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Wolfrock 2017 : samedi 22 avril

Écrit par Stéphane Reignier - samedi, 22 avril 2017
Image
Wolfrock
Centre Culturel
Dour
22-04-2017

Déjà dix longues années que le courageux Fabien Dieu, cheville ouvrière hennuyère, œuvre au service de la musique. Et la meilleure !
En outre, ce sont les locaux du Centre culturel de Dour qui hébergent, une nouvelle fois, le Wolfrock.
On se souviendra que pour des raisons obscures, l’édition 2015, qui aurait dû accueillir Jeronimo, avait été annulée.
Drôle d’idée de s’entêter à occuper cet endroit, alors que la Ville, fief du plus grand festival d’Europe, dispose de locaux autrement adéquats !
Dans le public, on remarque la présence de Marc Pinella. Entendez par là, le beau gosse de The Voice Belgique et leader de Suarez ! Inutile de dire que le pauvre a été assailli de demande de selfies par une gente féminine particulièrement excitée à l’idée de poser auprès d’un tel bellâtre !
Antoine Hénaut, artiste belge originaire de Honnelles, avait aussi rehaussé de sa présence cette sympathique manifestation. Curieusement, il n’est pas parvenu à s’attirer la moindre demande de photo. Même constatation pour Joe Salamone (Acta) !
Pourtant, même s’ils sont moins connus que leur comparse, ils se sont forgés une certaine notoriété dans le milieu.
Point positif à épingler, la qualité sonore ! Si dans le passé, l’acoustique était proche de la catastrophe industrielle, malgré les efforts surhumains des gars flanqués à la technique, cette édition a manifestement appris des erreurs du passé !
La salle est étonnamment clairsemée ! Comme les cheveux sur la tête d’un quinqua ! Faut dire que dans cette partie de la région, proche du Borinage, les gens sont davantage biberonnés à la Cara Pils et aux émissions télévisuelles proches de la débilité.
Supputons que les absents soient restés prostrés devant leur TV aujourd’hui, préférant user leur fond de pantalon dans le sofa en grignotant des chips, plutôt que de s’intéresser à un événement culturel, pourtant rendu fort accessible au vu du prix affiché ! Tant pis pour eux, car des découvertes, il y en avait de belles !

A commencer par Wicked Expectation. A peine sortis de l’adolescence, ces quatre gars au visage de poupon grimpent donc sur l’estrade ! Ce sera une des plus belles surprises lors du 10ème anniversaire de cette édition !

Originaire de Turin, le groupe s’est formé en 2012. Ces jeunes gens n’ont pas tardé à se tailler une place de choix dans la jungle musicale. Seulement trois années ont suffi pour sortir un premier elpee prometteur, « Visions », qui leur permet d’ailleurs de tourner en Italie et en Suisse.

Ce soir, ils sont venus présenter leur nouveau né, « Folding Parasite », dont le style oscille entre électronique et pop/rock, tout en revisitant agréablement les poncifs du genre.

Si les sons synthétiques s’avèrent fort contemporains, ils sont soulignés intelligemment par des instruments plus conventionnels. Les guitares électriques renforcent le caractère graveleux des compos et la batterie acoustique permet de syncoper les morceaux en leur communiquant du relief.

C’est surtout en live qu’ils parviennent à étaler toute l’amplitude de leur talent, sans pour autant sacrifier les caractéristiques typiques du shoegaze.

Leur univers pourrait se résumer à la relation triangulaire entre l'homme, les instruments et la technologie, une coexistence souvent houleuse, mais qui dans le cas d’espèce se solde par une complète réussite en générant des innovations incroyables.

Un band dont on entendra encore parler prochainement !

Quelques minutes plus tard, Return From Helsinki est invité à fouler les planches.

Là aussi, ce sont des gamins ! La vingtaine à tout casser ! De l’aveu même du leader, il s’agit de leur tout premier concert. En tout cas, sous cette forme !

Parce qu’à y regarder de plus près, certains d’entre eux ne sont pas des inconnus ! Buzz (ex-The Tangerines ; qui s’était produit ici même il y a quelques années) et John (ex-Larko) font partie de l’équipe !

Le fer de lance de ce combo belge est l’électro. D’ailleurs, l’instrumentation est purement issue de machines électroniques et de synthétiseurs. Plus contemporaine et noisy aussi !

A tour de rôle, chacun distille un savant mélange de rythmes sauvages digne d’un western spaghetti sauce aigre douce voire piquante !

Une dualité constituée de sonorités éthyliques qui créent une atmosphère sous tension, partagée lors d’un show rudement gonflé et à la limite de la transe.

Ils sont bien habités ceux-là ! Un peu trop même ! Les yeux révulsés, le leader mine des gestes orgasmiques à faire frémir ! Que fait-il dans avec sa main dans le pantalon ? La question reste ouverte…

Une (fausse) première particulièrement réussie !

Si le chapitre 4 du livre de la Genèse raconte le fratricide d'Abel commis par son frère Caïn, soit le premier meurtre relaté par la Bible, le duo formé par les frères Greg et Micka Chainis est lui bien vivant !

Après avoir accompagné durant 15 ans une kyrielle de musicos de tous styles, de Ntoumos en passant par Superamazoo, Monsieur Dupont, Acta, Lady Cover et bien d’autres, les jumeaux multi-instrumentistes lancent leur propre projet en 2013 sous le patronyme d’Abel Caine.

Drivé vocalement par Milann Lafontaine (le fils de « Cœur de Loup »), « Miracles », le premier opus du combo, a bénéficié du concours de deux drummers : Pierrick Destrebecq (pierre angulaire du band à ses débuts) et Santo Scinta (qui accompagne Alice on the Roof en tournée).

Après avoir réalisé un check son qui a un peu traîné en longueur, la troupe arrive le sourire aux lèvres et le pas décidé !

Greg se consacre à la basse, Micka à la guitare et au pad électronique, Gorgo aux synthétiseurs et machines et enfin, le fils à papa, au chant et à la guitare.

D’une voix de ténor légère, largement chaude et subrepticement éraillée, les intonations du singer rappellent immédiatement celles d’un certain… James Blunt. Même si les styles sont diamétralement opposés, la mimique vocale est troublante !

La ligne mélodique du set mélange adroitement pop, soul et funky, tout en invitant quelques touches electro.

Il existe une réelle recherche dans les sonorités qui créent un univers particulier. Les amateurs de Two Door Cinema Club, Metronomy, Phoenix et Foster The People s’y reconnaîtront

Les chansons sont accrocheuses et immédiates ! Le public y prend manifestement beaucoup de plaisir. Ca virevolte, sautille, sent la fraîcheur de l’été et l’insouciance des grands soirs !

Les titres s’enchaînent à une cadence métronomique. Les gaillards sont manifestement rompus au ‘live’ !

Les compos sont essentiellement puisées au sein du dernier LP ! Le set est maîtrisé et quasi sans surprise ! C’est propre et lisse ! Un peu trop même…

Soudain, tout explose lorsque « Electric Purple », titre phare matraqué sur les ondes radiophoniques belges, est attaqué !

Les filles remuent leur popotin dans une hystérie frénétique ! « East West », qui les a révélés au grand public, prend le pas ! Aucun temps mort ! La chaleur d’un cran, la température devient difficile à supporter tant l’exaltation est à son comble !

Gorgo sort soudainement de la pénombre, casquette vissée sur la tête. Il s’installe devant l’estrade pour se livrer à une séance de beatbox impressionnante ! Plus qu’un gadget, les sons saccadés produits par sa seule bouche entretiennent une atmosphère légère, proche du hip hop.

En tout, plus de quarante-cinq minutes d’une musique bien construite. A l’instar de la gémellité, résultante d’une ambivalence et de confrontation, à laquelle on aura du mal à trouver de réels défauts !

Milk est très attendu par une large frange du public qui frémit d’impatience.

Fondé en 2004, d’un duo, il est passé à un quatuor ! Les influences majeures remontent jusqu’aux eighties : The Cure, Sneaker Pimps, Fischerspooner, I Am X, mais aussi The Kills.

Après les préparatifs d’usage, une bande son diffuse ‘Faisons l’amour avant de nous dire adieu’. En voilà une bonne idée ! Mais qui tombe mal à propos !

Aline Renard, la préposée au chant, monte sur les praticables ! Que les festivités commencent !

Ce qui aurait dû être un mets à la curiosité insoupçonnée devient vite indigeste dans l'acception ; à cause d’une connotation éventuellement un peu simpliste ou au contraire, un rien précieuse.

Bref, difficile d’accrocher ! Les morceaux cultivent souvent une ambiance sombre comme on en rencontre dans l'électro gothique.

Mais, pas que ! C’est morne et sans relief ! Il y a quelque chose d’inachevé ! Peut-être, votre serviteur est-il trop subjectif ! Quoiqu’il en soit, c’est répétitif à souhait ! Sans oublier le côté très (trop) facile de l’approche artistique ! Ici, on se complaît clairement dans la facilité et la mièvrerie !

Quel dommage ! Parce qu’il faut quand même avouer que chacun essaie d’en faire un max pour mettre le feu (au sens figuré, évidemment) !

A commencer par le drummer qui, dès qu’il le peut, vient rejoindre sa comparse et entame une danse de sioux à s’en faire déplacer les vertèbres !

Lorsque ses gestes ne sont pas à la limite d’un érotisme torride ! Il se touche ainsi le torse en se trémoussant ! Une fille s’approche, le caresse doucement et finit par lui mettre la main au paquet ! Un scénario qui se déroule sous les cris hilares de la quasi-majorité du parterre ! L’épilogue ne nous dira pas comment et avec qui il a fini sa soirée…

Après quinze minutes de ce spectacle navrant, direction le bar ! Là au moins, on est certain de ne pas être déçu !

Enfin, c’est en accusant un peu de retard (il doit être aux alentours de minuit) que The Von Dead a l’honneur de mettre un point final de ce qui restera l’une des meilleures éditions du Wolfrock.

Autant dire que les paupières commencent doucement à devenir lourdes !

Les minois font figure de déjà vu ! En effet, Elliott Charlier (chant) et Nicolas Scamardi (drums) sont les anciens membres de Von Durden. Pour monter ce nouveau projet, ils se sont entourés de Max Tedaldi (Mums and Clowns), Ludwig Pinchart (The Banging Souls) et Leila Alev (The Smock).

Tous ont donc déjà milité au sein d'autres combos et connaissent parfaitement les codes du genre ; ce qui leur permet d’afficher une assurance à toute épreuve.

Fort intéressant, son premier Ep, « Dog Souls Fight », reflètera parfaitement le concert de ce soir !

Un set particulièrement dynamique ! Un rock/noise rock, aux accents stoner, qui sent la transpi, le torse nu et l’arrogance dans l’énergie et l’intention.

Entre guitares dégoulinantes de fuzz, velléités psyché et petites touches féminines judicieusement enrobées de new wave, l’expression sonore trahit un véritable amour de la musique...

Du son bien crasseux et des décibels à n’en plus finir pour terminer en beauté !

Détail croustillant, le bassiste arbore un cache oreille bien étrange. Est-ce pour tenter de dissimuler un crâne dégarni ou pour se protéger les tympans ? Mystère…

Parfois bruitiste, ce show parvient difficilement, et malheureusement, à retenir une frange du public qui s’éloigne peu à peu. Si les uns se dirigent vers le bar, histoire de s’hydrater, les autres jettent l’éponge et regagnent leur véhicule.

Quoiqu’il en soit, le Wolfrock aura tenu ses promesses ! Rendez-vous dans 10 ans ?

 

 





 
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