Garciaphone, mangeur de rêve…

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Ménage à cinq...

Écrit par Nicolas Alsteen - vendredi, 31 décembre 2004
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Austin Lace
31-12-2004
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Apparu en 1997 aux alentours de Nivelles, c'est désormais à Bruxelles que la vie d'Austin Lace suit son cours. Tout au long de leur deuxième album, mystérieusement intitulé "Easy To Cook", les cinq musiciens réalisent une belle mosaïque de musique pop, bricolée aux sons d'illustres anciens répondant aux noms des Beatles, des Beach Boys ou des Papas Fritas. Travailleurs acharnés, les garçons viennent d'ouvrir une brèche dans l'univers des mélopées joyeuses, gorgées d'insouciances. Fabrice (chant) et Fred (batterie) nous confient les secrets de cette étrange recette :

Depuis votre premier album, quatre ans auront été nécessaires pour en arriver à " Easy To Cook ". Quatre longues et difficiles années, non ?

Fabrice : Nous sommes passés par différentes périodes de déchirements, de tensions…

Fred : C'est vrai, sauf que la séparation n'a jamais été mise sur le tapis. Il y a bien eu des tensions entre certains membres du groupe. Mais jamais nous n'avons évoqué l'idée de nous séparer. Ce groupe, on y tient comme à la prunelle de nos yeux. C'est vraiment la chose qui nous tient le plus à cœur. Une des principales raisons pour laquelle on apprécie la vie. En plus d'être amoureux, bien sûr…

Amoureux ! L'un de l'autre ?

Fabrice : (rires) On nous a toujours dit qu'il y avait un côté féminin chez Austin Lace. En fait, on l'assume totalement !

Comment sont apparus ces problèmes au sein du groupe ?

Fabrice : Pour trouver cinq personnes du même avis, il faut énormément de temps, de patience. Inévitablement, les problèmes rencontrés au sein de la formation sont apparus suite à des problèmes d'ego.

Fred : Dans un certain sens, Austin Lace est un couple. Mais au lieu d'être deux, nous sommes cinq !

Au niveau des influences musicales, êtes-vous souvent du même avis ?

Fabrice : Non, pas du tout ! Il y a un admirateur de Creedence Clearwater Revival, par exemple. De mon côté, j'écoute un peu de tout…

Que pensez-vous de la hype qui plane au-dessus des groupes belges ? Ne craignez-vous pas d'être englobé dans la masse, que le soufflé retombe aussi vite qu'il est monté ?

Fred : Pour moi, il s'agit davantage d'une rampe de lancement. Cette situation nous permet de jouer devant un public. Sincèrement, si nous parvenons à réaliser de bonnes chansons, le public suivra…

Fabrice : Nous étions présents avant la hype, nous le serons après ! Pour l'instant, c'est une bonne chose que le rock belge comble ce public. Si cette situation perdure, tant mieux. Mais si le soufflé devait retomber, tant pis…

Vivez-vous de votre musique ?

Fabrice : Absolument pas… Nous avons tous des activités professionnelles secondaires, nos activités principales, celles qui nous permettent de vivre. Dès lors, le temps que nous consacrons à la musique est vraiment du temps voulu, arraché…

Fred : Combiner les deux (boulot et groupe) n'est pas forcément évident ! Mais Austin Lace reste un choix personnel. Après la journée de boulot de " monsieur tout le monde ", chacun de nous se donne encore plus pour répéter, enregistrer et donner des concerts.

Fabrice : De toute façon, il est nettement plus agréable de vivre de la musique que d'opter pour une vie de fonctionnaire, conduite par un rythme répétitif et monotone…

Fred : Notre mode de fonctionnement reste la preuve que les artistes ne sont pas des fainéants. Chez Austin Lace, il y a une vie après le boulot !

Sur scène, Austin Lace se produit souvent en compagnie du Lovely Cowboy Orchestra. Comment explique-t-on cette collaboration ?

Fabrice : Au niveau humain, il existe entre nous une grande entente. Au-delà de la musique, il existe une sorte d'harmonie, de compréhension, d'humilité qui fait que l'on se comprend.

Fred : Pour l'album, nous avions besoin de cuivres. Comme ce sont de très bons amis, nous avons fait appel à leurs services ("Accidentally Yours"). Et s'ils sont disponibles le jour d'un de nos concerts, ils viennent toujours avec un plaisir non dissimulé pour nous donner un petit coup de main (NDR : de cuivres) !

Vous vous êtes rendus en Scandinavie. Comment s'est passée cette aventure ?

Fred : A la base, John Wayne Shot Me, une formation hollandaise signée sur notre label (62 TV) avait projeté de se lancer dans une tournée scandinave. Ainsi, nous sommes partis avec eux voici trois ans. A l'époque, nous ne les connaissions pas. D'ailleurs, les premières soirées étaient (hésitations)… particulières ! Nous restions chacun dans notre coin : Austin Lace d'un côté, John Wayne Shot Me de l'autre. Mais rapidement, nous avons constaté que nous avions de nombreux points communs…

Fabrice : Le fait qu'ils soient hollandais avait déjà nourri de nombreuses appréhensions. Mais après quelques jours, la situation s'est débloquée… On les adore !

Cette tournée était une aventure ou de la promo ?

Fred : A cette époque, notre premier album n'était pas sorti en Norvège ou au Danemark. Il s'agissait donc d'une aventure humaine avant tout. Depuis ce premier départ vers la Scandinavie, nous y sommes retournés trois fois !

Fabrice : La Scandinavie demeure une région honteusement oubliée par le marché de l'industrie musicale. C'est scandaleux ! L'ouverture du public y est pourtant incroyable...

Fred : Les gens sont très accueillants, très réceptifs. Le plus amusant, c'est que les jeunes sont restés dans un trip sixties. Tout le monde s'habille "rétro" !

Certaines rumeurs circulent à propos de drôles de cookies. Austin Lace serait-il un groupe de junkies ?

Fred : … (rires) L'histoire se déroule au Danemark dans un quartier de Copenhague. Il s'agit d'une entité un peu particulière dans la mesure où l'état danois n'a aucune compétence sur cette parcelle de territoire. C'est indépendant en quelque sorte…

Fabrice : Nous sommes arrivés dans ce quartier en cherchant la salle dans laquelle nous devions jouer. Pour la circonstance, j'avais emmené mon père avec nous. Il était le chauffeur du bus. En plus de nous conduire, il assurait la comptabilité de la tournée. Un jour, on lui a demandé un peu d'argent pour s'acheter de drôles de cookies. Normalement, un cookie convenait pour deux personnes. Mais nous ne l'avions pas bien compris… (rires) Maintenant, on en rigole mais je jure que jamais je n'en reprendrai ! A l'heure du café, il arrive souvent que je propose un petit cookie à mon père. Ma mère n'y comprend jamais rien mais pour nous, cette aventure nous fait toujours bien rire !

Sur votre album, on retrouve davantage de sonorités électroniques. Austin Lace va-t-il bientôt troquer ses guitares contre des ordinateurs ?

Fred : Effectivement, nous sommes attirés par les machines mais nous n'abandonnerons jamais nos guitares ! Quoi que nous fassions, nous resterons toujours Austin Lace. De toute façon, la base du groupe ce sont les lignes de voix!

Fabrice : Par contre à l'avenir, il serait chouette d'évoluer vers un son très lourd, proche du hip-hop, avec des mélodies pop qui continuent de planer au-dessus de ces nouvelles sonorités. Mais je reste également partisan des morceaux folk et hyper dépouillés.

Vous êtes hébergés sur le même label que Girls In Hawaïï. Le succès de ce groupe ne peut que vous encourager. Vous reposez-vous sur le travail de votre label ?

Fred : Se reposer ? Pas vraiment. Mais il est certain que leur succès nous encourage énormément. Parfois, il arrive qu'on se dise : 'Girls In Hawaïï à réussi. Pourquoi pas nous ?' Cependant, il convient de souligner qu'ils y sont parvenus à force de motivation, pas seulement grâce au label. A leur image, c'est à nous de travailler dur pour que leur belle aventure puisse aussi être la nôtre. Pour moi, Girls In Hawaïï reste le déclencheur de cet engouement nouveau pour les formations belges. Néanmoins, notre musique demeure assez lointaine de celle de Girls In Hawaïï…

Fabrice : Lors de la sortie du mini album "Wax" (e.p.), certains journalistes nous ont comparé à Girls In Hawaïï… Franchement, il y a des journalistes qui ont du crottin dans les oreilles ! Ces journalistes n'écoutent pas les disques ! Ils ont une idée préconçue de notre musique avant même de déballer l'album…

Fred : Le piège de la scène belge est là ! Pourquoi écouterait-on un groupe francophone belge différemment d'un groupe américain ? Pourquoi ?

Que signifie "Easy To Cook" ?

Fred : "Facile à cuire"!

Fabrice : Ce titre se retrouve dans les paroles de la chanson "Your Heart Is A Hook". Ce côté facile et rapide à cuisiner s'applique davantage à notre musique. Soit, on la dénigre facilement en invoquant son côté fragile, voire gentillet, soit on tombe sous son charme pour ces mêmes raisons. Ce côté facile à cuire est une des facettes d'Austin Lace. On se donne simplement, et le public choisit ce que bon lui semble !

 





 
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