte, Aurélio Mattern (Lucy Lucy, The Vagabonds, Sonnfjord) aux synthétiseurs ainsi qu’aux percussions, Jérémy Mulders à la basse et Léo Grosheitsch aux drums.

Paon a publié son premier Ep, « Shine Over Me », en 2013. Et il avait bien été accueilli par la critique. Ben et Aurélio sont les têtes pensantes du combo. Ce qui laisse supposer qu’il ne devrait être qu’un tremplin pour ce duo.

A l’instar de BRNS, la formation est en progression constante. Elle a assuré le supporting act pour des têtes d’affiches prestigieuses ; et en particulier pour Alt-J, Editors, Girls in Hawaii, Hanni El Khatib, Best Coast, Brigitte, Troy Von Balthazar, Jacco Gardner et Villagers. Elle est venue présenter son premier elpee. Il est éponyme.

S’il n’y avait le chapeau de cow-boy, Ben pourrait postuler pour un personnage dans un film consacré à la vie de Jésus Christ. Il en aurait d’ailleurs le rôle principal. Le set s’ouvre par « Shine Over Me », le titre qui leur a permis de se faire connaître. Un morceau mélodieux, sculpté dans un psychédélisme aux accents 60’s. Ben et Aurélio se partagent les vocaux tout au long du lumineux « Wake Them Up ». « Teevee » nous replonge dans les sixties. On pense aux Beatles, même si les voix lorgnent davantage vers MGMT. Très pop, « Cool Spot » et « Plastic Flower » sont deux nouvelles compos ; et elles sont excellentes. Dans la foule, je remarque la présence de quelques jeunes mammys. Le volatile a parfaitement joué son rôle ‘liminaire’… 

Le changement de matos nécessite 15 minutes d’attente. Alors direction scène ‘Pirate’ pour assister aux prestations de jeunes talents derrière les platines. Recorders y est donc attendu. Bien que fondé en 2006, son premier opus est paru ce 11 septembre 2014. Il s’agit de la première sortie belge pour Caroline Records, un label hollandais sur lequel militent, notamment, Beck, Tame Impala et Blondie. L'album, a été mixé par Tony Hoffer (M83, Phoenix, Air, Beck, The Fratellis) à Los Angeles.

Leur style ? Un cocktail indie de post-pop, de rock et d’électro qui alimente des compositions atmosphériques, dansantes et éclectiques. Stimulées par des beats électroniques, aussi. Et ont un parfum yankee...

Pas de grimages aujourd’hui sur les visages des musicos. Le concert débute par « Someone Else’s Memory ». Un nouveau titre diffusé régulièrement sur les stations radiophoniques. Les voix sont éthérées. La mélodie est superbe. Le début de « Wolf Drums » est dynamisé par les percus. Mais progressivement les six cordes prennent l’ascendant. Un abordage (NDR : nous sommes sur les flots…) incisif, mais trempé dans la cold wave. Bien ciselée, cette plage est la plus longue de l’LP.

Davantage dansant, « Kelly » évoque Stereo Grand. Quelques titres du prochain long playing : « Geometric Peaks », « Raging Sea », « Arctic Skies and Moonless » et « Stentoria ». Sortie prévue ? Février/mars 2016. « Stay Tuned! » est encore un inédit. « Purple and Gold » est une autre compo dansante et excitante. Après la plus paisible « Under The Waves » (NDR : une petite perle !), « Beach » clôt le set. Egalement dansante elle adresse un clin d’œil au band liégeois, Two Kids On Holliday. Un set ‘live’ bien énergique pour de véritables perfectionnistes du son…

Place ensuite à Mud Flow. Vincent Liben, le leader, est issu de Bruxelles. Il s’agit aujourd’hui d’un groupe à géométrie variable. Fondé en 1994, quand même. Séparé en 2010, il se reforme circonstanciellement. Vincent mène, en parallèle, une carrière en solitaire, dans la chanson française, depuis 2004. Au sein du collectif, on retrouve, un autre Bruxellois, Laurent Stelleman.

Mud Flow va nous proposer un set nerveux et très électrique en dispensant les standards de sa discographie. Et la prestation de s’ouvrir par « The Sense Of Me / Chemicals » (« A Life On Standby », 2004). Des images de ‘Tetra Pack’ sont projetées en arrière-plan. Très jolie, la mélodie de « Chemicals » constitue un compromis entre Coldplay et Radiohead. Vincent y libère toute sa sensibilité. « Oh Yeah  » est la plage d'ouverture du second LP, « Re Act ». Une compo qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre dEUS et Iggy Pop. Sur « 10 Pm In A Bar », Liben chante un peu à la manière d’un Morrissey, mais ses intonations sont bien plus musclées. « My Fair Lady Audrey » (« Ryunosuke ») campe un compromis entre la bande à Tom Barman et un Ghinzu au sommet de son art. « Today », « Unfinished Relief » et « Panic » ravissent les fans de la première heure. « In Time » permet à Laurent de tirer son épingle du jeu. Et c’est « New Eve » (« A Life On Standby ») qui achève le show. Si votre serviteur estime que « A Life On Standby » et « Ryunosuke » constituent les sommets de la carrière de Vincent, il espère que Mud Flow aura bientôt la bonne idée de nous réserver un nouveau long playing.

Je profite du set de Sharko pour aller me restaurer...

Aujourd’hui, la tête d’affiche est incontestablement Triggerfinger. Un trio réunissant le drummer Mario Goosens, le bassiste Mr Paul, aka Paul Van Bruystegen, et le guitariste/chanteur charismatique Ruben Block.

Véritable institution en Flandre, Triggerfinger jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale, qu’il a acquise au fil du temps. Surtout comme groupe ‘live’. A tel point, qu’au cours des dernières années, le combo a été programmé au sein des plus grands festivals européens: Werchter, Vieilles Charrues, Rock Am Ring, Dour, Pukkelpop, Pinkpop, Sziget, Lowlands, Main Square. Il a même assuré le supporting act des Stones à Hyde Park, en 2013. Eponyme, son premier opus est paru en 2004. Suivi par l’album ‘live’ « Fathers Up » en 2007, « What Grabs Ya » en 2008, « All this Dancin' Around » en 2010 (NDR: il a récolté un succès phénoménal qui s’est traduit notamment par un disque de platine en Belgique) et le dernier, « By Absence Of The Sun », cette année. Un enregistrement qui a été postposé, suite au succès imprévisible de leur cover du « I Follow Rivers » de Lykke Li, immortalisé lors d’une session radio pour la chaîne hollandaise 3FM. Un tube aussi énorme qu’inattendu qui les a renvoyés sur les routes, pour un nouveau périple de 6 mois, aux quatre coins du Vieux Continent. Une reprise qui figure sur le nouvel LP ‘live’, « Faders Up 2 »…  

Huit mille personnes ont envahi la plaine pour accueillir la formation anversoise. Les artistes sont –encore et toujours– tirés à 4 épingles. Surtout Ruben. Il doit aimer les belles fringues. Un peu comme Charlie Winston. Les couleurs de son costard sont chatoyantes (NDR : on dirait un treillis de haute couture). Mario, a choisi un costume bleu foncé, mais dont la veste comporte des rayures verticales bleu ciel et jaune. Mr Paul a troqué son complet 3 pièces blanc contre un bleu classieux.

C’est un rite  depuis la sortie du dernier elpee, le concert s’ouvre par « Black Panic ». Tout au long de « And There She Was Lying in Wait » Mario imprime un tempo métronomique. Ce qui ne l’empêche pas de défoncer ses fûts. « By Absence Of The Sun » déclenche une immense ovation au sein de l’auditoire. Un nouveau titre : « Big Hole ». Du Triggerfinger pur jus. Ruben martyrise sa guitare. Il la fait glisser dans son dos. Lui extirpe des sonorités lourdes mais en même temps d’une grande pureté. Il la malmène aussi sur le plancher. Heureusement, elle ne rend pas l’âme. La set list nous réserve cependant, quelques ballades, dont la fin s’achève chaque fois en puissance. Mais bien maîtrisée. En ‘live’, Triggerfinger mouille sa chemise. Plus discret, Mr Paul privilégie l’efficacité. Car le show est assuré par le charismatique Mario. D’ailleurs, les dernières 20 minutes de concert lui sont totalement réservées. Une vraie bête de scène. Il donne littéralement tout ce qu’il a dans le ventre, harangue constamment le public. Il monte sur son siège, sa grosse caisse, prend même les cymbales entre les dents. On comprend mieux pourquoi il été nominé au Nord du Pays, comme le meilleur drummer du royaume.

Pas de Lost Frequencies ni de Robin Schulz, pour votre serviteur. Pas trop ma tasse de thé. Et pourtant, d’après les échos recueillis le lendemain leurs prestation on véritablement dynamité la fin de soirée. Il y a encore deux jours de festival. Alors, il est préférable d’aller prendre un peu de repos, bien mérité…

Lost Frequencies + Robin Schulz +  Triggerfinger + Sharko +  Mud Flow +  Recorders +  Paon

(Organisation : Scène sur Sambre)

 

 

 

 





 

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