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Bien rire n’empêche pas de réfléchir…

Écrit par Didier Deroissart - dimanche, 03 août 2014
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Bagdad Rodéo
24-05-2014

Ce samedi 24 mai, se déroulait le festival ‘La vie en Rock’, dans la salle des sports sise Plaine de La Machine à Feu à Dour ; un festival destiné à financer la recherche contre le cancer. Une vingtaine d'artistes avaient accepté de laisser tomber leur cachet pour la bonne cause. C'est à cette occasion que le très sympathique groupe parisien Bagdad Rodéo a bien voulu répondre à nos questions.

Vous avez accepté de participer à la ‘Vie en Rock’. Vous êtes donc très sensible à l’organisation de tels énervements pour financer la recherche ? 

MSR : c'est une excellente initiative. Le festival est, en outre, bien organisé. Ce soir, nous sommes présents pour divertir le public et en même temps soutenir un projet dont l’objectif est de faire avancer la recherche pour combattre une maladie qui nous concerne tous. Nous connaissons tous un proche ou un ami qui traverse ou a traversé cette épreuve. Vu tout ce qu'on chope, toutes les merdes qu’on bouffe, tous les pesticides qui nous empoisonnent et les retombées radioactives qui nous contaminent, les risques de la contracter sont particulièrement élevés. Nous sommes une génération sacrifiée. Nous, on le sait. Notre modèle de société est pourri jusqu'à la moelle. Ce qui explique pourquoi ce type de manifestation nous plait.
Christobal : c'est bien. Pour une fois que des gens se mobilisent pour une bonne cause. Nous, cela nous éclate. Et en plus de se mobiliser pour faire avancer la recherche contre le cancer. On peut s'amuser dans une bonne ambiance et un bon esprit. C'est génial ; ce ne sont que de bonnes idées.

C'et la première fois que vous vous produisez en Belgique ?

MSR : oui, la première fois, comme membre de Bagdad Rodéo.

Une petite présentation du line up ?

MSR : je m’appelle MSF Delatourette. Et me charge des vocaux. Christobal (Sanchez Del Rodéo) se réserve la guitare. Parmi les gars qui bouffent là-bas, il y a Romain qui se consacre à la batterie ainsi que Houston, aux claviers et à la guitare. Yayo joue de la basse. Notre ingénieur du son, c'est le black. On l'a recueilli. Il voulait une formation d’ingé son.  C'est le fils de Bokassa Ier. En fait, c’est son père qui finance notre projet.

Bagdad Rodéo, c’est un patronyme susceptible de soulever des polémiques ?  

MSR : on avait le choix entre Bagdad Rodéo et Beyrouth Corrida. Or Bagdad Rodéo collait plus à d'actualité. Tu vois, on a voulu faire la synthèse entre un sujet dramatique et un autre plus fantaisiste. Bagdad se réfère à la guerre en Irak, conflit qui ne date pas d’aujourd’hui. Et Rodéo reflète notre côté plus drôle, plus fun. Ce qui correspond vraiment à notre musique. On tente de faire passer un message difficile sur un ton léger et humoristique…

Des textes engagés écrits dans la langue de Molière, quoi ?

MSR : absolument ! Tu as bien résumé. Les textes sont rédigés en français. Et doivent avoir du contenu. Pas la peine de parler pour ne rien dire. Par exemple, si demain je colporte que tous les flics sont des cons, ce n’est pas le reflet de notre opinion. Tu vois ce que je veux dire. Ce n'est pas une appréciation personnelle, mais notre manière de voir les choses. On aime creuser nos sujets. On évite l’observation simpliste des événements tout comme le recours à la vulgarité gratuite. Nous voulons susciter la réflexion. Et ce principe est fondamental. Sans quoi nous ne pourrions ni en rire, ni en éprouver de la satisfaction.

Qui est responsable des lyrics ?

MSR : essentiellement moi. Je les écris et les autres musiciens les corrigent. Ils me signalent quand j’ai oublié un 's'. Non, je rigole. On discute des thèmes et des sujets qui seront abordés. De la nécessité de les approfondir. De les revoir de fond en comble, quand je suis à côté de la plaque. Quand ça arrive, je le vois immédiatement à leurs gueules. Par contre, quand ils se marrent, c’est que c'est bon. Et quand ils disent tous ‘oui’, alors c’est que c'est tout bon. C'est leur manière de valider mes textes.

Et de la musique ?

MSR : on paye un mec pour composer. Un petit chinois, mais on ne peut pas le crier sur tous les toits. C'est un secret entre nous. Le type mesure 1 mètre 40 au garrot. Il est hyper doué dans l’exercice. On l'appelle Tink Ponk.
Christobal : Et moi je passe pour quoi ?
MSR : non, on est cons. C'est Christophe (Christobal) qui se charge des partitions musicales.  Pour  « Deux », il signe pratiquement toute la musique.
Christobal : Yayo (NDR : le bassiste) et Ludo (NDR : MSR) ont également collaboré. En général, on bosse en binôme ou trinôme. Sans oublier le petit chinois.
MSR : perso, dans ce domaine, je sers plutôt d'aiguilleur. J’indique ainsi qu’il est possible d’adapter un texte à la musique. Quand les structures sont trop complexes, je suis perdu. C'est plutôt ce rôle qui m’est dévolu.
Christobal : Ludo pose toujours le choix final. C'est lui qui valide ou pas ce qu’on a élaboré d’un point de vue musical. Si le morceau l'inspire, on va en faire une chanson. Dans le cas contraire, et  même si nous on reste persuadés qu’elle sera superbe, on abandonne l’idée. In fine, c’est Ludo qui entérine.
MSR : malheureusement pour moi. C’est une lourde responsabilité…
Christobal : mais l'avantage chez Bagdad Rodéo, c'est sa diversité de ton. Et puis on peut y mettre ce qu’on veut. Perso, je ne ressens aucune frustration. Si je propose un morceau de reggae à Ludo et qu’il estime que c’est de la merde, on essaie quand même d’en faire quelque chose. Parfois, sans trop savoir pourquoi, la magie peut opérer. Un album de Bagdad Rodéo, c'est un disque de rock au sens large du terme. On peut y mettre du funk, du folk ou de la country. Ou encore ce que l'on a envie. Le leitmotiv, c'est la liberté de ton. Et puis, raconter une histoire à prendre au second degré permet de nous éclater…

La musique vous en avez fait un métier ou elle reste une passion ?

Christobal : un peu des deux. On ne peut pas vivre uniquement de Bagdad Rodéo. Même si on a tracé le chemin adéquat pour y parvenir. Le business musical n'aime pas trop quand un artiste ou un groupe est libre de faire ce qu’il veut. Alors, soit tu choisis l’autonomie, soit tu payes la note. Mais on s'en fout, car nous sommes tous musiciens professionnels. Bagdad Rodéo, c'est en plus…
MSR : ces deux critères doivent rester liés. Quand tu propages les mots 'bite' et 'cul' un peu partout, tu ne récoltes pas beaucoup de tunes pour bouffer. Mais on n’a plus grand-chose à se prouver. Et on ne développe pas trop d’ego sur ce qu’on fait. On le fait parce qu'on a envie de le faire. On aime ce projet et on ne se sent pas prétentieux. Créer notre propre musique nous permet de prendre du bon temps. C’est le principal.

Développez-vous d’autres projets en parallèle ?

MSR : non, nous avons tous un job. Et il nous pompe suffisamment de temps.
Christobal : il est déjà difficile de participer à une aventure comme celle de Bagdad Rodéo et de connaître, en même temps, une vie de famille. Ce projet prend énormément de temps. Entre la maison, Bagdad Rodéo et le travail qui permet de payer le loyer, franchement, nous n'avons plus une seconde de libre. On aimerait bien, mais on ne peut pas. Plusieurs membres du groupe ont aussi des enfants.

Vous avez quand même encore le temps d’écouter des disques d’autres artistes ?

MSR : le dernier album de Stromae, il est super ! Et ce n'est pas parce que je suis en Belgique que je le proclame. Celui de Triggerfinger n’est pas mal non plus. Leur musique est coquine. Comme les bonnes frites. La classe. Je prends aussi mon pied à l’écoute de la musique des Hives. Ah non, ils ne sont pas belges ! Annie Cordy, bien. Elle chantait ‘TaTa Yoyo avec son grand chapeau’. Et la marionnette Tatayet, aussi. ‘Salut, c'est Tatayet, j'ai mal au cul’. Sans oublier la Duvel. C’est ce que le Français moyen retient de votre culture.
Christobal : perso, j’apprécie beaucoup Triggerfinger. Ils balancent un rock'n'roll de malade. La démarche de Stromae, sur disque, me plaît. Par contre, je ne suis pas prêt à aller le voir sur les planches. Il n’est pas assez soutenu par de véritables musiciens. J'aime trop la guitare et surtout en prendre plein la gueule…

Le public vous a réservé un accueil chaleureux…

Christobal : les Belges sont gentils.
MSR : ta réflexion est péjorative. Les Belges savent rigoler. Vous êtes moins tendu du cul que certains. Putain, tu connais Le Mans ? On y a joué une fois, et les spectateurs étaient particulièrement froids. Ils devaient s'enculer entre cousins et cousines là-dedans… Je ne sais pas ce qui s'est passé. Le retour du public, on y attache de l'importance. Les gens ont le droit de nous juger quand nous sommes sur scène. Mais, nous on a aussi le droit d’évaluer leur réaction quand on est sur les planches. Cela fait partie du jeu. Les Belges sont généreux aussi. Plus détendus. Nos conneries les font rire. Dès qu’on aperçoit les premiers sourires, le courant passe plus vite. Et on sait qu’on va se marrer. Tout à l’heure, j’ai décelé la présence d’un mec qui était à moitié bourré, et instinctivement je m’en suis fait un pote et un allié. On joue un peu sur l’effet 'People'. C’est arrivé pile poil sur le morceau « J'aime pas les filles ». Pour lui, sans doute, les filles sont des connasses ; mais c'est son choix, et le texte l’a fait marrer. C’est ce qui est le plus important. Les Belges ont une approche de l'humour bien plus ouverte que les Français.
MSR : (en me dévisageant) C’est pas croyable, mais tu ressembles à mon père. Vous vous ressemblez comme deux gouttes d’eau. Ce n’est pas croyable. Je vais te montrer sa photo. Tu pourrais être son frère ! Je vais te sortir une photo. Euh, je peux t'appeler Papa ?

Ce qui explique pourquoi la scène est importante pour vous?

(NDR : le temps que le chanteur retrouve les photos de son paternel), Christobal reprend le crachoir : oui, la scène est extrêmement importante. C’est vraiment le moment au cours duquel on peut se lâcher. Tu passes des mois à composer sans pouvoir interpréter tes compos devant un auditoire. Les planches, c'est le moment du partage. Soit tu prends un râteau, soit tu établis une connexion avec le public.
MSR : c'est un moment vital pour nous. Tu y oublies tous tes problèmes. C'est pourquoi il est indispensable de se produire en live…

Vous revenez en Belgique ?

MSR : aux Francos de Spa. Quatre jours en juillet. On est programmés aux 'Vitrines des Franco'. On joue 24 heures sur 24 pendant quatre jours… Quoi cinq jours ? Et on va devoir se farcir quotidiennement 4 interviews ? Mais les organisateurs sont des tortionnaires… Tu viens nous voir aux Francos ?

 





 
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