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Sziget Festival 2016 : mardi 16 aoűt

Écrit par Adrien Mouchet - mardi, 16 aoűt 2016
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Sziget Festival
Ile d’Obuda
Budapest
16-08-2016

C’est déjà le dernier jour du Sziget ! Le calendrier n’en est pas la seule preuve. Il suffit de se balader autour des tentes pour comprendre que pour bon nombre de festivaliers, il est temps de prendre un peu de repos. Mais avant le retour au pays, il reste encore huit bonnes heures de musique. Let’s go !

L’Europe Stage accueille une nouvelle fois le premier concert de la journée. Il s’agit de Salmo, un ‘gruppo’ de rap italien. 95% de l’audience doit certainement être composé de ressortissants du pays de Dante. Il faut dire que ce collectif est particulièrement notoire dans la botte ! Soutenu par ses collaborateurs, le chanteur met immédiatement le feu. Je ne comprends strictement rien de ce qu’il déblatère, mais son chant est nerveux et puissant. En outre, il a recours à des refrains aisément mémorisables. Lors d’un morceau de reggae –apparemment récent– il enjoint la foule à se diviser en deux camps, afin qu’elles se rentrent dedans. La journée démarre en force et elle se déroulera sous le signe du pogo !

Après une petite restauration, direction l’A38 Arena pour applaudir FIDLAR. Issu de Los Angeles, ce groupe de garage est, à ce jour, responsable de deux excellents elpees. Une chose est sûre, il va faire très chaud sous la tente. En fait, le combo jouit d’une notoriété turbulente. Et dès 18 heures, le chapiteau se transforme en véritable sauna. Pourtant, on est surpris par le premier titre du set. Une reprise du « Sabotage » des Beastie Boys. Et comme prévu, la foule remue déjà dans tous les sens. Une agitation qui sera constante tout au long du show. Et en enchaînant par « Cheap Beer », Zac Carper et ses potes mettent directement le public dans leur poche. Véritable hymne à la boisson, le morceau fait mouche ! Les compos défilent sans guère de répit. Tout le monde se bouscule et Zac passe la moitié du concert à jouer de la guitare, couché sur les planches. Mais impossible d’observer plus de dix secondes d’affilée ce qui se passe sur l’estrade tellement il y a du remue-ménage dans la fosse. Après le surpuissant « No Waves », je craque. Je suis forcé de sortir du chapiteau pour rejoindre le bar adjacent. La bouteille d’eau achetée passe cul sec et je retourne dans la bataille. Tout le monde est littéralement baladé du 30ème au 3ème rang sans trop comprendre comment. C’est la folie. Et physiquement, c’est éreintant. Les festivaliers vont perdre de nombreux litres de sueur durant l’heure de show ! Et c’est à l’issue de « Cocaine » que FIDLAR tire sa révérence. Il s’agit de la chanson la plus emblématique du combo. Elle baigne au sein d’un climat malsain ; ce qui ajoute du piment à cette fin de spectacle. Le quatuor californien a donné tout ce qu’il avait dans le ventre. Bien aidé par un public déchaîné, il a provoqué le plus beau pogo du Sziget. Et l’intensité était telle que de nombreuses personnes se sont effondrées, dès les derniers accords exécutés. Il ne leur restait plus qu’à aller s’hydrater. C’était même devenu impératif.

Après avoir pris un bon verre, cap vers la Main Stage pour un concert qui devrait être parfait et en même temps nous réserver un moment de détente : celui de The Last Shadow Puppets. Soit le projet commun d’Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kanes (The Rascals). Le duo est venu défendre son dernier opus, paru il y a quelques mois (« Everything You've Come To Expect »). Un rock bien british mais plutôt paisible ; et certainement bien plus cool que celui pratiqué par Turner et ses singes arctiques. On arrive plus au moins à mi-concert ; mais il y a encore quelques jolies compositions dans la set list à savourer. A l’instar de « Bad Habits », aussi dansante qu’addictive. Mais ce qui frappe d’abord, c’est l’état d’ébriété affiché par Alex. Il est même carrément bourré. Une chose est sûre, il n’a pas carburé à l’eau de la journée. S’il partage le chant avec Miles, il semble bien moins conscient que son compère. Son regard est livide. Il est même drôle à regarder, car il fait absolument n’importe quoi. Il finit même à quatre pattes durant la cover du « Tottaly Wired » de « The Fall ». Heureusement, les deux artistes se connaissent parfaitement. Ce sont des amis. Et ils sont parfaitement complémentaires. A plusieurs reprises ils osent l’impro ; et le résultat est totalement bluffant. Bref, on a vécu un bon moment en compagnie de marionnettes qui n’ont besoin de personne pour les articuler !

On reste sur place pour vivre l’‘End Show’ d’Hardwell ; mais franchement, hormis les artifices pyrotechniques, son dj set est vraiment banal.

On change alors de décor, puisque sous l’A38, Bullet for My Valentine achève sa prestation. Devant de nombreux fans. Il faut préciser qu’il y a près de 20 ans qu’ils sévissent sur la scène métallique. Les Gallois sont en pleine forme. Le quatuor n’a strictement rien perdu de son énergie et propose un set partagé entre ancien et nouveau répertoire. Et alors que tout le monde pense que le spectacle est terminé, il nous offre un rappel de deux chansons, clôturant définitivement le show par le tube « Walking the Demon ». Il me semblait bien que cette chanson manquait à la set list…

Crystal Palace, ce sera le dernier concert de ce Sziget pour votre serviteur. Honnêtement, avant qu’il ne débute, une grande crainte m’avait envahi. Et pour cause, depuis le départ d’Alice Glass, Ethan Kath s’est retrouvé un peu seul. La chanteuse charismatique et son partenaire n’étaient plus sur la même longueur d’ondes. Et elle a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc recruté une nouvelle vocaliste. Quid de la remplaçante, alors ? L’A38 est plongée dans l’obscurité. Même les écrans géants sont éteints. Les haut-parleurs crachent leurs rituelles sonorités électro ; mais la voix est beaucoup trop en retrait. A tel point qu’on dirait presque de la musique instrumentale. Edith Frances (NDR : c’est la nouvelle !) fait pâle figure dans le rôle d’Alice. Bref, les appréhensions se confirment : toutes les magnifiques chansons du premier album ont été abandonnées, car elles étaient bien trop imprégnées par la personnalité de Mrs Glass. Seule Crimewaves échappe au carnage, maigre consolation… En fin de set, « Celestica » tentera bien de nous mettre un peu de baume au cœur, mais la déception est immense. Dommage de clore ce festival par une aussi piètre prestation…

Les bagages sont prêts et l’avion décolle dans quatre heures. Il est temps de partir. Le Sziget est un événement bien à part de tout ce que votre serviteur a pu vivre dans le passé. Le temps semble comme figé sur cette île où finalement la musique n’est absente qu’entre 6 et 10 heures du matin. Le public vient de tous les horizons pour faire la fête ; et la solidarité est le maître mot. Des bars ouverts toute la nuit ou des tentes plantées à dix mètres des scènes. Une telle situation n’existe qu’à Budapest ! Côté musique, on regrettera une programmation un peu trop commerciale sur la Main Stage. Pour le reste, c’était top ! Dans l’avion, les souvenirs se bousculent et il est certain que lors de la première nuit dans mon lit, les rêves vont être colorés ! A bientôt Sziget. Et surtout, ne change pas !

(Organisation : Sziget Festival)

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