Une collaboration entre Musiczine et Jazzaround

Né en 1995, Jazzaround a longtemps été le ...Lire la suite...

Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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W-Festival 2016 : mardi 23 aoűt

Écrit par Bernard Dagnies - mardi, 23 aoűt 2016
Image
W-Festival
Den Brandewijn
Wortegem-Petegem
23-08-2016

Le W-Festival se déroule au milieu des champs. A Wortegem-Petegem, c’est-à-dire quelque part entre Audenarde, Deinze et Waregem. Et il se consacre essentiellement à la synth wave, l’electro dance et le post punk. Pour y parvenir, c’est quand même la galère. Aucun panneau indicateur spécifique ne vous dirige vers le site, et le GPS ne renseigne pas de destination ‘Den Brandenwiijn’. Ce n’est qu’après avoir sillonné les routes de campagne, en long et en large, qu’on arrive enfin à bon port. Au milieu de parcelles agricoles, où la moisson vient sans doute d’être achevée. Coup de bol, il ne pleut pas, car sur ces terres, le sol est encore relativement meuble, donnant l’impression de marcher sur des sables mouvants. Un parking y a été aménagé. Après les contrôles d’usage, on pénètre au sein d’un espace particulièrement bien aménagé. Le podium est impressionnant. Il y a du plancher qui couvre le sol sur tout le site et des chapiteaux, dont la plupart sont en structure pyramidale, y sont plantés autour. Judicieusement. Un plus grand a même été érigé à une cinquantaine de mètres face à la scène principale… au cas où il pleuvrait. 

En débarquant à 16h05, le set de Heaven 17 vient de commencer. Donc pas eu le loisir d’assister à ceux de The Serious Five, Portrait et De Brassers. Dommage pour ces derniers, car son style qui oscille de PiL à Wire, en passant par The Clash, The Damned et Joy Division mérite qu’on s’y intéresse.

Bref, revenons à nos moutons. C'est à l’issue de la scission de Human League que Heaven 17 est né. Le leader Phil Oakey et Phil Wright prendront la destinée du premier, alors que Glenn Gregory, Martyn Ware et Ian Craig Marsh fonderont le second. Depuis, pas mal d’eau a passé sous les ponts et Ian a abandonné le navire. Malgré quelques hits notoires, le combo est toujours un peu resté dans l’ombre de sa ligue humaine. En outre, il lui a fallu 17 ans, pour qu’il se décide à se produire en ‘live’ (NDR : en ne tenant pas compte des show télévisés, bien sûr). Ce sera en 1997. Et c’est surtout à travers ses vidéos et les pochettes de ses albums qu’il va véritablement s’illustrer. Des clips qui véhiculent le plus souvent des messages politiquement engagés…

Ils sont 5 sur les planches. Soit deux claviéristes (NDR : qui se servent de ‘Roland Fontana’ identiques, excusez du peu), dont Marty Ware, et deux choristes plutôt sexy ainsi que le chanteur Glenn Gregory. Souriant, il a la boule à zéro. Le son est excellent. Et le quintet va nous réserver une chouette prestation au cours de laquelle il va rendre un hommage à David Bowie, en interprétant son « Boys keep swinging »…

Green Gartside n’est pas davantage un adepte des planches. Ainsi, de 1980 à 2006, il n’a accordé aucun concert. Et pourtant, cet artiste a exercé une influence certaine sur de nombreux artistes. Et tout particulièrement sur Beck. Mais aussi Kurt Feldman (The Pains of Being Pure at Heart) et plus que probablement George Michael voire même Prince. Mais ici les avis des spécialistes divergent.

Quoi qu’il en soit, Scritti Politti va nous réserver un set partagé entre compos récentes et tubes, dont les inévitables « Absolute », « Wood Beez » et le plus reggae « The sweetest girl ». Green est soutenu par un préposé aux drums électroniques, un claviériste et un guitariste. Lui-même se consacre à la gratte. Il dispose d’un pupitre devant lui, mais –et c’est particulièrement cocasse– les feuilles qui lui servent d’aide-mémoire s’envolent au gré du vent ; un roadie s’évertuant à y remettre de l’ordre, à plusieurs reprises. Le son est nickel. Peut-être un peu trop puissant, quand même. Et falsetto, la voix de Gartside est d’une douceur infinie. La musique oscille entre synthpop, reggae, hip hop et soul ; mais si le concert s’avère agréable, il n’est guère interactif et finalement, on comprend mieux pourquoi Scritti Politti est considéré comme un groupe essentiellement de studio…  

Chanteuse de Kosheen, Sian Evans est très peu populaire au Sud de la Belgique. Grande fan de Joni Mitchell, elle rencontre cependant un énorme succès en Flandre, aux Pays-Bas et en Angleterre. A l’origine, Kosheen était une formation de musique électronique, mais son mélange de rock, de hip hop, de blues de drum n’ bass et folk est devenu de plus en plus organique, au fil du temps. Ainsi, sur les planches, elle est soutenue par un contrebassiste, un claviériste, un drummer, un guitariste (il se sert d’une sèche amplifiée) et de deux choristes. Et franchement, non seulement Sian a du coffre, mais c’est une fameuse showwoman. Elle invite la foule à frapper dans les mains et arpente l’estrade de long en large. Superbe, sa voix me fait parfois penser à celle de Joan Baez. Avant d’attaquer « All in my head », elle enfile une chasuble de couleur turquoise aux motifs fleuris. Mais sur ce titre plus blues, elle pousse ses inflexions vocales à la manière d’une Janis Joplin. En fait, c’est sa voix qui donne l’essentiel du relief à une musique qui malheureusement en manque singulièrement...

Place ensuite à Marc Almond. Tout de noir vêtu et chaussé de lunettes fumées (NDR : qu’il ôtera après quelques morceaux), il grimpe sur l’estrade lorsque tout son backing group est bien installé. Soit un guitariste, un drummer, un claviériste et deux choristes (NDR : une noire et une blanche). Et manifestement, il a l’air de tenir la forme. Et puis sa voix est intacte. Enfin, il fait constamment le show, par exemple en tendant le micro vers la foule pour qu’elle reprenne les refrains, les ‘sha la la la la’ ou encore les ‘woh woh woh’. Il arpente également l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Frappant des mains ou incitant l’auditoire à l’accompagner dans ses gestes. Et la foule s’exécute avec enthousiasme. Elle se met même à dodeliner de la tête, à chanter et même à danser. Des moments d’émotion traversent votre serviteur à l’écoute de « Bedsitter », « Tears run rings » ou encore « Torch ». Sans oublier l’incontournable « Tainted love », le hit de Soft Cell. En fin de parcours, il n’oublie pas sa version galopante du « Jacky » de Brel. Et achève le show par un titre au cours duquel il échange vigoureusement ses vocaux avec les choristes. Il va bien sûr recueillir des acclamations nourries. Et il le mérite amplement. Franchement, je n’imaginais pas un tel show de la part d’un artiste qui aujourd’hui tente de nouvelles expérimentations…

Ex-Joy Division et ex-New Order, Peter Hook a donc monté son propre groupe, The Light. En compagnie de David Potts à la guitare, de son fils, Jack Bates, à la basse, d’Andy Poole aux claviers et de Paul Kehoe aux drums. Mauvaise nouvelle, ce dernier n’est pas arrivé à destination. Il dispose probablement du même GPS que le mien (?!?!?). Résultat des courses, le claviériste doit aussi se charger de la boîte à rythmes, qu’il manoeuvre en se servant d’un pc portable. Deux basses dans la même formation, c’est plutôt rare ; et c’est ce qui fait le charme du combo. Mais également la guitare, dont les accords bien cinglants sont dignes de ceux dispensés par Phil Cunningham. Car pour le reste, on a quand même le droit d’être frustrés. Bien sûr, les morceaux proposés sont essentiellement puisés dans le répertoire de Joy Division ou des débuts de New Order (« Thieves like us », « Your silent face », « Subculture » « Blue Monday », « Isolation », « She’s lost control », etc.) ; et à l’écoute de ces classiques, on est envahi pas un sentiment de nostalgie. Peter se sert épisodiquement d’un clavinet, qu’il a placé dans un sac accroché à son pied de micro. Malheureusement, la voix de Peter est trop limitée. N’est pas Ian Curtis ou Bernard Summer qui veut. En fait, on a l’impression de goûter à un plat réchauffé. En outre, le set tire bien trop en longueur. Et n’apporte strictement rien de neuf. Peter aurait tout intérêt à engager un bon chanteur, et à oser la différence, s’il ne veut pas voir mourir son projet, à court terme…

Pas vraiment fan d’Alphaville, votre serviteur décide de rentrer à la maison ; et c’est Wim, notre photographe, qui lui a rapporté ses impressions. Un concert au cours duquel le groupe (un drummer, une bassiste, un guitariste, un claviériste et bien sûr Marian Gold au chant) a accordé un set particulièrement énérgique, bénéficiant d’un superbe light show, et tout particulièrement tout au long du hit « Big in Japan », la toile tendue derrière le band reproduisant des images de mangas (« Juliette je t’aime », « Cat’s eyes »), des signes en écriture japonaise ou des tracés géométriques bien nippons, sur fond de lumières rouges. Et selon notre collaborateur, la foule a beaucoup apprécié le show exécuté par le band allemand.

Bref, pour une première, on peut considérer que le W-festival a été une réussite. A taille humaine, il doit avoir attiré plus ou moins 2 000 festivaliers, pour la plupart des quinquas, dont le comportement a été vraiment exemplaire, car ils étaient venus pour faire la fête. Un public au sein duquel on a recensé de nombreux francophones. L’an prochain, faudra peut-être prévoir une autre bière que la pils (NDR : décidément, la blanche n’a pas beaucoup de crédit au Nord du pays), un vin rouge potable (à 4€ le verre, c’est un minimum) et de la nourriture un peu plus variée (entre les frites ou les pizzas, il n’y avait guère d’autre choix). Enfin, si l’organisateur cherche d’autres vieilles gloires qui ont marqué les eighties, tout en ne risquant pas trop de grever son budget, il pourrait penser à D.A.F., Gang of Four, Modern English, Wire et And Also The Trees. Enfin, si ces groupes sont alors encore bien en activité. Ce n’est qu’une suggestion, qui en vaut bien d’autres ; mais franchement, fallait oser un tel festival !

(Organisation : W-Festival)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 





 

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