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L'heure Ash?

Écrit par Jérémy & Bernard Dagnies - lundi, 30 septembre 1996
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Ash
30-09-1996
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Voici plusieurs semaines que ce trio irlandais flirte avec le faîte des charts indépendants en Angleterre. Et suivant cette même presse, il est appelé à devenir aussi célèbre qu'Oasis. D'autant plus que son premier véritable album est absolument remarquable. Les musiciens traînent cependant, déjà, une réputation aussi sulfureuse que celle de la bande aux frères Gallagher. Et pourtant! C'est un Tim Wheeler affable, détendu et finalement très sympathique qui nous a accordé cette interview exclusive. Tim n'a pas encore vingt ans et cumule à la fois les fonctions de chanteur, guitariste, compositeur et leader du groupe. Une lourde charge que semble finalement assez facilement supporter les frêles épaules de notre interlocuteur...

Votre album et la plupart de vos singles sont coproduits par Owen Morris, c'est à dire le même personnage qui est responsable de la mise en forme des disques d'Oasis. Un homme étrange, auriez-vous déclaré. Tellement étrange?

Etrange ? Non, extraordinaire ! Pas du tout étrange. Un gars très intelligent. Nous avons beaucoup de respect pour lui et entretenons d'excellentes relations de travail. Mais non, je ne me souviens pas avoir déclaré qu'il était étrange...

Dans ce contexte, que représente Oasis pour Ash? Et penses-tu que bénéficiant du soutien d'Owen Morris, Ash deviendra un jour aussi célèbre que le groupe des frères Gallagher?

Oasis est le meilleur groupe du monde. Liam et Noël son des types honnêtes, consciencieux. Ils composent de remarquables chansons. Nous les respectons. Mais je n'aime pas trop m'étendre sur ce sujet. Rien que penser que nous pourrions un jour souffrir de ces comparaisons hasardeuses m'agace. Nous avons tout le temps pour devenir célèbres. Nous ne voulons pas brûler les étapes. Nous n'avons que dix-neuf ans et essayons de garder les pieds sur terre. Les frères Gallagher sont beaucoup plus âgés que nous et sont capables d'assumer toute la pression provoquée par la célébrité. Nous ne sommes pas encore prêts pour l'aventure. Nous y verrons sans doute un peu plus clair dans quelques années, lorsque nous aurons 27 ans (rires)...

Dans la presse britannique, tu as déclaré dernièrement que tu voulais devenir Dieu. Lequel? Jahvé, Jésus, Bouddha, Mahomet? A moins qu'il ne s'agisse d'une métaphore destinée, à l'instar d' "I'm a rock'n roll star" d'Oasis ou d' "I wanna be adored" des Stones Roses, à masquer une volonté profonde de devenir célèbre. Es-tu conscient qu'en approchant le statut de star, l'artiste se cloître au sein d'une cruelle solitude?

(rires). Ce n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire. Le journaliste m'a demandé pourquoi je souhaitais devenir une rock star. Et j'ai simplement répondu que cet objectif m'avait permis de supporter toutes ces années passées sur les bancs de l'école. Le reste n'est que de l'extrapolation.

Sur votre album, il y a un morceau caché très curieux. Qui est le coupable? Voulez-vous projeter une image de l'adolescence qui trouve un certain plaisir à se saouler la gueule?

Nous avions un peu trop abusé de la bouteille et de l'acide; et puis Mark n'a plus supporté la dose, et s'est mis à gerber. Par boutade, nous avons enregistré cette scène. Par la suite, nous ne voulions plus trop nous étaler sur cet épisode. Mais nous le trouvions tellement marrant que finalement nous avons décidé de l'ajouter sur le CD. Maintenant, avec le recul, nous n'imaginions pas qu'il allait faire un tel tabac...

Est-il exact que voici deux ans vous avez refusé de faire la première partie d'une tournée mondiale de Smashing Pumpkins? Pourquoi? Refuseriez-vous encore aujourd'hui cette opportunité?

C'est exact. Nous étions conscients de notre valeur et convaincus que d'autres occasions se présenteraient ultérieurement. Ce périple n'était donc pas indispensable pour nous. Cette aventure nous imposait d'abandonner notre vie familiale, nos études, nos habitudes. Et nous voulions encore prendre du recul pendant quelques mois avant de véritablement nous lancer dans une carrière musicale. Nous n'étions pas encore prêts ni vraiment intéressés par cette proposition. Et je suis fier de l'avoir refusée, parce que nous n'avons besoin de personne pour décider à notre place.

Que représentent des formations comme Undertones, Therapy et U2 pour un Irlandais?

Pour un Irlandais comme moi, Van Morrison est l'artiste que j'estime le plus. Et puis ce sont les Undertones. Mais nous les avons déjà dépassé leur popularité. Et c'est vraiment cool! (rires)

Votre nouveau single "Oh yeah" est enrichi de deux compositions inédites. L'une d'entre elles répond au titre de "T Rex". Vous êtes des aficionados de Marc Bolan?

Oui, j'adore l'œuvre de T Rex. Lorsque j'ai écrit cette composition, je voulais rendre un hommage à Marc Bolan. Et je suis parti sur un tempo calqué sur celui de "Hot love". Mais lorsque je l'ai terminée, je me suis rendu compte qu'elle était plutôt structurée comme une chanson des Ramones. Nous avons cependant conservé le titre, par déférence.

Sur le single "Goldfinger", on retrouve en bonus track une cover de "Get ready". Tu t'es inspiré de la version de Rare Earth ou de la composition originale écrite par Smokey Robinson?

La toute première fois que j'ai entendu cette chanson, elle était interprétée par les Supremes. Mais je préfère l'adaptation "motown", celle des Temptations, dont je me suis inspiré. Je ne connais pas la version de Rare Earth.

Dans tes lyrics, tu parles souvent d'espace, de planètes et de messages issus du fin fond de l'univers. Es-tu fasciné par les OVNI et les extra-terrestres, comme Frank Black?

En fait, vues de l'espace, mes chansons sont purgées de leur réalisme et peuvent plus facilement participer à une guerre des étoiles romantique. (NDR: Allô la terre!)

Aimes-tu vider les extincteurs?

(rires). Oui! C'est exact. En fait, lorsqu'on a bu un peu trop, il nous arrive de jouer aux pompiers de service. Pourtant, nous n'avons pas de problème avec la police, mais avec les Hells Angels (NDR: ils existent encore ceux-là ?)

Merci à Vincent Devos.

Version originale de l'interview parue dans le n° 46 (septembre 96) du magazine MOFO

 





 
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