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Solidarités 2017 : dimanche 27 août

Écrit par Gaëtan Dewilde - dimanche, 27 août 2017
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Solidarités
Citadelle
Namur
27-08-2017

Cette cinquième édition des Solidarités confirme l’ampleur prise par ces Fêtes au sein du paysage des festivals. Record d’affluence, affiche de plus en plus attrayante, site agrandi… Une fois de plus, la Citadelle de Namur affichait toute sa splendeur afin de satisfaire tous les goûts et toutes les saveurs. Théâtre, conférences, animations pour enfants et bien sûr musique. Retour sur quelques concerts d’un festival qui pourraient marquer un tournant dans son existence…

Le dimanche commence par une injonction qui invite à flemmarder : Va à la plage ! Le quatuor mené par Julien Coene donne le ton d’une journée plutôt bien entamée. Des paroles pas forcément du plus grand raffinement, mais dans ce Maquis, sous le soleil, face à un parterre encore un peu clairsemé, la musicalité du groupe fonctionne bien. Il laisse flotter un air festif en montrant « Le chemin » qu’il faut emprunter pour une bonne journée de festival. Il est léger, judicieusement programmé en ce début d’après-midi, comme le concert d’un apéro qui se prolonge. Un bon petit moment simple de dimanche.

La suite pourrait presque déjà être qualifiée de dernière ligne droite pour ces Solidarités 2017. Quatre concerts dans des styles différents vont libérer toute la puissance de ce festival. En commençant par l’excellent Saule. Baptiste Lalieu avait déjà été une des très bonnes surprises, lors de l’édition 2015, en compagnie de son groupe Gonzo. Il va confirmer son talent de showman et de musicien. Libérant une pure énergie procurée par le contact auprès du public, Saule livre une prestation convaincante. Et c’est dans la simplicité que le chanteur belge puise sa force. Il suffit de voir son look : un jean, un t-shirt. Un costume de scène on ne peut plus quelconque. Mais pas besoin de fioritures. Saule envoie du lourd et séduit vraiment la foule. Le public reprend en chœur des chansons qu’il ne connaît pas forcément. Mais « Comme » les refrains se prêtent bien à ce genre d’exercices… Ce ‘Dusty man’ n’est pas en permanence très attendu mais se révèle toujours bien présent. La classe musicale n’est ni dans le costume, ni une tentative de démonstration vocale brute de décoffrage. Elle est parfois du côté d’un gars qui vient sur les planches pour s’éclater avec UN public, même pas forcément le sien. De toute façon, il a tellement de moments à partager et un telle envie de les transmettre, qu’ils finiront par passer…

Il y a deux ans, Cali boutait le feu à l’Esplanade ! Renvoyé sur la scène du Maquis, cette année, il revenait pour faire encore plus de « Choses défendues ». Envolé le petit décor intimiste de sa ‘chambre’ dans lequel il a effectué sa dernière tournée qui vient à peine de se terminer. Retour en compagnie de son groupe pour ce dingue de scène qui a, une nouvelle fois, transformé son concert en un des moments les plus forts de ce festival. Artiste ultra dévoué à son public, le ‘live’ est son oxygène ; et les applaudissements ainsi que les cris du public lui communiquent davantage d’énergie que ne peut contenir un seul homme. Sa folie fait trembler d’excitation la fosse… Impressionnant reste le mot qui vient en premier pour évoquer cet extraordinaire show que Bruno Caliciuri lui a de nouveau réservé. Dès les premiers pas, dès son apparition sur l’estrade, tout change. La Citadelle semble avoir été érigée pour ce conquérant pacifiste des foules. Il n’existe pas d’autre histoire qui compte que celle mise en place en compagnie de cette populace unie, ralliée à la cause de ce grand seigneur qu’il est. Et si pour les purs fans d’un artiste, les festivals ne permettent pas d’atteindre la qualité des concerts en salle, cette règle semble ne pas s’appliquer à Cali qui est d’une régularité étincelante. Il est venu pour tous, amateurs de son art ou pas. Mais s’il est capable de faire hurler au délire les aficionados, il montre aussi pourquoi il est indiscutable quand il s’agit de solidarité. Au beau milieu de ce concert, il rappelle aussi pourquoi cette valeur est si importante en demandant, et en obtenant, un silence complet afin de rendre hommage aux victimes de l’attentat perpétré à Barcelone. Mais quoiqu’il en soit, quand il affirme, chaque fois, répondant à la question « C’est quand le bonheur? », que le bonheur ‘C’est ce soir !’, il dit vrai. Une heure de pur et intense euphorie qui touche, émeut, rend dingue, gonfle la réserve d’énergie… Un regret ? Le temps trop court de son set qui ne permet pas de découvrir les facettes les plus tendres du Perpignanais, parce que cet « Amour parfait », qui ravissait lorsqu’il se produisait seul sur les planches, n’aurait pas dû prendre fin si vite. Parce qu’avec lui, c’est « La vie quoi ! ». Si ce n’est déjà fait, cet artiste est à découvrir en ‘live’ de toute urgence.

Tryo clôt la salve de spectacles sur l’estrade du Maquis, pour cette édition 2017. Cette formation colle aussi à notre quotidien, parce qu’elle s’inquiète des problèmes rencontrés par notre société. Ses qualités musicales durables et son engagement justifient donc amplement sa présence aux Solidarités. Et là aussi, l’expérience des festivals transparaît clairement. Pas de vrai code de conduite si ce n’est celui de prendre du plaisir, quitte à se charrier pendant les chansons, et d’en donner. Ils vont largement réussir à faire « Souffler » leur « Vent debout » sur le public namurois. Les générations s’y croisent, se laissent porter par ce souffle, que ce soit en étant « Désolé pour hier soir » depuis 14 ans ou en chantant l’hommage à « Watson ». Les musicos prouvent que la diversité est tellement belle. Il suffit de voir au sein même du groupe français comment les styles et les qualités varient et apportent de la richesse à l’ensemble. Alors oui, dit ainsi, on frôle le discours de Miss Monde ; ce qui n’empêche pas cet aspect rassembleur et unificateur d’être leur marque de fabrique. Par exemple, Danielito, le seul à ne pas chanter, ferait danser les plus réfractaires tant il est excellent aux percussions, quels que soient les instruments. Comme quoi il ne faut pas forcément faire du rock pour envoyer du lourd. Tryo arrivera par son talent à maintenir l’ambiance folle installée par Cali. Finalement, heureusement qu’une heure séparait les deux concerts pour recharger les batteries, reposer les mains, récupérer les voix. Et en parlant du chanteur qui a atteint « L'âge d’or », depuis son opus précédent, Mali va prendre plaisir à raconter un petit bout d’histoire supplémentaire au beau milieu du célèbre tube « Désolé pour hier soir » : ‘Et là, cette fille, elle m'a dit, je crois que je ne t’aime plus’. C’est comme s’il avait prononcé une formule magique. Réagissant au quart de tour, le public se remet à chanter comme s’il était remonté dans le temps. Tryo invite alors l’auteur original de la chanson pour en interpréter un petit extrait ensemble. Un moment inoubliable qui restera gravé dans l’histoire des Solidarités. Bref, de nouveau un concert énorme dans lequel chaque spectateur semble avoir injecté autant de fougue et d’énergie que les artistes eux-mêmes.

A peine le temps de quitter le Maquis que des ‘Alors regarde’ résonnent sur tout le site, l’affluence en mouvement reprenant déjà en choeur les refrains. C’est effectivement Patrick Bruel qui achève cette cinquième édition des Solidarités. Plus besoin de présenter cette superstar française qui rallie devant la scène de l’Esplanade toutes les générations. 22 ans que le chanteur d’origine algérienne n’a plus foulé les terres namuroises. Et il fait savoir que pour lui, c’est un manque. Il reprend surtout des grands classiques qui l’ont propulsé aux sommets de la chanson française. Si l’émotion est toujours aussi présente, l’énergie semble s’être un peu envolée, comme la jeunesse de l’artiste. Il est vrai qu’à l’approche de ses 60 balais, l’époque des révoltés « Rock, Haine, Roles » ou des nostalgiques « Musique vieille » est loin derrière lui. Il met bien du coeur pour insuffler de l’énergie à son set. Et la communiquer au public. Mais juste après la reprise, le souffle est un peu plus difficile. Il est vrai que cette mini tournée n’était pas prévue et n’a pas laissé à Patrick son temps de préparation physique habituel. Musicalement, l’expérience lui permet de gérer et d’offrir un spectacle de qualité. Un « Casser la voix » bien placé opère toujours son petit effet. « Une place des grands hommes » berce par sa nostalgie heureuse. Mais aussi des « Maux d’enfants » qui touchent. C’était le lot proposé par le grand Patrick. La connexion et la communion entre l’artiste et le public restent toujours très fortes. C’est qu'il ne fait pas que bien chanter, il sait aussi parler. Et après autant de temps sans côtoyer les Namurois, Patrick Bruel avait bien du mal à abandonner la scène belge, pays qu’il affectionne depuis tant d’années.

Un dimanche grandiose qui place la barre très haute pour les futures éditions. On regrettera cependant, la programmation de Puggy comme tête d’affiche, au détriment de Cali ou Tryo. Ce dimanche a été placé sous le signe de l’engagement d’artistes, d’échanges dingues avec le public, de confirmations ‘live’… Les Solidarités ont établi un record d’affluence de manière assez méritée tant l’organisation et l’affiche étaient excellentes. Bien sûr, à l’avenir, il reste encore quelques soucis logistiques à régler ; mais les Solidarités ont vraiment inscrit, en cinq ans, leur nom aux festivals wallons. Bref, une cinquième édition des Solidarités qu’on pourrait qualifier de ‘référence’…

(Organisation : Solidarités)





 
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