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Voix de Femmes 2013 : vendredi 25 octobre

Écrit par Laurent Deger - vendredi, 25 octobre 2013
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Voix de Femmes
Caserne Fonck
Liège
25-10-2013

La deuxième soirée du festival est celle qui a attiré le plus de monde. La présence de Rokia Traoré n’y est pas étrangère. Mais la révélation est venue d'Ukraine.

En effet, le premier concert a conjugué poésie et folie issue d'Europe de l'Est. Quatre personnages en tenue folklorique, trois femmes et un homme forment DakhaBrakha (donner/prendre en ukrainien). Les dames portent de longues robes blanches et arborent de magnifiques couvre-chefs entre chapka et bonnets de horse guards. Assis l'un à côté de l'autre, face au public, la troupe a fière allure.

La musique est en permanence rythmée par différentes percussions assez hypnotiques. Par-dessus se posent quelques notes étirées de violon et d'accordéon qui créent une atmosphère étrange et envoûtante, à la fois folklorique et d'avant-garde. La même impression se dégage de la polyphonie de la troupe. Des chants traditionnels originaires d'Europe de l'Est, puissants et harmonieux, aux inflexions étonnantes, qui se répondent, se chevauchent et sont relancés sans cesse par des petits cris. On a même droit à une partie rapée assez délirante de la part d'une des interprètes. Tour à tour, dans ce foisonnement d'informations soniques, surgissent des imitations de bruits de la nature (elles utilisent notamment des appeaux), les vibrations d'une guimbarde ou les notes de toute une série d'instruments ethniques issus du monde entier. Alternant envolées franchement dansantes et moments de suspension, DakhaBrakha a emporté et bluffé l'assistance. Chaudement conseillé si le groupe repasse dans nos contrées.

Une légère pluie tombe sur Liège et je me dirige vers la yourte où se produit Mirel Wagner. Le premier opus de cette Finnoise d'origine éthiopienne a bouleversé plus d'un amateur de folk. Pas de chance, toutes les places sont déjà occupées et je vais à nouveau me résoudre à braver les intempéries. Les chansons de Mirel sont intimistes, presque confidentielles. Elles s'écoutent religieusement. Assise sur le sol, les yeux fermés, la Nordique d'adoption enchaîne les morceaux à la guitare sèche. Le moment est peut-être un peu trop solennel pour un vendredi soir. Un peu plombant aussi, il faut bien le reconnaître et les conditions dans lesquelles j'assiste au concert, rajoute encore au pathos. Un groupe de bourgeoises sort de la tente, le rire nerveux aux lèvres. ‘Bon, où est ma boîte d'antidépresseurs’ lance l'une d'elles. Agaçant pour l'amateur de folk neurasthénique que je suis mais compréhensible. Mirel Wagner interprète son album et notamment les bouleversants "No Death" et "Red" mais aussi de nouvelles compositions. Le prochain elpee ne s'annonce pas plus joyeux. Le concert s'achève devant très peu de spectateurs, les autres sont déjà partis applaudir Rokia Traoré. Mirel ne méritait pas une telle réception.  

C'est donc trempé, frigorifié et un peu affligé que je découvre Rokia Traoré. La transition n'est pas trop abrupte puisqu'elle entame son set par ses morceaux les plus calmes et les plus nostalgiques ("Ka Moun Ké", "Mélancolie"). C'est joli, c'est appliqué mais les chansons me touchent moins que sur le long playing. Il me manque peut-être la production de John Parrish… Ce sentiment mitigé va me poursuivre jusqu'à la fin du set. On assiste à un show bien huilé, impeccable de maîtrise et superbement interprété (un remarquable batteur notamment) mais jamais, je ne me sentirai totalement emporté. C'est bien mais pas extraordinaire. Cependant, le public était venu pour danser et il en a eu pour son argent. Après ce début en douceur, les percussions se débrident, les choristes se transforment en danseuses et Rokia montre tout son talent de guitariste. Le concert se clôture sur une reprise de Gloomy Sunday qui ne fait pas oublier la version de Billie Holyday. Un spectacle un peu trop conventionnel à mon goût donc ; mais les artistes de la veille avaient sans doute mis la barre trop haut.

(Voir aussi notre section photos ici

 





 
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